A crazy world


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Liste des articles dans la catégorie cinéma & télévision.

724.Balance maman hors du train.

Difficile de trouver l’inspiration pour un écrivain, quand votre ex-femme vous a volé votre roman, s’en attribuant tout le mérite et profitant du succès de celui-ci. C’est ce qui est arrivé à Larry Bonner (Billy Cristal), qui n’arrive plus à rien écrire depuis cet incident, et se contente de donner des cours d’écritures à des adultes. Cela n’est un secret pour personne qu’il déteste son ex-femme Margaret, et qu’il voudrait la voir morte. Parmi ses élèves se trouve Owen (Danny DeVito), qui a écrit une nouvelle policière de seulement 3 pages, et qui souhaite comprendre pourquoi elle n’est pas bien…celui-ci vit toujours chez sa mère, madame Lift (la regrettée Anne Ramsey), une femme effroyable qui lui mène la vie dure, ne le ménageant pas une seule seconde, et qu’il voudrait secrètement voir mourir.

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Owen a alors une idée, au cours d’une conversation avec Larry : il ne peut pas tuer sa mère, car tout l’accuserait, étant donné qu’il aurait véritablement un mobile, du fait qu’elle lui faisait vivre un enfer. Larry ne peut pas tuer son ex-femme, puisqu’il serait directement le suspect numéro 1. Mais si c’est Owen qui tue l’ex-compagne de son professeur, et que ce dernier tue sa mère, alors cela change tout… Et sans rien demander à Larry, croyant qu’un accord tacite a été passé entre eux, Owen tue Margaret. Il téléphone ensuite a Larry pour le prévenir de la nouvelle et de lui demander d’honorer sa part du marché. Bonner est abasourdi par la nouvelle, et se met à paniquer…d’autant que la police est déjà en train d’enquêter, et qu’elle souhaite l’interroger.

Réalisé par Danny DeVito himself, Balance maman hors du train est une comédie datant de 1987. Les deux personnages principaux, pourtant très différents (l’un est un brillant écrivain professeur, l’autre est son élève sans travail) ont un point commun atypique : les femmes de leur vie les rendent fou, et ils se verraient bien les tuer (comme dans la scène où Owen, dans la salle de bain, se saisit d’un ciseau, et s’imagine l’enfonçant dans l’oreille de sa mère, afin de lui perforer le crâne), mais sont incapables de passer à l’acte. Toutes deux sont sans conteste abominable, dans deux registres différents : Margaret est une croqueuse d’homme, et a volé l’oeuvre de la vie de Larry, c’est-à-dire son chef d’oeuvre, un best seller, dont elle profite du succès, cela sans le moindre remord ; Madame Lift (incarnée par une Anne Ramsey très douée pour le rôle, affreuse et effrayante) est une mère abominable, qui insulte son fils, le frappe à coup de canne, lui hurle dessus, et lui demande de l’assister constamment dans ses moindres faits et gestes sans le moindre remerciement.

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Le film, lancé comme un train à toute vitesse, ne manque pas de rebondissement. Billy Cristal est hilarant en paranoïaque, faisant peu-à-peu remonter la police jusqu’à lui, alors qu’au fond, il est innocent ! DeVito campe un personnage un peu idiot et fêlé (comme en témoigne la scène où il s’introduit chez Margaret pour la tuer, et doit se caché derrière le canapé, où il lit un magazine, passe le combiné lorsque le téléphone sonne, et n’hésite pas à se faire un sandwich dans la cuisine), mais attendrissant. Paradoxalement, alors que Larry souhaite honorer sa part du marché, voyant l’enfer que madame Lift fait subir à Owen, celui-ci change d’avis à plusieurs reprises, et tente le tout pour le tout de la sauver.

Le long métrage est d’inspiration hitchcokienne (Owen a l’idée de l’échange des meutres après avoir vu L’inconnu du Nord-Express au cinéma), et revisite le maître, multipliant les clins d’oeil, dans une comédie loufoque et délicieuse. Le crime parfait ne réussit pas à qui veut… (notre note : 8/10).


723.Les Indestructibles 2.

14 ans après leurs premières aventures, la famille Parr est enfin de retour ! Les studios Pixar ont mis longtemps avant de concevoir Les Indestructibles 2, leur vingtième long-métrage, confiant la réalisation à Brad Bird, déjà à l’oeuvre sur le premier opus. Salué par la critique, ce second épisode est devenu le plus grand succès des Studios Pixar, récoltant plus  de 1,2 milliard de dollars au box-office mondial. C’est également le plus-long dessin-animé des Studios, durant presque deux heures.

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Continuité

L’intrigue reprend là où le premier film s’arrêtait : avec l’apparition du Démolisseur, un super-vilain venu de sous la terre, et voulant braquer la banque de Metroville. Les Indestructibles parviennent à l’empêcher, mais provoque une série importante de dommages collatéraux : destruction d’immeubles, de voitures,…les dirigeants politiques, furieux, déclarent les super-héros illégaux et responsables de leur actes (ce qui n’est pas sans rappeler un certain Captain America :  Civil War…).

Bob Parr, alias Mr Indestructible, est donc mis à la retraite, et se met en tête de retrouver un travail afin de faire vivre sa famille. Mais la providence leu sourit, en la personne de Winston Deaver, et de sa soeur Evelyn, milliardaires philanthropes qui sont des inconditionnels fans des super-héros, et veulent redorer l’image négative que la population a de ceux-ci, en montrant les bienfaits de leur actions. Car personne ne voit concrètement les héros en actions, mais constate surtout ce qui reste après leur passage. Pour réaliser ce coup de publicité monumentale, ils proposent de placer des caméras sur Elasticgirl, et de la suivre dans sa traque des méchants… Bob est quelque peu choqué d’être mis sur le carreau, mais c’est pour la simple et bonne raison que Hélène est bien plus habile que lui, détruisant moins de choses…

Et tandis qu’Hélène est mise sur le devant de la scène, devant bientôt faire face à un ennemi redoutable -l’hypnotiseur-, Bob est contraint de jouer les pères de famille, devant composer entre les tâches ménagères, les troubles amoureux de Violette, les devoirs de Flèche, et surtout les difficultés de gérer le bébé, Jack-Jack, incontrôlable…

Super Jack-Jack

Jack-Jack, le petit dernier de la famille, est véritablement la star du film : il a droit à une pluie de gags et de moments attendrissants. Le petit bébé dévoile ses nombreux super-pouvoirs, tous assez extraordinaire : il peut envoyer des rayons lasers ionisants, aller dans d’autres dimensions, se multiplier, grandir, changer de formes,… imaginer donc avec quelles difficultés son père, Bob, se retrouve à devoir lui apprendre à gérer cela.

Les animateurs et concepteurs du film ont observés comment se meuvent les bébés, comment il réagissent, afin de rendre le personnage plus crédible : Jack-Jack est assez maladroit dans sa démarche, et dévoile certaines attitudes propres aux bébés.

