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Liste des articles dans la catégorie cinéma & télévision.

981.Kaamelott : Premier volet

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Plus de 10 ans après ses adieux au petit écran, la série Kaamelott a signé un retour flamboyant au grand écran en ce début d’été 2021, récoltant plus de deux millions d’entrées dans les salles. Un succès qui lui permettra de revenir pour une suite, rejoignant ainsi le rêve d’Alexandre Astier de faire une trilogie consacrée au Roi Arthur. Dans l’esprit décalé et résolument moderne qu’on lui connait.

La sixième saison s’achevait sur Arthur, se remettant péniblement de sa tentative de suicide. Après avoir enfoncé Excalibur dans son rocher, il remettait le pouvoir à Lancelot (sous l’emprise de Méléagant), devenu son ennemi, et celui-ci brûlait la table ronde. Le Roi Arthur décidait de partir pour Rome, où il serait en sécurité, assisté par Venec.

Le film s’ouvre 10 ans plus tard, dans un règne de terreur mené par Lancelot (Thomas Cousseau), devenu un tyran impitoyable. Arthur a disparu depuis de nombreuses années, et tout le monde le croit mort. Lancelot retient Guenièvre (Anne Girouard) au sommet d’un donjon gardé par des soldats. Léodagan (Lionel Astier) et sa femme passent leurs journées à jardiner, loin des quêtes d’antan. Cependant, un chasseur de prime prénommé Alzagar (Guillaume Galienne) va découvrir qu’Arthur est bien vivant, devenu esclave (à cause de Venic) et réussir à le capturer. Le Duc d’Aquitaine (Alain Chabat) parviendra à le racheter, bien décider à l’aider à reconquérir son trône. Mais Arthur ne veut pas en entendre parler …

Continuant l’exploration du mythe Arthurien, Alexandre Astier met en scène un film visuellement à la hauteur des attentes des fans de la première heure. Les décors et les costumes sont somptueux. Le château de Kaamelott rappelle celui des Visiteurs. Distillant l’humour qui avait caractérisés les premières saisons de la série, l’homme amuse avec ses scènes tantôt surréalistes, tantôt ridicules (les batailles surtout), tantôt pleines de bons mots. Kaamelott reste avant tout un pastiche du mythe Arthurien. On prend plaisir à revoir les personnages qui ont marqués l’histoire, Perceval et Caradoc en tête (qui vont vous faire pleurer de rire avec un jeu dénommé le Robobrole, et dont on vous laissera apprécier toute la subtilité). Mais aussi Lancelot, devenu « le méchant de l’histoire », dans son drôle de costume qui l’avale littéralement. Comme si l’ombre d’Arthur, ou la jalousie d’être consumé par lui le persécutait.

Cependant, dans la lignée du livre V et VI de la série (que l’on vous conseillera de revoir !), le film lorgne dans le dramatique à travers Arthur, le roi blessé et déchu, qui ne veut plus du pouvoir, quand bien même il est promis à une grande destinée. Entre ses doutes, ses échecs et ses souvenirs (sa jeunesse à Rome), le film oscille. C’est un portrait nuancé du souverain qui nous est fait là. Pour redevenir un meilleur homme qu’il a été, car Arthur est conscient de ses torts passés.

Petite anecdote, un Français, Arnaud Klein, a battu le record du monde de visionnage pour un film en décidant de regarder 203 fois Kaamelott : Premier volet, en salle. Alexandre Astier, amusé par « l’exploit’, a vu le film avec lui pour sa 202e vision ! Klein possède, et il faut le savoir, un abonnement de cinéma illimité.


979.Love, Death + Robots : saison 1

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Bijou visuel d’animation, la série Love, Death + Robots est un pur condensé de science-fiction dans ce qu’elle peut offrir de mieux. Alors que la saison 2 est sortie sur Netflix il y a quelques mois, retour sur l’ambitieuse saison 1.

Le principe de Love, Death + Robots est de raconter des histoires indépendantes l’une de l’autre mais mettant en scène des robots, des créatures extra-terrestres ou encore la vie d’humains détruits par l’apocalypse. Le champ des possibles est immense de par la diversité des thèmes que la science-fiction peut aborder. Fruit de l’imagination de cinéastes tels que David Fincher (SevenFight Club) ou Tim Miller (Deadpool), qui rêvait de réaliser une nouvelle adaptation de Métal Hurlant, la première salve de cette anthologie se compose de 17 courts-métrages d’une durée oscillant entre 9 et 18 minutes.

