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Liste des articles dans la catégorie cinéma & télévision.

711.Mice, a small story : un court-métrage très précieux…

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Voilà un petit court-métrage expérimental, travail d’étudiant de fin de cycle (à l’ISART, à Paris), très original, et qui commence à jouir d’une visibilité renforcée -la presse s’en emparant- : Mice, a small story suit les aventures d’une petite souris, qui découvre, dans les égouts, un anneau de canette, et se retrouve attiré de façon irrésistible par l’objet, qui devient le centre de son attention. Mais il suscite la convoitise d’un hibou, à l’œil de feu, qui envoie son armée de rat pour récupérer l’anneau. Cela ne vous rappelle rien ?

Bien entendu, il s’agit d’une relecture du Seigneur des Anneaux  (rien que les lettres dorées du titre mettent la puce à l’oreille) ! On y entend une musique similaire à celle des thèmes du film, mais légèrement différentes (pour éviter de tomber dans le plagiat) ; on y croise un hibou qui est la réincarnation de Sauron, avec son oeil maléfique, des rats blancs qui semblent rappeler les elfes, des souris qui sont les hobbits, et un anneau de canette qui n’est rient d’autre que l’anneau de pouvoir ; certaines scènes des films sont rejouées (Smeagol découvrant l’anneau, Gandalf qui tombe à cause du Balrog,…). C’est très bien fait, les graphismes sont assez soignés et les scènes de combats rondement mené…en 4 minutes, c’est emballé !


710.Star Wars : une saga de légende : partie 9.

Suite de la présentation des personnages marquants de la prélogie (épisodes I-III)

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36.Le chancelier Palpatine (épisodes I à III)

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Homme politique influent, Palpatine (Ian McDiarmid) est d’abord sénateur dans La menace fantôme. Il s’arrange pour que Padmé Amidala dépose une motion de méfiance à l’égard du Chancelier Valorum, de façon à pouvoir lui ravir le poste. Devenu Chancelier, il s’arrange pour avoir les pleins-pouvoirs, et apparaître comme un homme d’honneur, respectant les lois et le peuple. Les Jedi soupçonnent alors que le Sénat est contrôler par un seigneur noir des Sith, et décident de surveiller étroitement le chancelier…

La vérité est là : Palpatine est Dark Sidious , le seigneur noir des Sith, maître de Dark Maul et du Comte Dooku. À l’origine,il était l’élève de Dark Plegueis, un autre Sith, qu’il a lui-même assassiné durant son sommeil. Organisant lui-même le blocus de Naboo,  il parvient à se faire élire chancelier, mais perd Dark Maul, son apprenti. Néanmoins, il voit en Anakin Skywalker un successeur potentiel…

Durant la guerre des clones, il crée une armée pour défendre la République, contre les Séparatistes (mené par le Comte Dooku). C’est un faux coup d’État ! Le conflit dure durant trois ans, où il a le temps de préparer la transition entre la République et l’avènement d’un Empire qu’il dirigera en seigneur tout puissant. Les gens ont peur et voient en lui l’espoir que tout s’arrangera. Organisant ensuite son propre enlèvement à bord du vaisseau du général Grievous, Palpatine est délivré par Anakin, à qui il demande de tuer le Comte Dooku (alors que le seigneur Sith oeuvre pour lui !), pour se venger de ce qu’il lui a fait. Il  tente de faire basculer le jeune homme du côté obscur, en exacerbant ses émotions les plus noirs et ses peurs les plus secrètes, en le nommant représentant officiel du chancelier au Conseil Jedi…Anakin craint de perdre Padmé, alors Palpatine lui raconte une histoire à dormir debout selon laquelle il serait possible d’utiliser la Force afin de contrer la mort. Il révèle sa véritable identité à l’apprenti Jedi, et ses pouvoirs incroyables qui l’aideront à éviter la mort de Padmé. Et lorsque Windu l’affronte en duel, et arrive presque à le battre (lui renvoyant dans le visage ses effroyables éclairs bleu, qui vont le brûler), Anakin l’en empêche (il est le dernier espoir pour sauver sa femme) et accomplit l’acte qui fera de lui Dark Vador. Sidious devient l’Empereur et organise sa purge des Jedi. C’est le début d’un règne long de près de 19 ans, jusqu’à ce qu’ Un nouvel espoir arrive…