Tata Edna

Edna Mode, la conceptrice des costumes de super-héros, est de retour ! Doublé dans sa version française par la comédienne Amanda Lear, la dame est toujours aussi présomptueuse et directe. Mais dans ce film, elle s’attendri quelque peu, à la vision de Jack-Jack, et est fasciné par ses multiples pouvoirs. Elle se considère même comme une sorte de « tantine » vis-à-vis de lui ! Et ça, pour le coup, c’est un revirement inattendu de la part de ce personnage. Le costume qu’elle lui conçoit est un véritable tour de force, et se révèle truffé de gadgets.

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Thèmes du film

Comme le premier film, Les Indestructibles 2  se concentre sur les relations familiales entre chacun des Parr. Chacun des membres tente de trouver un équilibre dans sa vie, entre être un super-héros et une personne normale. Violette est amoureuse d’un garçon dans le film, mais sent que le poids de sa famille est trop lourd à porter pour elle…chacune des rencontres avec l’élu de son cœur de se passe pas comme prévu. Bob est jaloux de sa femme, Hélène, qui redevient une super-héroïne, et la coqueluche des citoyens, pendant que lui est dans l’ombre, à la maison…pourtant il l’aime, et tente de ne rien laisser paraître. Alors qu’un conflit intra-familial pourrait éclater, Mr Indestructible décide de mordre sur sa chique…

On sent que la famille est importante, pour chacun d’entre eux : Même si Violette se chamaille avec Flèche, son frère, les deux s’aiment réciproquement. Hélène, loin de sa famille, culpabilise de son absence, et demande sans cesse à Bob si il s’en sort, prête à rentrer immédiatement en cas de réponse négative de sa part… Elle connaît tellement bien ce dernier, qu’elle perçoit toute l’amertume dans sa voix quand il la félicite pour ses performances. Hélène est cependant fière qu’il lui dise cela, car elle se rend compte de la difficulté qu’il a eu pour le faire.

Mais ce deuxième épisode dévoile aussi le caractère ordinaire des super-héros : au fond, ce sont des gens qui ont une vie très banale, en dehors de leurs aventures, entre les soucis quotidiens, la fatigue qui les guette à chaque instant (il faut voir Bob à la fin de sa première journée de « papa poule »), et les activités simples. Si l’on regarde Bob, il tente de jouer son rôle de figure paternelle forte, Hélène d’être une femme capable de faire plusieurs choses en même temps, Violette de reprendre confiance en elle, et Flèche de canaliser son énergie et de devenir plus patient…objectifs en liens avec leur pouvoir. Belle allégorie que cela…

Avec ses décors futuristes, tout en gardant un petit côté rétro, Les Indestrucibles 2 a aussi de sublimes graphiques, et offre des scènes d’actions impressionnantes pour un dessin-animé. Les studios Pixar ont été inventifs, une fois de plus, même si l’intrigue se révèle plus prévisible (on devine vite l’identité de l’hypnotiseur) ! (notre note : 9/10).

à voir aussi,

Baby-sitting Jack-Jack, cours-métrage de 2004, où le bébé est face à sa baby-sitter.


722.Mr Bean fête Halloween.

Rowan Atkinson, reprend du service et renfile le costume de Mr Bean le temps d’une petite vidéo, postée en l’honneur de la fête d’Halloween. Toujours fidèle  à lui-même, il enchaîne les catastrophes, ici, dans le but de réaliser une citrouille lanterne (ce qu’il parviendra à faire après un certain nombre de tentative).

Mr Bean manque cruellement au petit écran, qu’il a déserté depuis 1995, où au grand écran, où il a connu deux films (le dernier remontant à 2007). Après avoir juré qu’il n’incarnerait plus cet étrange et excentrique personnage, l’acteur a multiplié les apparitions de celui-ci (on pense notamment à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres, en 2012, ou encore en 2015, où il se retrouvait à des funérailles), pour le plus grand bonheur de ses fans.

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721.Venom : film solo pour un méchant de spidey.

Crée en 1984, le personnage de Venom était à l’origine un symbiote extra-terrestre qui avait croisé la route de Spiderman, et transformé celui-ci en héros au costume noir, en le vidant de son énergie, ne cherchant à faire qu’un avec lui. Puis, il trouvera en la personne du journaliste Eddie Brock un hôte de choix : journaliste raté, lâché par sa femme et les siens, seul et malade, le symbiote va fusionner avec lui et donner Venom, un être redoutable qui commettra le mal et cherchera à mettre fin aux agissements de l’araignée…

Il est intéressant de constater que Venom présente certaines similitudes, mais néanmoins aussi quelques différences, avec Spider-man : Tout d’abord, leurs costumes sont très similaires, avec une araignée présente sur le torse, sauf dans leur couleur (celui de Venom est noir, tandis que celui de Spider-man est rouge et bleu). La tête de Venom présente deux rangées de dents carnassière, lui conférant un « sourire aiguisé ». Ensuite, ils ont sensiblement les même pouvoirs : ils peuvent adhérer à toute surface, tisser des toiles, et lancer des fils. Venom peut cependant former des tentacules, et leur donner la structure qui lui permettra d’accomplir ce qu’il veut. Le symbiote peut également changer d’apparence. Enfin, Venom a une force nettement supérieur à Spider-man, mais présente aussi 2 faiblesses : les ondes sonores (qui perturbent sa structure moléculaire et l’empêche de se mouvoir), et le feu (qui peut le tuer).

Le cinéaste américain Sam Raimi avait déjà mit en scène la dualité Spider-man/Venom dans Spider-man 3, en 2007. Plus de 10 ans plus tard, alors que c’est sous l’écurie Marvel, au sein des Avengers, qu’officie le tout jeunot nouvel homme-araignée, Sony a conservé les droits sur certains de ses ennemis…dont Venom. Bien décidé à le remettre à l’avant plan en lui offrant un film éponyme, les studios ont travaillés dur pour avoir un film à la hauteur de leurs espérances. Mis en scène par Ruben Fleisher (à qui l’on devait le fantastique Bienvenue à Zombieland), Venom est un film très réussi !

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Le retour du symbiote

Venom suit Eddie Brock (Tom Hardy), journaliste d’investigation aux méthodes chevronnées. Il décide un jour d’interviewer Carlton Drake, PDG de la Life Foundation, mais en lui posant des questions compromettantes, sur bases de d’informations qu’il a obtenue affirmant que cette société utilise des cobayes humains pour faire avancer la recherche, et que bon nombre étaient mort, sans qu’aucune annonce n’ait été faite à leur famille…

Embarassé, Drake met fin à l’interview, et réfute tout en bloc. Il s’arrange ensuite pour que Brock soit renvoyé de son poste. Sa fiancée Anne (Michelle Williams) est furieuse contre lui : en effet, elle est avocate pour la Life Foundation, et Brock s’est servi d’informations qu’elle avait dans ses dossiers. Résultat des courses : elle aussi perd son job ! Furieuse contre lui, elle décide de mettre fin à leur relation…

Pourtant, Brock n’avait pas tord : il se passe des choses pas très catholique à la Life Foundation. En effet, celle-ci a découvert des entités extra-terrestres, baptisés les symbiotes : ces créatures nécessitent de pouvoir trouver un hôte, afin de réaliser une symbiose, et survivre. Ces aliens pourraient permettre de soigner les cancers, et d’allonger considérablement la durée de vie humaine si on les incorporait à des êtres humains. Si les tests cliniques avec les animaux ont finit par se retrouver concluants, cela n’est pas encore le cas avec les êtres humains… de nombreux volontaires, en quête d’un peu d’argent, meurent les uns après les autres lorsque le symbiote est introduit dans leur organisme…mais Drake est prêt à tout pour y arriver, et cache les corps, camouflant une vérité qui dérange.

