A crazy world



859.Ça : chapitre 2.

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2 ans après le carton du premier volet, Andrés Muschietti revient avec une suite tout en puissance et riche en émotion. Ça : chapitre 2 conclu l’histoire avec brio, mais offre également des scènes très effrayantes, plus en raccord avec le cahier des charges, ce qui avait été reproché au premier film. Il prend également son temps pour raconter les moments restants du pavé de Stephen King (plus de milles pages).

Retour à Derry

Depuis la fin du premier film, 27 ans se sont écoulées. Désormais adultes, les « Ratés » ont pris des directions différentes, habitant dans des lieux différents, et personnes ne parle plus à personne. Cependant, Ça n’est pas mort et vient de se réveiller : Affamé, il joue avec la peur des habitants de Derry, avant de les dévorer vivants. Mike Hanlon, désormais bibliothécaire de Derry, s’en est bien aperçu et a passé sa vie à guetter ce jour avec effroi, réfléchissant à une tactique pour venir définitivement à bout de l’effroyable créature. Mais pour cela, il a besoin de ses amis…

Alors que chacun mène paisiblement sa vie, Mike va venir ébranler cette tranquillité par un appel aussi inattendu que redouté : Ça est revenu et ils sont convoqués pour la promesse de sang qu’ils avaient faites, 27 ans auparavant, jurant de revenir tuer Ça si il sévissait à nouveau. Le jour est donc arrivé pour eux de revenir là où tout a commencé.

Cependant, en s’éloignant de Derry, chacun a oublié son enfance, ne laissant qu’un gigantesque trou noir. Ils n’ont aucun souvenir de ce qui leur est arrivé l’été où Georgie, le frère de Bill est mort. Même lorsque Mike, le seul qui a la mémoire intacte, les appelle pour se donner rendez-vous, aucun ne se rappelle qui il est. Comme si l’attraction de Derry et de Ça s’était évaporée à mesure de leur éloignement dans le temps et l’espace. Mais une chose est certaine : c’est suffisamment important pour qu’ils plantent tout ce qu’ils étaient en train d’entreprendre et aillent jusque-là.

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Les retrouvailles sont donc placées sous le signe de la joie mais également du mystère, car aucun ne comprend qu’ils sont là pour combattre Ça à nouveau. Bill (désormais incarné par James McAvoy) est désormais écrivain et marié. Richie (Bill Hader) est la vedette de son propre show de stand-up, où il amuse son public avec ses blagues et son énorme sens de l’humour. Eddie (James Ransone) travaille dans les assurances et est marié à une femme en tout point similaire à feu sa mère. Ben (Jay Ryan) est un architecte de grande renommée et a perdu beaucoup de poids. Stanley (Andy Bean) est comptable. Enfin, Beverly (Jessica Chastain) est créatrice de mode et marié à un homme violent et impulsif.

Le choix du casting pour incarner la version adulte des personnages du premier film est totalement adéquat, tant chacun des acteurs ressemblent physiquement à leur version enfantine, mais adoptent la même gestuelle et les mêmes manies. Chaque personnage, même si ils ne s’en souviennent pas portent en eux l’héritage de leur passé : Bill est toujours triste d’avoir perdu son frère et ne parvient pas à finir ses récits de manière satisfaisante, Beverly a épousé un homme qui est une caricature de son propre père, ou encore Eddie se retrouve avec une femme qui le surprotège comme sa propre mère.

Grippe-Sou et ses avatars

Ça est de retour, et va mener la vie dure au club des Ratés, qui vont devoir réaliser un étrange rituel amérindien : le rituel de Chüd, qui consiste à se battre mentalement et psychologiquement contre son ennemi. C’est une sorte de vieille magie dont les effets ne sont garantis que si chacun y croit. Mais Grippe-Sou le clown (campé toujours par l’excellent Bill Skarsgard) va tout mettre en oeuvre pour les empêcher de l’accomplir, allant jusqu’à faire sortir de son asile une vieille figure du passé : Henry Bowers.

La lutte contre le clown dansant sera complexe, tant il va ruser et recourir à des artifices pour faire mourir de terreur les Râtés, seuls qui lui avaient tenus tête par le passé. Mais lui-même a peur de ceux-ci, et devient vulnérable lorsque ceux-ci deviennent plus forts. On pense à la scène où Beverly est enfermée dans des toilettes qui se remplissent de sang jusqu’au plafond, tentant de la noyer…La pauvre femme a des allures de Carrie. La séquence dans le palais des glaces où Grippe-Sou dévore un pauvre enfant est également glaçante.

Convoquant ses multiples avatars, Ça change de formes à de nombreuses reprises au cours du film : si le clown Grippe-Sou est toujours là, il convoque à nouveau le lépreux (celui qui avait terrorisé Eddie), mais également d’une sorcière, d’un zombie ou d’une statue géante du bûcheron Paul Bunyan (pourchassant cette fois Richie). Les origines de Ça, créature extra-terrestre, sont brièvement évoquées et sa véritable apparence (celle d’une sorte d’araignée géante) est dévoilée. 

Le King dans un petit rôle

Stephen King, l’auteur original du roman Ça réussit à faire un petit caméo dans le film. On le voit en effet en vendeur de vélo, en train d’escroquer le pauvre Bill, qui rêve d’acheter une bicyclette semblable à celle qu’il avait lorsqu’il était enfant.

Le présent convoque le passé

Plus important que tous, Muschietti réussi à lier ses deux films grâce à de nombreuses apparitions des enfants du premier volet : en effet, dans Ça : chapitre 2, le passé côtoie le présent à de multiples reprises, tant les versions adultes des personnages doivent se remémorer ce qu’ils ont vécu. Et coup de génie du cinéaste, ces flash-backs sont en réalités de nouvelles scènes présentant des moments encore non vu, ou encore des rush non utilisés du premier film. Ainsi le lien et la continuité du récit est préservé, et apporte une toute nouvelle émotion : la nostalgie du passé.

Certains trouveront que l’intrigue se répète, ce qui est logique étant donné que les personnages doivent réaffronter la même créature et que celle-ci, bien que plus puissante, n’est pas non plus imprévisible. Ceux-là se focaliseront trop sur les scènes d’horreurs, trouvant même à en redire : peut-on vraiment se demander ce qui effraie les spectateurs aujourd’hui ? Quand tout à déjà été fait et que nous sommes conditionnés, difficile de ressentir le frisson ultime. Les multiples jump scare leurs donneront cependant tort, car faisant sursauter à de multiples reprises. L’essentiel du long métrage, c’est bien entendu l’amitié de cette belle bande d’adulte. Le propos horrifique n’est là que pour accompagner le message.

Tout en étant fidèle à l’oeuvre originelle, Muschietti se permet quelques écarts (notamment l’absence de la conjointe de Bill ou du mari de Beverly dans la lutte finale) et parvient à donner sa propre vision de Ça. Et c’est très beau : on rit des blagues de Richie, on pleure avec Beverly et Bill, on repense à ses sentiments amoureux passé grâce à Ben, on a peur grâce à Eddie mais comme lui ont fait preuve de courage face aux difficultés qui nous incombe (notre note : 9/10).


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