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653.Ready Player One : l’Oasis de Spielberg est pleine de surprises…

Adapter le roman de Ernest Cline, personne n’aurait pu le faire aussi bien, tant le projet semblait difficile, de par la richesse de l’univers et le scénario décalé. Mais Steven Spielberg l’a fait, et nous a offert, enfin, près de 13 ans après La Guerre des mondes, son retour à la science-fiction. Il a ainsi rendu un hommage vibrant à la pop culture et à son propre cinéma également…

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L’Oasis.

 

Ready Player One nous emmène en 2045, sur les traces de Wade Watts (Tye Sheridan), jeune lycéen qui, comme tout les citoyens du monde, s’évade de la réalité marquée par la guerre, la pauvreté, et la pollution, en mettant un casque de réalité virtuelle, afin de se connecter à l’Oasis, un monde composé de milliers d’univers où tout est possible, où l’on peut croiser des dragons, où se promener dans l’univers de Minecraft. Autrefois, c’était un jeux de rôle. Aujourd’hui, c’est un exutoire, où tout le monde se réfugie et peut être qui il veut. Ainsi, Wade a un avatar prénommé Parzival, à la chevelure argentée et qui est un véritable casse-cou.

Il va sans dire que le concepteur de l’Oasis, James Halliday (Mark Rylance) est l’homme le plus riche du monde. Mais un jour, il meurt et transmet un message aux utilisateurs de l’Oasis, par l’intermédiaire de son avatar, le magicien Anorak : il a caché, quelque part, dans son univers virtuel un œuf de pâques (un easter egg). Celui qui le retrouvera en premier héritera de l’Oasis et de sa fortune, élevée à 500 milliards de dollars. Pour y arriver, il faudra trouver 3 clés,  permettant d’ouvrir 3 portails successifs, menant à l’œuf. Suite à cette annonce, tout les utilisateurs de l’Oasis sont devenu des « chassoeufs », mais malheureusement sans succès…personne n’a trouvé la moindre clé jusqu’à présent. Pas même, la société Innovative Online Industries, concurrent direct de Halliday, dont le directeur, l’effroyable Nolan Sorrento, a déniché les plus grands spécialistes de Halliday, afin de trouver les précieuses clés.

La première épreuve consiste en une course de véhicule, aux multiples dangers, dont aucun concurrents n’est parvenu encore à atteindre la ligne d’arrivée. Il faut dire que King Kong veille à réduire tout candidat en bouillie…pourtant Wade y arrivera.

Film Review Ready Player One

 

Staying Alive

 

Wade fera connaissance avec une candidate chevronnée, Art3mis, qui le talonne dans les épreuves. Il tombera peut-à-peu amoureux d’elle, ou plutôt de son avatar, et souhaitera la rencontrer en vrai. Mais cette dernière refuse obstinément toutes ses avances. Pourtant le duo sera amené à collaborer ensemble, à plusieurs reprises, ensemble, et s’offrira une petite danse sur la musique de Stayin’ Alive, des Bee Gees.

Dans l’Oasis, Wade n’est pas seul : il a un « ami virtuel », qu’il retrouve régulièrement : Aech. Celui-ci est un bricoleur, fabriquant des machines incroyables et des armes de pointes. Il est de bon conseil pour le jeune homme, et lui conseille de ne pas s’éprendre d’Art3mis, car cela pourrait être dangereux…

 

L’Overlook

 

L’une des épreuves consiste à rentrer dans le film Shining de Stanley Kubrick,  et de revivre plusieurs moment du film culte. Spielberg se fait littéralement plaisir, rejouant la scène où Jack Torrance poursuit Danny dans le labyrinthe foulant la neige, ou celle où il entre dans la chambre 637. Il ne se prive pas non plus de la séquence des ascenseurs s’ouvrant pour déverser des litres de sang. L’épreuve finale est celle de la scène du bal, et offre une touche de romantisme…

En réalité, Spielberg a toujours admiré Kubrick, qui était d’ailleurs un de ses amis. Il a d’ailleurs repris, à titre posthume, son projet d’adapter la nouvelle « Les Supertoys durent tout l’été« … cela sous le titre bien connu de AI : Intelligence Artificielle. Certes il s’est éloigné du roman (ou Cline situait l’action dans le film Wargames).

 

Love Kira

 

Mais le film est l’occasion d’une double histoire d’amour : celle, bien entendu, entre Art3mis et Parzival, mais surtout celle qu’aurait pu vivre David Halliday. Une histoire d’amour faite d’acte manqué, de ne pas osé avouer ce que l’on ressent vraiment. Halliday aimait Kira, une jeune femme, qui finira par épouser son meilleur ami (et cofondateur de l’Oasis), Ogden Morrow (Simon Peggs).

Mais Halliday n’oubliera jamais Kira, et cet amour pour elle va l’influencer grandement dans sa conception de l’Oasis.

En choisissant Mark Rylance pour incarner Halliday, Spielberg lui offre l’un de ses meilleurs rôles (il lui en avait déjà donné un dans Le pont des espions et Le Bon Gros Géant) : un personnage vulnérable et délicat, inadapté dans le monde et qui pense comme un enfant. C’est un peu l’esprit de Spielberg que l’on retrouve dans ce seul personnage : l’innocence propre à l’enfance, face à la dure réalité des choses.

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J’irai bien refaire un tour du côté de chez Amblin et chez les autres

 

Ready Player One est l’occasion pour Spielberg de faire une myriade de clins d’oeil à la pop culture et à son propre cinéma : on peut ainsi voir apparaître, le temps d’un instant, Beetlejuice, Tomb Raider, un Gremlins, La Plymouth Fury de ChristineFreddy Krueger, le T-Rex de Jurassic Park, R2D2Emmet Brown…Toutes les citer serait bien entendu trop long tant elles sont légions ! Il y a aussi des logos de films (Star Trek,…), des armes utilisées dans des longs-métrages, des véhicules (la deLorean de Retour vers le futur). Wade  essaye la veste de Michael Jackson dans le clip Thriller, avant de porter le costume du héros de Buckaroo Banzaï.

Le Géant de fer (personnage du film éponyme) a un plus grand rôle et se retrouve dans plusieurs scènes, et surtout celle de la bataille finale. Il parodie également le T-800 de Terminator.

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 De façon globale, les personnages du film s’évadent en redécouvrant la culture des années 1980. Encore un moyen de s’évader d’un monde difficile à supporter, se remémorant, pleins de nostalgie, une époque où les divertissements sympathiques étaient légions.

Le matériel de base : le roman

 

Spielberg a pris quelque liberté par rapport au livre de Cline, tout en conservant l’esprit de l’oeuvre (d’ailleurs l’auteur a approuvé tout les choix du réalisateur, dont il semble être fan depuis toujours). Les épreuves ne sont pas les mêmes. On a déjà parlé de la course de véhicules avec obstacles…dans le livre, il faut jouer à Donjons et dragons. Il n’y a que 3 épreuves dans le film, contre 6 dans le livres. Les défis pour accéder aux portails ont été supprimé. C’est normal, car le film dure déjà 2h20…

Wade ne vole pas avec un X-Wing (vaisseau de Luke Skywalker) dans le film, mais avec la deLorean de Retour vers le futur.

Dans le livre, Wade et Artemis ne se rencontre pas réellement avant la fin de l’histoire…ils tombent amoureux chacun de leur avatar respectif. Dans le film, ils se rencontrent avant, en chair et en os.

 

La bataille finale

 

Sorrento est le méchant de l’histoire : il est prêt à tout pour prendre le contrôle de l’Oasis, y compris à tuer des gens. Par exemple, lorsqu’il découvre le véritable nom de Parzival, il tue tout ceux qui s’appelle « Wade Watts », à l’aide de petits drones larguant des bombes.