Palpatine est un être sournois et cruel, prêt à sacrifier ses propres élèves pour arriver à ce qu’il désire (il faut voir le dernier regard, plein de rancœur que Dooku lui adresse, avant qu’Anakin ne lui tranche la tête) ou pour acquérir un nouvel apprenti encore plus fort. Le côté obscur est très puissant en lui, et l’a envahi totalement (ses yeux sont d’ailleurs jaunes). Il a longtemps caché à la République qu’il savait utiliser la Force (on parle de dissimulation de la Force). Pour se battre, Palpatine recourt au sabre laser (rouge bien entendu) et à un usage répétitif de la Force, afin de perturber son adversaire.

Point focus sur…

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Il faut savoir que l’Empereur fit sa première apparition dans le film L’Empire contre-attaque et était incarné, à l’origine, par…une femme ! En effet, l’actrice Marjorie Eaton (1901-1986) prêta ses traits (fort maquillée, avec des yeux de chimpanzés, et la voix doublée) pour donner vie au célèbre Seigneur noir des Sith, le temps d’une scène où le personnage apparaît, en hologramme, à Dark Vador. Mais Lucas retourna la scène, grâce à des reshoot, avec Ian McDiarmid.

37.Maître Yoda

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Jedi le plus sage de tous, Yoda est déjà très vieux à l’époque de La menace fantôme (plus de 800 ans !). Il défend le côté clair de la Force et entretient une connexion très étroite avec celle-ci, ressentant la moindre de ses perturbations. Il siège au conseil Jedi (qu’il dirige avec Mace Windu), et forme les jeunes enfants destinés à être padawan d’autres chevaliers Jedi.

Lorsque le petit Anakin Skywalker lui est présenté, il s’oppose à sa formation, le jugeant trop vieux. De plus, il perçoit en plus des émotions trop fortes, due à son passé d’esclave, sa séparation avec sa mère et son envie de faire ses preuves…son avenir semble sombre. Qui-Gon insiste pourtant en affirmant qu’Anakin est l’élu, chargé de rétablir l’équilibre dans la Force, selon une ancienne prophétie. Le conseil est intransigeant et se demande même si celle-ci a été bien interprétée…Mais lorsque Qui-Gon décède, Yoda accepte que Obi-Wan le forme, sentant que le garçon a des pouvoirs très puissant qui pourraient servir la cause de la République.

Lors de L‘attaque des clones, il sent le côté obscur qui envahi Anakin, et perçoit la souffrance de ce dernier lors de la mort de sa mère. Mais il perçoit aussi une menace au sein même du Sénat, sans parvenir à identifier qu’il s’agit de Palpatine. Il dirige les opérations lors de la bataille de Géonosis, arrivant à la rescousse des Jedi avec l’armée de clones, bien que ne prenant pas part personnellement au conflit. Mais il se décide à partir pour le hangar dans lequel s’est dissimulé le Comte Dooku, afin de venir en aide à Obi-Wan et Anakin. Voyant le carnage qui a eu lieu, il se décide à affronter le Seigneur Sith, qui était en fait…son ancien padawan ! Prenant le dessus, Yoda est contraint de le laisser filer afin de sauver les deux autres Jedi, au sol.

La guerre des clones continue et fait rage durant trois ans. Yoda part sur Kashyyyk et doit faire face au clones, qui se retourne contre lui ! Il voit les Jedis se faire décimer…avec Obi-Wan, il part au Temple Jedi afin de comprendre ce qui s’est passé…il y retrouve tout les enfants padawan morts, et découvre que c’est l’oeuvre d’Anakin Skywalker, qui se fait désormais appelé Dark Vador ! Yoda confie le soin à Obi-Wan d’affronter son ancien apprenti, tandis que lui défiera Dark Sidious. Le combat est dantesque : comme Yoda l’emporte au sabre laser, Sidious recourt à ses pouvoirs télékinésiques (grâce à la Force) et fait tournoyer les sièges des sénateurs, qu’il lui envoie…le petit Jedi parvient à les éviter, et tente de le vaincre. Mais Sidious se montre plus fort, et Yoda se retrouve jeté sur le sol. Contraint de reconnaître son échec, il décide de fuir Coruscant et part en exil sur Dagobah….


