A crazy world


916.The Witcher : il était une fois un sorceleur.

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Il était une fois un sorceleur baptisé Geralt De Riv, sorte de mutant chasseur de monstres parcourant les terres afin de préserver la paix dans les royaumes. Avec son physique d’armoire à glace et son manque d’empathie, on le croit dénué d’émotion. À tort. Accompagné d’un barde un peu gênant, mais prêt à tout pour chanter à tous sa gloire, le sorcelleur va croiser la route de Yennefer de Vengerberg, une sorcière aux pouvoirs incommensurables, et surtout celle de la princesse Ciri, dont son destin est inexorablement lié au sien.

Série Netflix, The Witcher se déroule dans un univers de fantasy mélangeant habilement l’aspect médiéval et fantastique. Il y a de nombreux personnages que l’on croise au cours des 8 épisodes de la (trop) courte première saison, tout au long du parcours des 3 personnages principaux. La temporalité est confuse au début de la série, volonté du créateur d’offrir une narration décousue au récit : un même épisode aligne ainsi plusieurs événements se déroulant à des moments différents. Il n’est donc pas étonnant que le passé côtoie le présent, sans précision aucune.  L’histoire entière de chaque personnage est ainsi couverte. Le dernier épisode permet toutefois un retour à la normale, les destinées des 3 personnages se croisant enfin. Pour ceux qui n’auraient rien compris, Netflix a publié une ligne du temps avec les événements racontés par ordre chronologique.

Henry Cavill, dans la peau de Geralt, livre une prestation remarquable de cet « Aragorn moderne » qui ne semble pas connaître la peur, et se révèle très habile l’épée à la main. Le bestiaire qu’il est amené à affronter est foisonnant, allant de goules à des spectaculaires dragons dorés. La jeune Anya Chalotra, dans le rôle de Yennefer, incarne une Circée de talent, et son parcours -semé d’embûche- fait froid dans le dos. On retiendra aussi le personnage de Joey Batey, prêtant ses traits à Jaskier, le barde de service, apportant une touche comique au tableau d’ensemble.

La série est une adaptation de la série de livres de l’auteur Andrzej Sapkowski, et semble suivre la trame des romans, en ayant toutefois vocation à raconter des événements non racontés dans la saga originale. Les effets visuels sont de qualité, et les batailles semblent digne de grands films hollywoodiens. À voir sans modération (notre note : 9/10).


915.La Plateforme : intense réflexion sur notre société et sur nous-même.

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Avec la Plateforme (El Hoyo), film espagnol de Galder Gaztelu-Urrutia, Netflix offre un film à la fois dérangeant, choquant et pourtant plein de réalisme. Il raconte l’histoire de Goreng, un homme qui va aller de son plein gré dans une sorte de tour-prison, afin de réfléchir et d’arrêter de fumer. Cependant, il ne sait pas que cet endroit a plusieurs caractéristiques :

Tout d’abord, on ne choisit pas l’étage dans lequel on va se retrouver. C’est aléatoire, et cela change tout les mois. On a également un compagnon de cellule, assigné à titre définitif. Ensuite, la nourriture est distribuée une fois par jour, livrée sur une plateforme flottante qui commence sa route à l’étage 0, pour ensuite descendre, niveau par niveau, jusqu’à terminer sa route au dernier niveau. On peut manger tout ce qu’il y a dessus, mais uniquement le temps où la plateforme reste à son étage : lorsqu’elle redescend, il faut arrêter de manger et ne surtout rien emporter. Enfin, en fonction de l’étage où l’on se situe dans le Trou, la quantité de nourriture qui arrive n’est pas la même. Ceux qui sont plus bas n’ont que peu, voire pas du tout de nourriture.

Dans ce film, ce que dépeint le réalisateur, c’est la logique d’un système vertical implacable auquel personne ne peut échapper. On ne choisit pas où l’on naît, d’ailleurs aucun prisonnier n’a décidé de l’étage où il se trouve. Goreng, se retrouve ainsi au 48e étage, au cours de son premier mois. Bien sûr, difficile là de ne pas voir le système capitaliste où les plus riches sont tout en haut et disposent de tout en abondance, là où les pauvres sont tout en bas et ne récoltent que les miettes (quand il y en a). Être dans le système semble malgré tout un luxe, en témoigne l’entretient que Goreng est obligé de passer au début du film.