Il a travaillé autrefois avec Halliday, mais était toujours dans l’ombre de celui-ci, cherchant à le convaincre de faire de l’Oasis une entreprise économique, ce que ce dernier a toujours refusé. Halliday était avant tout quelqu’un qui voulait jouer, et partager ce plaisir qu’il avait lui même dans une partie…c’est aussi pour cela qu’il organise la chasse à l’œuf. 

Lors de la dernière épreuve, les héros s’affrontent sur le jeu vidéo Doom (dans le roman, c’est le jeu Tempest), près d’un château qui rappelle celui de Dark Vador, sur la planète volcanique Mufasar. Une grande bataille entre tout les chassoeufs et les sbires de Sorrento est lancée. La scène est dantesque, à l’image du Mechagodzilla, dinosaure géant en fer que pilote Sorrento.

Ready Player One est un excellent film de science-fiction, un divertissement prenant (à voir, si possible, en 4D), qui fait rêver : la majeure partie du film se passe dans l’Oasis et nous fait littéralement voyager (le visuel est très important dans le long-métrage)…dur de revenir à la réalité après cela, même si cela se révèle indispensable (notre note : 9/10).

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652.Apparences.

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Norman (Harrison Ford), scientifique, emménage avec sa femme Claire (Michelle Pfeiffer) dans une nouvelle maison, au moment où leur fille, Caitlin, part à l’université. Claire se retrouve souvent seule, d’autant que son mari est souvent en voyage d’affaire. Remise d’un terrible accident de voiture un an auparavant, elle souffre toujours de pertes partielles de mémoire. Décidant de rencontrer ses nouveaux voisins, Claire fait connaissance avec Mary (Miranda Otto), qui est triste et effrayée…et cela est d’autant plus étrange car la femme disparaît ensuite ! Et tout porte à croire à Claire que c’est le mari de cette dernière, Warren, qui l’aurait tuée ! Ensuite des phénomènes étranges se produisent dans la maison : des cadres se renversent, du bruit se fait entendre, la porte d’entrée s’ouvre toute seule, et Claire se met à voir dans l’eau de la baignoire, à côté de son reflet, celui d’une femme…ces apparitions sont celle d’un fantôme. Elle croit d’abord que c’est celui de Mary, d’autant que Warren ne répond pas clairement aux questions de Claire quand elle lui demande où est sa femme…mais à une soirée mondaine, Mary refait surface, obligeant dès lors notre héroïne à se demander si elle est devenue folle ! D’autant que des phénomènes inexplicables se produisent dans sa maison…

Hommage à Hitchcock

En 2000, en réalisant Apparences, le cinéaste Robert Zemeckis (qui sortait aussi cette année là Seul au monde) offrait à sa filmographie un genre qu’il n’avait pas encore exploité : le thriller. Et quoi de mieux pour cela que de rendre un petit hommage au « maître du suspense », que fut Alfred Hitchcock, notamment à travers plusieurs scènes évoquant son film Fenêtre sur cour. On peut ainsi voir le personnage de Michelle Pfeiffer épier son voisin de sa fenêtre, aidée d’une paire de jumelle, le tout filmé en champ-contrechamp, c’est-à-dire en utilisant une technique par laquelle on montre le personnage qui regarde, puis on voit ce qu’il voit, et puis on le filme en montrant sa réaction, nous déplaçant ainsi à 180°, créant un effet de surprise.

De façon globale, Zemeckis distille le suspense dans son film, nous faisant sursauter là où on ne l’attend pas. Il filme en contre-plongée (de bas en haut), insiste sur de petits leitmotivs (la porte qui s’ouvre toute seule, à plusieurs reprise, à chaque fois que Claire s’apprête à mettre la clé dans la serrure, par exemple).

La scène où Michelle Pfeiffer, toujours bonne comédienne, est couchée dans la baignoire, paralysée, et là voit se remplir, sans rien pouvoir faire, est glaçante et probablement l’une des plus réussie. Le moment est oppressant et filmé de manière brute.

Esprit, es-tu là ?

Le film a aussi pour thème le mystère et le paranormal : en effet, Claire ne rêve pas, il y a bel et bien un esprit dans sa maison…ses intentions sont un peu troubles au début, d’autant que Claire est effrayée par ce qu’elle voit. Au cours d’une séance chez le psychologue, celui-ci lui conseille de ne pas fuir ces manifestations, mais de se confronter à elles, d’essayer de comprendre ce que cette entité lui veut.

Claire tente d’abord d’entrer en communication avec son fantôme, à travers un ouija, planche munie d’une goutte pour parler avec les esprits…puis se procure un ouvrage de « sorcelleries », et se met à potasser le sujet. Zemeckis joue avec les superstitions et les multiples objets qui les nourrissent pour leur donner corps.

Claire va peu-à-peu identifier cet esprit, qui lui dit qu’elle sait ce qu’elle veut, lui donnant corps et découvrant son histoire…intimement liée à la sienne. La femme va prêter son corps à ce fantôme, le temps d’une scène, incroyable, où le personnage d’Harrison Ford, a des rapports avec une femme qui de toute évidence n’est pas sa fragile épouse…

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Le twist final

Apparences nous entraîne vers de multiples pistes : est-ce que Claire imagine tout ça ou est-ce réel ? On comprend finalement qu’il est question d’un esprit qui veut obtenir vengeance, à cause d’un terrible secret enfoui et qu’on a tout fait pour oublier. La violence, le crime et l’implacable vérité seront au rendez-vous. Méfiez-vous donc, les apparences ne sont pas ce qu’elles semblent être, et la fin vous surprendra sans doute (notre note : 8/10).


649.Vicky Cristina Barcelona.

En plus de 50 ans de carrière, Woody Allen a réalisé 48 films : des chefs d’oeuvres (comme Minuit à ParisBlue Jasmine, ou Annie Hall), des films qui marquent (Accords et désaccordsCafé Society ou Anything Else), des long-métrages mineurs (Rome with Love, L’homme irrationnel) ou des passables (Whatever Works). Mais à chaque fois avec son style inimitable, faisant que cela n’est jamais totalement mauvais. Il a beaucoup travaillé sur les relations humaines et les petits quiproquos quotidiens. En 2008, il nous livrait Vicky Christina Barcelona, une comédie douce-amère sur l’amour et ses différentes formes (passionnel, romantique, impossible, et obsessionnel).

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On y croisait 2 charmantes étudiantes, Vicky ( Rebecca Hall) et Cristina (Scarlett Johansson) qui décidaient de passer un peu de temps à Barcelone, en vacance, la première pour y faire des recherches pour son mémoire concernant la culture catalane, la seconde pour oublier une rupture difficile. Si les 2 filles s’entendaient à merveille, il était cependant difficile de faire plus antomique qu’elle en matière d’amour : leur vision étaient diamétralement opposée. Vicky savait ce qu’elle voulait et ce qu’elle attendait, répondant à une logique du « qui se ressemble s’assemble », louant fidélité à son fiancé, Doug ; Cristina, de son côté ne savait pas ce qu’elle souhaitait, mais savait ce qu’elle ne voulait pas…ainsi elle se laissait aller à ce qui s’offrait à elle, découvrant les plaisirs de la chair, répondant à ses envies et à ses pulsions.