Le résultat est sidérant : que ce soit au niveau de la variation dans la technique d’animation (3D, animé …), que dans les thèmes abordés (uchronie, apocalypse, guerre contre les machines, monde parallèle …), la série est un savant cocktail d’ingéniosité. Prenons un exemple : l’épisode Zima Blue (1×14), où une journaliste part à la rencontre d’un artiste connu pour avoir réalisé des fresques dans lesquelles il se retrouvait toujours un carré bleu (le bleu Zima) met en scène l’essence de l’art. On découvre un homme devenu une machine (ou qui l’a toujours été ?) décidant d’offrir à son public le secret de l’origine de son art, qui est également celui de sa naissance. De l’œuvre à sa désintégration, il n’y a qu’un pas, que seul l’artiste peut franchir.

Emplein d’humour noir, de cynisme et riche en surprises, Love, Death + Robots fonctionne comme une mécanique bien huilée. L’épisode Métamorphes (1×10) où des loups-garous aident l’armée américaine à débusquer, grâce à leur flair, la cachette des tireurs ennemis, offre un joli message de tolérance. Quant à l’épisode La revanche du yaourt (1×6), où le yaourt est devenu un être vivant qui a réglé l’ensemble des problèmes de notre société, il égratigne gentiment nos systèmes politiques et les décisions des gouvernements.

Réalisé par Tim Miller lui-même, l’épisode L’âge de glace ( 1×16) pose l’incroyable postulat d’un couple emménageant dans une nouvelle maison et découvrant la présence d’une civilisation dans leur frigo ! Vu dans les Simpsons (dans un épisode spécial Halloween), cela leur permettra de retracer, à vitesse grand v, l’histoire de l’humanité depuis la préhistoire jusqu’à son déclin, à coup de nucléaire et de révolution digitale. Si l’épisode Les esprits de la nuit (1×12), vaste voyage psychédélique et onirique, nous ramène à la dure loi de la nature, l’épisode Des fermiers équipés (1×4) met en scène des fermiers à bord de gigantesques robots devant faire face à des aliens aux allures d’insectes. Enfin, l’épisode Histoires alternatives (1×17) explore les conséquences que la mort d’Hitler aurait eu sur le monde si elle était survenue plus tôt.


978.Servant : saison 2

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Dans la saison 1 de Servant, Dorothy Turner, mère éplorée par la perte de son bébé, avait remplacé celui-ci par un poupon afin de faire son deuil. Reprenant son travail de journaliste à la télévision, elle avait décidé d’engager une gouvernante, Leanne. Pour son mari Sean, cela était absurde. Cependant, un jour, un vrai bébé est apparu, et Dorothy l’a rapidement appelé Jéricho. Aucun doute possible, Leanne avait amené le bébé. Et ils avaient formés une « famille » jusqu’au final de la saison, où Leanne disparaissait, suivant une étrange secte dont elle faisait partie, et le poupon était de retour dans le berceau.

Au commencement de cette seconde salve, Dorothy est convaincue que Jéricho était son bébé et qu’il a été enlevé. Elle se décide d’appeler la police, mais étant donné qu’il ne s’agit pas vraiment de leur bébé – car il est mort !-, et qu’il s’agit vraisemblablement de l’enfant de quelqu’un d’autre, Sean explique que c’est le poupon qui a disparu et que sa femme est toujours bouleversée par la disparition de leur progéniture. Cependant, la famille Turner va tout tenter afin de retrouver Leanne et le bébé.

Tout au long de ces dix nouveaux épisodes, Servant prend le temps de distiller son intrigue pour mieux entretenir le mystère. Certaines réponses seront données dans cette nouvelle saison, qui se révèle plus intense sur le plan dramatique. Mais pas toutes, car la série devrait durer quatre saisons ! La série reste donc toujours sur le fil, mais tient en haleine jusqu’à un nouveau final percutant. L’ombre de M. Night Shyamalan est toujours bien présente.