Chaque prisonnier est ainsi coincé dans sa cellule, et tout les jours, difficile pour lui d’ignorer sa position dans l’échelle de la société. Il rêve de gravir les échelons, mais ceux d’en haut n’ont pas du tout envie de l’aider, se méfiant de lui, tandis que lui-même méprise ceux d’en bas, voir pourrait leur faire du tort. Les comportements humains tendent à vouloir conserver ce qu’il leur revient, de part une sorte de « magie divine », lorsqu’il se retrouve menacé.

La place que l’on a, forcément aléatoire, car dépendant d’énormément de facteur (ici surtout le hasard), provoque des comportements divers chez les prisonniers : ainsi, le premier voisin de Goreng tente de le manger, morceaux par morceaux, afin de survivre. Et lorsqu’on a faim, on est prêt à tout pour survivre : Goreng devra également se livrer à des actes de cannibalismes.

Pourtant Goreng aspire à un partage équitable de la nourriture : le principe est que si tout le monde mange une portion normale de nourriture, il devrait y avoir assez de vivre pour tous. Cependant, cette quête est difficile à mettre en place. Fan de Don Quichotte, livre qu’il a emporté avec lui, l’homme épouse tant physiquement que moralement les traits du chevalier : il est idéaliste, et cette quête du bien absolu est vaine quand l’on sait à quel point le système ne peut pas être changer. Ces valeurs de socialisme ne pourrait pas prévaloir face à la diversité des modes de pensées existants.

Avec Imoughari, la deuxième voisine de cellule, il va entreprendre de partager les ressources en tentant de faire entendre aux voisins du-dessous qu’il faut manger uniquement la portion qu’ils lui ont préparés. Imoughari tente de faire preuve d’altruisme, mais se brûlera les ailes. Actrice du système, car c’est elle qui a envoyé tous les prisonniers dans le trou, la femme constate avec effroi que ces « valeurs » sont noyée dans un système qu’elle ne maîtrise pas alors qu’elle a contribué à sa création.

Avec Baharat, son troisième compagnon de cellule, Goreng va descendre sur la plateforme et tenter d’empêcher les niveaux supérieurs de s’approprier la nourriture, pour que les niveaux inférieurs puissent manger. Mais ce faisant, il fait pire que mieux, car il tue de nombreuses personnes et ne les aura pas aidés. Aucun système ne parvient ainsi à faire mieux que son prédécesseur. Finalement, ils décident d’empêcher que les prisonniers mangent une panna cotta afin de renvoyer au niveau 0 un plat qui n’aurait pas été touché : comme un message à ceux qui ignore l’horreur en-dessous d’eux.

Le Trou à travers lequel la plateforme défile est en réalité une gigantesque métaphore de la possibilité d’atteindre les objectifs de vie que l’on s’était fixé. Sauter dedans et mourir serait synonyme d’un échec : pourtant, parfois, c’est la seule option, tant tous nos repères sont ébranlés et où la souffrance nous consume.

Il y a également Miharu, une femme qui voyage sur la plateforme à la recherche de sa fille perdue. En vérité, elle la protège surtout, et lui apporte de la nourriture. Celle-ci est une immigrée, et subit bien des souffrances. Pas une seule fois elle ne prononcera un mot : les immigrés sont invisibles pour le commun des mortels, qui bien qu’au courant de leur présence, ne va pas voir le chemin qu’ils parcourent, d’une terre à l’autre. Cependant, sa fille sera le message que Goreng enverra à l’étage 0, comme pour montrer que l’être le plus pur est peut-être le seul capable de ne pas être corrompu, car il a été suffisamment protégé. Goreng lui-même ne montera pas, préférant mourir à cause des actes de cruautés auxquels il s’est livré tout au long de l’histoire, devant un produit du consumérisme. (notre note : 8/10).


914.Tenet, bande-annonce du prochain film de Christopher Nolan.

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Deux ans après Dunkerque, Christopher Nolan revient pour la troisième fois de sa carrière avec un film de science-fiction : dans Tenet, sous ses allures de futur blockbuster, il est question d’empêcher une troisième guerre mondiale, en changeant l’histoire. Et cela grâce à un mécanisme d’inversion du cours du temps.