709.Star Wars : une saga de légende : partie 8.

Suite de la présentation des personnages marquants de la prélogie

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31.Mace Windu

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Mace Windu (Samuel L.Jackson) est un Jedi exceptionnel, très puissant (il est capable de percevoir les ruptures dans toute chose), et un maître au sabre laser. Il a d’ailleurs créée une technique de combat, baptisée Vaapad, consistant à faire appel aux sentiments dans le duel, ce qui peut risquer de tomber soi-même du côté obscur, si elle n’est pas réalisée correctement. Il est le seul Jedi a avoir un sabre de couleur violette (un souhait de l’acteur pour se démarquer des autres Jedi, avec un sabre vert ou bleu).

Envers Anakin, il se montre hostile, rejoignant la position de Maître Yoda. Lorsqu’il devient cependant le padawan d’Obi-Wan, qui souhaite honorer le souhait de son défunt maître, il l’accepte, sans jamais parvenir à lui faire confiance. Il permettra à Anakin, lors de La revanche des Sith de siéger au conseil, mais sans lui accorder le titre de chevalier Jedi, ce qui sera vécu comme une punition pour lui, un affront.

Lors de l’Attaque des clones, il fut là lors de la bataille de Geonosis, accompagnant 200 Jedis. In extremis, ils la remportèrent, grâce à l’armée de clones de la République. Mace Windu apprend que Dark Sidious contrôle le Sénat et se méfie donc du Chancelier Palpatine. Apprenant que ce dernier est le terrible seigneur noir des Sith de la bouche d’Anakin lui-même, il organise une embuscade, avec 3 Jedis, pour mettre fin à ses agissements. Palpatine révèle sa véritable nature et tue les acolytes de Windu, trop faibles pour se mesurer à lui. Mais face à Mace, Sidious échoue et se retrouve à terre. Le Jedi est trop puissant, et à une maîtrise parfaite du sabre laser…Mais l’arrivée d’Anakin change la donne, puisque Windu veut tuer Palpatine, sans lui donner l’occasion d’avoir un procès. Skywalker tranche la main du Jedi, qui ivre de douleur subit les éclairs de Sidious, qui le propulse dans le vide. Windu meurt, et la fin des Jedi débute…

32.Qui-Gon Jinn

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Tour-à-tour élève du Comte Dooku puis maître de Obi-Wan Kenobi, Qui-Gon Jinn (Liam Neeson) apparaît dans La menace fantôme. C’est un Jedi averti, qui fait preuve de sagesse, mais qui ne respecte pas toutes les décisions du conseil Jedi. Au début du film, il est envoyé avec son jeune apprenti pour régler le conflit avec la fédération du commerce.

C’est sur Tatooine que sa route croise celle du jeune Anakin Skywalker, dont il perçoit immédiatement le potentiel. Analysant son sang, le Jedi  constate que l’enfant à le plus haut taux de midi-chlorien jamais atteint ! Il pourrait donc bien être l’élu…celui chargé de ramener l’équilibre dans la force. Il lui fera confiance jusqu’au bout, allant jusqu’à parier son propre vaisseau dans une course de bolide dont il ne sait absolument pas si Anakin avait des chances de l’emporter. Parvenant à l’affranchir, Qui-Gon le mène devant le conseil Jedi qui refuse d’en faire un nouveau padawan, car il est trop vieux et semble obscur. Le Jedi conteste la décision et souhaite le former lui-même, affirmant que Obi-Wan est désormais prêt à recevoir le titre de Jedi. Mais la question est reportée, car Qui-Gon doit partir ramener Amidala sur Naboo. Là-bas, il affrontera Dark Maul avec Obi-Wan, mais y laissera sa vie…

Il semblerait qu’il ait ensuite fait corps avec la Force, et se manifeste sous forme de fantôme. Obi-Wan décide de communiquer avec lui.