Le personnage de Leanne dont on ne sait pratiquement rien, va gagner en épaisseur, et des révélations sur la mystérieuse secte dont elle fait partie seront faites. La dimension religieuse, pour ne pas dire christique, va se renforcer. En effet, là où Leanne est, des phénomènes mystérieux semblent se produire. Au fond, est-ce que Jéricho est son fils ou l’enfant des Turner ressuscité ? On sait de la saison 1 que Dorothy était l’idole de Leanne et qu’elle est volontairement entrée en contact avec elle. Mais qu’elle a été déçue de la personnalité de cette dernière et a décidé de partir, semblant la punir en lui enlevant l’enfant. Le chemin du repentir de Leanne sera marqué par la souffrance. Car avoir choisi les Turner était une erreur.

Chacun des personnages va aller de mal en pis dans cette saison 2 : Dorothy va sombrer dans la démence. Si Sean et son frère Julian n’abordent jamais avec elle la mort de l’enfant, ils tentent de la résonner, mais en vain. Mais Dorothy va faire beaucoup de mal dans cette nouvelle salve, repoussant les limites du raisonnable. Elle va devenir un bourreau, afin de récupérer « son » fils. Julian, son frère est proche d’elle car il se sent responsable de la perte de son neveu. Son addiction à la drogue va devenir problématique. Quant à Sean, sa main le fera souffrir tout au long de la saison. Mais il continuera de cuisiner toutes sortes de plats, entretenant un semblant de normalité dans une famille morcelée. Les gestes semblent banals mais la vision de certains plats est toujours aussi déroutantes : si les plats suscitent l’envie, leur préparation illustre davantage le dégoût tant leur préparation est détaillée. C’est une anatomie des plats. La cuisine a toujours été le moyen de cristalliser des tensions, voir de les expulser. Cela illustre bien les émotions des personnages.

Glauque, drôle et dramatique, Servant saison 2 tient toutes ses promesses.


977.Joker

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Comment évoquer Joker, film racontant la genèse du plus célèbre ennemi de Batman ? En décidant de réécrire l’histoire de ce méchant iconique, loin des versions grand guignolesque de Nicholson ou réaliste de Ledger, et en nous permettant de nous identifier à lui et de nous interroger sur tous les laissé-pour-compte que la société fabrique, Todd Phillips, le réalisateur connu pour sa trilogie Very Bad Trip , a réalisé un long-métrage puissant.

Clown triste

Arthur Fleck (Joaquin Phoenix, lauréat d’un Oscar pour le rôle) est un artiste raté : il rêvait de monter son propre one-man show, mais a échoué. Il n’est pas vraiment drôle et ses blagues n’en sont pas vraiment. Il regarde à la télévision l’émission de Murray Franklin (Robert De Niro), qu’il adule et dont il aimerait tant faire partie des invités. Tentant de faire rire les enfants, grimé en clown, l’homme est profondément triste et vit seul avec sa mère (Frances Conroy). Malade chronique, il ne peut s’empêcher de rire, et cela est souvent interprété comme de la moquerie. Alors que c’est pathologique. Cependant, suite à une succession d’événements, Arthur va devenir Joker, un être révolté, qui va se hisser contre ses oppresseurs et mener un mouvement d’insurrection civile dans Gotham City.

Critique sociale virulente de notre société ultralibérale, Joker est un pamphlet qui montre à quel point l’échec est mal vécu dans notre société, et que certains sont exclus de facto de celle-ci. Le personnage d’Arthur est un celui d’un homme gentil mais empli d’illusions : les multiples railleries dont il fait l’objet, les coups qu’il a pris, les actes manqués résonnant dans sa tête, son passé familial difficile avec une mère démiurge et un père inconnu vont le mener à basculer. Quand on est paumé et perdu, on n’a plus rien à perdre.

Le poids du milieu

L’absence d’un père a aussi eu des conséquences négatives sur Arthur : élevé dans une famille monoparentale, par une mère qui lui a toujours caché la vérité sur sa filiation, il a toujours été en manque de repères. Dès lors il voit en Murray Franklin, le présentateur de TV sympathique qui interviewe avec humour des célébrités, une sorte de père de substitution. Également en Thomas Wayne, milliardaire chez qui sa mère a travaillé un temps comme secrétaire. Cependant, aucun n’endossera ce rôle. 

