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907.Impitoyable : il y a 28 ans, Eastwood le cow-boy tirait sa révérence.

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Ancien hors-la-loi et chasseur de primes, William Munny (Clint Eastwood) est aujourd’hui un homme rangé, oeuvrant dans sa ferme et prenant soin de ses deux enfants. Depuis la mort de sa femme, à qui il a juré fidélité, l’homme peine à joindre les deux bouts. À des lieues de là, une prostituée, Alice, est battue et défigurée par un bandit notoire trop ivre : le shérif Little Bill Dagett (Gene Hackman) ne fait rien pour le lui faire payer. Les filles de joies décident d’engager un tueur pour lui faire la peau. Un jeune garçon, le Kid de Schofield, a entendu parler des exploits de Munny et part à sa rencontre pour lui proposer de descendre l’homme en question. Après de légères réticence, William accepte, mais demande à son vieil ami Ned Logan (Morgan Freeman) de les accompagner et de partager le butin ensemble. Un autre chasseur, English Bob (Richard Harris), débarque également pour toucher la récompense. Cependant Dagett veille et est prêt à tout pour empêcher que la vengeance des prostituées de la maison close ne soit rendue possible…

Western crépusculaire

Lauréat de 4 Oscars (dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur), Impitoyable, demeure l’un des jalons de la carrière de Clint Eastwood. Il incarne ici un cow-boy vieillissant près à remonter en selle une toute dernière fois pour une mission honorable : éliminer une crapule. Mais il fait avant tout par besoin d’argent, même s’il n’est pas insensible à la cause des prostituées (la scène d’ouverture est particulièrement marquante). Dans cette chevauchée en plein Ouest, Eastwood signe un western crépusculaire, c’est-à-dire un film de cow-boys où les méchants n’en sont pas vraiment et les gentils non plus. Tous se révèlent fortement nuancé. Ainsi, le shérif Dagett, incarnant l’ordre et la loi est un être hautain et méprisant, malgré le fait qu’il tente de protéger sa ville ; William, sous ses airs de vieux fermier aimant a été l’un des plus grands tueurs de son époque, éliminant également des gens innocents ; English Bob, tel un monseigneur, est un être lâche et fourbe .

Western naturaliste

Son western est aussi, à bien des égards, naturaliste : plutôt que de glorifier l’âge d’or du western, Eastwood en dépeint toutes les horreurs. On assiste à la corruption, à la barbarie, et à la loi du plus fort : les héros se révèlent être des lâches, tuant leur proie jusque sur le siège des toilettes, et seul ceux qui ne tremblent pas en dégainant leur pistolet ont une chance de s’en tirer.

La scène où Gene Hackman, face à un Richard Harris emprisonné dans une cellule, est à ce titre un bel exemple du fait que les héros ne sont pas toujours ceux que l’on croient être et celle de l’affrontement final, où sous l’effet de la peur, les sbires de Hackman loupent leur cible en constitue un autre.

Eastwood, même s’il n’a plus la stature imposante des jeunes premiers -il a volontairement attendu d’avoir l’âge approprié, à savoir 62 ans, avant de tourner le film-, conserve malgré tout son style : tout en retenue, son personnage ne s’en révèle pas moins menaçant, notamment lors de la scène de l’affrontement final. Il redevient le monstre qu’il était : Impitoyable. Alors qu’il a tenté toute sa vie de faire pardonner, il n’y arrive finalement plus : le titre original du film est à ce titre très révélateur : « Unforgiven » signifie non-pardonné. À la fin du récit, le héros s’en va, sous un soleil couchant et s’évapore au sens propre du terme. Même si l’on essaie de gommer le naturel, il revient toujours au galop.

Thématiques

Son film parle à tous : il est question tant de la dignité des personnes (à travers le personnage de la prostituée défigurée), de justice (qu’est-ce qui est juste finalement ?) que d’humanité (le personnage de Freeman refuse en fin de compte de tuer) ou du mal (présent en chacun de nous et pouvant nous submerger totalement).

La caméra de Clint n’a jamais filmé aussi bien les vastes étendues de plaines au crépuscule :  les longs moment où passent les silhouettes lointaines de ses pistolero à cheval sous un soleil aveuglant sont de toute beauté, tant les couleurs sont chaudes. La musique, présente surtout à ses moments, est douce et apaisante, malgré le fait que nos hidalgos courent vers la mort.

Tour-à-tour on rit, on pleure et on réfléchit : Impitoyable est un grand film et il se veut profondément féministe. William fera preuve de compassion envers Alice, la prostituée, là où la plupart des hommes la voient comme une marchandise. À noter que Eastwood dédie son long-métrage à deux de ses « mentors », pour qui il a tourné : Sergio Leone, dans la trilogie du dollar, et Don Siegel, pour son Inspecteur Harry (notre note : 10/10).


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