Une scientifique officiant pour lui, Dora Skirth, décide d’alerter Brock. Celui-ci ne veut rien entendre, dans un premier temps, avant de se raviser. Elle l’aide à s’introduire dans leur laboratoire afin qu’il puisse prendre des photos…mais Brock se retrouve bientôt infecté et obligé de fuir les hommes de mains de Drake, qui sont à ses trousses…

Duo de choc

Brock ne comprend pas ce qui lui arrive : il a faim sans arrêt, entend une voix dans sa tête, et a du mal à contrôler son propre corps. Lorsque les gardes de Drake débarque chez lui, armé jusqu’aux dents, il se rend…mais par le symbiote en lui ! Celui-ci prend le contrôle de la situation et dézingue tout le monde, transformant les membres de Brock en tentacules noires.

Eddie va devoir composer avec cet être qui se prénomme Venom, et qui a besoin de lui pour survivre, mais qui peut le tuer si il ne l’aide pas. Ils passent alors une « sorte d’accord » : l’extra-terrestre ne le tuera pas si il l’aide à voler une fusée à la Life Foundation, afin qu’il puisse aller chercher les autres symbiotes et les ramener sur Terre pour exterminer les êtres humains. Mais Venom finit par se plaire sur la planète bleue et se ravise. En fait, il partage de nombreux point commun avec Brock. Mais ce dernier doit parfois le recadrer, afin d’éviter des abominations : Venom a faim de viande, et n’hésite pas à dévorer d’autres êtres humains…Brock va tenter de ne le faire manger que les mauvaises personnes. Le film insiste sur l’importance que l’éducation que peut avoir, lorsqu’on n’en a pas du tout, dans des scènes vraiment très drôles (lorsque Venom veut manger le petit chien à l’hôpital, par exemple). Faire le bien ou le mal est définitivement une question de choix. Avoir des valeurs est importants, et même si l’on peut penser qu’elles sont relatives à une culture donnée, il y en a qui sont universelles.

Le réalisateur s’est déchaîné dans les effets-spéciaux : les scènes d’actions sont légions, avec des trouvailles visuelles conséquentes. Les mouvements du symbiote (souvent filmé avec la technologie de capture de mouvement, bien que Venom soit le plus souvent en image de synthèse) sont impressionnants, et les ralentis de caméras sur des moments de bagarre, offre des pépites pour les yeux.

Venom, Carnage et les autres…

Le personnage de Venom est fun et délirant. On pourrait presque le qualifier d’espiègle. Son faciès est très réussi, et même si il parait effrayant, on le garde en sympathie !  Il apprécie Eddie, en qui il se retrouve (ce sont des « losers » tout les deux), et est prêt à l’aider quand quelque chose l’affecte. Notamment en matière sentimentale, où il tente d’aider Brock a reconquérir Anne (dont il revêtira l’apparence, offrant une version plus sexy du Venom - »She Venom« -). Il a toujours faim et n’est pas difficile : on le voit manger des croquettes crues, de la viande avariée qu’Eddie avait jeté dans la poubelle,…

Le principal antagoniste du film c’est Carlton Drake (Riz Ahmed), inhumain à l’égo surdimensionné, qui pense incarner la réussite et ne craint au fond que la mort elle-même…il fusionne, en cours de film, avec un autre symbiote, prénommé Riot. Celui-ci est nettement plus fort que Venom, et s’impose comme un leader. Son objectif est clair : ramener les autres symbiotes sur Terre. Lorsque Venom lui désobéit, il est furieux, et entame avec lui un combat dantesque : les filaments de symbiotes envahissent l’écran, on assiste à un spectable visuel démentiel, mais aussi d’une grande violence, entre des entités qui semblent indestructibles…

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La scène post-générique permet d’introduire un autre grand méchant : Carnage, en la personne de Cletus Cassidy (Woody Harrelson, avec une perruque de clown), un dangereux psychopathe en prison, qui sera le « Venom rouge »…

Univers Marvel obligé, Stan Lee fait son traditionnel caméo en toute fin de film, dans le rôle d’un passant avec son petit chien qui croise la route d’Eddie.

Venom est un film énergique, drôle et rondement mené : plutôt que de tomber dans la mécanique classique des films de super-héros, on assiste ici à la naissance d’un super-vilain (qui ne l’est qu’en partie finalement), dans un film de science-fiction pure. La relation entre Eddie et son alter-égo donne du sel à l’histoire, pimentant un peu ses relations. Tom Hardy (sensationnel) livre un personnage névrotique, qui frise les comportements obsessionnel. Finalement, le seul bémol au film est sa durée : 1h35 c’est bien trop court. L’action passe très vite et la fin est expédiée… on reste un peu sur notre faim, espérant revoir ce personnage incroyable pour un éventuel deuxième volet ? (notre note : 8,5/10).

 


720.La mule : bande-annonce.

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En 2008, il avait juré que Gran Torino serait son dernier film en tant qu’acteur, avant de se raviser, en 2012, avec Une nouvelle chance, puis le temps d’un caméo dans American Sniper. Alors qu’on pensait ne plus le revoir dans un film, Clint Eastwood, se donne le premier rôle dans son prochain film, attendu pour janvier 2019 (fin 2018 aux USA)  : La mule.

À 88 ans sonné, la légende incarne Earl Stone, un ancien entrepreneur. Il a toujours voulu être quelqu’un dans la vie, et a délaissé sa famille : il reconnait lui même avoir été un mauvais père, et un mauvais mari. Earl a raté sa vie, et se retrouve endetté, contraint de continuer d’accepter un travail qui semble être sa dernière chance : être passeur de drogue pour un cartel mexicain. Mais un agent de la lutte contre les stupéfiant (incarné par Bradley Cooper, que Eastwood retrouve après American Sniper) est à ses trousses…

Dianne West et Laurence Fishburne complète le casting de ce 37e film du cinéaste. Pour information, il s’inspire d’une histoire vraie : Eastwood aime beaucoup les portraits, comme il l’a prouvé ces dernières années dans J.Edgar (sur le fondateur du FBI), Jersey Boys (sur le groupe de musique les Four Seasons), American Sniper (sur le tireur d’élite Chris Kyle), Sully (sur le pilote d’avion du même nom) et Le 15h17 pour Paris (sur les soldats héroïques qui avaient déjoué un attentat dans un Thalys)


718.It follows.