Fletcher pose l’hypothèse que c’est la société elle-même qui fabrique les exclusions et les inégalités. Ce qui est juste. Dans le film, Gotham est une ville semblable à n’importe quelle ville : cela pourrait être l’endroit où l’on vit ! Mais lorsque le fossé se creuse entre les classes, plus personne ne pense aux plus pauvres, aux plus démunis : sans argent, sans amour, sans sécurité sociale, allant de désillusion en désillusion, Arthur sombre dans une profonde dépression. Son rire sardonique, n’est-il pas au fond que l’expression de son propre mal-être ? Arthur va incarner tous les maux d’une société en souffrance, de la pauvreté à l’exclusion sociale.

Le film est d’ailleurs profondément sombre et pessimiste. On ne se sent pas bien à la première vision de celui-ci, et il est difficile de rester indifférent à ce que l’on voit. Soit on se sent responsable, soit on s’identifie car on partage des expériences de vie parfois difficile. 

La naissance d’un symbole

Joker n’est pas un film de super-héros (ou dans ce cas-ci de super-vilain). C’est l’histoire d’une vie gâchée par les aléas de la société, qui mène un homme à se rebeller. L’interprétation de Joaquin Phoenix, squelettique (il a perdu 25 kg pour les besoins du film) est inoubliable et marquera à jamais les esprits. L’ombre de Martin Scorsese plane sur le film, qu’il devait initialement réaliser : cette influence se ressent dans la descente aux enfers du personnage (on pense à Taxi Driver ou Les affranchis), son destin de quasi de Messie,  ainsi que par la présence de Robert De Niro (acteur fétiche de Scorsese) dans le long-métrage dans la peau d’un personnage évoquant La valse des pantins.

Pour ce qui est de Batman, le super-héros n’est pas en tant que tel dans le film, même si, le personnage est bel et bien inclus dans l’histoire, et où paradoxalement il prend naissance à cause du Joker.

N’oublions pas, au passage, de saluer la musique vertigineuse de la violoncelliste Hildur Guonadóttir, récompensée par un Oscar, qui pose l’atmosphère du long-métrage : triste avec une envie de reconnaissance. Le film est violent, sombre et inoubliable !


976.Sweet Tooth, fable humaniste de Netflix

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Sweeth Tooth, c’est d’abord une série de comics signée Jeff Lemire et publiée chez Vertigo, une des branches de DC Comics publiant des œuvres davantage destinées à un public adulte. Intéressé par une adaptation télévisuelle, Hulu acquiert les droits de la série en 2018, avant de les céder à Netflix, qui décide de produire une première saison de 8 épisodes, et de la sortir sur sa plateforme en ligne le 4 juin 2021.

À mi-chemin entre la science-fiction et le fantastique, Sweeth Tooth raconte l’histoire d’une terre ravagée par un virus mortel, qui a tué la majorité des êtres humains. En cette époque de Covid-19, la série fait écho à la réalité. Les seuls enfants venant au monde sont des êtres hybrides, mi-humain, mi-animal. Gus, 10 ans, est l’un d’eux. Il a tout d’un enfant, mais ses cornes de cerfs trahissent sa condition. Il vit depuis toujours avec son père, à l’écart de tout, dans une maison noyée dans une forêt impénétrable.  Gus ne peut pas franchir les limites des grillages entourant son habitation. En effet, les hybrides se font chasser dans ce monde hostile.

Mais un jour, c’est le drame : le père de Gus contracte le virus et meurt. Le petit garçon survit un temps seul, mais découvre ensuite des informations sur une femme qui pourrait bien être sa mère. Cependant, celle-ci vit très loin de là. Gus se décide à entreprendre un grand voyage, où les dangers seront nombreux. À des kilomètres de là, une femme décide d’ouvrir un refuge pour hybrides dans un zoo désaffecté. Et encore plus loin, un docteur tente le tout pour le tout afin de cacher aux yeux de tous que son épouse a contracté le virus, car sinon, elle risque l’immolation par les voisins.

Un nouveau monde

Narré par la voix suave de James Brolin, Sweeth Tooth est une fable humaniste : elle suit le parcours de Gus (Christian Convery), enfant-animal qui se jette dans un univers hostile où l’on traque et tue les individus différents, car cela rapporte de l’argent ou tout simplement pour le plaisir de tuer. Les humains ordinaires sont épouvantés par les hybrides, et généralement ceux-ci ressemblent le plus souvent à des animaux car ayant été abandonnés, ils ont vécu à l’état sauvage. Aussi, lorsque Gus croise la route de Tommy, alias « Gros Balèze », un ancien chasseur, et que celui-ci se rend compte que l’enfant parle, il se prend d’affection pour lui et décide de l’accompagner, dans sa quête.