Sans en dévoiler davantage, la bande-annonce présente les héros de ce nouveau long-métrage, campé par John David Washington et Robert Pattinson. Ils seront épaulés par le vétéran Michael Caine (qui signe ici sa 8e collaboration avec le cinéaste), et devront vraisemblablement affronter un vilain auquel Kenneth Branagh viendra prêter ses traits.


913. Bienvenue à Zombieland en 244 mots.

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Avec Bienvenue à Zombieland, sorti en 2009, Rubein Fleischer réalisait un film de zombies drôle et décalé. Succès surprise, le long-métrage devint rapidement culte, à tel point que le cinéaste remettra le couvert pour une suite, 10 ans plus tard, en 2019.

Dans un mode post-apocalyptique, les êtres humains ont été décimé par une épidémie causée par une mutation du virus de la vache folle. Si le jeune Columbus (Jesse Eisenberg) a survécu, c’est uniquement parce qu’il a respecté des règles strictes qu’il a lui-même rédigé, sans jamais les enfreindre. Alors qu’il erre depuis longtemps, il croise la route d’un baroudeur de l’extrême : le déjanté Tallahassee (Woody Harrelson) ,  machine à tuer dont le but ultime est de trouver des twinkies, une sucrerie dont il raffole. Décidant de faire équipe, ils vont tomber nez-à-nez sur deux filles aussi ingénieuses que manipulatrices : Wichita (Emma Stone) et sa petite sœur Little Rock (Abigail Breslin).

Bienvenue à Zombieland, c’est avant tout un road-trip ingénieux et bourré d’humour : on passe un moment finalement très rapide avec cette bande de joyeux dégénérés (Harrelson et Eisenberg en prime) qui vont voler, voyager et tuer des zombies.Sous ces faux airs de films d’horreur se cache une comédie écervelée avec des situations parfois très cocasses (le caméo jouissif de Bill Murray). Bien sur c’est caricatural, exagéré, parfois irrévérencieux, mais c’est tout de même très réussi. C’est également une jolie réflexion sur la famille, avec les sacrifices que l’on fait parfois pour les siens (notre note : 9/10).


912.La Momie, version Stephen Sommers.

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En offrant un remake à un classique des années 1930 avec Boris Karloff dans le rôle-titre, Stephen Sommers allait connaître le plus grand succès de sa carrière de cinéaste : sorti en 1999, La Momie demeure, à bien des égards, une réussite du cinéma d’aventure.

Dans l’ombre des Universal Monsters

Bien décidé à relancer le Universal Monsters, vaste franchise mettant en scène des monstres dans des long-métrages d’épouvantes (Dracula, Frankenstein, …), le producteur James Jack planche sur un reboot de la Momie dès 1992. Alors que le scénario est confié à Clives Barker, celui-ci écarté est car son histoire est vue comme trop sombre pour être mise en scène. Ce n’est qu’en 1997, alors que le projet est toujours au point mort, que Stephen Sommers contacte Jack et lui propose sa vision du film : un récit d’aventure à la Indiana Jones, avec des effets spéciaux d’envergure, revisitant de façon honorable le film de 1932. La relation entre Imhotep (Arnold Vosloo), prêtre déchu devenu momie, cherchant à tout prix à retrouver son Ankh-Soun-Amoun perdue, est ainsi conservée.

Ainsi, l’histoire suit les péripéties de Rick O’Connel (Brendan Fraser), un aventurier, qui sait précisément où se trouvent les ruines de la cité égyptienne d’Amunaptra, appelée la « Cité des morts ». Condamné à être pendu, il est sauvé in extremis par Evelyn (Rachel Weiz), une bibliothécaire, qui est en possession d’une clé et d’une carte que son frère Jonathan (John Hannah) a dérobée. Une expédition a alors lieu pour trouver la cité perdue et le trésor des pharaons. Cependant, ils ne sont pas seul dans la course, car d’autres chercheurs d’or sont en quête de la cité. Et ils sont loin de se douter que dans les profondeurs d’Amunaptra sommeille la momie d’un prêtre qui a été enterré vivant pour avoir eu une liaison avec une des filles de la cour du Pharaon, et que celui-ci va bientôt se réveiller …

Eldorado

La Momie, c’est avant tout un film d’aventure : tous les ingrédients sont en tout cas réunis. Il y a une quête (trouver une légendaire cité) menée par une équipe de personnages tous différent les uns des autres parmi lesquels figurent un héros courageux et sans peur et une jeune femme intelligente, une dimension propice au voyage (le récit se déroule au Caire, alternant entre la ville et le désert) et un méchant d’envergure qui n’aura de cesse que de vouloir pourchasser ceux qui lui ont dérobé ce qui lui appartient (ici une Momie plus vraie que nature). En témoigne, cette scène dantesque où le visage géant d’Imothep poursuit O’Connel et ses amis qui sont à bord d’un avion dans le désert.