33.Shmi Skywalker

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Mère d’Anakin, elle n’est qu’une simple esclave sur Tatooine, obligé de travailler pour Watto. Shi (Pernilla August) est tombée enceinte sans même avoir fait la connaissance d’un homme. Elle ne se l’explique pas. C’est son fils qui accueille Obi-Wan, Qui-Gon et Padmé chez eux, alors que leur vaisseau est en panne. D’abord méfiante, elle réalise qu’ils ne sont pas une menace et elle parvient à se confier à eux. Quand son fils est affranchi, Shmi est triste de le voir partir, mais pense que ce sera mieux ainsi, sa vie sera meilleure. Déchirée (mais restant forte pour masquer son chagrin), elle lui dit au revoir plutôt que adieux, espérant qu’ils se reverront un jour. En tant que mère, sa vie sans son fils sera très dure…

Les années passent, Shmi est vendue à Cliegg Lars, qui l’affranchi. Ils se marient et vivent très heureux. Mais un jour, alors qu’elle part cueillir des champignons, les hommes des sables l’enlèvent et la font prisonnière. Cliegg tente de la sauver mais échoue, et y laisse sa jambe. Torturée, affamée, elle aura à peine le temps de reconnaître Anakin, venue la sauver, et mourra dans ses bras.

34.Kit Fisto

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Jedi plus anecdotique (il ne prononce pas un seul mot), il est membre du conseil Jedi. C’est un extra-terrestre amphibien à la peau blanc-vert, affublé de dreadlocks (qui sont en fait ses tentacules). À l’origine, George Lucas l’avait envisagé pour être le grand méchant de L’attaque des clones, avant de donner cette tâche à Christopher Lee, en Comte Dooku.

Combattant hors pair lors de la guerre des clones, il mourra lors d’un duel avec Windu, face à Dark Sidious. Il sera le 3e à périr, les deux autres étant des Jedi qui n’avaient jamais combattu auparavant.

35.Jar-Jar Binks

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Personnage souvent décrié, Jar-Jar Binks est l’un des héros de La menace fantôme. Gungan de Naboo, il est sauvé par Qui-Gon Jinn et se voit obligé d’honorer sa dette, par ce dernier qui souhaite que quelqu’un les guide pour sortir de la cité sous-marine. Il provoquera toutefois plus de catastrophe qu’il ne parviendra à faire de grandes choses…il deviendra toutefois général, affrontera des droïdes sur Naboo, avec une chance folle. Dans l’Attaque des clones, contre toute attente, il devient délégué d’Amidala, avant de siéger à son tour au Sénat !!! Jar-Jar jouera un rôle crucial dans l’octroi des pleins pouvoirs au Chancelier Palpatine. Naïf et un peu idiot, le gungan parvient à être convaicu qu’Amidala était d’accord pour la création d’une armée de la République…

Incarné par Ahmed Best (à l’origine, Michael Jackson avait été envisagé pour le rôle), Jar-Jar est un personnage qui a été conçu grâce à des captures de mouvements de l’acteur (CGI). Il a reçu un Razzie Awards pour le rôle, tant le personnage a déplu. Il est considéré comme le pire de toute la saga, et un non sens pour beaucoup de fan, dans une franchise qui se prend à se point au sérieux. Il est idiot, peureux et ne provoque que des catastrophes. Jar-Jar a aussi inspiré des fan-theory, selon lesquelles il serait un…seigneur sith ! Il faut cependant savoir que Binks est inspirée par le Dingo de Disney. Le héros est un peu gaffeur, et lorgne quelque peu vers le comique burlesque de type Charlie Chaplin. Il a beaucoup plu aux enfants qui le trouvait drôle. Les adultes ne l’ont pas du tout apprécié…à ceux-là, Lucas a rétorqué qu’ils avaient du mal à admettre que Star Wars était en réalité destinés aux enfants ! 


708.Avengers : quand le MCU prenait forme.