Bien qu’il menace de l’abandonner à chaque étape, Tommy ne peut s’y résoudre et sera un allié de poids pour Tommy. D’autant qu’il devront faire face au général Abbot (Neil Sandilands),  antagoniste aux allures de Docteur Robotnik -méchant de Sonic-, être machiavélique, désireux de trouver un remède à l’épidémie, quitte à sacrifier l’ensembles des hybrides existants.

Dans cet univers, les individus malades sont exclus et tué. Il est possible que l’un d’eux organise une fête à laquelle vous êtes invités, et que l’instant d’après, il finisse brûlé vivant dans sa maison, parce qu’il s’avère qu’il a contracté le virus. Sans un mot.

Le sens de la famille

Gus et Tommy formeront une famille, bien que dysfonctionnelle. Après tout, les familles parfaites, cela n’existe pas. Il y a toujours des hauts et des bas. Des crises de nerfs, des non-dits, de la frustration. Tommy n’est pas le père de Gus, mais il s’en sentira néanmoins responsable (la scène où il risque sa vie afin de récupérer son doudou est d’ailleurs très équivoque). Ils seront rejoints par Ours, une jeune fille ayant vouée sa vie à protéger les hybrides. Elle aussi a perdu sa famille, et recherche désespérément sa sœur, une hybride disparue depuis longtemps.

Chacune des personnes -hormis les chasseurs- qui croisera la route de Gus sera transfigurée, et la méfiance originaire cédera la place à une humeur amicale voire pleine d’affection. Gus est un enfant comme les autres. Il rit, pleure ou éprouve de la peur comme les autres. Il pose de nombreuses questions, ce qui est propre à la jeunesse. Lorsqu’il rencontre un garçon de son âge, celui-ci commence par lui poser des questions autour de son apparence : cela ouvre le dialogue, et de la compréhension naît l’acceptation. Et Gus est terriblement attachant. La série s’offre d’ailleurs plusieurs moments de légèreté, empli d’humours.

Tournée en Nouvelle-Zélande, Sweeth Tooth se déroule dans un monde d’une grande beauté, avec de vastes plaines emplies de verdures, qui contrastent grandement avec l’hostilité dans laquelle ce qui reste de la civilisation a sombré. Ses personnages, sombres et colorés (surtout Bobby, l’enfant marmotte), raviront tous les amateurs de fantasy.


975. Luca, bol d’air frais en Italie signé Pixar

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Après l’étourdissant Soul, les Studios Pixar remette le couvert avec Lucas, autre film à sortir directement sur la plateforme Disney+ sans passer par la case cinéma (sauf pour les pays ne disposant pas de Disney+). Ce long-métrage est signé ici par Enrico Casarosa, qui livre un film qui sent bon l’Italie (il est originaire de Gênes), ce qui en cette période de fin de crise sanitaire, invite au voyage et fait du bien.

On suit l’histoire de Luca et de son ami Alberto, deux garçons monstres marins, qui décident de s’aventurer en secret en dehors de leur contrée sous-marine afin de pouvoir fabriquer une Vespa, moto de leur rêve. En effet, en dehors de l’eau, lorsqu’ils sont secs, ils ont l’apparence d’êtres humains. Luca, berger, fini par voir son secret découvert par ses proches, qui tentent de l’envoyer dans les abysses. Le garçon va désobéir à ses parents, et aller avec Alberto à Portorosso, un village de pêcheurs où l’on tue le poisson, et où les légendes de monstres marins sont légion. Mais qu’importe, Luca veut réaliser son rêve. Croisant la route de Giulia, ils vont participer à un triathlon permettant de gagner une grosse somme d’argent qui sera nécessaire pour acheter une Vespa, tout en veillant à ne pas se faire reconnaître. Car cette impression d’être un humain ne tient que sur un fil.

Avec ce pitch alambiqué, Casarosa convie le spectateur à une ode à l’amitié : l’histoire tourne autour du duo formé par Luca et Alberto, avec tout ce qu’implique le fait d’être de bons copains (jeux, longues discussions, fou rire, protection de l’autre …). Cela évoque l’enfance et la nostalgie de cette douce époque à chacun. L’ajout de Giulia, pour qui Luca va éprouver des sentiments amoureux, va venir perturber le temps béni des ami, pour former un triangle relationnel complexe.