L’intrigue se déroule dans les années 1920, et un soin important à été apportés aux détails pour recréer ses époques : ainsi des voitures aux costumes, le film joue avec cela, et offre un cadre opportun pour la romance entre Evelyn et Rick.  Mais le film comporte plusieurs scènes de flashbacks, racontant le passé d’Imothep.

C’est aussi un savoureux mélange entre comédie et scènes plus gores, que ce soit à travers la première apparition d’Evelyn, qui dès le début renverse toutes les étagères du musée dans lequel elle officie, tel des dominos, en déversant les livres sur le sol ; ou encore à travers la traque que livre Imhotep pour retrouver ceux qui lui ont volés les vases canopes, en leur aspirer leur organes, afin de se régénérer. Certaines scènes sont particulièrement efficaces, tant elles sont effroyables : on pense à celle où les scarabées tueurs avalent tout crus plusieurs personnages, où celle où Imhotep dépouille l’un des explorateurs de ses yeux. Le fait qu’Imhotep ait peur des chats offre également quelques moments assez drôles.

Dans les coulisses

Pour donner vie à la momie, Sommers a recouru à la technique de la capture de mouvement, en faisant appels aux studios ILM, connu pour leurs travail sur Star Wars et Jurassic Park. Ainsi, l’acteur Arnold Vosloo, pour avoir l’apparence d’Imhotep en tant que cadavre décomposé, du porter une combinaison avec des capteurs, pour que les animateurs puissent ensuite retravailler la structure de son corps et modeler totalement son apparence. Les autres acteurs ne savaient donc pas réellement quel serait l’allure de Imhotep… n’ayant pour repère qu’une photo où la créature figurait. Ils durent donc faire preuve de beaucoup d’imagination pour mimer l’horreur sur leur visage lorsqu’il lui faisait face. De même, Fraser, en combattant les momies sbires d’Imhotep, du faire une chorégraphie « dans le vide ».

Brendan Fraser, dans la peau de l’aventurier sérieux et brave, offre une prestation convaincante, lui permettant de sortir des comédies lourdaudes auxquelles il était agglutiné (George de la jungle en tête). La scène où son personnage est pendu durant plusieurs secondes, avant d’être sauvé in extremis, a failli mal tourner, car Fraser a manqué d’oxygène durant plusieurs secondes. Il reprendra par la suite son rôle dans les deux suites de la saga, en 2001 et 2008. Si un quatrième volet avait été un temps évoqué, celui-ci a été définitivement enterré. Et la momie sommeille depuis (notre note : 8/10).


911.Avengers: Endgame.

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Après l’éblouissant succès de Avengers : Infinity War en 2018, les Studios Disney remettaient le couvert avec une suite qui allait provoquer un raz-de-marée au Box-Office, détrônant successivement Star Wars, Titanic et Avatar.

Sans trop dévoiler les tenants et aboutissants de l’intrigue, le film reprend là où le précédent s’était arrêté. Les héros survivants ( Iron Man, Thor, Captain America, La Veuve Noire, Hulk et Œil de faucon) partent sur la planète où Thanos a fui et trouvent le Titan apaisé, bien que brûlé après avoir claqué des doigts. Il leur annonce une nouvelle de taille : il a détruit les pierres, afin que jamais plus personne ne puisse changer le cours de l’histoire. Dépité, Thor le décapite.

