A crazy world



865.Ex Machina.

Image de prévisualisation YouTube

Lorsque Caleb (Domhnall Gleeson), informaticien employé d’une grande entreprise est ravi lorsqu’il apprend qu’il est l’heureux gagnant d’une tombola : le jeune homme est en effet invité à séjourner durant une semaine chez son patron, Nathan (Oscar Isaac), en montagne. Ce dernier va lui montrer le projet très secret sur lequel il travaille :  une intelligence artificielle baptisée Ava (Alicia Vikander).  Caleb va devoir faire connaissance avec cet androïde, et lui faire passer le test de Turing, visant à déterminer si oui ou non cette entité d’un genre nouveau a une conscience. Peut-être ne fait-t-elle au fond qu’imiter les comportements humains, c’est-à-dire ce pour quoi elle a été programmée. Chaque jour, le jeune programmeur va discuter avec elle, et peu-à-peu il va se mettre à douter et même à éprouver des sentiments très fort pour celle qui n’est en fin de compte qu’une machine. À moins qu’elle soit plus que ça ?

Scénariste de talent (on lui doit La plage ou encore Never Let Me Go), Alex Garland passe ici devant la caméra pour la première fois. Ex Machina est un film de science-fiction, mais tente également de nous questionner sur la nature profonde de l’être humain. Au fond, quelle est notre essence ? Qu’est-ce qui nous caractérise, et en même temps nous différencie des autres êtres vivants (biologiques ou mécaniques) ? Dans le film, Ava se révèle être capable d’émotions, et il est difficile de savoir si celles-ci sont réelles ou simulées : chacune de ses entrevues avec Caleb et riche en apprentissage. Elle a l’apparence d’une femme, même si son corps révèle sa condition de robot. Mais pourtant, lorsqu’elle ouvre la bouche, dessine, se met à donner son ressenti, le doute s’installe : et si, l’IA avait une conscience ?

Il faut avouer que Ava va nous intriguer durant tout le long-métrage : si chacune de ses discussions est filmée et suivie assidûment par Nathan, elle va provoquer des apartés avec Caleb en créant des pannes de courants. Là, elle révélera à ce dernier qu’il doit se méfier de son patron, car tous ceux qui ont collaborés jusque-là à la création de l’androïde auraient été tués. De son côté, Nathan a une attitude trouble : il observe tout mais ne dit rien, si ce n’est que Ava teste Nathan, et que celui-ci se laisse aller à aimer l’androïde. C’est un homme qui s’est fait tout seul : autodidacte, il a tout du génie. Avec ses allures de Kubrick, il est le metteur en scène, celui qui surveille et contrôle tout.  C’est le docteur Frankenstein, un être fier de son travail, et qui ne se pose aucune question sur le plan moral. Il traite la jeune Kyoko, servante, comme un objet, n’ayant aucun respect envers elle.

Ex Machina doit son titre à l’expression « Deux Ex Machina« , signifiant que face à une catastrophe, un élément va permettre de tout arranger et de sauver les héros. Ici, tout nous pousse à croire que Ava est cet élément, et que c’est elle qui va décider de la fin du récit. Avec ses héros aux noms bibliques, cette fable nous questionne sur l’IA et l’humanité. Et si, au fond, l’IA finissait un jour par devenir un équivalent de l’homme, voir même par le surpasser ? Ava, même si elle nous en fait douter, est une machine. Ses circuits sont bien visibles, et pourtant, lorsqu’elle s’habille, elle semble bien plus réelle qu’il n’y parait. Elle semble être une femme. Et là, le malaise est palpable : c’est la vallée de l’étrange, un étrange concept qui fait que l’on ressent de la peur lorsqu’un robot ressemble trop à un être humain.

Ex Machina c’est aussi l’histoire d’un homme, Nathan, qui joue à se prendre pour un Dieu, et qui crée la première femme : Ava (Ève). Le titre du film suggère néanmoins que le Dieu finit par se brûler les ailes et que seul subsiste sa création. Car Nathan sait qu’il y a un risque de ne pas contrôler son IA et que son oeuvre lui échappe complètement, sonnant le glas de l’humanité.

Mais en même temps, Garland nous concocte un thriller bien ficelé, où l’on comprend que des choses étranges se produisent : Nathan, le gentil patron, semble un homme autoritaire et prêt à tout pour arriver à ces fins. Il pourrait être un manipulateur qui sait ce qu’il veut et qui élimine tous ceux qui lui sont venus en aide. Ou peut-être est-ce Ava le problème ? Peut-être que celle-ci rêve de liberté et tente de monter Caleb contre Nathan pour qu’il la fasse sortir ? À moins que tout cela ne soit programmés à l’avance par Nathan, qui tire les ficelles dans l’ombre. Les contours même de la relation entre Ava et Caleb sont ainsi même difficile à cerner.

À un autre niveau de lecture, Ava est le symbole de la femme. Et sa vision tant dans l’esprit de Caleb que de Nathan ne prête pas à sourire : si le premier rêve d’amour et de bonheur avec elle, le second la voit comme son esclave à qui il peut assouvir tant ses tâches quotidiennes que ses pulsions sexuelles. Et si, au fond, aucune de ces possibilités ne correspondaient à Ava ? Et durant tout le long-métrage, on se met à douter et à spéculer, dans ce huis-clos étonnant. (notre note : 8,5/10).


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Jean-Michel, jour après jour. |
Emmawatsonning |
Videopassion07 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | la vie est belle !
| Freddyvsjason
| Ilmiocinema