L’autre message fort du film est la tolérance : Luca et Alberto sont des hommes-poissons, des monstres marins. Tout ce qui est autre ou différent effraie, et entraîne une spirale de défense non-pacifiste. Mais le discours du réalisateur est empreint d’espoir et de compréhension : quand on connait l’autre, cela amène à un dialogue d’ouverture. Il n’est plus « autre » mais devient « notre ». L’italie a définitivement le sens de l’hospitalité après tout.

En somme, sans être dans la veine des Pixar « adulte », Luca est un joli long-métrage, réveillant les souvenirs d’étés magiques en l’enfant sommeillant au fond de nous.


974.Sans un bruit 2

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Mettre en scène une suite qui soit à la hauteur d’un premier film qui a connu à la fois un succès critique et commercial n’est jamais une mince affaire. Pourtant, dans la réalisation de Sans un bruit 2, John Krasinski offre un second round à la hauteur de toutes les espérances.

Après une introduction revenant sur l’origine de l’apocalypse, où les aliens ont débarqués suite au crash de météorites -nous permettant de revoir Krasinski dans le rôle du père-, le film reprend directement là où le premier s’était achevé. Les membres de la famille Abbott décident de fuir leur domicile, afin de trouver un nouvel abri. Mais Marcus, le fils aîné, va être victime d’une grave blessure à la jambe. Leur route va alors croiser celle de Emmett (Cillian Murphy), un ancien ami, qui va les accueillir dans une ancienne usine de sidérurgie de façon temporaire. Celui-ci s’est emmuré dans son chagrin depuis la mort de sa femme et de ses deux fils. Il ne tient pas à aider les Abbott. Mais les monstres ne sont pas loin et avec un bébé sur les bras cela risque d’être dangereux …

Explorant davantage l’univers qu’il a créé, à la manière d’un road movie, où les personnages se déplacent vers d’autres contrées, Krasinski ne lorgne pas dans la redite, mais ajoute de nouveaux éléments : si nous avions jusque-là suivi les Abbott, nous ne savions pas s’il y avait d’autres survivants. Le long-métrage répond par la positive et esquisse que certains sont devenus des individus sans foi, ni loi. La famille va être séparé en deux groupe, et la caméra de Krasinski alternera les plans de chacun d’entre eux, jusqu’à un joli jeu de juxtaposition d’images dans le grand final. Les fréquences radios, faiblesse des créatures, vont à nouveau avoir un rôle à jouer.

Film d’horreur oblige, le spectateur en aura pour son lot de scènes angoissantes (celle du train abandonné par exemple), avec des jump scare maîtrisé avec brio, et un suspense allant crescendo pour toujours mieux surprendre. Le fait que cela se passe souvent de jour rend les choses plus effrayantes, car on a constamment l’impression que les personnages sont à découvert. Les créatures sont aussi davantage présentes, et plus malignes également, montrant davantage l’horreur de leur présence, là où Sans un bruit la suggérait. Krasinski offre aussi de beaux moments suspendus dans l’air, empli de grâce et de légèreté, semblable à la scène du sacrifice du père dans le premier volet. Sans un bruit 2, c’est avant tout l’histoire d’une famille et de l’importance d’être ensemble. Et c’est un film extrêmement positif. Emily Blunt, dans le rôle de la mère, impressionne toujours autant, dans son courage et sa force de caractère. Chacun doit faire face à la perte du père de famille, et avancer comme il le peut.

Le film est d’ores et déjà un succès, et un troisième film devrait voir le jour, mais réalisé cette fois par Jeff Nichols (Take Shelter).


973.Cruella

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Dans la veine de Maléfique, qui dévoilait le passé de la célèbre méchante de La Belle au bois dormant avec brio, Cruella fait le même en racontant la jeunesse de Cruella d’Enfer, reine de la mode obsédée par la fourrure des 101 Dalmatiens. Exit Glenn Close qui avait jadis tenu ce rôle dans les années 1990, pour laisser la place à Emma Stone.

