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897.Alien-le 8e passager.

AI

Avec Alien-le 8e passager, sorti en 1979, le cinéaste américain Ridley Scott a définitivement permis à la science-fiction d’offrir un film d’invasion martienne crédible. Mélangeant habilement l’horreur et le thriller, le film marqua plusieurs générations de spectateurs, tant par son modernisme que par son ambiance oppressante. Les 7 traits, apparaissant l’un après l’autre, et formant les lettres de ALIEN sont encore dans les mémoires.  Après tout, comme l’annonçait le slogan du long-métrage : dans l’espace, personne ne vous entend crier…

Mais plantons tout d’abord le décor. Nous sommes en 2122. À bord du Nostromo, gigantesque vaisseau spatial entamant son voyage de retour sur Terre, l’équipage, placé en hypersommeil, est brusquement réveillé après avoir capté un signal sur une planète inconnue. Les membres se rendent sur place grâce à une navette et découvrent un vaisseau extra-terrestre. L’exploration de celui-ci révèle une découverte stupéfiante : des centaines d’œufs. Kane (John Hurt), scientifique, s’approche un peu trop près de l’un d’eux et une créature semblable à une araignée surgit, transperce son casque et s’accroche à son visage. Le ramenant d’urgence à bord de la navette, l’équipage tente de sauver leur collègue. La créature se détache d’elle-même et meurt brutalement. Cependant, ce qu’ils ne savent pas encore, c’est que celle-ci a pondu un embryon dans le corps de Kane, et que celui-ci va grandir très rapidement, avant d’être expulsé du corps de son hôte en lui explosant la cage thoracique. L’équipage va devoir faire face à une menace sans précédent : un Alien, redoutable machine à tuer, et qu’il ne faudra surtout pas ramener sur Terre…

Basé sur un scénario de Dan O’Bannon, qui rêvait de faire une sorte de version de Les Dents de la mer dans l’espace et cherchait à tout prix à vendre son histoire, Alien-le 8e passager a été la source de nombreuses tensions pour son créateur qui critiquera les nombreux ajouts de Walter Hill et David Giler. La Fox, peu enclin à sortir le film, acceptera après le succès de Star Wars en 1977. Le choix de Ridley Scott, alors débutant, pour réaliser le film a été dû au fait que Hill avait adoré Les Duellistes, son premier long-métrage. Détail anecdotique, Scott n’était pas, à l’origine, un fan de science-fiction, et avait d’ailleurs décliné l’offre de mettre en scène Alien, dont l’histoire lui apparaissait trop simpliste. Cependant, après avoir découvert Star Wars, qu’il adora, l’homme revint sur sa position.

La question essentielle fut de concevoir l’apparence de l’Alien. Il était primordial que le Xénomorphe soit crédible, afin que le rendu soit réaliste. L’artiste suisse H.R.Giger dessinera la bête, après que Scott soit fasciné par une créature mécanique et organique (forme d’art connue sous le nom de biomécanique) et  tiré de son recueil d’images Necronomicon. Au bout de 7 mois, l’Alien, en taille réelle émerge : grand mais élégant, une double mâchoire, une tête allongée semblable à un phallus. Composé de plasticine, de pièces mécaniques et de vrais ossements, le résultat est terrifiant. Un acteur incarnera également l’Alien : Bolaji Badejo, géant de 2, 18 mètres. Scott sait déjà qu’il montrera la créature au fur-et-à-mesure du film, afin de surprendre le spectateur. Le facehugger, créature arachnide qui se colle au visage d’humain hôte, et le chestburster, alien bébé, sont conçues par Roger Dickens.

Pour la conception des décors et des vaisseaux, de nombreuses maquettes sont réalisées, et Scott n’hésita pas à faire jouer ses enfants afin de donner l’impression que tout était beaucoup plus grand.

Le rôle principal du long-métrage fut donné à une femme, chose incroyable à l’époque pour une production de ce genre. La jeune Sigourney Weaver fut choisie (Meryl Streep fut un temps envisagé) en raison de sa silhouette imposante et presque androgyne. Elle contribuera en partie au succès du film : tour-à-tour impétueuse, forte et fragile, l’actrice livra une prestation remarquable.

Huis clos impressionnant, Alien-le 8e passager semble traverser les âges tant il est toujours aussi moderne. Le suspense est omniprésent et la tension monte crescendo, jusqu’à un final grandiose où Ripley affronte seule la créature. Le film joue énormément avec les lumières, offrant des moments où l’obscurité se retrouve éclairée une fraction de seconde, dévoilant une vision d’horreur, pour faire sursauter les spectateurs. La claustrophobie et l’impression d’étouffer est renforcée par les longs couloirs du vaisseau.

Mais Alien n’est pas uniquement violent et sanglant : il aborde des thèmes très fort, mais de manière détournée. Ainsi, il traite du viol et de ses horreurs : l’Alien a une connotation sexuelle, qu’il s’agisse du facehugger introduisant son appendice dans la bouche de ses victimes, ou de la version adulte qui pose sa patte griffue sur l’entrejambe de l’un des membres de l’équipage.

Le film aborde également le thème de la mère, ou plus simplement de la maternité, à travers l’ordinateur de bord, prénommé « Maman », entité rassurante qui s’occupe de l’équipage, le « réveillant » dès la toute première scène. La manière dont l’Alien vient à la vie, à travers une sorte « d’accouchement » contre-nature car provoqué par un homme, rentre dans cet ordre d’idée. Certains ont vu là une critique contre la condition féminine, face à un machisme incapable de faire face au quart de ce que son homologue féminin doit affronter.

Enfin, l’on peut pointer aussi un pamphlet très appuyé contre le système et les institutions en général : dans le film, l’Alien fascine, et sa survie est primordiale, quitte à faire tuer tout l’équipage. On peut y voir l’allégorie de l’économie et des multinationales, qui l’emporte sur l’humain et les aspects sociaux. Ripley, désillusionnée, est semblable à un soldat revenu du Viet Nam…aspect qui sera renforcé dans la suite du film, Aliens, 7 ans plus tard…(notre note : 10/10).


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