A crazy world



899. Breakfast Club.

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Ils sont 5 : l’un est catalogué surdoué, l’autre athlète, l’autre détraquée, l’un délinquant et la dernière fille à papa. Puisqu’ils ont fauté, ils vont devoir être en retenue le temps d’une journée. Le principal, monsieur Vernon, leur a donné un devoir : écrire une rédaction dont le sujet est de déterminer qui ils pensent être. De prime abord, aucun d’eux ne se connaît et personne n’a envie d’être là. Cependant, ils vont discuter longuement, dévoilant leurs secrets les plus intimes et vont nouer des liens très forts.

Le pape du teen movie

En 1985, lors Breakfast Club (le club du petit déjeuner) débarquait sur les écrans, le nom de John Hughes commençait à être connu. Ce modeste scénariste signa les histoires de films familiaux tels que Bonjour les vacances et Mister Mom et obtint le succès dès son premier film, un teen movie qui allait marquer les esprits : Seize bougies pour Sam. Il allait, à partir de ce dernier long-métrage, devenir un spécialiste de la comédie pour adolescents, en livrant ses plus grands classiques : Une créature de rêveBreakfast Club et La folle journée de Ferris Bueller.  Plus tard, il écrira les scénario de Maman, j’ai râté l’avion  et ses suites.

Le club des 5

Concentrant son action sur une seule journée, au sein d’une salle de retenue, Breakfast Club suit les péripéties d’une bande de jeunes pas si méchant que ça. En réalité, à la lumière des paroles de David Bowie qui ouvrent le film, chacun d’eux est déterminé par l’image que les autres lui ont donné. Ainsi, la pression sociale et le milieu duquel ils proviennent ont déterminés leur identité. Par exemple, John (Judd Nelson, très drôle dans le rôle), le «  »délinquant », passe son temps à ne pas respecter les règles et à provoquer les autres. Il est en réalité maltraité par son père, tant verbalement que physiquement et éprouve beaucoup de colère. Autre cas, Claire (Molly Ringwald), la « fille à papa » arrogante et gâtée à outrance, souffre de ses parents, dont la relation est catastrophique et qui se serve d’elle pour se faire souffrir l’un l’autre.

Malgré le fait que John Hughes ait écrit le scénario en deux jours, il ne s’agit pas d’un film d’adolescents qui ne pensent qu’à se tripoter et à devenir les rois et reine du lycée : il y a bien entendu un côté léger et propice à la déconnade (les scènes de danses ou les petites bêtises adolescentes) mais les personnages sont ici très élaborés et vont essentiellement avoir de longues discussions. Et les mots feront figures de thérapie, de catharsis. Alors qu’ils viennent de milieux différents et sont appréciés différemment au lycée, chacun d’entre eux à en commun le fait que la pression familiale leur pèse comme un héritage trop lourd à porter et qu’ils préféreraient oublier. Pour l’heure, ils reproduisent ce que leur parent accompli, ou correspondent au modèle qu’ils attendent d’eux : ainsi, Andrew (Emilio Estevez), l’ »athlète », champion de lutte et gamin adulée par ses pairs, tente d’assouvir les exigences de son père autoritaire et d’être le plus fort. Afin de l’impressionner, il s’en est pris à un garçon plus faible…mais il éprouve des remords. Brian (Anthony Michael Hall), le « surdoué », est catalogué comme ringard et brille par ses résultats scolaires : lorsqu’il échoue à une interrogation, la tristesse l’envahit et il tente de se suicider, mais échoue. 

À l’écoute des autres

Au fur-et-à-mesure du récit, les différents personnages vont évoluer, vers un mieux-être et s’émanciper de l’étiquette qu’on leur a collée. Brian, éclatant en sanglot, se demande s’ils se reparleront encore au terme de cette journée, où ils les considèrent tous comme ses amis. Il faut dire que Claire et Andrew sont très populaire et ne souhaiteraient pas avoir l’air ridicule devant leurs amis. Les lycées ne sont au fond qu’un microcosme illustrant parfaitement le fait que l’on a tendance à rejeter la moindre différence et à glorifier ceux qui sont les plus beaux et les plus forts.

Pourtant quelque chose va changer : Les problèmes et la société ne sont pas une fin en soi. On peut être à la fois, un athlète, un surdoué, une détraquée, une fille à papa et un délinquant. Les personnages, en avouant leur secrets, hontes et désillusion comprennent que rien n’est absolu. La morale est simple et universelle : la place que l’on a et que l’on occupe n’est pas figée.

Pour les anecdotes, le tournage du film avait comme caractéristiques que de nombreuses scènes ont été tournées sans la moindre coupure, Hughes préférant laisser parler ses acteurs dans un soucis de réalisme. Même si le succès du film fut modeste, il a aujourd’hui acquis les galons de « film culte ». Inoubliable (notre note : 9/10).


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