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Jay Height (Maika Monroe, vue dans Last Days of Summer), 19 ans, sort avec Hugh. Ceux-ci vont au cinéma, et sorte en pleins milieu de la séance, ce dernier ayant l’air étrangement inquiet. Ils ont ensuite des rapports sexuels dans sa voiture…avant qu’il ne l’endorme avec du chloroforme ! Un peu plus tard, Jay se réveille attachée sur une chaise, dans un vieil entrepôt, inquiète et ne comprenant pas ce qui lui arrive. Jay lui assure qu’il ne va pas lui faire de mal, mais qu’il lui a transmit une sorte de malédiction : une entité maléfique, qu’elle seule pourra voir, pouvant prendre n’importe quelle apparence, la poursuivra désormais, sans relâche, afin de l’attraper et de la tuer…Si Jay se fait tuer, la chose reviendra le traquer. À l’inverse, Jay pourra aussi « transmettre » la pathologie en ayant des relations avec d’autres garçons. Hugh lui conseille de ne jamais se retrouver dans une pièce où il n’y a qu’une seule porte de sortie…

En effet, une femme toute nue, sortie des bois, s’avance alors vers elle…Jay est alors ramenée par Hugh chez elle. Après l’avoir déposé sur la route devant sa maison, celui-ci disparaît alors totalement de sa vie. Sa soeur, Kelly, et ses amis Yara et Paul (Keir Gilchrist, héros de Atypical) tente de comprendre ce qui lui est arrivé. Il tente de la rassurer après avoir entendu son récit, trouvant cela un peu délirant…

Mais le lendemain, alors qu’elle est en cours, Jay observe par la fenêtre la cour, et voit, au loin, une silhouette s’avancer vers elle, en marchant lentement. La forme se rapprochant, ses contours se précisent : il s’agit d’une vieille dame, en robe de nuit. Elle ne parle pas, mais avance toujours et n’est plus qu’à quelques mètres d’elle…effrayée, Jay sort du cours et quitte l’école, d’autant que la femme arpente désormais les couloirs aux alentours des classes.  Rentrée chez elle, ses amis et sa soeur, qui la voient perturbés, décident alors de lui venir en aide et passent la nuit avec elle. Des choses étranges se produisent alors…

Maestro sous influence

Réalisé par David Robert MitchellIt follows est un film d’horreur. Sorti en 2014, le long-métrage n’a pas cartonné au box-office (il n’a rapporté que 23 millions de dollars, pour un budget de 2 millions de dollars), mais a généralement plus à ceux qui l’on vu. Il faut dire que le film est maîtrisé de bout en bout. Il présente une héroïne vulnérable (avec des allures de Catherine Deneuve dans Répulsions), qui se retrouve piégée à son insu et poursuivie par une créature effroyable, dans la petite banlieue de Détroit.

It follows aligne quelques scènes chocs, à commencer par la scène d’ouverture, avec une jeune fille, Missy, qui fuit ce qui la poursuit, sur une plage, et est retrouvée morte, la jambe déchiquetée, le lendemain matin. C’est un film qui distille l’angoisse,  s’en servant pour nous faire sursauter en nous surprenant à des moments inattendus. La musique de Rich Vreeland (alias Disasterpeace) est très grinçante, de part ses notes de synthétiseurs, à mi-chemin entre le Halloween  de John Carpenter et le Blade Runner de Ridley Scott.

Mitchell ne cache pas être un cinéaste sous influence, et profite de son film pour concocter un gigantesque hommage au cinéma d’horreur, qu’il affectionne tant : ainsi, le réalisateur n’hésite pas à baptiser son héroïne -Jay-, du prénom de l’actrice principal de Halloween Jamie Lee Curtis. La soeur de celle-ci s’appelle Kelly, comme celle de son personnage dans Halloween. Le titre du film évoque lui-même l’oeuvre de Stephen King « Ca » (It, en anglais), avec sa créature protéiforme (clown, lépreux, oiseau,…). D’ailleurs, la chose de It follows est un être, sous forme humaine, capable de prendre l’apparence de personnes connues (dans le film, elle devient le père et la soeur de Jay), comme de personnes inconnues (le géant sans yeux, la vieille dame, le petit garçon,…). Sa démarche est rectiligne, mais à l’allure du pas, ce qui n’est pas sans rappeler L’étrange créature du lac noir. Tout ceux qui croisent sa route, croise sont « averti » par un mystérieux ballons rouge : sur la photo de Jeff et Missy, ce ballon est présent ; quand Jay se regarde dans le miroir, le ballon vient frapper la fenêtre ; quand la mère de Greg le tue, le t-shirt de Jay comporte un ballon ;…

Plusieurs scènes du film sont quasi-similaires à d’autres long-métrages : ainsi, quand Jay se regarde dans le miroir, c’est de façon très similaire à Carrie, dans Carrie au bal du diable (1976). Le jeu de lumière est aussi le même. La séquence sur la plage à des allures de Let’s Scare Jessica to Death. La scène de la piscine, où ils essayent de piéger la chose en l’électrocutant rappelle  La Féline, de Jacques Tourneur. Il se dégage du film, de façon générale, une atmosphère à la fois fascinante, et à la fois angoissante : on sent que quelque chose est toujours dans notre dos. La créature apparaît comme le Michael Myers  de Halloween, et l’esthétique du film est très proche de ce dernier.

Le long-métrage présente une bande d’adolescent, qui sont en pleins éveil à l’amour : l’attirance, les regards indiscrets, les sentiments naissants, et la jalousie (Paul ne supporte pas le fait que Greg couche avec Jay, par exemple) sont abordés. Le groupe est unis, devant faire face seul à un danger très grand : on pense à Ca, mais aussi aux Goonies et à  Stand by Me. Même si, au début, ils ne croient pas Jay, ils tentent de l’aider.

Un rêve ?

Mais en même temps, It Follows est surréaliste : situé dans un monde dont on croirait qu’il s’agit des années 1980, de part ses vieilles voitures, les vêtements des personnages et les vieux postes de télévisions, on pourrait aussi se dire qu’il y a des éléments qui sont issus du futur, de notre époque actuelle, puisque l’on peut aussi voir de nouveaux modèles de voiture, des GSM, et même une liseuse électronique en forme de coquillage. Cela est volontaire, bien entendu, et part du souhait du réalisateur de nous faire douter de la réalité de son histoire. Et si tout cela n’était en fait qu’un mauvais rêve ?

Il faut dire que le scénario du film est directement inspiré du vécu de Mitchell : quand il était enfant, celui-ci faisait sans cesse d’effroyables cauchemars où il se voyait poursuivit par quelque chose que lui seul pouvait voir, et qui prenait diverses apparences. C’est pour cela qu’il faut éviter de prendre It follows au premier degré : en soit, l’histoire n’a rien de logique, mais s’apparente davantage à un survival. On est clairement en décalage avec la réalité. Le film présente d’ailleurs peu d’adultes, et les jeunes sont livrés à eux-même pour affronter cette entité maléfique dont on ne saura jamais pratiquement rien de ses motivations, ni de son origine…

La morale de tout ça : message caché du film ?