Séduction

Alors qu’elles déjeunent ensemble, les 2 femmes croisent la route de Juan Antonio (Javier Bardem), un peintre, qui va tenter de les séduire en les invitant à passer le week-end avec lui à Oviedo, pour visiter le lieu et si il y a affinité, faire l’amour ensemble, à trois. Si Vicky est indignée et se montre hostile, cela n’est pas le cas de Christina, qui en fait, se montre assez ouverte à cela…elle finit même par convaincre son amie de les accompagner là-bas. Le voyage se passe assez bien, Juan Antonio leur faisant découvrir l’art et l’architecture catalane. Vicky finira par devoir passer une journée seule avec lui, car Cristina ne se sentira pas bien et tombera malade…elle se rapprochera de lui, et ils auront des relations sexuelles…

On remarque que Juan Antonio a une vision très libre de l’amour : il est capable d’aimer toutes les femmes, leur offrant tendresse et réconfort. On remarque aussi en revanche, qu’il est incapable de choisir celle à qui il offrira exclusivement son cœur…

Triangle amoureux

En effet, Juan Antonio est toujours amoureux de celle qui fut sa muse, sa source d’inspiration, qui a fait de lui l’artiste qu’il est devenu : la belle Maria Elena (Penelope Cruz), son ex-femme, qui a le don de faire ressortir le flux créateur de chacun, de façon à faire éclater l’artiste qui sommeil en soi. Leur couple avait tout pour réussir, mais paradoxalement, il leur manquait quelque chose…une chose qu’ils ne parvenaient pas à identifier…

Après le voyage à Oviedo, si Vicky s’est mariée, Cristina a continué de voir Juan Antonio et est rapidement devenue son nouvel amour. Le couple vit d’ailleurs ensemble, Vicky s’ennuyant quelque peu. Mais un coup de téléphone retentissant une nuit va mettre fin à ce calme apparent : Maria Elena a tenté de se suicider…Juan Antonia va aller la chercher et la ramener chez eux. Christina est quelque peu troublé par cela, d’autant qu’il a encore des sentiments pour son ex-femme. Maria Elena se montrera épouvantable avec elle, ne parlant que en espagnol, afin de l’insulter…avant de s’attacher à Cristina, comprenant qu’elle est l’élément qui a toujours manqué pour que sa relation avec Juan Antonio fonctionne. Le trio finit donc par passer du bon temps ensemble, se considérant comme une sorte de ménage à trois, où les 2 femmes ont également des relations entre elles, libre de la vision très occidentale de l’amour. Maria Elena va également faire ressortir le talent caché de Vicky pour la photographie.

Le choix.

De son côté, Vicky repense sans cesse à sa nuit avec Juan Antonio…le doute l’envahi : a-t-elle fait le bon choix ? Quelle aurait été sa vie, si elle était devenue la muse d’un artiste ? Son monde, fait de rencontres avec les riches amis de Doug, de bridge, et de croisières sur bateau a de quoi en faire rêver plus d’une, mais ne la rend pas vraiment heureuse…comme si cela n’était pas ce qu’elle voulait faire, mais ce qu’il avait été logique qu’elle fasse, eu égard à sa personnalité et au regard des autres, et vis-à-vis de Cristina, qui aimait aussi Juan Antonio. Il lui faudra pourtant faire un choix…fasse un amour qui se révèle obsessionnel.

Cristina, de son côté, se rend compte que le ménage qu’elle forme avec Maria Elena et Juan Antonio ne lui convient pas. Elle ne sait pas ce qu’elle veut, aussi les quitte, alors que tout ce passait merveilleusement bien, afin de reprendre sa quête de l’amour…On a l’impression que la jeune femme ne sera jamais vraiment satisfaite, après avoir pourtant tenté toutes les expériences possibles…au fond, qu’est-ce que l’amour ? Est-ce un sentiment, une émotion, une sorte d’état qui nous pousse à « fusionner » avec l’autre à le voir unique au monde pour soi (et réciproquement) ou est-ce l’antithèse de l’indifférence, une sorte de choix qui nous pousse à considérer l’autre et à l’accepter pour ce qu’il est, faisant énormément de compromis ? Est-il de la raison ou du cœur autrement dis ? Et combien de temps dure-t-il ? N’est-il que passager, éternel ou plus épisodique ? Tant de questions qui seront encore et toujours débattues, mais incroyable de réflexions,…

Il est amusant de constater que Cristina ne sait pas ce qu’elle veut, mais elle est capable de faire un choix car elle sait ce qu’elle ne veut pas : et cela est fait sans regret, en faisant table rase du passé et en allant de l’avant. Ce qui n’est pas le cas de Vicky, en proie au doute et au questionnement perpétuel, repensant justement au passé…mais au fond, ne cache-t-elle pas toute deux ce même sentiment d’insatisfaction propre à chaque être humain, qui même lorsqu’il pense savoir ce qu’il veut, se met un jour à « penser » et à désirer autre chose ?

Juan Antonio et Maria Elena s’aiment et se détestent à la fois, et on fini par penser qu’il leur manquait quelque chose pour réussir leur couple et ont donc renoncé, à contre-cœur, à celui-ci. La présence de Cristina est en réalité un canalysateur, un apaisement fasse à « 2 coqs dans la basse-cour », incapable de compromis et en proie à une rage folle, se poussant à l’autodestruction l’un l’autre. Elle fait tampon, car l’amour que Maria Elena et Juan Antonio ont pour Cristina les empêche de se faire du tord et d’enfin s’apprécier. Comme si l’amour poussait, à nouveau, à des merveilles, mais aussi aux pires ignominies…

À noter aussi, la performance de Pénélope Cruz (lauréate d’un oscar pour le rôle), en femme fatale volcanique, répandant à la fois le meilleur et semant le pire en un claquement de doigt. Elle est pleine d’intensité, passant rapidement de la joie aux larmes. Pleine de contradiction, comme l’est, au final, l’amour…Un très beau film qui met en valeur l’Espagne, et son incroyable romantisme (notre note : 9,5/10).

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647.Moi, Tonya : biopic sur celle que l’Amérique a détesté…

Les années passent et le nom de Tonya Harding s’efface peu-à-peu au point que le film de Craig Gillespie (une fiancée pas comme les autres,…) arrive à point nommé. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la destinée incroyable de cette patineuse artistique américaine est à la fois très drôle et triste…et plus complexe que ce que les médias, qui l’ont calomniés, ont voulu faire croire…

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Élevé par une mère autoritaire psycho-rigide, Tonya (Margot Robbie) est inscrite au patinage par cette dernière à l’âge de 4 ans. Rapidement, elle se démarque de ses concurrentes, et se montre capable d’accomplir des figures incroyables. Son père les abandonne, car il est battu par son épouse, et Tonya se retrouve seule avec sa mère, qui passe son temps à la rabaisser, afin de la pousser à un résultat. Rencontrant celui qui sera l’amour de sa vie, Jeff (Sebastian Stan), elle décide de se marier avec lui et de quitter le domicile familial, ne supportant plus d’être battue par sa mère. Le film se concentre ensuite sur la carrière de Tonya, et ses désillusions, jusqu’à l’arrêt brutal de sa carrière en 1994, où elle est accusée d’avoir participé à l’attaque qui a blessé au genou sa rivale Nancy Kerrigan, la veille des championnats qualificatifs aux jeux olympiques…

Moi Tonya est un film incroyable, avec des personnages qui incarnent bien l’Amérique et ses travers : Tonya est devenue le personnage que tout le monde a détesté, en 1994…beaucoup de séries la cite d’ailleurs souvent en exemple pour ce qu’elle a été « accusée » de faire. Mais le film est surtout l’histoire d’une fille qui n’est pas dans le moule, qui ne correspond pas aux valeurs que disait défendre le pays de l’oncle Sam avec ses codes bien édictés : Tonya est grossière, mal habillée et aime la musique punk….et c’est sur ces critères là uniquement qu’elle a été jugée par les jurés pour les championnats de patinage…nullement pour ces capacités physiques…Car Tonya était exceptionnelle à ce niveau : première américaine à réaliser l’incroyable figure du triple axel (faire 3 tours et demi dans les airs), 2e au championnat du monde en 1991,…Si sa carrière se vit dès le début mettre des bâtons dans les roues, ce fut également le cas de sa vie : Sa mère avait flairé le potentiel pour le patinage pour sa fille et avait décidé de l’y inscrire dès l’âge de 4 ans, lui faisant arrêter l’école quelques années plus tard pour ce consacrer exclusivement à sa discipline. Sa mère, LaVona Fay Golden (Allison Janey, lauréate d’un oscar pour le rôle, qui est probablement le meilleur qu’elle ait joué) la suivra sur tout ses entraînements, l’insultant et la dénigrant sans cesse, afin de la pousser, pour qu’elle ait « un don », sans jamais la cajoler,  ou simplement lui dire qu’elle l’aime. Avec Jeff, les premiers rendez-vous seront chaperonnés par sa mère, qui désapprouvera leur union, jusqu’au mariage et leur vie commune…où celui-ci se montrera violent envers elle…