Le film est une réussite éblouissante : On suit le parcours d’Estella (Emma Stone), qui se retrouve orpheline suite à la perte tragique de sa mère. La jeune fille se sent responsable de la mort de celle-ci ayant assisté à cela sous ses yeux. Croisant la route de Jasper et d’Horace, tous deux à la rue, ils décident de former un groupe de voleurs. Mais Estella aspire à mieux, et rêverait de travailler dans la mode : très habile de ses mains, elle se crée elle-même ses propres tenues, et ce avec beaucoup de créativité. La chance lui sourit enfin lorsqu’elle est repérée par la baronne von Hellman (Emma Thompson), reine de la mode, qui décide de l’engager. Cela ne sera pas facile de travailler pour elle, car la dame est hautaine, snob et prétentieuse. Mais rapidement, Estella se démarque et devient indispensable à la baronne. Cependant, rapidement, Estella découvre une vérité honteuse sur la baronne qui va remettre toute sa vie en question et la pousser à devenir peu-à-peu Cruella d’Enfer.

Craig Gillepsie, réalisateur de I, Tonya et de Une fiancée pas comme les autres, livre un long-métrage haut en couleur, où deux femmes se livrent une bataille acharnée, de mode en apparence, mais qui repose sur des motifs beaucoup plus sombres. Estella, gentille assistante, se laisse aller à épouser complètement son alter ego, celui de l’odieuse Cruella. D’ailleurs, le film révèle la vérité sur la couleur de cheveux de Cruella, à la fois mi-blanc, mi-noir : c’est sa couleur naturelle ! Comme si, son identité profonde était partagée entre deux pôles antinomiques mais qu’une de celle-ci était amenée depuis toujours à prendre le dessus sur l’autre. Dans le film, elle arbore d’abord son bon côté face à la baronne, une femme effroyable et irrespectueuse à souhait. Mais rapidement, Cruella va prendre le dessus, pour de bonnes raisons, et livrer une joute contre la baronne sur son terrain préféré, la mode, et tenter de lui voler la vedette à chaque fois que cela sera possible. Cruella apparaîtra avec des tenues improbables, dans une mise en scène digne de tableaux d’art, et décrédibilisera la baronne. C’est bien entendu un jeu dangereux dont personnes ne sortira véritablement indemne et dont le point d’orgue apparaîtra à la toute fin du film.

Avec sa bande-originale, comprenant des titres tel que Feeling Goods de Nina SimoneThese boots are made for walking de Nancy Sinatra ou encore Call Me Cruella, composé spécialement pour le film et interprété par Florence + the Machine, le long-métrage est un feux d’artifice. Emma Thompson est grandiose dans la peau de la baronne, diva et « méchante » de l’histoire (digne d’une Joan Collins), tandis que Emma Stone offre une composition bipolaire du personnage de Cruella. Et c’est divertissant, triste et beau à la fois ! Une suite semble déjà sur les rails !


972.Antoinette dans les Cévennes

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Antoinette, institutrice, a une liaison secrète avec Vladimir, le directeur de l’école dans laquelle elle officie. Celui-ci est marié et est le père d’une de ses élèves. Sa femme n’est pas au courant qu’il a une liaison. Alors que les vacances scolaires approchent, Antoinette espère partir avec lui en voyage. Cependant, cela ne se passera pas, car sa femme a organisé une randonnée surprise dans les Cévennes et qu’il est obligé d’y aller. Dépitée, Antoinette décide d’y aller également, dans l’espoir de le croiser sur la route. Franchement pas adepte des randonnées, cette jeune femme traversera le Chemin de Stevenson avec pour compagnon un âne du nom de Patrick.

Film initiatique d’une femme désespérée, Antoinette dans les Cévennes est l’une des bonnes surprises du cinéma français de l’année 2020. Mis en scène par Caroline Vignal, dont c’est le deuxième long-métrage, le film suit les péripéties d’Antoinette (incarnée avec brio par Laure Calamy) une femme perdue, omnibulée par un homme qu’elle ne pourra jamais avoir, car trop peureux de quitter sa femme. Le regard des autres sera omniprésent sur elle, car comment qualifier une femme qui sort avec un homme marié ? Comment percevoir sa tentative de venir le rejoindre en vacances, alors qu’il est avec sa famille, risquant de provoquer un scandale qui détruirait bien des vies ? Dans ce film tragi-comique, on campe toutes les réactions possibles face aux choix d’Antoinette : la honte, la tristesse, les désillusions ou encore la joie. On se prend d’affection pour elle, comme on ressent ses difficultés. Son impulsivité lui joue des tours à plusieurs reprises. L’amour n’est pas une chose qui se commande.