Cinq ans plus tard, la Terre tente de se remettre de la disparition de la moitié de ses habitants : tandis que les Avengers se sont fait une raison et se sont reconvertis, Scott Lang réapparaît du Royaume Quantique et découvre ce qui s’est tramé durant son absence. Il va alors leur proposer un Deus Ex Machina d’envergure, qui pourrait bien être la solution que feu le Docteur Strange avait aperçu avant de donner sa pierre à Thanos…

Pour son 22e film, le MCU a frappé très fort : un film d’une durée de près de 3h00 sensé faire la synthèse de tous les épisodes de la saga, mélangeant des scènes d’humour (la transformation physique de Thor), de combat (la bataille finale) et d’autres plus dramatiques (c’est le chant du cygne pour plusieurs super-héros). Avengers : Endgame offrent des surprises de taille, et le retour d’ancien que l’on espérait plus. Robert Downey Jr, dans la peau d’un Iron Man décontenancé y est toujours excellent. L’union de Thor et des Gardiens de la Galaxie se révèle également être une belle trouvaille, bien que tirée des comics.

Quant à savoir si ce film méritait d’être le film ayant rapporté le plus d’argent de tous les temps, prêt à tout pour dépasser Avatar, à tel point que, en bout de course, le long-métrage a bénéficié d’une ressortie avec des scènes supplémentaires, lui permettant définitivement de dépasser l’indétrônable, la réponse pourrait se résumer à cette maxime de Napoléon : Si la perfection n’était pas chimérique, elle n’aurait pas autant de succès (notre note : 8/10).


910. Tales from the Loop : de la science-fiction moderne et intello.

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Avec Tales from the Loop, Amazon Prime Video frappe très fort : une série de science-fiction aux moyens importants, mais dont l’aspect d’anticipation est surtout un prétexte pour parler de problématiques humaines et émotionnelles (tel que le temps qui passe, le rôle des parents, …) à l’issue souvent empreinte de fatalité. Une destinée implacable.

En à peine 8 épisodes, la série, adaptée d’un livre d’art de Simon Stalenhag, est à la fois étrange et poétique, et donne matière à réfléchir sur notre humanité. Le Loop est un centre de recherche dirigé par un savant de renom, Russ (Jonathan Pryce), où l’impossible devient possible. À partir de ce postulat de départ gravite un certain nombre de personnages, que l’on retrouvera dans chaque épisode de la série, chacun voyant son histoire développée au fur-et-à-mesure.

Le rythme mis en place est lent, les histoires prenant leur temps d’être racontée. Assurant la production, Matt Reeves a su compter sur de bons cinéastes pour mettre en boîte les histoires de sa série.

Guide des épisodes (et clés pour comprendre la série)

Le premier épisode concerne une petite fille prénommée Loretta. Sa mère, Alma, travaille pour le Loop et est omnibulée par ses recherches, n’ayant aucun temps à lui concentrer. D’ailleurs, elle ne tient pas à ce que Loretta l’appelle maman. Un jour, à la suite d’une expérience qui tourne mal, Alma meurt, et Loretta se retrouve dans un monde parallèle, un univers futur où elle croisera la version adulte d’elle-même. La rencontre sera étonnante pour la grande Loretta (Rebecca Hall), mère de famille de deux enfants, travaillant au Loop. Elle comprendra que toute sa vie elle a eu tort de se consacrer à essayer en vain de retrouver sa mère disparue en négligeant sa famille. On reproduit souvent les erreurs de ses parents, mais l’on peut également choisir de ne pas le faire… à condition de s’en rendre compte.

Le deuxième épisode se concentre sur Jacob, le fils de Loretta. Jeune homme discret amoureux de dessin, il n’aspire pas, comme le souhaiterai ses parents, à travailler au Loop, pour son grand-père. De plus, il est amoureux de la belle May, qu’il dessine secrètement sans jamais oser l’aborder. Son meilleur ami, Danny, est un jeune homme sûr de lui, sportif et qui a du succès avec les filles. Un jour, tous deux découvrent une machine étonnante : celle-ci permet de changer de corps. Ainsi, Danny devient Jacob et Jacob Danny. Il est possible de redevenir normal en rentrant à nouveau dans la machine. Durant une journée, chacun devient l’autre et découvre ses secrets les plus intimes. Danny parvient à conclure avec May. Le lendemain, Jacob souhaite reprendre son corps mais Danny n’y tient pas trop. En effet, il rêve de travailler au Loop mais ses résultats scolaires l’handicapent. Avec le corps de Jacob il a une chance. Désemparé, ce dernier remonte seul dans la machine…mais troque son corps avec un robot. Pire, la machine est détruite. S rendant compte de sa bêtise, Danny comprend qu’il a volé la vie de Jacob, mais trop tard.

