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906.The Mist.

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Avec The Mist (la Brume), sorti en 2007, Frank Darabont adaptait à nouveau une histoire de Stephen King. Lui qui avait donné vie à La ligne verte et à Les Évadés choisissait de mettre en scène une nouvelle placée sous le signe de l’horreur. 

La Brume et son bestiaire

David Drayton et son fils sont au supermarché du coin lorsqu’une mystérieuse brume se met à recouvrir tout dehors, empêchant toute visibilité. Un homme, Dan, entre alors dans le magasin, horrifié, en clamant qu’un danger se cache dans le brouillard. Un hurlement se fait entendre à l’extérieur, et les gérants décident de fermer les portes du magasin.

Dans The Mist, les clients d’un grand magasin se retrouvent piégés à l’intérieur de celui-ci à cause d’un phénomène aussi soudain qu’inexplicable : l’apparition d’un brouillard. Et derrière ce voile mystérieux se cache un danger aux proportions dantesques. Même si de nombreux clients ont du mal à comprendre pourquoi ils ne peuvent pas sortir au début, ils comprennent rapidement qu’ils ont à faire à quelque chose d’effroyable : lorsque l’un des magasiniers se retrouve happé par une créature tentaculaire, la panique s’installe définitivement.

Ses monstres, tantôt d’inspiration lovecraftienne (l’un d’eux évoquant Cthulhu), tantôt plus naturelle (les guêpes et autres araignées géantes) semblent tout droit sortie d’une autre dimension, et n’ont pas d’autre vocation que de tuer tout ce qui vit. Ces bestioles ne sont pas uniquement les seuls dangers car la folie humaine peut parfois l’emporter. David ira même jusqu’à vouloir quitter le magasin, tant les autres peuvent se révéler imprévisible.

La Brume évoque l’inconnu et l’absence de repères tangible : s’y aventurer peut se révéler dangereux, voir mortel. Dans son coeur l’inimaginable rode. Son origine n’a pas réellement d’importance : tout au plus Darabont esquisse un début d’explication en optant pour le choix d’une expérience scientifique ratée qui a ouvert un portail vers une autre dimension. La Brume est oppressante : à un point tel qu’il n’est pas utile d’avoir une musique omniprésente. La bande-son est ainsi minimaliste et le film joue énormément avec les silences.

S’organiser

À la manière d’un survival movie, le film dépeint avant tout les rapports entre les individus qui vont devoir s’organiser ensemble alors qu’ils sont complètement désorientés. Il n’y a aucun repère possible si l’on s’aventure dehors et rester confiné n’est pas non plus la solution. 

Si David tente de s’imposer comme un leader, un héros positif, il doit faire face à plusieurs opposant qui ne partagent pas son avis : d’abord son voisin, qui ne le croit pas, puis le gérant du magasin, sceptique après la mort de Norm le magasinier, ensuite Jim, un client qui pense qu’il n’est qu’un froussard, et enfin Madame Carmody (Marcia Gay Harden), la plus grande menace. Ces personnes vont avoir pour effet d’effrayer les autres, et les pousser à adopter un comportement de plus en plus irrationnel.

Dans ce microcosme où chacun est forcé de cohabiter, les tensions raciales, religieuses ou politique seront mise à mal et voleront en éclat : toute crise peut faire voler le semblant d’équilibre qu’on appelle civilisation.

Chrétiens

Une sorte de petite secte verra même le jour : les adeptes de Madame Carmody. Des personnes esseulées et qui ont peur de mourir, voyant en elle une quasi-prophétesse à la suite de ces lectures de l’Apocalypse. En citant les phrases du livre après chaque attaque, elle va annoncer ce qui les attend. En réalité, la dame est une détraquée, et elle va se servir de la confiance aveugle que les gens auront en elle pour « livrer » des gens à la bête (en témoigne la scène glaçante où l’un des militaires est jeté dehors).

Ce fanatisme exacerbé va semer la discorde et créer un schisme dans le magasin, entre les partisans -bien plus nombreux- et les opposants de Carmody. Se nourrissant de la peur d’autrui, elle va donner corps à sa folie et pousser les gens à chercher un bouc émissaire. La paix à un prix : et c’est la vie !

Hommage et fin différente

Grand admirateur de King, Darabont accorde un soin très particulier à rendre hommage au maître de l’horreur : ainsi, au début du long-métrage, le héros peint un Pistolero sur une toile, clin d’oeil direct à La Tour Sombre.

Le cinéaste, tout en restant fidèle à l’oeuvre originale, se permet une énorme liberté en changeant la fin : la version qu’il livre ici est beaucoup plus sombre et dramatique. C’est une conclusion glaçante et brutale (notre note : 8/10).


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