It follows est peut-être au fond plus qu’un film d’horreur de bonne facture…il est peut-être une métaphore de l’angoisse procuré par la découverte de sa sexualité. Le réalisateur, tenterait-il, au fond, de nous convaincre que le sexe n’est pas aussi bon qu’il n’y paraît ? Que l’on éprouverait une sorte de honte de céder aussi rapidement aux avances de l’autre, au point de vouloir faire pareil au nous vengeant et en nous offrant à autrui pour que lui aussi succombe ?

D’autres y voient une « métaphore des MST », et la chose les traquant la forme de ces pathologies, liés à l’angoisse qu’elle nous attrape, et nous fasse mourir…Il se peut aussi que It follows aborde de nombreuses problématiques pouvant affecter les jeunes : après tout, Jeff dépose 5 brins d’herbes sur sa jambe, au cours d’une scène, et puis, quand il est à la plage se retrouve blessé par la créature, et affecté de 5 balafres sur le torse…comme si il avait tenté de se détruire.

Quoiqu’il en soit, le film a le mérite d’interpeller, de par son originalité, son propos, et son ambiance (le film est très lent, avec beaucoup de silence, mais peut s’accélérer brusquement et surprendre). Un très grand must du genre (notre note : 8,8/10).


717.The Predator.

Plus de 30 ans après sa première apparition à l’écran, le Predator, guerrier extra-terrestre, fait son grand retour, en étant au centre du film The Predator. Mis en boîte par Shane Black (scénariste de L’arme fatale et réalisateur de Iron Man 3, qui avait d’ailleurs joué un petit rôle dans le premier Predator), ce quatrième opus de la franchise -3e dans l’ordre de l’histoire, car situé chronologiquement avant le Predator, de 2010- se révèle être une bonne surprise, apportant action, violence et aussi une dose d’humour qui est la bienvenue…

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C’est qui, le Predator ?

C’est le nom donné à des extra-terrestres au corps humanoïde et au visage rappelant celui du crabe, avec ces mandibules et ces rangées de dents.  Chasseur hors pair, on le surnomme « predator », parce qu’il a tout du prédateur : quasi-invisible grâce à sa combinaison, il se déplace rapidement, est doué pour manier des armes, et essaye d’attraper ses proies après avoir développé un plan d’action. Pour attaquer, il recours à une artillerie composée d’instruments technologiques avancés, et est revêtu d’une armure très solide. Son vrai nom est Yautja. Petit détail amusant, son sang est vert fluo !

Principal antagoniste de la saga cinématographique éponyme, le Predator va de planète en planète, afin de collecter des proies pour obtenir des trophées (les crânes de leurs proies…). La chasse permet d’affirmer son appartenance à un clan. Très fier, ils ne chassent pas des proies faibles, ou désarmées, préférant le défi de traquer une cible bien plus dangereuse (des militaires armés jusqu’aux dents, par exemple). Mais leur société est organisé en caste, allant de la plus élevée à la plus basse : celle-ci comprend les mauvais sangs (bad blood), qui sont des meurtriers, des traitres…les guerriers Predator (warrior) tentent alors de les éliminer.

Le premier film, Predator est sorti en 1987, et a été mis en scène par John McTiernan (Piège de cristalÀ la poursuite d’Octobre Rouge, Last Action Hero,…) et les effets visuels par Stan Winston (qui avait œuvré sur The Thing). L’idée est venue d’une blague, pour un éventuel Rocky V…en effet, le célèbre boxeur n’avait plus d’adversaires terrestres, les ayant épuisés. Seul un extra-terrestre pourrait l’affronter. Le film était né, à mi-chemin entre le film d’action et le récit de science-fiction. Avec Arnold Schwarzenegger en chef commando viril, évoluant au Guatemala, avec pour mission de retrouver un ministre disparu à cause d’une guérilla, le groupe tomba sur le terrain de chasse du Predator et devra essayer d’être plus malin que lui pour survivre et l’avoir à son propre jeu…succès commercial, le film donna lieu en 1990, à une suite : Predator 2. Dans cette histoire, Danny Glover, en lieutenant de police, devait faire face à une guerre des cartels, à Los Angeles. Mais les dealers massacrés de façon inexplicable, son chemin croisa la route des Predators…

Après 2 crossovers, en 2004, et 2007, où les Predators se mettent à affronter le xénomorphe du film Alien, il fallu attendre 2010, avec Predators, pour revoir le terrible chasseur. Dans cet opus, Adrien Brody campe un mercenaire, envoyé avec d’autres criminels pour servir de gibier, sur une planète conquise par les Predators, et qui est un terrain de chasse géant…

De quoi parle « The Predators » ?

Situé chronologiquement avant le film Predators de 2010,  The Predator offre un retour fracassant pour le terrible extra-terrestre. Quinn McKenna (Boyd Holbrook) est un ancien marine et commando des forces spéciales, qui va réussir à tuer un Predator, qui a massacré toute son équipe. En effet, les Predators viennent sur Terre pour chasser des êtres humains. Récupérant l’équipement de la bête (le masque et le brassard de celle-ci), il l’envoie à sa famille, sans se douter que Rory, son fils, va s’en servir…

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Mais Quinn est muselé par l’armée, qui veut éviter que l’existence des Predators ne soit dévoilé au grand public…passé pour fou, il est envoyé dans un convoi avec d’autres militaires aliénés..Non loin de là, l’agence Stargazer, créée pour protéger les humains en cas d’attaque extra-terrestre, mène des recherches sur des Predators capturés…celui-ci va malheureusement se libérer, et tenter de retrouver Quinn… Cependant, un autre Predator, beaucoup plus puissant, va faire son entrée…

Pourquoi il faut le voir ?

Parce que le film est testostéroné, comme l’était le premier film, reprenant ses codes : le héros, est un homme viril, et sans peur, qui ne peut compter que sur son intelligence pour battre le Predator, qui lui est mieux armé, et plus fort.

Le Predator, est une créature fascinante dans son comportement et ses réactions. Il a une certaine prestance, qui le rend imposant : on a l’impression, en le regardant, de voir un être humain. Qu’il pense comme tel, réfléchissant et agissant en fonction des coups posés par son adversaire. Jouer avec le Predator, c’est un peu comme une vaste partie d’échec, dont l’issue n’est jamais certaine… Ici, le film offre l’occasion de découvrir un nouveau Predator, un hybride quasi indestructible, ayant croisé son ADN avec celui d’autres êtres humains et d’autres espèces dangereuses. L’ennemi est donc dantesque ici, recourant à toutes les supercheries possibles, afin d’atteindre son but. Colérique, il est probablement l’ennemi le plus redoutable du film. Il recourt aussi à des chiens extra-terrestres, effroyables molosses rappelant les pitbulls dans leur aspect…

Par rapport aux autres films, The Predator est plus violent, n’ayant pas peur de faire couler l’hémoglobine. Les morts s’enchaînent à un rythme effréné, de façon très gore (mention au bouclier de protection du vaisseau qui tranche les jambes de l’un d’eux lorsqu’il s’active). Les scènes d’actions sont spectaculaires (surtout celle dans le vaisseau spatial de la créature). Les vétérans imparfait, face au super soldat qu’est le predator : le cocktail est explosif. Il est aussi bourré d’humour, de part sa galerie de personnages débridés, parmi lesquels figurent quelques grands noms du petit écran (Boyd Holbrook, Alfie Allen, Keagan-Michael Key,…), et de ses dialogues faciles. Et cela, c’est la grande nouveauté ! Le parti pris par le réalisateur, de proposer quelque chose de résolument différent !