Le Chemin de Stevenson porte son nom en référence à l’écrivain R.Louis Stevenson, auteur de L’île au trésor, qui effectua une longue randonnée sur cette route en 1878, accompagné d’une ânesse. Déprimé à ce moment de sa ville (il voyait une femme mariée), l’homme avait besoin de faire le point et de se retrouver avec lui-même. Ce voyage aura un effet libérateur sur lui, et le guérira de ses douleurs. De la même façon, l’attachante Antoinette va faire sa propre route, lui permettant de comprendre qu’elle a fait une erreur et se retrouver enfin avec elle-même. L’âne Patrick, pas franchement volontaire, va représenter énormément pour elle : il sera tantôt son confident, tantôt la source de sa colère et son défouloir personnel, tantôt lui rappellera qu’il est important de s’arrêter et de ne pas courir. Toute sa frustration sera exultée grâce à Patrick. La bête lui témoignera aussi une certaine forme d’affection.


971. La Guerre des mondes par Steven Spielberg

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En 2005, Steven Spielberg décidait de concrétiser un rêve de longue date : mettre en scène une nouvelle adaptation du roman La Guerre des mondes de H.G. Wells. Le réalisateur avait beaucoup aimé le film La Guerre des mondes sorti en 1953, et souhaitait en tirer un remake honorable. Cependant, la sortie en 1996 du film Independance Day, qui abordait une thématique similaire, l’obligea à reporter ce projet.

Attaque surprise

L’intrigue du roman était assez équivoque : les extra-terrestres débarquent sur Terre, à bord de gigantesques machines à trois pieds -les tripodes-, désintégrant toute forme de vie sur leur passage. Les êtres humains tentent de leur résister, mais ne sont pas de poids à leur faire face.

Sans être totalement fidèle à l’œuvre originelle, le cinéaste revisite quelque peu l’histoire en se focalisation sur le personnage de Ray Ferrier (Tom Cruise), un père de famille divorcé, qui se retrouve à devoir survivre dans ce monde dévasté par la menace extra-terrestre avec ses deux enfants et à échapper à la mort.

Spielberg filme l’attaque des martiens de façon hyperréaliste, à la lisière entre les attaques terroristes et la « solution finale » que les Nazis avaient orchestrée. Les êtres humains sont réduits en cendres par des rayons ionisants, les survivants sont entassés pour servir de nourriture ou de cobayes à d’effroyables expérience. Les extraterrestres traquent les survivants, n’hésitant pas une seule seconde à descendre dans les maisons des habitants, allant voir dans leurs caves s’ils ne s’y cachent pas. Et que penser de ce train de la mort, tout en flammes ? Ou de cette abondance de vêtements des nombreux morts tombant de l’un des tripodes ? La Shoah n’est pas loin, il ne faut jamais l’oublier.

Trauma

Sommes-nous capables d’y faire face ? D’empêcher que cela ne recommence ? La réponse est cinglante et le lien avec le cauchemar post-11 septembre bien là : nous sommes désabusé et ce genre d’événements prend à la gorge sans sourciller. La première attaque vient perturber l’apparente quiétude dans laquelle la population se trouvait. La panique est totale et les blessures nombreuses. On ne tient finalement qu’à peu de chose. D’ailleurs le salut vient de la nature à la fin du film. Le « struggle for life » de Darwin rétabli l’équilibre. La Guerre des mondes est un film pessimiste.

Cinéaste de l’enfance, Spielberg confronte les enfants de Ray, Rachel (Dakota Fanning) et Robbie a des événements cauchemardesques, que seuls les adultes devraient affronter. Rachel sera terrorisée par toute la désolation qu’elle verra et perdra sans doute une partie de l’innocence qui était la sienne en tant que petite fille. Son père va devoir tenter de la calmer et de l’aider à traverser ce moment. Ce qui est difficile lorsque l’on ne voit que très peu ses enfants et que le lien paternel ne s’est jamais créé. Quant à Robbie, jeune adolescent, il ne veut plus se cacher et souhaite affronter ses détracteurs. Décidant de faire preuve de courage, il s’engage dans l’armée, au grand dam de son père. Cet héroïsme sera finalement une fierté pour Ray.

Clin d’œil au film original de 1953, Spielberg offrit un petit rôle (celui des grands-parents) à Ann Robinson et Gene Barry, qui incarnaient en leur temps les personnages principaux de La Guerre des mondes.


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