Loki, le frère de Thor, armé de son sceptre, s’est allié avec les Chitauris afin de les aider à s’emparer du Tesseract, sur Terre. Si la mission est rondement menée, le dieu aura droit à avoir la Terre elle-même en cadeau. Mais c’est sans compter sur Nick Fury (Samuel L.Jackson), directeur du SHIELD, qui décide de constituer une alliance entre les plus grands super-héros jamais vu : les Avengers. Il recrute Iron Man, Thor, Black Widow (la Veuve noire), Oeil de faucon, Captain America et le docteur Bruce Banner, afin de mettre fin à la menace qui arrive sur Terre.

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L’équipe de choc

Pour la première fois, les différents protagonistes du MCU était réuni, en 2012, sur le grand écran. Chacun avait eu droit à son film solo (sauf Black Widow et Oeil de faucon) et voir tout ses personnages, avec des pouvoirs aussi important semblait prometteur. Iron Man, alias Toni Stark (Robert Downey Jr), milliardaire mégalomane (et très drôle) avec tout son arsenal de gadget hypersophistiqué ; Captain America (Chris Evans), à peine réveillé de son long sommeil, et qui souhaite toujours être aussi brave et patriotiste, avec une force herculéenne et son bouclier qui renvoi à son adversaire la même énergie avec laquelle il a frappé ;  Black Widow, alias Natasha Romanoff (Scarlett Johansson), une superwoman adepte des arts martiaux ; Oeil de faucon (Jeremy Renner), alias Clint Barton, sorte de tireur d’élite à l’arc à flèche ; Thor (Chris Hemsworth), Dieu vaniteux d’Asgard, contrôlant le tonnerre grâce à son marteau et capable de voler ; et Bruce Banner (Mark Ruffalo), alias Hulk, le monstre vert.

Leur rencontre est fracassante et donne lieu à des moments jubilatoire : Iron Man essayant vaille que vaille de s’imposer sur Captain Americain, quasi autoproclamé chef des Avengers. Thor essayant de prendre les choses en main, affirmant sans vergogne qu’il est le plus fort, car c’est un Dieu. Banner qui souhaite miser sur son intelligence et éviter que son alter ego incontrôlable n’arrive, rencontre Romanoff et tombe amoureux d’elle ! Celle-ci aussi, bien que pour les missions, elle préfère voir arriver Hulk. Détail amusant, elle sera la seule à pouvoir arriver à calmer le monstre vert simplement en lui parlant… 

Humour

Même si leur mission est sérieuse et que l’avenir de l’humanité est en danger, les Avengers font preuve d’énormément d’humour et d’auto-dérision. Par exemple quand Banner trouve que Loki est fou, Thor lui demande de tempérer ses propos, car cela reste malgré tout son frère. Romanoff lui rappelle que le demi-dieu a tué près de 80 personnes, en seulement deux jours ! À ce moment là, Thor ne trouve rien d’autre de mieux à dire que son frère a été adopté…

La rivalité Captain America/ Tony Stark donne lieu a des moments très cocasses : Par exemple, Steve Rodgers pense que Stark n’est rien sans son armure. Ce dernier lui rappelle cependant toute les « qualités humaines » qu’il détient.

Avengers, réalisé par Joss Whedon (qui mettra en scène la suite) est un gigantesque raz-de-marée de science-fiction, film de super-héros et de comédie. Le film est époustouflant, de par ses effets spéciaux (il faut voir Hulk bondir et exploser des immeubles) et ses scènes d’actions incroyable. Il y a un caméo de Stan Lee qui critique les super-héros, ainsi que de Harry Dean Stanton (qui rend hommage au film Alien-le 8e passager) ! Lou Ferrigno assure le doublage original de Hulk :) C’est un spectacle total, et un film important, sans lequel les nombreuses suites (3 à l’heure d’aujourd’hui) n’auraient sans doute pas vue le jour (notre note : 8/10).


707.Room 104.