Le personnage de Rory (Jacob Tremblay) est important dans l’histoire : fils de Quinn, c’est un petit surdoué. Marginal, il est mis à l’écart par les autres de son école, et souffre de ne pas voir plus souvent son père, absent de par sa carrière de militaire. Sa femme dit d’ailleurs de ce dernier, qu’il est très doué comme marine, peut-être le meilleur, mais qu’il ne vaut rien en tant que père… Rory va entrer en possession du casque du Predator, dont il va se servir comme costume d’Halloween, avant de découvrir qu’il s’agit d’une arme ! Le petit garçon, dans le sous-sol de sa maison, aménagé en une sorte de « laboratoire », va décoder le langage du Predator, et découvrir ses intentions…

La séquence finale, plutôt destinée à ouvrir la porte à une éventuelle suite, n’apporte pas grand chose au récit. Certaines questions restent un peu en suspens (l’enjeu réel des Predators ?), l’histoire mettant d’avantage l’action sur le Predator et son jeu de chasse…

Est-ce que Swarzie fait son grand retour dans la saga ?

La réponse à cette question est malheureusement négative…Destiné à faire un simple caméo, l’acteur a décliné la proposition. Le script ne lui aurait également pas plus…

Quelques secrets et infos sur le film ?

Dans le film, l’acteur Jake Busey incarne le docteur Sean Keyes, qui officie dans le projet Stargazer, en étudiant les Predator. Ce personnage est donc le fils de l’agent Peter Keyes (Gary Busey, père de Jake dans la vraie vie ! ), l’un des personnages principaux de Predator 2.

Le Predator classique est incarné par un acteur : Brian Prince. Mesurant plus de 2 mètre, l’homme devait porter un costume très lourd (près de 25 kilos !!!), et était assisté d’une équipe pour ses mouvements. Les expressions faciales sont faites par animatronique. Le Predator hybride, à la grande différence, est en image de synthèse.

(notre note : 7/10)


716.Glass a droit à une deuxième bande-annonce…

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Glass, la suite tant attendue d’Incassable et de Split, destinée à clôturer la trilogie sur les super-héros de Shyamalan, s’offre une seconde bande-annonce, nous en apprenant d’avantage sur l’intrigue : Elijah Price, David Dunn et Kevin Crumb sont dans un hôpital psychiatrique, sous la direction du docteur Staple (Sarah Paulson). On les considère comme malade, leur différence physique n’étant due, pour les spécialistes, qu’à une pathologie…ces derniers ont d’ailleurs mis au point une « sorte de traitement » destiné à freiner leurs désir de se croire héros de comics. Mais Elijah, génie du mal, œuvrant dans l’ombre, va manipuler l’un des alter-ego de Dunn, la bête, afin de s’évader de l’asile, et de les dévoiler enfin au grand public… Seul Dunn (campé par un Bruce Willis vieillissant), semble en mesure de les arrêter…

Faire une suite à Incassable était un rêve pour les nombreux fans du film original. L’échec de celui-ci en salles, et au box-office, avait enterrer tout espoir de revoir les personnages qui avaient beaucoup fasciné, et montré une histoire de super-héros beaucoup plus intelligente…Près de 19 ans plus tard, en reliant le film Split à la franchise et l’univers d’Incassable, le réalisateur M.Night Shyamalan, en très grande forme ces dernières années, réalise enfin le rêve d’une série d’aficionado… 


713.Jurassic World : Fallen Kingdom.

25 ans après leur première aventure sur grand écrans, les dinosaures de Jurassic Parc (désormais Jurassic World), font leur grand retour sur le grand écran, pour un cinquième film spectaculaire, mis en scène par Juan Antonio Bayona (Quelques minutes après minuit).

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L’île sur laquelle se sont déroulés les terribles événements de Jurassic World est sur le point d’être rasée, par une éruption volcanique. Afin de sauver les espèces d’une extinction, une expédition financée par Benjamin Lockwood, ancien ami et collège de John Hammond, est lancée. Claire Dearing (Brice Dallas Howard) est de la partie, ainsi qu’Owen (Chris Pratt), qui vient apporter sa contribution pour capturer Blue, son vélociraptor. Alors que le groupe parvient à rassembler les espèces, ils sont abandonnés sur l’île, et découvre que tout la mission de sauvetage n’est qu’un leurre. Les dinosaures seront vendus aux enchères à de riches industriels, ou collectionneurs. Et qu’un nouvel hybride a vu le jour : l’Indoraptor, croisement entre l’Indominus Rex et le vélociraptor. Et c’est un prédateur effroyable…mais grâce à Blue, qui jouera « le rôle de mère », ils espèrent pouvoir le contrôler.

Sans en dévoiler davantage sur l’intrigue, Jurassic World : Fallen Kingdom est une belle surprise, même si la mécanique des Jurassic Park semble un peu tourner en rond (des dinosaures que les humains contrôlent, et puis tout part en vrille, et la nature reprend ses droits). Le film présente tout de même quelques nouveautés : Dans sa première partie, il est question de sauver des espèces en voies d’extinction, ce qui est un thème fort d’actualité. Les personnages vont jusqu’à risquer leur vie pour ces derniers géants, inconscient de ce qui se passe. La problématique avait été quelque peu abordée dans Le Monde perdu, mais jamais à ce point…ici, on recrée le cataclysme à l’origine de la disparition des dinosaures il y a 65 millions d’années. Le sauvetage est express à bord d’une sorte « d’arche de Noé », bien que tous n’embarqueront pas (la scène avec le brontosaure oublié, déchirante). Les retrouvailles entre Blue et Owen ont lieu également : est-ce que l’animal va à nouveau lui obéir, alors qu’il est livré à lui-même dans la nature depuis près de 3 ans ? Rien n’est moins sur…

Dans la seconde moitié du film, on revient à une « histoire plus classique », où il est question de faire des dinosaures une marchandise, via une marchandise, dans le manoir de Lockwood, qui sera le théâtre d’un carnage…dont l’homme sera responsable. Owen et Claire, parvenu à s’échapper de l’île, iront de Charybde en Scylla, puisqu’ils seront prisonnier dans une cage  !  Derrière tout cela, se trouve deux hommes : le généticien Henry Wu  (B.D.Wong) et Eli Mills (Rafe Spall), qui a abusé de la confiance du vieil homme malade qu’est Lockwood. L’Indoraptor est dévoilé lors de la vente, et promet d’être la plus belle arme de guerre jamais conçue…les enchères grimpent, alors qu’il n’y aucune certitude que le dinosaure obéira à l’humain (même le docteur Wu s’oppose à sa vente…). La catastrophe n’est pas loin…Le film questionne à nouveau sur les dangers du clonage et de la génétique, sujets fort à la mode ces dernières années.