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Le film aborde une structure peu conventionnelle : il alterne entre interviews des personnages à l’heure actuelle et séquence racontant le passé. Les héros commentent ainsi ce qui s’est passé, donnant leur point de vue, et ensuite la scène en question se joue sous nos yeux. On découvre ainsi des points de vue différents, chacun accusant l’autre d’exagérer dans sa version des faits, laissant libre court au spectateur de se faire sa propre opinion sur le sujet…

Reste que la vie de Tonya laisse planer le doute : on se prend d’affection pour elle en se disant qu’elle n’est qu’une victime, de sa mère et de son imbécile de mari, chacun lui faisant du mal, alors qu’ils l’aiment sans doute tout les deux…On se dit aussi, à d’autres moment, que son caractère énerve, et pousse les gens à la détester, qu’elle est un peu le « vilain petit canard », qui se retrouve sur la touche. Elle se retrouve entouré de personnes de confiance qui sont de parfaits idiots, motivé par un désir de réussite et de reconnaissance…ce qu’elle recherche aussi, paradoxalement.

Son ambition pour réussir est démesurée : c’est son rêve, et elle s’entraîne dur pour y arriver, chaque jour. Mais la concurrence est rude, et dans sa tête, cela cogite, au point qu’elle envisage d’effrayer ses concurrentes, afin d’atteindre son but ultime : se qualifier aux jeux olympiques.

On se rend compte aussi que Tonya recherche avant tout l’amour de sa mère, et ne répond jamais face à cette dernière, subissant toute sa violence…toujours injustifiée. LaVona est une femme qui a la « trempe d’un homme », qui ne mâche pas ses mots, se montrant irrévérencieuse et désagréable, contenant sa joie derrière une sorte de rictus,…elle a investi tout ses dollars dans la formation de sa fille, croyant arriver à un résultat avec cette dernière. Bien entendu, elle ne lui a fait que des reproches, la rendant triste et malheureuse, et surtout pleine de hargne entre ses adversaire…elle a voulu faire ce que ses parents n’avaient pas fait : la pousser pour arriver à un résultat. En tant qu’adulte, on se dit toujours qu’on ne reproduira pas les « erreurs » de nos parents, et quand on le devient à notre tour, on en produit d’autres, souvent bien pire…à la fin du film, on comprend que Tonya veut devenir une bonne mère, et que les gens le sache…mais y arrivera-t-elle comme elle se l’imagine ? Son caractère bien trempé rappelle irrémédiablement celui de LaVona.

Moi Tonya est donc un biopic très réussi, qui malgré un propos très dur parvient à utiliser l’humour et les situations décalées pour nous plaire (Notre note : 8,8/10).

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646.Paddington 2.

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L’ours Paddington est de retour pour de nouvelles aventures ! Et autant dire d’emblée qu’elles ne seront pas de tout repos ! Vivant désormais chez les Brown, Paddington souhaite offrir un cadeau d’anniversaire à sa tante Lucy, qui fêtera bientôt ses 100 ans, afin de la remercier de l’avoir sauvé des eaux lorsqu’il était tout petit et d’avoir pris soin de lui. Il se rend ainsi chez son ami Mr Gruber (Jim Broadbent), l’antiquaire, qui lui montre un livre pop-up, dans lequel on peut voir la ville de Londres dans toute sa splendeur. Trouvant que c’est le cadeau idéal, Paddington souhaite l’acheter, car sa tante a toujours voulu visiter Londres, sans jamais avoir eu l’occasion de le faire. Mais il n’a hélas pas assez d’argent…aussi, il se décide de travailler afin d’économiser l’argent pour avoir ce livre.

Mais cela est sans compter sur Phoenix Buchanan (Hugh Grant), un acteur en perte de vitesse, qui apprend l’existence de livre, et va le voler, car il est au courant d’un secret incroyable autour de celui-ci que tout le monde ignore, tout en faisant accuser le pauvre Paddington, qui se retrouve…en prison ! Les Brown vont alors tout faire pour faire innocenter le petit ours.

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Paddington 2 est une belle surprise : il ne démérite pas le premier opus, tout au contraire, puisqu’il permet de retrouver les personnages qui nous avaient tant plus. L’ours Paddington est toujours aussi maladroit (il faut le voir laver les carreaux ou jouer les apprentis coiffeurs…) et attachant, au point que tout le monde fini par l’aimer (comme les prisonniers dans la prison, qu’il transforme d’ailleurs en une sorte de « restaurant où on fait des pâtisseries », en compagnie de Knuckles, le cuisinier qui va tomber amoureux de la marmelade -un met de choix chez les ours-). Les Brown sont aussi de la partie : Madame Brown est toujours aussi dévouée, et ne va rien lâcher pour prouver l’innocence de Paddington ; Monsieur Brown, la cinquantaine, mettra plus de temps à la rejoindre, voyant sa carrière professionnel faire du sur-place ; Mdme Birds allant jusqu’à se servir de son fusil pour défendre le petit ours.

Le bandit de l’histoire est Phoenix Buchanan : c’est un personnage fantastique, et un véritable rôle de composition pour Hugh Grant. Il passe son temps à se déguiser (en nonne, en mendiant, en Pape,…) afin de passer inaperçu ! Comme dans le premier film, c’est réellement un être mauvaix, et les apparences sont réellement trompeuses ! C’est un personnage haut en couleur, qui utilise beaucoup l’humour pour détendre l’atmosphère.

En somme, avec Paddington 2, vous rirez souvent aux éclats, aurez sans doute envie de manger de la marmelade (parce que c’est très bon) et vous direz qu’en fin de compte, vous avez passez un beau moment ! (notre note : 8/10).

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645.Slumdog Millionaire : la chance ou le destin ?

Slumdog Millionnaire suit l’histoire incroyable de Jamal Malik (incarné par Dev Patel), un jeune indien qui se retrouve à participer au jeu télévisé « Qui veut gagner des roupies ? » (équivalent indien de « Qui veut gagner des millions ? »).  Si les premières questions sont très faciles, les suivantes le sont beaucoup moins, et pourtant Jamal répond correctement à chacune d’entre elles….au point que, très rapidement, les organisateurs du jeu se mettent à le soupçonner de tricherie. Comment un pauvre issu des bidonville pourrait savoir des choses que même les plus cultivés ignore ? Est-ce du à la chance, la triche, à une intelligence insoupçonnée ou est-ce du au destin ?

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Les trois mousquetaires

Slumdog Millionnaire, sorti en 2008, est l’oeuvre la plus aboutie du cinéaste Danny Boyle (mais qui a été toutefois aidé par Loveleen Tandan), touche-à-tout de génie, à qui l’on doit 127 heuresTrainspotting, ou encore La Plage. En adaptant un livre de Vikas Swarup, il allait offrir son meilleur film ainsi qu’obtenir la reconnaissance de toute sa profession, en récoltant 8 oscars, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur.