Petite série d’anthologie bien ficelée, Room 104 a de quoi surprendre !  Créée par les Duplass Brothers, chaque épisode raconte une histoire, avec un point commun cependant, sorte de leitmotiv permanent : les histoires se passent toujours dans la même chambre d’un hôtel américain, la numéro 104. Les intrigues concernent toujours des personnages différents, parfois à des époques différentes, et les genres se mélangent, passant du fantastique au comique, voir au drame pur. La fin de chaque récit possède une chute, ce qui évoque un peu, la série La Quatrième dimension. La première saison compte 12 épisodes, et une seconde salve sera bientôt diffusée.

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Pizza Boy

L’épisode 2 est intéressant dans la construction : Jarod vient livrer une pizza dans la chambre 104 à un couple. Arrivé, le mari prétexte devoir aller chercher de l’argent dans sa voiture. Sa femme, est dans la salle de bain, toute nue, et ne se cache pas à la vue de Jarod, qui ne comprend pas ce qui se passe. Peu-à-peu, elle va tenter de le séduire, le mettant mal à l’aise face à son mari, qui devient paranoïaque (à juste titre !). Jarod se retrouve alors bâillonné par le mari sur le lit, pendant que ce dernier fait l’amour à sa femme sous ses yeux. La chute est la suivante : Jarod est le patron d’une sorte de maison close pour des voyeurs et que le « couple » est en réalité un duo d’acteur venu passer une audition.

Pourtant, à aucun moment, on ne comprend ce qui se passe : en tant que spectateur, on est entraîné sur toute les pistes, on trouve même un côté très absurde à cette histoire. On pense que la femme est vorace et souhaite manger Jarod au début, quand elle refuse la pizza ; puis on pense qu’elle souhaite coucher avec lui. On croit que son mari fait exprès d’entrer et sortir de la chambre, oubliant à chaque fois l’argent, mais on ne sait jamais pourquoi. En réalité, sans la chute, le récit est absurde et n’a aucun sens (on pourrait penser à un film porno ?). Mais avec elle, tout s’éclaire et on reste béa d’avoir été piégé aussi bêtement !

Les autres épisodes visionner, sans trop dévoiler leurs intrigues vous osciller entre le mystère, le rêve, la folie pure, les tracas de la vie… L’épisode 7, avec les deux jeunes mormons qui se mettent à douter de leur foi est vraiment intéressant, tout comme l’épisode 6 (notre préféré, alors qu’on ne comprend rien du tout non plus au début), où deux femmes se mettent à danser, durant tout l’épisode (qui ne comprend donc aucun dialogue), racontant leurs déboires, avant de comprendre qu’il s’agit d’une seule et même personne et de voir se rejoindre…le passé et le présent ! Série intrigante et originale à suivre (notre note : 7,8/10).


706.Le monde de Charlie.

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Charlie (Logan Lerman), 15 ans, est un garçon timide, sensible et renfermé. Il est très différent des autres jeunes de son âge. On pourrait presque dire qu’il est en décalage. Son meilleur ami, Michael, vient de se suicider, et le jeune homme a du mal à s’en remettre. Sa rentrée au lycée (l’équivalent de la troisième secondaire en Belgique) ne se passe pas bien du tout : les autres élèves le rejettent (y compris sa propre soeur), se moquent de lui, et ceux qui le connaissaient autrefois l’évitent. Sa route va alors croiser celle de Patrick (Ezra Miller), un garçon extraverti, et de sa demi-soeur Sam (Emma Watson), dont il va immédiatement tombé amoureux. Charlie va intégrer leur petite bande, et va se rendre compte qu’il n’est pas le seul à avoir des problèmes. Chacun va alors, s’entraider mutuellement.