Les scènes sont spectaculaires, certaines presque antioxygènes (quand Claire et Owen tente de sauver Blue en prélevant le sang d’un T-Rex qui est à peine endormi, quand la gyrosphère et ses occupants se retrouvent dans l’eau et doivent sortir très vite avant d’être noyés…). Certains moments sont très effrayants (l’Indoraptor dans la chambre par exemple). On ne s’ennuie jamais sur ces deux heures, les références aux autres films de la saga sont nombreuses, l’humour également, mais on est surpris par la bêtise humaine, et son avidité face à l’appât du gain. À la fin du film, le dilemme du sauvetage des dinosaures se pose encore : faut-il les laisser mourir ou les laisser vivre (mais dans le monde des humains cette fois) ? Si la deuxième option est retenue, une nouvelle façon de vivre démarre alors, et il s’agit réellement d’une renaissance d’une nouvelle ère jurassique…même si le docteur Ian Malcolm (Jeff Goldblum, qui fait ici son grand retour dans la franchise, le temps de deux petites scènes au début et à la fin du film) ne voulait pas sauver les dinosaures, recréés artificiellement par l’homme, force est pour lui de constater, que son monde devient…Jurassic World ! Un troisième film semble désormais inévitable… (notre note : 7,8/10)


712.Film culte : Fight Club (1999).

En 10 films à peine (de Alien3 à Gone Girl), David Fincher est parvenu à s’imposer comme l’un des réalisateurs les plus talentueux d’Hollywood ces dernières années. Cinéaste de l’image (il a réalisé de nombreux spots publicitaires et clips musicaux -Who is it de Michael Jackson, par exemple-), accordant une importance capitale au visuel, il est parvenu à sortir des sentiers battus en proposant des sujets variés et percutants (SevenZodiacThe Social Network). En 1999, il adaptait le roman de Chuck Palahniuk, Fight Club.

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Une histoire débridée

Le film s’ouvre sur sur Jack (Edward Norton), qui a un revolver enfoncé dans la bouche, et qui va raconter comment il en est arrivé là…Employé de bureau pour une grande marque automobile, le jeune homme souffrait de nombreux problèmes due à ses insomnies chroniques. Afin de se soigner et de sortir de sa petite routine, il se rendait à toutes les réunions de thérapies en groupes possibles (Alzheimer, Cancer,…), sans forcément être atteint des pathologies de ses membres. Jouer le rôle de la victime lui permettait de « se sentir vivant » et de régler ses insomnies. C’est là qu’il croisa la route de Marla (Helena Boham Carter) qui profitait également des groupes d’entraide (où il y a du café et de la nourriture) sans être malade…ayant peur d’être démasqué, il décida de conclure un marché avec elle, et ils se partagèrent les différentes réunions, s’engageant à ne pas aller à celles où l’autre irait.

Au vol de retour d’un voyage d’affaire, Jack rencontra Tyler Durden (Brad Pitt), qui disait vendre des savons et lui laissa sa carte de visite. En rentrant chez lui, le destin ayant de noirs desseins, Jack retrouva son appartement détruit à cause d’un incendie. Ne sachant pas où aller, il décida d’appeler Tyler, afin de trouver un lieu où passer la nuit. Les deux hommes se retrouvèrent dans un bar et entamèrent une conversation sur la société et les dérives de celle-ci. Tyler accepta que Jack passa la nuit chez lui, dans une maison délabrée, mais en sortant du bar, lui fit une étrange requête : il lui demanda de le frapper. Jack ne comprit pas pourquoi, mais devant son insistance, finit par s’exécuter. Les deux hommes se mirent alors à se battre, trouvant que donner des coups leur donnait l’impression de rester en vie. D’autres personnes, attirés par ce qui se passait, vinrent les voir, et voulurent faire comme eux…ainsi pris naissance le Fight Club.

Lès règles du Fight Club

Jack et Tyler fondèrent leur mouvement dans un sous-sol, avec d’autres hommes, avec pour objectifs d’organiser des combats. D’une violence inouïe, ceux-ci devaient respecter un certains nombre de règles (8 en tout), afin que les choses se déroulent au mieux : Tout d’abord, les participants ne devaient jamais parler du Fight Club ; Ensuite, comme pour enfoncer le clou, ils ne devaient pas parler du Fight Club ; Lorsqu’un combattant souhaitait cesser le combat, sa décision devait être respectée et il devait s’arrêter ; Les combats opposaient toujours deux personnes ; Il n’y avait jamais deux combats en même temps, car tout le monde devait regarder le spectacle ; Les combattants étaient torses nu et pieds nus ;  Les duels duraient autant de temps que les combattants le désiraient ; Enfin, le principe fut toujours le même -y compris pour les nouveaux membres- : il fallait se battre.

Par le Fight Club, Jack se mit à changer profondément sa manière de voir la vie : il devint hostile à la société et à ses codes, arrivant le visage tuméfié par les coups à son travail, lors d’importantes réunions ; il prit confiance en lui, abandonna les thérapies de groupes ; n’hésita pas à menacer son employeur si il le renvoyait. Vivant désormais dans la même maison que Tyler, dans la crasse la plus grande et dénué du moindre confort, le jeune homme devint une sorte de « modèle » pour de nombreuses personnes adepte du Fight Club.

Mais Tyler eut l’idée d’un nouveau projet, baptisé « chaos », sans avertir Jack, et puis disparu sans laisser de trace. Ce dernier tenta de le retrouver, mais en vain… Essayant de comprendre de quoi il en retourne, Jack découvre avec effroi qu’il s’agit de faire du Fight Club une organisation terroriste, et de détruire des immeubles des milieux de la finance…

Triangle amoureux

Fight Club propose un « triangle amoureux » des plus étranges : Jack et Marla se détestent cordialement, le premier la comparant à une « tumeur ». Il leur est impossible de rester dans la même pièce sans se chamailler…car Jack, sans se l’avouer, a beaucoup plus en commun avec elle qu’il ne veut se l’avouer. Pourtant, Marla veut Jack, dont elle est amoureuse. Tyler aime Marla, et il parvient à la séduire et à la mettre dans son lit. Mais jamais Tyler et Marla ne sont jamais dans la même pièce lorsque Jack est là.  Quand à ce dernier, il éprouve une étrange fascination pour Tyler, qui sans être de l’amour, évoque tout de même une certaine attirance (la scène où Tyler prend son bain par exemple)…comme si il se sentait bien en sa présence. D’ailleurs, lors de l’incendie de son appartement, il préfère appeler Tyler plutôt que Marla..

Jack est jaloux de la relation entre Tyler et Marla, même si il ne s’en rend pas vraiment compte. Il en prend conscience lorsque Tyler souhaite éliminer la jeune femme car elle commence à en savoir de trop sur leurs activités. À ce moment, Jack se détache peu-à-peu de Tyler et de sa philosophie.