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Mais revenons au film. Celui-ci suit 3 personnages de confession musulmane, de leur enfance dans les bidonvilles de Juhu, non loin de Bombay, à l’âge adulte. 3 destinées différentes, avec des vies différentes et des actes posés qui vont déterminer qui l’on sera, ou plutôt qui l’on choisi d’être. Il y a tout d’abord Jamal, jeune garçon qui se retrouvera à participer des années plus tard au jeux télévisé « Qui veut gagner des roupies ? « , son frère Salim, ensuite, vivant avec leur mère, jusqu’à ce qu’une émeute anti-musulman éclate, les séparant à tout jamais de celle-ci… et Latika, enfin, jeune fille que Jamal fera rapidement intégrer à leur petite bande, car elle aussi se retrouve seule et sans famille. Le joyeux trio décide de se faire appeler les 3 mousquetaires, comme les héros du roman d’Alexandre Dumas : Athos, Porthos et Aramis. Reccueilli par un truand local, Maman, ils se retrouvent à mendier pour lui. Ce dernier voit en Salim celui-qui prendra sa relève, et lui demande de lui amener son frère, un soir, afin de l’aveugler pour qu’il soit plus misérable au regard des gens dans la rue, qui se prenant de pitié pour lui, lui donneront plus d’argent. Mais Salim refuse et s’enfui avec Jamal et Latika…embarquant au vol dans un train de marchandise, il lâche la main de cette dernière qui se retrouve capturée…

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Love

Le film présente une relation triangulaire : Jamal aime Latika, dont il sait déjà qu’elle est l’amour de sa vie (alors qu’il n’est encore qu’un petit garçon) et cette dernière l’aime bien aussi. Salim aime son frère, et ressent de la jalousie envers Latika, qui passe beaucoup trop de temps pour lui avec Jamal. La relation entre Latika et Salim n’est d’ailleurs pas au beau fixe, celui-ci ne se montrant pas très gentil envers cette dernière, ne s’inquiétant d’ailleurs pas du sort de celle-ci lors de leur première rencontre, alors qu’elle vient de perdre ses parents, ne connaît personne et n’a aucun endroit où aller.

Après que Salim a lâché la main de Latika, en prétextant que celle-ci avait glissée, avec son frère, ils se retrouvent à arnaquer des touristes visitant le Taj Mahal, durant plusieurs années, en se faisant passer pour des guides touristiques. Mais Jamal ne lâche rien : il pense sans cesse à Latika, et souhaite la retrouver, malgré le fait que cela contrarie Salim. Il découvre que celle-ci est désormais une prostituée, obligée de travailler pour Maman.  Les 2 frères la libère, mais Salim tue Maman, l’abattant de plusieurs balles grâce à revolver…perdant un peu la raison, il rejoint une autre bande de truand, et rattrape Jamal et Latika, s’interposant entre eux, afin de récupérer celle qu’il considère désormais comme sa propriété. Tandis qu’il menace de son Colt 45 son propre frère, Latika, qui souhaite éviter un drame décide d’abandonner Jamal et de partir avec Salim, à contre-cœur.

Les années passent, mais impossible à Jamal d’oublier sa dulcinée. Désormais simple serveur dans un salon de thé dans un centre d’appel téléphonique, sa situation s’est un peu améliorée. Il n’a aucune idée de l’endroit où peut bien se trouver Latika…aussi, il décide de trouver les coordonnées de son frère et de reprendre contact avec lui. Cela fonctionne et les deux hommes se retrouvent : Salim est désormais un criminel travaillant pour le bandit notoire Javet. Il apprend que Latika est devenue la femme de ce dernier, offert par Salim !!! S’introduisant dans la maison de ce dernier, il la supplie de venir le rejoindre et lui donne rendez-vous à la gare…malheureusement, même si elle tentera de le faire, son mari et Salim l’empêcheront d’y arriver…

Ayant définitivement perdu sa trace, Jamal tente alors de participer à un jeu télévisé dans l’espoir qu’elle le verra peut-être à la télévision et souhaitera le retrouver.

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Un jeu pleins de souvenirs.

Le jeu « Qui veut gagner des roupilles ? » va avoir son grand champion : il s’appelle Jamal et il n’est personne. Ce simple serveur va déchaîner les audiences à la télévision, chacun se passionnant pour son histoire. Tout le monde se demandant comment il fait pour répondre sans se tromper, à chacune des questions, qui sont pourtant d’une complexité croissante…les organisateurs du jeu l’accuse de tricher, et lui envoie la police, dans les coulisses, pour le torturer afin qu’il avoue…

Mais ceux-ci vont devoir se rendre à l’évidence : il n’a pas triché ! Chacune des questions qu’il a eu correspond à un moment de sa vie, allant de son enfance à l’âge adulte, en passant par son adolescence. Par exemple, la première question avait pour objet de savoir qui était l’acteur vedette du film indien Zanjeer. En fait, si Jamal répond qu’il s’agit de Amitabh Bachchan, c’est tout simplement qu’il l’a rencontré, lorsqu’il passait dans son village, et avait réussi à obtenir un autographe de se dernier.

Le jeu, qui s’étale sur plusieurs jours, va ainsi lui permettre de se remémorer toute son histoire, accroissant son désir de revoir Latika. Danny Boyle rattache d’ailleurs à chaque question, l’événement en question, permettant de découvrir au compte-goutte l’histoire de Jamal.

L’animateur du jeu télévisé va tout faire pour empêcher Jamal de gagner, l’encourageant à arrêter de jouer, à plusieurs reprises, le menaçant dans les coulisses, lui envoyant la police,…l’homme va même essayer de l’envoyer sur des fausses pistes sur les réponses à donner aux questions, afin de le voir perdre. Bien sur son hypocrisie n’apparaît pas aux spectateurs devant leur télévision, mais tout ce qu’il montre n’est qu’apparence…pourtant son franc sourire du début devient une sorte de rictus béa lorsque Jamal avance, de questions en questions, et son regard montre toute la colère qu’il cache en lui.

L’Inde et ses travers

La société Indienne se retrouve ébranlée dans Slumdog Millionnaire : L’Inde est un pays de contraste, d’une grande beauté et avec une culture très riche, et d’une grande laideur, par sa pauvreté et la criminalité dont le pays fait l’objet. Le film montre de somptueux décors, d’une grande beauté, mais en insistant à chaque fois sur un aspect plus sinistre (comme un amoncellement de déchets). Il permet de voir la vie quotidienne des habitants, et ce qu’ils font pour survivre. Danny Boyle a aussi voulu afficher les transformations et nouvelles constructions, permettant de voir comment évolue un quartier. Inutile de dire que Slumdog est un film plutôt controversé en Inde… D’ailleurs savez-vous ce que son titre signifie ? Et bien, cela veut dire « Chien de bidonville millionnaire »…

Le long-métrage fait passer la pilule, en ponctuant son film d’une touche d’humour bienvenue (lorsque Jamal se fait tabasser par un policier, son supérieur lui demande d’arrêter, pour éviter d’avoir des problèmes avec Amnesty International, grand défenseur des droits de l’homme ;  ou encore lorsque Jamal saute dans la fosse sceptique, dressant son bras vers le haut avec la photo de son acteur préféré, seul élément qui ne sera ainsi pas couvert de selles).

Le film aborde aussi le thème de la corruption, à travers sa plus célèbre allégorie : l’argent. Les conséquences de celle-ci peuvent être dévastatrice : elle transforme toute personne, et peut justifier les pires atrocités. D’ailleurs, ne gagnerait-t-on pas à y accorder moins d’importance, au profit d’autres valeur comme l’amour… Jamal participe d’ailleurs au jeu, non par appât du gain, mais pour retrouver celle qu’il aime. Il est clair que l’argent peut nous permettre de réaliser bien des choses, mais elle n’est pas la chose la plus importante au monde…

Les acteurs du film sont tous d’illustre inconnus, à l’origine, tous d’origine indienne. Les enfants du film sont de jeunes issus de bidonvilles avec ces bâtisses faites de tôles, où l’eau potable est inconnue au bataillon. Cela donne au film une certaine authenticité, et une véritable âme, bien que cela a été perçu comme dénigrant les populations locales…on a aussi accusé Danny Boyle d’avoir sous-payé ses acteurs, ce qu’il a nié en bloc, affirmant au contraire qu’ils ont été payés beaucoup plus que ce qui a été dis. Il faut avouer que le film a fait souffert ces pauvres gens, mais a aussi permis de dévoiler une réalité qu’on oublie top souvent…il a aussi fait rêver et imaginer que la vie pouvait être autre chose que ce qu’elle est.

