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886.Jojo Rabbit : pamphlet contre le nazisme et ses dangers.

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Johannes Betzler (Roman Griffin Davis), 10 ans, est fou de joie d’intégrer les camps de jeunesse hitlérienne : il va enfin pouvoir servir son pays, l’Allemagne, et surtout celui dont il est un fanatique absolu : Adolf Hitler (Taika Waititi). Cependant, au cours d’un exercice, le jeune garçon refuse de tuer un lapin et devient la risée de ses camarades, qui le surnomme « Jojo le lapin ». Victime d’un accident, Jojo est contraint de rester chez lui, où il tente de servir l’Allemagne dans des tâches moins dangereuses en attendant de pouvoir s’enrôler dans l’armée. Heureusement, il n’est pas seul, car son ami imaginaire, Hitler lui-même, est en permanence avec lui. Vivant seul avec sa mère Rosie (Scarlett Johansson), avec qui il a des divergences d’opinion politique, le jeune garçon est consterné lorsqu’il découvre que celle-ci cache une jeune fille juive dans sa chambre, prénommée Elsa. Tout son monde est sur le point de basculer…

En décidant d’adapter le roman « Le ciel en cage » de Christine Leunens, le cinéaste américain Taika Waititi a tout simplement eu une idée de génie : Jojo Rabbit est simplement un film merveilleux. Si le début du film, présentant ce petit garçon fanatique à outrance du Führer est (quelque peu) dérangeant, la suite se révèle finalement très humaniste : on comprend que Jojo n’est finalement qu’un enfant de 10 ans endoctriné par un système totalitaire prêt à tout pour former de nouvelles recrues. D’autant plus que le film se déroule en 1945, au crépuscule de la Seconde Guerre Mondiale, à un moment où l’Allemagne d’Hitler est en train de s’écrouler. On y envoie des enfants à la guerre, leur donnant des fusils et des bombes. Les professeurs au camp des jeunesses hitlérienne -Sam Rockwell et Rebel Wilson excellents en contre-emploi- racontent des histoires sans queue ni tête aux petits enfants allemands à propos des juifs, afin de les convaincre qu’ils ont toutes les raisons au monde de les éliminer.

Johannes s’identifie donc à Hitler au début du récit à cause d’une foi aveugle et d’un sentiment de pouvoir appartenir à un groupe très en vogue : il est persuadé que s’il respecte tous les prescrits du Chancelier, il pourra intégrer sa garde personnelle. Cependant, à mesure que le récit avance, Jojo trouve que certaines choses sont absurdes et se rend compte qu’il n’est pas un criminel : il dit qu’il déteste les juifs, parce ce qu’il en a peur à cause des histoires qu’on lui a raconté. Lorsqu’il rencontre Elsa, alors qu’au début il ne souhaite que la dénoncer et que celle-ci est obligée de le menacer pour le faire taire, il prend conscience que la jeune fille n’est pas aussi effroyable qu’on le lui a décrit. Le garçon se surprend même à l’aimer. Il ne comprend pas pourquoi il doit faire le mal et commence à remettre en cause les conseils de son « ami Adolf ». La haine que les adultes lui ont inculquée est en train d’être expiée.

Avec beaucoup d’humour, Waititi enchaîne une succession de gags (le salut nazi répétés à outrance en tête), pour mieux dénoncer le conditionnement des allemands et le climat dans lequel ils étaient plongés, montrant ça et là les horreurs de la guerre (les résistants allemands étaient pendu sur la place du village, les interrogatoires de la Gestapo, Berlin en ruine, …). Il fait rire pour mieux préparer le spectateur à ce qui l’attend ensuite. Il incarne d’ailleurs Hitler, dans une version qui est celle que s’en fait un enfant de 10 ans. Jojo se heurte à de nombreuses reprises avec sa mère, résistante de l’ombre, car celle-ci veut la fin de la guerre là où son fils l’accuse de ne pas aimer son pays. La femme est peinée de voir son enfant se comporter comme un petit nazi, là où elle espérait revoir l’insouciance et la bonté de son fils. Elle tente de le guider sur le bon chemin, là où l’absence du père (disparu à la guerre ? déserteur ?) se fait ressentir et Jojo se sent comme « l’homme de la maison ». Avec beaucoup de difficulté, elle arrive toujours à le calmer, et à finir par jouer avec lui, à danser et s’amuser.  Rosie, femme forte, n’hésite pas à se grimer en père de Jojo afin de reconquérir l’enfant qui sommeille en son fils. La tendresse dont elle fait preuve est impressionnante, afin de conserver l’innocence de sa progéniture, et de faire de lui une bonne personne.

Le message de Jojo Rabbit, conte initiatique, est somme toute universel et facile à comprendre : la haine de l’autre en vertu de préjugé inculqué n’a pas de raison d’être. Au contraire, il convient de voir chacun comme une véritable personne, un frère de sang et de faire la paix avec lui. Le message est toujours autant d’actualité (notre note : 10/10).


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