Le troisième épisode est centré sur May, la petite amie de Jacob. Celle-ci va faire la connaissance de Ethan, un jeune homme dont elle va tomber amoureuse. Une idylle dont elle va profiter, durant toute la période où elle va arrêter le temps et toutes choses vivantes. Cette fille, dont la plus grande peur est de rester seule, va réaliser que parfois les choses ont de l’importance et comptent pour les personnes car elles ne durent pas. Le désir est souvent dû au fait qu’on est en manque de quelque chose.

Dans le quatrième épisode, Russ sait qu’il lui reste peu de temps à vivre : cependant, il va tenter de préparer son petit-fils, Cole, très attaché à lui, à ce départ imminent. L’enfant aura également un aperçu de son futur, et de ce qui lui reste à accomplir.

Abordant la thématique du pardon et de la perte d’un proche, le cinquième épisode suit le quotidien de la famille de Danny. Tristes, ceux-ci voient le fils dans un état végétatif dans le coma à l’hôpital. Persuadé également que leur fille est en danger, Ed, le père décide d’acheter un robot gigantesque qu’il pourra contrôler à distance. Mais cela se révèle dangereux et il comprendra rapidement qu’il ne peut pas tout gérer. Pour un homme à tout faire, charger de réparer toutes choses, il lui est impossible de raccommoder son fils : ce chemin de croix l’amènera à l’acceptation.

Dans le sixième épisode, le vigile du Loop, Gaddis, va se retrouver dans un monde parallèle où un double de lui-même est en couple avec l’homme de ses rêves. À tel point qu’il se met à l’envier et à tenter de séduire le mari de son ami. Cependant, l’image que l’on a de quelqu’un n’est pas forcément réelle : l’autre est à travers nous, mais pas forcément tel qu’on l’avait imaginé. Les fantasmes restent des fantasmes. Cela ne sert à rien de forcer le destin.

Avant dernier récit, le septième épisode raconte l’enfance de Georges, le père de Cole et Jacob, et également fils de Russ. Entraîné par des mauvaises fréquentations, il va se retrouver perdu sur une île déserte, et faire la connaissance de la première création de son père, un robot. Trop mécanique et pas assez humain, Russ l’a caché dans la forêt afin que personne ne lui fasse du mal. Tout ce qui est différent de nous est exclu et fait peur. Pourtant, il suffit de tendre la main à l’autre pour l’accepter.

Conclusion atypique, le dernier épisode (réalisé par Jodie Foster) questionne le temps qui passe, à la vitesse d’un battement d’aile d’un papillon : Cole part à la recherche de Jacob, après que Danny lui ait révélé ne pas être son véritable frère et ne pas vouloir jouer à faire semblant de faire comme ci. Il sera victime d’une boucle spatio-temporelle qui aura pour effet de le ramener à la fois à son point de départ, mais dans un futur plus lointain, où les choses ne seront plus jamais les mêmes. Seul restent les photos, sortent de clichés figés de souvenirs… (notre note : 10/10).


909.Il était une fois une chanson… Father and Son (Cat Stevens).

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Sortie en 1970, Father and Son (en français « Père et fils »),  est l’un des plus célèbres titres de Cat Stevens. Dans ce dialogue, il met en scène un père qui ne comprend pas pourquoi son fils veut prendre son envol et avoir une vie différente de celle qu’il lui avait imaginée. Au cours d’un jeu de répliques, à travers des couplet où les deux personnages se parlent, l’enfant explique à son paternel qu’il doit suivre sa propre voie et commettre ses propres erreurs par lui-même. Il n’y a pas de justification univoque, c’est un fait : on a le droit de tester les choses et de se planter et cela n’est pas une fatalité.

L’origine de la chanson se trouve autour d’un projet de spectacle musical dans lequel devait jouer Nigel Hawthorne, appelé Revolussia. Le titre « Father and Son » devait être utilisé pour illustrer le conflit entre un père et son fils, qui était contre que celui-ci s’engage pour la Révolution Russe. Cependant, en 1969, Cat Stevens contracta la tuberculose et faillit mourir : le projet fut abandonné. Remis sur pied, le chanteur décida néanmoins de sortir le titre, qui sera un grand succès. Et simplement avec sa guitare, la magie opéra…


908.Les quatre filles du Docteur March.