L’histoire du film est passionnante : elle nous entraîne dans les tourbillons de la vie, le temps passant à une vitesse folle (le récit se caractérise par son côté dynamique, par de nombreux plans en plongées et contre-plongées), avec des épreuves vraiment très dures pour ses personnages (sans jamais verser dans le larmoyant). La participation au jeu télévisé par Jamal a quelque chose de magique, tant on a l’impression que les questions ont été « inscrites » par le destin lui-même…La chanson finale, Jai Ho, concluant le film, est d’une grande beauté. Un très grand film (notre note : 9,5/10). 

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→à voir aussi : Que deviennent les jeunes acteurs du film ?


644. Le Don Quichotte de Terry Gilliam se dévoile enfin…

L’homme qui tua Don Quichotte est un film attendu depuis 2000 ! Après 5 tentatives infructueuses pour son réalisateur, Terry Gilliam (Le roi pêcheurl’armée des 12 singesLes Frères Grimms), la 6e fut la bonne…enfin…disons que le film a été tourné. Mais en raison d’un conflit juridique avec le producteur, il n’est pas certains qu’il sortira. Le film maudit de Gilliam a toutefois décidé de dévoiler sa bande-annonce , mettant en scène Adam Driver et Jonathan Pryce (un habitué du réalisateur, avec qui il a notamment tourné Brazil et Les aventures du baron de Münchhausen):

Image de prévisualisation YouTube

En 1990, Terry Gilliam a l’idée d’adapter Don Quichotte, le roman de Cervantès…mais il se rend compte que le livre est inadaptable ! Aussi, il décide d’en faire une version à sa sauce, où il serait question d’un homme qui se prend pour Don Quichotte (et veut tuer les moulins), en proie avec un producteur nommé Toby Grosini, que le fou considère comme son acolyte, l’écuyer Sancho Panza.

En 2000, Gilliam tente de tourner le film une première fois, avec dans les rôles principaux Jean Rochefort et Johnny Deep…mais le tournage sera abominable, tant les conditions ne se passeront pas bien : infection de la prostate et double hernie discale de Rochefort , pluie torrentielle détruisant une partie du matériel du tournage, mort du cheval que le réalisateur est accusé de ne pas avoir nourri suffisamment,… .De ce capharnaüm, Gilliam tirera un documentaire : Lost in la Mancha.

3 nouvelles tentatives suivront, toutes sans succès, jusqu’à celle d’aujourd’hui. Le film existe donc, mais le verra-t-on un jour ? La cour d’Appel de Paris rendra son jugement le 15 juin prochain…


643.Nerve : Sommes nous accro aux réseaux sociaux et en quête de popularité ?

Sommes nous de véritables voyeurs lorsque l’on se connecte aux réseaux sociaux ? Certaines personnes ne vivent-elles que par l’image qu’elles donnent d’elles-même sur Internet ? Cette popularité que l’on acquiert est-elle réelle, où n’est-elle que le miroitement d’un buzz temporaire, qui nous précipitera vers une désillusion encore plus grande ? Tant de questions qu’aborde le film Nerve, sorti en 2016, et réalisé par Henry Joost et Ariel Schulman.

kinopoisk.ru

Voyeur ou joueur ?

Nerve est un jeu en ligne qui propose aux utilisateurs d’être soit des joueurs ou des voyeurs. Les joueurs doivent réaliser des défis en se filmant et en les postant sur la toile. Bien entendu, ces défis sont très dangereux et plus on progresse dans le jeu, plus leur difficulté croit, jusqu’à mettre la vie de ses participants en péril. Les voyeurs, quand a eu, paient pour suivre et regarder les joueurs dans le feu de l’action. Ils parient sur eux de l’argent et leur impose les défis.

C’est par l’intermédiaire d’une amie à elle que Venus, alias Vee (Emma Roberts), se retrouve à participer à Nerve. Elle souhaite effacer cette étiquette de jeune qui n’est pas dans le coup, qui ne tente rien et veut prouver qu’elle peut aussi prendre des risques. Son premier défi la pousse à embrasser Ian (Dave Franco), qui est en fait un autre joueur ! Le duo va tellement plaire aux voyeurs qu’ils vont tout faire pour leur faire faire des défis à deux, avançant ensemble vers des épreuves qui risqueraient bien de leur coûter la vie…d’autant qu’il leur est désormais impossible d’arrêter le jeu.

Chrysalide.

Vee est une jeune fille timide et plutôt sérieuse, qui ne fait pas de connerie. Pourtant, à cause de celle qui fut sa meilleure amie, et qui passe son temps à faire des défis sur Nerve, afin d’être connue sur le réseau, et « dans le coup », elle se retrouve à vouloir également essayer un défi, pour lui montrer de quoi elle est capable. Elle est loin de se douter qu’elle va plaire aux voyeurs de Nerve, qui vont miser beaucoup d’argent sur elle, afin de la voir dans d’autres défis, jusqu’à la pousser à avoir une romance avec Ian.

Et ce qui devait n’être qu’un jeu devient rattrape la réalité, poursuivant les héros dans la vraie vie. On les pousse au vol, aux sensations extrêmes (la scène où Ian conduit la moto dans Times Square, les yeux bandés avec Vee comme passagère pour le guider est à couper le souffle), à la violence, et même à dire des choses contre leur gré. Pourtant, Vee va beaucoup apprendre de ce jeu, à commencer par ne plus accorder d’importance à ce que pense les autres, et éviter de n’exister que par eux. Après tout, l’enfer, c’est les autres. La fin du film va d’ailleurs en ce sens, nous offrant une dernière scène assez inattendue.

Addiction.

Bien entendu, le film critique notre société et l’usage accru de ses réseaux sociaux : bien des personnes les utilise quotidiennement, publiant leurs états d’âmes, des photos d’eux, de ce qu’ils ont mangés, de où ils ont été, et avec qui. Ils se créent une « identité virtuelle », qui est plus avenante que l’identité réelle, en quête d’une gloire sur la toile, auprès de personnes qu’ils ne connaissent pas et qui ne prendront même pas la peine de se retourner si ils le croisent dans la rue. Pourtant, c’est très facile de se créer une « fausse image de soi », un reflet plus avantageux, que d’accepter ce que l’on est vraiment, tant physiquement que mentalement.

Inversement, il y a ceux qui vont participer à cet « éloge médiatique » : les voyeurs (sorte de followers). Ils sont nettement plus nombreux et passent leur temps en ligne à scruter les profils des autres (se projetant de manière artificielle en eux), à regarder leurs photos, à lire leurs statuts, tweets, états d’âmes,…et à les juger ! Certains vivent par procuration… Il y a beaucoup de jalousie, irrémédiablement…il faut dire que les gars s’affichent avec la jolie fille de l’école, et les filles avec les beaux garçons (pour prendre un exemple), ce qui ne manque pas de susciter la convoitise (la meilleure amie de Vee devient très jalouse de cette dernière, lorsque sa popularité sur le jeu dépasse la sienne, et se met à faire des défis encore plus dangereux pour la dépasser).

