A crazy world



918.Stand By Me.

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En adaptant la nouvelle Le corps, tiré du recueil Différentes saisons de Stephen King, le cinéaste américain Rob Reiner a offert au monde l’un des plus beaux films sur l’enfance et sur l’amitié. Il suit les aventures de quatre jeunes qui vont entreprendre un long voyage, dans l’Amérique de 1959, afin de retrouver le corps de Ray Brower, un garçon de leur âge qui a disparu.

La bande des quatre

Pour incarner la petite bande, Reiner convoque tout d’abord Will Wheaton, future star de Star Trek et qui jouera son propre rôle dans The Big Bang Theory, à qui il donne le rôle principal, c’est-à-dire celui de Gordie La Chance, un garçon timide, vivant dans l’ombre de son frère disparu (John Cusack, dans l’un de ses premiers rôles), et rêvant de devenir écrivain. Ensuite, Corey Feldman, star des Goonies, dans la peau de Teddy Duchamp, le provocateur de service, toujours en colère à cause d’une vie familiale difficile, et Jerry O’Connel dans celle de Vern Tessio, gamin rondouillard geignard. Enfin, River Phoenix, acteur parti trop tôt, pour incarner le personnage de Chris Chambers, ami fidèle et protecteur.

Le voyage auquel se livre les 4 larrons va les conduire de Castle Rock à South Harlow. Dans ce road-movie, ils vont vivre des expériences inoubliables, un peu à la manière d’un rite de passage qui les verra entrer à l’âge adulte, celui où l’on devient l’homme que l’on doit être, abandonnant son passé sur le bas-côté de la route. L’on pense à cette scène où alors qu’ils marchent le long des rails de Mc Cloud en Californie, sur un pont, et qu’un train de marchandise arrive alors, les obligeant à courir très vite ou à celle où, traversant le cours d’eau, ils se retrouvent le corps couvert de sangsues.

Gordie La Chance, c’est le héros du film : un garçon timide et profondément gentil, crédule et invisible. Aux yeux de ses parents, il n’a pas vraiment d’importance ; il a toujours vécu dans l’ombre de son grand frère, star du Baseball, sport qu’il n’a jamais pratiqué. La seule personne qui l’aimait vraiment était précisément ce grand frère protecteur, qui lui manque désormais profondément. Son père et sa mère ne pourront jamais lui dire « je t’aime ». D’ailleurs, à Castle Rock, il n’est que « le frère de Denny ».

Le rêve absolu de Gordie réside dans le fait d’embrasser une carrière d’écrivain : en effet, le gamin a un don pour raconter les histoires, en témoigne, cette scène où il raconte une fiction autour d’un concours de mangeurs de tartes à ces amis. D’ailleurs, une fois adulte, Gordie deviendra un grand auteur : c’est même le point de départ du film. L’adulte, sous les traits de Richard Dreyfuss, qui se remémore cet été 1959. Gordie, c’est à la fois Stephen King, empreint à une nostalgie passée, face à cette amitié perdue, mais c’est aussi un prolongement de Rob Reiner, qui a toujours vécu caché par son père, Carl, grand cinéaste et acteur, et a dû se faire une place afin d’être à la hauteur de cet héritage. En somme, nous vivons tous dans l’ombre de quelqu’un. Le chemin de notre expansion dépend de la force à vouloir se défaire de ce poids. Deux êtres n’ont pas à devoir être identique, ni à suivre des trajectoires similaires. En partant avec ses 4 amis à l’aventure, Gordie dit non.

Gordie prendra conscience également du fait que les mythes et la réalité sont souvent bien différent : on ne peut pas prendre tout pour argent comptant. La scène où il est poursuivi par un chien, qui d’après la légende, a été entraîné par son maître pour arracher des testicules, est particulièrement parlante : il ne s’agit finalement que d’un très petit chien inoffensif.

Chris, c’est le garçon le plus courageux de la bande : il est toujours prêt à aider les autres et tient tête à ceux qui veulent du mal aux autres. Il incarnera une figure paternelle pour les 3 autres enfants. Pourtant, ce jeune homme encourageant Gordie à poursuivre ses rêves ne croit pas vraiment en lui. À tort, car il finira par devenir avocat, à force de persévérance. Ce personnage incarne probablement le mieux la philosophie générale de Stand by Me : on doit compter les uns sur les autres, quelles que soit les situations. Tour-à-tour, Chris console, donne du courage, joue les fortes têtes ou remet à sa place qui de droit. D’ailleurs, il épousera à ce point le titre du film qu’il finira par mourir, en tentant de séparer deux hommes qui se bagarrait, une fois devenu adulte.

La musique : Stand By Me

Mais Stand By Me, c’est aussi, et surtout, une chanson de Ben E. King, datant de 1961, que l’on entend en fond sonore dans le long-métrage. Rob Reiner a donné ce même titre à son film, car elle illustre le mieux son long-métrage : une amitié indéfectible entre des enfants qui forment une sorte de « fratrie », où chacun peut compter l’un sur l’autre. D’ailleurs, en français, Stand by Me signifie « compte sur moi ».

Dans le long-métrage, d’autres grands tubes des années 50 et 60 peuvent être entendu, à la gloire de cette époque de gospel et de rock’n'roll : le répertoire est large, allant de Come and go with me de The Del Vikings à Lollipop des Chordettes, en passant par Everyday de Buddy Holly. Tout au long du voyage, chaque chanson incarne cette époque d’insouciance et de liberté, après la guerre, troublée par ce corps d’enfant disparu.

En trouvant le corps de Ray Brower, la bande des quatre comprend qu’il n’y a pas de gloire dans le fait de ramener un cadavre : le succès n’est qu’une chimère, et on ne peut pas déshonorer une personne comme cela. Il décide de faire ce qui convient le mieux : passer un coup de fil anonyme à la police indiquant où trouver le travail.

Et lorsque le film se termine, face à un Richard Dreyfuss mélancolique et seul, l’on se met à penser à notre propre enfance, à ses hauts et bas, et aux amis ou personnes qui ont compté pour nous, parfois même le temps d’un été (notre note : 10/10).


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