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Nouvelle adaptation de la série de romans de Louisa May Alscott, Les quatre filles du Docteur March sont remises au goût du jour par Greta Gerwig, qui délivre un film profondément féministe.

Rappelons tout d’abord brièvement l’intrigue : Nous sommes en 1868, en plein pendant la guerre de Sécession. Le docteur March a été réquisitionné afin de soigner les blessés, laissant sa femme (Laura Dern) seule, avec ses quatre jeunes filles. Chacune d’elles a des aspirations différentes, et leur relations sont parfois conflictuelles, même si elle s’aiment : Tout d’abord il y a Meg (Emma Watson), l’aînée, qui rêve avant tout d’être aimée par un homme ; Puis, il y a Jo (Saoirse Ronan), esprit rebelle et fougueux qui se verrait bien écrivain ; Suivi de Amy (Florence Pughs), rivale directe de Jo, qui rêve d’être peintre ; Enfin Beth, la douceur incarnée, pianiste de talent. L’apparente tranquillité de ces jeunes filles occupées à jouer avec Meg aux pirates va être perturbée par leur voisin, le jeune Laurie (Timothée Chalamet).

Dans cette chronique d’une famille devant se souder les coudes, Gerwig signe un film résolument moderne -bien que situé au XIXe siècle- de par le rôle et l’importance de la femme dans son histoire : le personnage de Jo illustre le mieux cette dimension, car elle ne veut être « la boniche » de personne. Elle souhaite avant tout décider pour elle-même, sans devoir se voir imposer un mari. Quitte à faire souffrir Laurie, qui n’a d’yeux que pour elle. Jo veut également devenir écrivain, un métier « masculin », et offrir un roman dont la fin ne sera pas de marier l’héroïne. Le personnage qu’incarne Meryl Streep, celui de la vieille Tante March, s’inscrit aussi dans cette ligne directe de la femme libre : seule et riche, elle vit dans un manoir, et tient avant tout à sa liberté. Pourtant, elle ne cautionne pas les choix des filles, car elle pense qu’une vie d’artiste n’est pas un bon choix de vie. Il faut vivre correctement et avec de grands moyens. Un mode de vie que n’embrassera pas Meg, en allant vivre avec un modeste enseignant : même si elle sera heureuse, il lui arrivera de faire de la peine à son mari, à cause du regard des autres, parfois insoutenable à cause de la réussite sociale.

L’innocence de l’enfance traverse également le long-métrage, car lors du début du récit, les personnages sont sur le point de devenir des adolescentes : Laurie est ainsi convié à de grands moments de jeux où Jo se montre la plus inspirée, embarquant tout le monde dans de folles aventures. La dure réalité de la vie, signe que l’on est entré dans l’âge adulte et que les choses changent sera difficile à accepter pour Jo, qui aurait aimé rester vivre avec sa famille pour toujours, sans réellement avancer. Ainsi, lorsque Meg lui annonce vouloir se marier, cela la chagrine, car c’est la fin d’une époque.

Pourtant, ce qui restera fondamentale pour chacune d’elles -la mère y comprise-, sera d’être fidèle à soi-même : malgré le temps qui passe, les amours perdus, les rêves inassouvis, il conviendra d’être celle que l’on doit être.  L’influence des autres est parfois forte, mais il faut tracer sa route, de la manière la plus personnelle qui soit. La chemin de Jo sera équivoque, car celle-ci mettra du temps à savoir ce qu’elle veut : car parfois, ce n’est pas forcément l’évidence ou la facilité.

Malgré un découpage étonnant, où le présent et le passé s’entremêlent pour mieux raconter l’histoire de Jo, le film de Gerwig est réussi : servi par un casting très imposant, le long-métrage est surtout porté par Saoirse Ronan et Timothée Chalamet, qui livrent chacun une prestation inoubliable (notre note : 9/10).


907.Impitoyable : il y a 28 ans, Eastwood le cow-boy tirait sa révérence.