Nerve aborde surtout les dérives des réseaux sociaux et de la télé-réalité (et du culte de ses « stars ») : la vie privée est mise à mal, une réputation construite sur toute une vie peut être balayée en un instant, l’information circule très rapidement et tout le monde est au courant de tout…c’est un véritable fléau dans son utilisation…il peut même pousser des gens à faire des jeux idiots mettant leur vie en péril (comme ce fut le cas avec Blue Whale, proposant 50 défis à relever, et dont le dernier était de se donner la mort ou encore des jeux de non-oxygénation ou de strangulation). Rien de ce que l’on fait n’est jamais confidentiel…tout ce sait (même si l’Europe se révèle être plus protectrice en matière de protection des données à caractère personnel). Il n’y a plus vraiment de barrière. Et cela est inquiétant…

Le film va plus loin, pensant même que les utilisateurs sont prisonniers du jeu, car les créateurs de celui-ci pourraient voler notre identité et s’en prendre à notre famille. Un peu comme si ils étaient au-dessus des lois et que la justice n’avait aucun pouvoirs pour intervenir. C’est caricatural, mais cela fait réfléchir… nos lois sont parfois dépassées par rapport aux avancées technologiques, et le droit est confronté à des situations nouvelles ou à des comportements inédits (mais répréhensible). Avis au législateur…

(notre note pour le film : 8,5/10).

À lire aussi.

Real Account, manga aborbant la même problématique.


642.SCRE4M : en 2011, soit 15 ans après le dernier opus, Wes Craven ressuscitait Ghostface, livrant son film-testament.

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Wes Craven (1939-2015) a été, tout au long de sa carrière, l’un des grand maître du film d’horreur, avec des longs-métrages comme Les griffes de la nuitLa colline a des yeux ou La dernière maison sur la gauche. Entre 1996 et 2001 il donnait un nouveau souffle à sa carrière avec la trilogie Scream dont le premier opus demeure incontestablement le meilleur et l’un de ses meilleurs films tout court. Le deuxième opus était une pale copie du premier, et le troisième s’engouffrait dans une intrigue sans queue ni tête, cousue de fil blanc. Il fallait donc laisser un peu de temps avant de remettre le couvert, le temps de trouver une bonne histoire.

C’est ce que fit Wes Craven, en réalisant d’autres films, avant de remettre le couvert en enrichissant la saga Scream d’un 4e épisode, en 2011, soit 10 ans après le dernier volet. Cette fois, le scénario tenait la route (surtout grâce au retour de Kevin Williamson, qui avait rédigé celui de Scream ). Retour du casting original, en ajoutant de nouveaux personnages, plus jeunes : Scream faisait son entrée dans le 21e siècle.

Craven parodie Scream et ses suites.

Le film s’ouvre sur de fausses bandes annonces, de Stab VI et VII (des films inspirés de Scream), où, à chaque fois, 2 filles dans leur maison (incarnées au passages par quelques actrices connues, venues se faire « tuer » pour la bonne cause) sont victimes d’un tueur masqué qui les harcèlent par téléphone avant de les poignarder violemment à l’aide de son arme de prédilection : le couteau de boucher . Ce petit jeu provoque une certaine tension sur le spectateur qui croit, à chaque fois, qu’il s’agit du véritable meurtre qui commencera l’histoire de Scream 4.

Pourtant, ces fausses bandes annonces sont imaginatives, pleines de clichés et montrant la bêtise des « héros » de films d’horreur, qui sont souvent des personnages idiots, qui se précipite sur le danger, et se font tuer avant d’avoir eu le temps de réagir ou de comprendre que l’assassin est face à eux.

La troisième attaque de Ghostface n’est toutefois pas une bande-annonce, mais fait bien partie de l’histoire…

Nouveau massacre.

Le film finit par démarrer : on y retrouve Sidney Prescott (toujours incarnée par Neve Campbell), survivante à 3 reprises de Ghostface, de retour dans la ville de Woodsboro, près de 10 ans après son départ,  dans une librairie, pour la promotion de son livre « Loin des ténèbres ». Le Shérif Riley (David Arquette), enquêtant sur les meurtres de la veille est parvenu à localiser le téléphone qui a servi pour terroriser les jeunes filles…et celui-ci est dans le coffre de la voiture de Sidney, avec pleins de photos couvertes de sang ! Ce qui fait de celle-ci la suspecte des meurtres, avant d’être innocentée…

Gale Weathers (Courteney Cox), marié à Riley depuis 10 ans, à mis sa carière de journaliste entre parenthèse. Elle souhaite pourtant reprendre du service, et reformer le duo d’enquêteur formé avec son mari lors des précédentes vagues de meurtres à Woodsboro, mais ce dernier ne veut pas de son aide, préférant celle de la shérif-adjoint Hicks.

Jill (Emma Roberts), la cousine de Sidney est victime, avec Olivia, une amie à elle, d’un appel de Ghosface ! Elles filent illico témoigner au poste de police, au se trouve Sidney. Elles souhaitent quitter la ville, mais Riley leur demande de rester, car n’importe qui peut être suspect…

Les meutres vont alors s’enchaîner, et au gré de ce terrible massacre, Sidney va découvrir une vérité aussi terrible que déconcertante.

Le jeu du chat et de la souris.

Comme à son habitude, Scream joue avec nos nerfs, confrontant Sidney, à plusieurs reprises à Ghostface, mais lui échappant sans cesse, jusqu’à la scène final, où elle doit affronter définitivement son bourreau. Comme victime, elle ne se laisse pas faire, loin des personnages qui fuient leur meurtrier en courant dans tout les sens, sans réfléchir, jusqu’à être coincée…Sidney se bat, utilise des armes, tombe mais se relève toujours.

Et comme toujours, le mobile de l’assassin a de quoi surprendre. Ici, il ne sera pas question de vengeance, mais de bien autre chose…

On retrouve aussi les mêmes personnages « typés » du premier film (bien qu’étant joué par une génération d’acteurs plus jeunes) : l’ado fan de film d’horreur, la jeune fille simple et gentille, la bombe atomique, le beau gosse un peu bête, l’intellectuel, et le brave gars (qui fait penser à Billy Loomis, le petit ami de Sidney dans le premier film).

Twist final.

Le spectateur joue un peu au détective, dans la saga Scream, amené à chaque moment du film a envisagé que chaque personnage peut constituer un suspect potentiel. La recette marche toujours autant, et on se rend compte, ici, que cela n’est pas aussi prévisible qu’il n’y paraît. On assiste réellement à un twist final (renversement de situation inattendue, façon Sixième sens) où le mal se cache là où on aurait jamais pensé regardé, tant les pistes étaient brouillées.

Remake déguisé (les règles sont d’ailleurs établies dans l’histoire), Scream 4 est donc un bon film d’horreur, et le chapitre final d’une saga, entrée dans la modernité. Bourré de références cinématographique, il se moque des suites de films et des reboot. Il renouvelle et rafraîchi (bien qu’étant plus sanglant avec des effusions d’hémoglobine) les slashers movies, en délivrant, au passage, une mise en garde sur l’usage des réseaux sociaux et de l’Internet…et tout cela reste crédible ! (notre note : 8/10)


640.Annihilation : Nathalie Portman en mode « commando » dans une sci-fi intellectuelle.

Porté par Nathalie Portman, actrice de la prélogie Star Wars, V for Vendetta et ThorAnnihilation est un film de science-fiction dont les premières images nous avaient emballés, tant le projet semblait avoir du potentiel, la promesse d’une histoire plus originale, renvoyant à la couleur tombée du ciel de Lovecraft…en plus, le long-métrage était l’adaptation d’un roman de Jeff VanderMeer. Malheureusement, en raison de projection test n’ayant pas convaincu, il ne sortira pas en salle en Europe…mais sera disponible sur la plateforme Netflix.

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Mystère.

Lena (Nathalie Portman), biologiste, croit que son mari, Kane (Oscar Isaac), militaire, est mort à la guerre. Ce dernier avait pour habitude de ne jamais lui dire où il devait accomplir sa tâche. Le temps passant, tout espoir de le voir rentrer s’est estomper. Jusqu’au jour où ce dernier rentre, totalement déboussolé, sans lui raconter ce qui lui est arrivé ni où il est allé. Ce dernier est le même physiquement parlant, est loin de celui qu’il était autrefois. Il tombe subitement malade et est à l’article de la mort…appelant l’ambulance, Lena voit des agents fédéraux débarqué, lui administrant un puissant somnifère et s’emparant du brancard sur lequel repose Kane.