Twist final (!!! énormes spoilers sur la fin, à ne lire qu’après avoir vu le film)

Fight Club a surtout marqué les spectateurs venu le voir par sa fin, renversante et hallucinante. Personne ne l’avait vu venir, mais pourtant, à y regarder de plus près, les indices étaient nombreux au cours de l’intrigue…

On ne comprend pas pourquoi, dans l’histoire, Tyler et Marla ne sont jamais présent en même temps en présence de Jack; pourquoi Marla tente de séduire Jack alors que ce dernier n’est pas gentil avec elle et ne veut jamais la voir, et qu’elle semble choquée par son attitude quand ils sont seuls ; pourquoi personne ne semble connaître Tyler lorsque Jack mène sa petite enquête alors qu’il a disparu, et pourquoi les gens semblent gênés ;

En réalité, et c’est cela le twist final du récit : Tyler n’existe pas ! Du moins il n’est qu’une partie de la personnalité de Jack, et n’existe donc que dans sa tête. Lors de cette découverte, le jeune homme est bouleversé : une part de lui-même rejette la société et veut faire le mal. Il a fondé seul le Fight Club et s’est frappé lui-même ! Jack tente de se dénoncer à la police, se rendant compte qu’il ne contrôle plus rien, et découvre que les flics sont corrompus et d’anciens adeptes du Fight Club. Pire, ils répondent aux ordres de Tyler et sont décidés à exécuter le projet chaos ! S’évadant in extremis, il tente d’empêcher les explosions d’immeubles, mais Tyler l’en empêche. Marla est enlevée, sur ordre de Tyler, pour être tuée, car elle en sait trop sur la double personnalité de Jack. Celui-ci décide alors d’en finir avec tout ça et se tire une balle dans la bouche…en imaginant que c’est Tyler qui s’explose la tête. Tyler est mort, et Jack s’en va bientôt le rejoindre…mais les immeubles explosent tous, dans une jolie chorégraphie, sur un air des Pixies (Where is my Mind). Marla, donnant la main à son amour, regarde avec lui le flamboyant brasier…

Thèmes abordés & visuel décadent (spoilers en vue…)

Le long-métrage est profondément sombre et doit se voir comme une critique de notre société. Nous sommes des consommateurs, poussé par les grandes industries, et nous ne faisons plus vraiment de choix véritables. Le film est violent, mais ne glorifie pas le fait de se battre : en fait, le Fight Club illustre le besoin pour ses personnages de ressentir le fait d’être en vie, de redevenir des hommes (il n’y a pas de femmes) alors que tout semble conditionné et sans plus vraiment d’importance. On n’a aucune quête véritable, aucune cause à défendre, on porte un masque en permanence masquant notre véritable nature, mais on ne se donne pas le courage de faire ce qui faut pour changer…c’est un peu le vide profond de l’existence. Se marginaliser pour exister, quand la vie est devenue un fardeau, que l’on sombre dans la folie et la solitude. En finir avec la société où règne l’individualisme de masse dans une joyeuse purge et repartir sur de nouvelles bases. Devenir libre en perdant tout et en devenant ce que l’on souhaite être…

L’usage de la voix off permet de mieux comprendre l’histoire, et de percevoir ce que ressent le narrateur (Jack). Cela donne aussi un certains humour au récit, car les réflexions du héros sont souvent pleines de cynisme. L’humour permet aussi de faire passer plus facilement les aspects les plus dérangeants du récit.

À la fin de l’histoire, Jack trouve la rédemption en faisant disparaître Tyler. En fait, pour David Fincher, il était important que le film soit une sorte de rite de passage pour son héros : désabusé et ne trouvant pas ses marques dans un monde où tout semble programmé et où les exclusions sont légions, il décide de sortir de la marge et de créer l’homme qu’il voudrait être en la personne de Tyler. Mais en même temps, Jack est dans le déni, car même si il souhaite changer sa vie, il ne le peut pas…une impasse est au bout de son chemin. Tyler permet de la contourner et de résoudre les problèmes en éliminant leur source (ce qui est profondément idéaliste).

Le dédoublement de personnalité est donc au centre du récit (le film a semble-t-il influencer la série tv Mister Robot). À moins qu’il s’agisse d’une triple personnalité ? Certaines personnes pensent que Marla ne serait que la troisième partie de la personnalité de Jack ! Qu’il est mal à l’aise en sa présence car il voit trop de lui en elle-même…elle incarne la stabilité et les valeurs propres au narrateur. Pourtant, Jack choisit Tyler, qui incarne la nouveauté et présente pour lui une perspective plus séduisante…Le Fight Club est un lieu qui permet de se sentir vivant car on expérimente la douleur, et on en devient plus fort. On explose les barrières du système et on en sort. On se « libère » de ses chaînes. On sort de cette logique « de succès » et « d’échec », qui semblent définir notre vie, et nous conditionner. Grâce à Tyler, Jack parvient à trouver un certains équilibre à sa vie…mais cela va trop loin. Il le pousse à un extrême terrifiant, et le narrateur ne se reconnait plus. À mesure que Tyler prend de la masse et paraît plus fort, Jack s’affaibli et semble malingre. Il est déconnecté, et se rend compte que ce qu’il le rend heureux, c’est Marla  ! L’amour semble être l’élément qui manque et qui permet d’atteindre le bonheur…

La publicité joue également un grand rôle dans l’histoire : elle prétend dicter ce qui est beau, ce qui est bon,…elle nous pousse au désir de consommer, afin de pouvoir atteindre le bonheur. On accumule des biens, sans sens, et éprouve ensuite le désir d’en vouloir d’autres, sans jamais être satisfait…Jack, au début du récit, est un « consommateur moyen », qui possède de nombreux biens, une garde-robe bien remplie…lorsque Jack part vivre chez Tyler, il n’a plus le moindre bien, et vit dans une bâtisse crasseuse, prenant l’eau de partout. Le long-métrage intègre aussi des images subliminales, à 4 moments différents, de Tyler Durden (notamment un pénis…), illustrant cette influence que la publicité a sur notre mode de vie…

Mais si l’on regarde de plus près, on constate que Tyler est profondément nihiliste : il abandonne toutes les croyances du monde, toutes les valeurs, la morale, pour en créer de nouvelles, à la hauteur de ses aspirations, plus en cohérence avec sa pensée. Il devient alors une sorte de « surhomme », qui vit le monde…mais qui n’a plus rien d’humanisé puisqu’il a tout détruit.

Fight Club est donc un film profondément intelligent mais aussi assez dérangeant dans son propos. Devenu culte avec les années, il est loin d’avoir faire un carton lorsqu’il est sorti en salles. Le long-métrage est percutant dans son propos et interroge sur notre société de consommation. Pessimiste, on pourrait presque dire qu’il est visionnaire tant on a l’impression que la fiction semble rejoindre la réalité en matière d’organisation terroriste. On y aborde aussi la quête du bonheur : est-il matériel, existe-t-il vraiment, ou est-il un choix qui dépend de nous même ? (notre note : 10/10).

à lire aussi :

→Fight Club 2 (informations sur la suite du roman sous forme de bande dessinée).


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