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857.Ad Astra ou comment rejoindre les étoiles.

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Clifford McBride (Tommy Lee Jones) a consacré sa vie à la recherche de la vie extra-terrestre. Après plusieurs missions spatiales, l’astronaute a atteint Neptune, où il demeurerait dans une base, mais n’est jamais revenu sur la Terre. 16 ans plus tard, une mystérieuse surcharge venue de Neptune est la cause de cataclysme sur la Terre. Envoyé en mission aux confins de la galaxie pour retrouver son père, Roy McBride (Brad Pitt), ingénieur, s’envole dans l’espace avec l’intention de ramener ce dernier et de détruire ce qui provoque la surcharge.

Dans Ad Astra, son 7e film, le cinéaste James Gray (The Lost City of ZLa nuit nous appartient) convoque Brad Pitt le temps d’une passionnante odyssée qui le mènera jusqu’à l’autre bout de l’univers. Et pourtant, malgré la beauté des images -certains plans démontrant toute l’immensité de l’univers-, l’approche du réalisateur demeure réaliste et terre-à-terre : si notre technologie le permettait, ce genre de voyage pourrait se concrétiser. De nouveaux potentiels problèmes sont pointés, de par la colonisation spatiale : Sur la Lune (et sa légendaire face cachée), on se bat pour le territoire et ses ressources. Des actes de banditismes et de pirateries sont d’ailleurs entrepris. 

Le thème central d’Ad Astra, transcendant tout le long-métrage, semble être celui de la solitude. Perdu dans l’espace, Roy-comme son père d’ailleurs- semble épouvantablement seul. Et il subit le poids de cette individualité dont il est pourtant le seul responsable. Roy n’a jamais vraiment connu de figure paternelle, ce dernier l’ayant quitté alors qu’il était encore enfant, vouant sa vie à une quête difficile mais ô combien importante : sommes-nous vraiment seul dans l’univers ? De la même manière que son père, Roy reproduit les erreurs passées, comme en prise avec un héritage familial indésirable : il fuit le contact de sa femme (Liv Tyler) qui en a marre de l’attendre, par pour des missions spatiales de plus en plus longue, et finit toujours par se retrouver seul. Sa quête de retrouver son père n’est finalement pas différente de celle de ce dernier de découvrir de la vie ailleurs : c’est une chimère.

La route pour rejoindre son géniteur est longue, tant au niveau temporel que géographique (des milliards de kilomètres). Le personnage de Brad Pitt voyage d’abord de la terre à la lune, avant de rejoindre un vaisseau qui le mènera sur Mars, où il va émettre un message vocal destiné à son père. Ensuite, contre l’avis de la NASA qui lui reproche une trop grosse proximité avec Clifford, il s’envole seul pour Neptune. Après tout, il n’a rien à perdre, mais potentiellement tout à gagner.

Inspiré par la nouvelle Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad, James Gray envoie son héros au bout de l’univers, devant faire face à de multiples épreuves (la scène de l’attaque du singe est assez éprouvante) : l’espace, malgré son infinie beauté, est semblable à une jungle hostile, et se perdre est très facile. Au fond, on ne le connaît pas réellement. Il est opaque. Le héros, devant survivre commet des actes effroyables, pour atteindre son objectif, avant de comprendre qu’il a fait fausse route toute sa vie : être humain c’est avant tout de l’être en relation, et non en s’exilant là où l’on finira par devenir suffisamment invisible pour être oublié. Clifford, le père, n’a pas réussi à découvrir de la vie extra-terrestre, et ne pouvant pas dépasser Neptune à cause de la technologie défaillante, sa mission a été un échec. Lorsqu’il retrouve son fils, il ne parvient pas à surmonter cet échec et à reprendre une existence normale où il n’est pas « celui qui aurait découvert », soit une légende. Après tout, notre culture nous impose d’être fort, et le moindre signe de faiblesse doit être proscrit. Roy, au contraire, va devoir assumer l’échec de ne pas pouvoir ramener son père, et pourra reprendre une existence normale, faisant la preuve de son humanité. Il résout ainsi son complexe d’œdipe. On peut penser que c’est idiot d’avoir parcouru autant de kilomètres et de ne trouver qu’une si petite chose. Mais dans le fond, c’est universel.

Le film devrait donc logiquement en déconcerter plus d’un, qui crieront au vide absolu. Il est vrai qu’on est loin de Star Wars ou de Independance Day.  On est plus proche d’un 2001, l’odyssée de l’espace. Les extra-terrestres ne sont d’ailleurs pas au centre du récit. Leur existence est, pour ainsi dire, ni confirmée, ni infirmée. Au terme de ce voyage finalement initiatique, Roy, homme creux et solitaire, ressent des émotions très fortes, et comprend l’essence même de notre condition humaine : être en relation. De plus, il parvient enfin à aimer sa femme, et son père. Bref, il revient sur Terre (notre note : 8/10).


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