À son réveil, elle est dans une pièce où se trouve le docteur Ventress (Jennifer Jason Leigh), une psychiatre qui est chargée d’enquêter sur un étrange phénomène ayant frappé les côtes américaines, sur un territoire désormais baptisé « Zone X », suite au crash de quelque chose venu d’ailleurs (qui pourrait dès lors bien être extra-terrestre), qui semble croître à une vitesse impressionnante,  sans que l’on ne voit se qui se passe à l’intérieur, tant ce que l’on y voit est semblable à un voile, dont mille et une couleur se dégage. On appelle, ce phénomène, le miroitement. De plus, de tout les scientifiques et militaires rentré dans la zone, aucun n’est ressorti, excepté un seul : Kane. Mais ce dernier ne se rappelle pas se qui s’est passé, et son état s’est rapidement dégradé.

Afin de savoir ce qui se passe dans la mystérieuse « Zone X », Lena va accompagner le docteur Ventress, et un groupe de scientifiques.

Désolation : un champ de ruine sous une beauté colorée.

Ancienne militaire, Lena est plus qu’une scientifique. Elle a suivi une formation et sait très bien manier une arme. Mais le groupe de femme qui l’accompagne vient dans un objectif scientifique, afin de comprendre ce qui se passe dans la « Zone X » et où sont passés tout les militaires qui en ont foulé le sol, lors des expéditions précédentes. Chacune est une écorchée vive par la vie (ancienne alcoolique, dépressive, mère ayant vu son enfant mourir,…) et n’a rien à perdre à entrer dans la zone.

À première vue, l’endroit est semblable à ce qu’il était avant, bien que l’écosystème ait subi un certains nombres de mutations. Même les animaux semblent être victime de cet étrange phénomène. Tout est étonnamment riche de couleurs.Mais sous le calme apparent des lieux se cache un danger encore plus grand, menaçant leur intégrité physique mais aussi mentale…tout semble les conduire vers le phare, où s’est écrasée l’entité extra-terrestre…

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Explication sur la fin (à ne lire qu’après avoir vu le film).

 

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Les jeunes femmes disparaissent toutes, les unes après les autres, laissant Lena seule. Le phare cache bien des secrets : Lena y découvre une caméra, dont l’objectif est disposé face à un squelette  assis en tailleur. En visionnant la vidéo, la jeune femme y voit son mari, Kane, qui s’est immolé par le feu, n’en pouvant plus, face à un être qui lui ressemble en tout point mais qui n’est pas lui. Ce qui signifie que l’homme qui est rentrée chez elle n’était pas son époux, mais un extra-terrestre ayant pris son apparence, un double.

Lena s’enfonce alors dans une sorte de puits dans le phare, creusé par la météore qui s’était abattu là, à l’origine. Elle y retrouve Ventress (ou un double de celle-ci ?) , complètement paranoïaque et délirante à propos d’une force qui les annihilera tous. La psychiatre fini d’ailleurs par changer de forme, devenant 1 forme sans structure, jusqu’à disparaître…comme détruite de l’intérieur (on la savait atteinte d’un cancer). Quand à Lena, elle voit un double d’elle-même se créer à partir d’une goutte de son propre sang. L’affrontant, elle parvient à s’enfuir et à sortir du miroitement qu’elle détruit…et part retrouver Kane, qui semble aller mieux…bien qu’il ne soit pas le vrai Kane.

Film post-apocalyptique, Annihilation est déconcertant et mystérieux. Réalisé par Alex Garland (qui reste dans la veine de la science-fiction intelligence, après le très réussi Ex machina), le film met en scène un groupe de femme qui se retrouve dans la zone x, un endroit à la végétation luxuriante, avec des arbres et des plantes ayant subi des transformations génétiques. Le miroitement réfracte la lumière et les ondes qui tente de le traverser (il est donc impossible de communiquer avec l’extérieur). Le temps semble ne pas avoir d’effet sur cet endroit, et les gens qui y passent ne se rappelle pas de tout ce qu’il leur est arrivé (au moment où elles entrent dans le miroitement, il s’écoule plusieurs jours, qu’elles ont l’impression de n’avoir pas vécu). En réalité cet endroit va les détruire toute, une à une, les poussant à la folie et à la mort. L’auto-destruction de soi, l’annihilation. Chacune des femmes sait qu’elles ont peu de chance d’en réchapper, mais toute y vont, comme si elles n’avaient rien à perdre, tant elles ont déjà subi : Lena, notamment, se sent coupable d’avoir tromper son mari et pense qu’elle est obligée d’aller dans la zone X afin de comprendre ce qui lui est arrivé, Josie qui a tenté de se suicider à plusieurs reprises, ou encore le docteur Ventress était chargé de choisir les personnes qui iraient dans le miroitement, et faire cela indéfiniment, envoyer des gens sans jamais les voir revenir, sans le moindre mot d’explication est un supplice sans fin.

Le miroitement accélère le processus d’auto-destruction de l’être humain pour en créer quelque chose de nouveau, quelque chose de différent (en témoigne les restes de cadavres que trouvent les jeunes femmes, complètement mutés). Si l’homme vieilli, c’est à cause d’une anomalie cellulaire, un dérèglement génétique. Comme si au fond de nous même, on s’auto-détruisait, lentement certes, mais volontairement. À la fin du film, quand Lena affronte son double, c’est un être qui lui demande de se tuer, de s’auto-détruire et de mettre fin à son humanité…pour être quelque chose guéri de ses douleurs intérieurs, de ses souvenirs qui ont fait d’elle la personne qu’elle a été. Cette entité extra-terrestre responsable du miroitement pose question : veut-elle prendre le contrôle de l’être humain en le remplaçant, où vise-t-elle la correction de cette anomalie, qui mène irrémédiablement à la mort ?

Par ailleurs, Lena est la seule membre de l’équipe à s’en sortir…aucune des femmes n’avaient de raison de vivre, à part elle. Voulant comprendre se qui est arrivé à son mari afin de le sauver et se faire pardonner ses infidélités, elle s’en tire, enterrant son passé fautif. Toutes les autres meurent, dans des circonstances reflétant leur « souffrance ». Radek, qui a essayé de se suicider, épouse une réplique du film qui explique qu’elle avait fait cela pour se sentir en vie, et devient une plante, un être vivant. Thorensen, ancienne droguée, devient folle et se met à délirer, ce qui la précipite dans sa chute. Thorensen disparaît sans crier gare, comme sa propre fille l’avait fait et Ventress est anéantie de l’intérieur, par son « cancer ».

Pourtant Lena tue son double, mais en réalité, c’est comme si elle se tuait elle-même ( une sorte de suicide). Cet être qu’elle détruit ne cherche pas à la tuer, il représente juste toute l’auto-destruction dont elle a fait preuve durant son existence. D’ailleurs, à la fin de l’histoire, face au double de Kane, elle ne sait quoi répondre lorsque celui-ci lui demande si elle est bien Lena. Leur yeux change tout deux de couleur dans la dernière séquence, illustrant l’impact que le miroitement à eu sur eux.

L’amour est également présent dans le film. Lena aime Kane, même si elle sait qu’elle ne pourra pas le sauver, car il est mort dans le phare. Pourtant, elle se rend compte qu’elle pourrait aimer son double, qui partage le même ADN que lui, semblable en bien des points mais lavés des impuretés qui étaient les sienne autrefois.

La raison pour laquelle le film n’est pas sorti en Europe tient à sa fin. Les producteurs ne voulaient pas de celle de Garland, pas assez vendeuse et proche de celle d’un film d’auteur…en offrant son film à Netflix, il a pu avoir son final cut. Un film ambitieux mais bien trop complexe au point d’en dérouter certains…

(notre note : 8/10).


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