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Ancien hors-la-loi et chasseur de primes, William Munny (Clint Eastwood) est aujourd’hui un homme rangé, oeuvrant dans sa ferme et prenant soin de ses deux enfants. Depuis la mort de sa femme, à qui il a juré fidélité, l’homme peine à joindre les deux bouts. À des lieues de là, une prostituée, Alice, est battue et défigurée par un bandit notoire trop ivre : le shérif Little Bill Dagett (Gene Hackman) ne fait rien pour le lui faire payer. Les filles de joies décident d’engager un tueur pour lui faire la peau. Un jeune garçon, le Kid de Schofield, a entendu parler des exploits de Munny et part à sa rencontre pour lui proposer de descendre l’homme en question. Après de légères réticence, William accepte, mais demande à son vieil ami Ned Logan (Morgan Freeman) de les accompagner et de partager le butin ensemble. Un autre chasseur, English Bob (Richard Harris), débarque également pour toucher la récompense. Cependant Dagett veille et est prêt à tout pour empêcher que la vengeance des prostituées de la maison close ne soit rendue possible…

Western crépusculaire

Lauréat de 4 Oscars (dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur), Impitoyable, demeure l’un des jalons de la carrière de Clint Eastwood. Il incarne ici un cow-boy vieillissant près à remonter en selle une toute dernière fois pour une mission honorable : éliminer une crapule. Mais il fait avant tout par besoin d’argent, même s’il n’est pas insensible à la cause des prostituées (la scène d’ouverture est particulièrement marquante). Dans cette chevauchée en plein Ouest, Eastwood signe un western crépusculaire, c’est-à-dire un film de cow-boys où les méchants n’en sont pas vraiment et les gentils non plus. Tous se révèlent fortement nuancé. Ainsi, le shérif Dagett, incarnant l’ordre et la loi est un être hautain et méprisant, malgré le fait qu’il tente de protéger sa ville ; William, sous ses airs de vieux fermier aimant a été l’un des plus grands tueurs de son époque, éliminant également des gens innocents ; English Bob, tel un monseigneur, est un être lâche et fourbe .

Western naturaliste

Son western est aussi, à bien des égards, naturaliste : plutôt que de glorifier l’âge d’or du western, Eastwood en dépeint toutes les horreurs. On assiste à la corruption, à la barbarie, et à la loi du plus fort : les héros se révèlent être des lâches, tuant leur proie jusque sur le siège des toilettes, et seul ceux qui ne tremblent pas en dégainant leur pistolet ont une chance de s’en tirer.

La scène où Gene Hackman, face à un Richard Harris emprisonné dans une cellule, est à ce titre un bel exemple du fait que les héros ne sont pas toujours ceux que l’on croient être et celle de l’affrontement final, où sous l’effet de la peur, les sbires de Hackman loupent leur cible en constitue un autre.

Eastwood, même s’il n’a plus la stature imposante des jeunes premiers -il a volontairement attendu d’avoir l’âge approprié, à savoir 62 ans, avant de tourner le film-, conserve malgré tout son style : tout en retenue, son personnage ne s’en révèle pas moins menaçant, notamment lors de la scène de l’affrontement final. Il redevient le monstre qu’il était : Impitoyable. Alors qu’il a tenté toute sa vie de faire pardonner, il n’y arrive finalement plus : le titre original du film est à ce titre très révélateur : « Unforgiven » signifie non-pardonné. À la fin du récit, le héros s’en va, sous un soleil couchant et s’évapore au sens propre du terme. Même si l’on essaie de gommer le naturel, il revient toujours au galop.

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Son film parle à tous : il est question tant de la dignité des personnes (à travers le personnage de la prostituée défigurée), de justice (qu’est-ce qui est juste finalement ?) que d’humanité (le personnage de Freeman refuse en fin de compte de tuer) ou du mal (présent en chacun de nous et pouvant nous submerger totalement).

La caméra de Clint n’a jamais filmé aussi bien les vastes étendues de plaines au crépuscule :  les longs moment où passent les silhouettes lointaines de ses pistolero à cheval sous un soleil aveuglant sont de toute beauté, tant les couleurs sont chaudes. La musique, présente surtout à ses moments, est douce et apaisante, malgré le fait que nos hidalgos courent vers la mort.

Tour-à-tour on rit, on pleure et on réfléchit : Impitoyable est un grand film et il se veut profondément féministe. William fera preuve de compassion envers Alice, la prostituée, là où la plupart des hommes la voient comme une marchandise. À noter que Eastwood dédie son long-métrage à deux de ses « mentors », pour qui il a tourné : Sergio Leone, dans la trilogie du dollar, et Don Siegel, pour son Inspecteur Harry (notre note : 10/10).


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