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Come on Eileen

Stephen Chbosky réalisa, en 2012, l’adaptation de son propre roman : Le monde de Charlie. Publié en 2008, le livre a connu un succès rapide, s’écoulant à plus d’un million d’exemplaire. Quoi de mieux que l’auteur d’une oeuvre pour la porter sur le grand écran ? Le film de Chbosky se révèle à la fois fidèle et percutant, tant dans l’émotion que dans le propos. C’est que l’histoire aborde un certains nombre de thèmes assez durs : suicide, drogue, homosexualité, viol,… Chacun des héros de l’histoire est une sorte « d’écorché vif », un survivant, qui tente de faire face au monde et d’y survivre…

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Charlie, au début de l’histoire, écrit ce qu’il ressent sous forme de lettres, à un correspondant imaginaire. Le garçon va mal : il a des hallucinations liés à un traumatisme qu’il a vécu étant enfant. Sa tante Helen (Melanie Lynskey, vue dans Mon oncle Charlie), la seule personne qui parvenait à le comprendre, est morte lorsqu’il était petit. Cette femme était folle, parce qu’on avait abusée d’elle, et elle a reproduit ce qu’elle avait vécut sur son neveu. Bien sur, personne n’est au courant de se terrible secret. Charlie n’en a jamais parlé à personne. Sa famille sent qu’il a un problème, mais ne parvient pas à l’aider. Le secours va venir d’ailleurs : Charlie va se faire des amis. On pense pouvoir tout gérer sans eux, mais pourtant ils sont essentiels, et permettent de faire face aux difficultés. On ne peut pas porter tout le poids du monde tout seul.

Il va sortir de sa zone de confort et parler à Patrick, qui est en cours avec lui en éducation technologique, à l’occasion d’un match de football américain. Ce dernier, d’une profonde gentillesse, l’accepte immédiatement, et lui présente sa demi-sœur Sam. Ils l’invitent à manger après la rencontre. Peu-à-peu, il va s’intégrer à leur groupe, pourtant composé de gens de la terminale (donc des rhétoriciens) et faire tout sorte d’expériences lui faisant découvrir la vie d’un jeune de son âge : il va aller à des fêtes, boire de l’alcool, consommer de la drogue, se déguiser et jouer devant tout le monde le Rocky Horror Picture Show , avoir des petites amies,…

Teen Age Riot

Charlie va, au cours du film, avoir une petite amie : Mary-Elizabeth (Mae Whitman), issue de la même bande que lui, va craquer pour lui et tenter de le séduire. Il ne dira pas non, mais dans le fond ne l’aimera jamais vraiment. Leur relation sera celle d’un amour non partagé. En vérité, il aime Sam, mais pense qu’il ne pourra jamais lui plaire et compromet ainsi toute ses chances avec elle. D’ailleurs, sa rupture avec Mary-Elizabeth est peut-être l’une des pires : quel choc pour elle d’apprendre la vérité au cours d’une soirée entre amis, lors du jeu « action ou vérité », où son copain doit embrasser la plus jolie fille de la soirée, et pose ses lèvres sur Sam ! Cela provoquera, durant un temps, l’éviction de Charlie du groupe.

L’adolescence est le moment où l’enfant devient peu-à-peu un adulte. Le chemin est souvent long et laborieux, et commence d’abord par un rejet de soi, avant une acceptation, qui permet de faire la transition. Mais il est évident que les problèmes ne se règlent pas toujours seul : on a souvent besoin d’être compris, de pouvoir parler avec des gens, afin de faire éclater ce qui ne va pas et d’aller mieux. Sam a la réputation d’être une fille facile, et à eu de nombreux copains, qui lui ont fait du mal, ne la traitaient pas bien. Ils voulaient simplement « tirer leur coup », et n’hésitaient pas à la tromper, sans vergogne. Elle aussi a été abusé quand elle était plus jeune, par le patron de son père. Ce traumatisme, elle l’avoue à Charlie, qui la comprend, car il a vécu la même chose. Lui parler la libère. Elle souhaiterai aussi intégrer une université, mais sa moyenne au test d’entrée lui fait défaut. Charlie l’aidera à réviser pour le représenter, et à croire en elle.

