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855.Dead Zone : le roman du King vu par Cronenberg himself.

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Suite à un accident de voiture, Johnny Smith (Christopher Walken), professeur de littérature, vient de passer cinq années de sa vie dans le coma. À son réveil, outre le choc du temps perdu, il apprend que sa fiancée, Sarah (Brooke Adams), est désormais mariée à quelqu’un d’autre. Triste, il ne sait cependant pas que le pire reste à venir. Johnny a en effet, en guise de séquelle à son accident, développé un don très spécial : celui de voir l’avenir ou le passé de quiconque, rien qu’en le touchant.

Mais Johnny ne sait pas vraiment quoi faire de ce pouvoir, ni à le considérer comme une bénédiction, ni à l’envisager comme une malédiction. D’autant qu’il finit par devenir une célébrité locale, et reçoit de nombreux courriers de personne lui demandant de l’aide. Ne supportant pas cette surexposition médiatique, Johnny se terre tel un ermite, avant de recevoir les sollicitations du shérif Bannerman, qui patine sur une enquête de meurtre en série. Bien qu’il refuse dans un premier temps, il change d’avis et remplis la mission avec succès. Mais Johnny sera blessé au cours de l’arrestation du criminel et se verra diminuer.

Pour autant, Smith décide de donner une nouvelle direction à son existence en devenant précepteur d’enfant. S’occupant du jeune Chris, c’est là qu’il fait la connaissance du candidat Greg Stillson (Martin Sheen), qui s’est présenté aux élections américaines, que personne ne prend réellement au sérieux du côté des politiciens mais qui plaît au peuple américain. En lui serrant la main, Johnny a une vision cauchemardesque : si cet homme élu, la troisième guerre mondiale aura lieu. Face à cet adorateur et fanatique d’Hitler, il ne sait pas ce qu’il doit faire…

Encore du King

En 1983, alors qu’adapter l’oeuvre de Stephen King était une grande tendance (Carrie au bal du DiableShining, …) , le cinéaste David Cronenberg, qui avait jusque là officié dans le registre de l’horreur (Rage) et n’avait pas encore réalisé La Mouche, décidait de mettre en scène le roman Dead Zone. Le projet mis du temps à se concrétiser, en raison des difficultés à écrire le scénario. Malgré quelques remaniements, le long-métrage suit la trame de l’oeuvre originale.

Visions

Dead Zone, c’est le parcours d’un homme brisé qui va redonner un sens à son existence à travers le fait qu’il est doté du don de prévoir le cours du temps de chaque personne qu’il touche. À partir de là, il peut modifier le cours de l’histoire et empêcher des événements futurs dont l’issue est effroyable de ce produire. Cela est sa zone noire, sa « Dead Zone ». L’homme peut influer l’avenir et voir qu’après tout sera différent. On pense notamment à la scène où Johnny a une vision que la maison de l’infirmière qui s’occupe de lui est en train de brûler avec son enfant à l’intérieur, et qu’il l’a prévient, empêchant ainsi un drame humain.

Malgré ce grand pouvoir, Smith a la santé fragile et semble conserver de nombreuses séquelles de son accident sur le plan physique. Au niveau émotionnel, il n’a plus goût en rien, la perte de Sarah, désormais mère de famille, étant difficile à digérer. Les visions qu’il a le fond également souffrir, comme si elles le tuaient peu-à-peu. Il y aurait un parallèle à faire avec Stephen King lui-même, qui couche sur le papier les histoires cauchemardesques qu’il a en tête, pour combler ses fans qui en redemande toujours plus. Soit l’idée selon laquelle il y aurait une sorte de diktat de vouer sa vie à son art, quel qu’il soit.

Cependant, Johnny va tenter de s’occuper comme il le peut, en tentant dans un premier temps de venir en aide à ceux qui en on besoin. Mais cette charge est difficile à assumer, et la presse ne va pas le ménager, l’accusant d’être un charlatan. Suite à une altercation avec un journaliste, Johnny décide de disparaître de la vie publique.

Pourtant, lorsqu’il fait face à Stillson, le mal absolu grimé en populiste -qui a des allures de Donald Trump-, Smith décide de sortir de son cocon, de cette maison où plus rien ne peut lui arriver. Il ne sait pas pourtant pas exactement ce qu’il doit faire, ce qu’il convient d’entreprendre. Il n’a pas la carrure de l’emploi pour trucider qui que ce soit. Cronenberg utilise de nombreuses allusions à la Shoah, ce drame qui a coûté la vie de millions de juifs au cours de la Seconde Guerre Mondiale, pour faire prendre conscience des enjeux auxquels Smith est confronté. Johnny interroge d’ailleurs son docteur, survivant de la Shoah, en lui demandant si il aurait mis fin à la vie d’Hitler, si il avait su à l’avance ce qui allait se produire. Il est vital que la seule personne susceptible de changer le cours des événements intervienne : le combat du bien contre le mal, lutte manichéenne par excellence peut alors démarrer.

Dans ce film, Cronenberg ne recourt qu’à très peu d’artifice, offrant une mise en scène très épurée. Même les moments les plus horrifiques sont montrés rapidement (le cadavre dans la baignoire, ciseau en bouche), quand ils ne sont pas uniquement suggérés. Pour autant, Dead Zone demeure l’un des meilleurs films de ce cinéaste plus qu’atypique (notre note : 9/10).


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