Patrick, lui, est homosexuel, et sort avec Brad, le quaterback de l’équipe de foot. Mais ce dernier dissimule sa sexualité, et demeure, aux yeux de tous, un hétérosexuel viril, qui se moque de ceux qui sont différents. Leur relation est d’ailleurs secrète, et à l’école, ils font comme si ils ne se connaissaient pas. Mais un jour, le père de Brad les surprend en train de coucher ensemble. Devenu fou, il bat son fils, presque à mort, refusant d’admettre ce qu’il vient de voir, tandis que Patrick s’enfuit. Le lendemain, à l’école, Patrick veut que la vérité éclate que Brad avoue à tous pourquoi il a été frappé. Mais ce dernier l’ignore, ayant peur que le monde entier découvre la vérité, ses amis le défendant et insultant Patrick, le traitant de pédale. Une bagarre éclate alors, et il est passé à baston par le groupe de Brad, jusqu’à ce que Charlie, seul dans son coin, se lève et les mette tous ko, et le sauve. Il sera réintégré au groupe, et même Brad le remerciera-dans le plus grand des secrets- d’être intervenu. Charlie consolera ensuite Patrick, qui rompra avec Brad, comprenant que leur relation est une impasse.

Charlie aura donc permit à Sam et à Patrick d’avancer et d’être parvenu à l’âge adulte. On ne peut pas choisir d’où on vient mais on peut choisir où l’on va. Mais le chemin n’est pas encore finit pour lui…

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Dear God

Charlie rêve de devenir écrivain :  il beaucoup de temps à écrire et couche sur les papiers ses émotions les plus intenses. Cela donne au chose le pouvoir le plus puissant : devenir éternelle. Sa passion va se retrouver exacerbée grâce à son professeur de littérature, Bill Anderson (Paul Rudd), qui lui donne des livres à lire et l’invite à écrire des dissertations sur ceux-ci, et à les lui remettre, afin qu’il les lisent à son tour. L’homme sera, pour Charlie, une sorte de guide, un « mentor », lui donnant de nombreux conseils pour parvenir à atteindre son rêve.

Dans ce qu’il écrit, Charlie parle de son monde, de son univers. Comme le titre original du livre « The Perks of being a wallflower » (les avantages d’un laissé pour compte), il est mis à l’écart, il n’est pas raccord. Le garçon fait souvent office de tapisserie. On a l’impression que le monde entier ne sait pas qu’il existe. D’ailleurs, quand Sam et Patrick décide de porter un toast en son nom, il n’en revient pas, et le dit explicitement.

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Il analyse les autres personnes qui l’environne, et parvient à les comprendre. Leur souffrance l’affecte, en son être le plus profond, et il a l’impression que cela ne s’arrête jamais. Bien sûr, il parle peu, mais si l’on soudait son esprit, on se rendrait compte qu’il est pleins de choses incroyables à découvrir. Charlie ne comprend cependant pas ce qui lui arrive, et écrire lui est, en quelque sorte, thérapeutique. Il devra faire une dépression nerveuse, et suivre une thérapie, pour comprendre que c’est lié à sa tante, être qu’il chérissait et qui lui a pourtant fait du mal : lorsque Sam tente de lui caresser la cuisse, il a un mouvement de recul, et une impression de déjà-vu…les flashbacks s’enchaînent. La vérité est sur le point d’éclater…

Sam aidera aussi Charlie : elle sent qu’il l’aime bien, mais ne l’envisage pas comme un partenaire potentiel. Elle a cependant de l’affection pour lui, et lui témoigne, à plusieurs reprises, de la tendresse. Elle l’embrasse d’ailleurs, lui donnant son premier baiser, car c’est important que ce soit qui tienne à lui qui lui offre ce cadeau. Être le premier amour de quelqu’un est difficile, surtout quand on pense que celui peut nous convenir, mais qu’il est incomplet et ne répondra pas entièrement à toutes nos attentes… Charlie veut tenter de faire comprendre à Sam qu’elle mérite mieux que les garçons avec qui elle s’obstine à sortir. Mais elle pense que nous avons l’affection que nous pensons mériter. Cette phrase est pleine de sens : Si Charlie le veut, il pourra aussi avoir l’amour qu’il mérite. Si il pense qu’il a une chance avec elle, il pourrait réellement en avoir une. Il faut parfois se rendre compte que nous sommes un obstacle à notre propre bonheur.

On peut sentir l’importance de mettre en scène les mots :  Stephen Chbosky ouvre son film par un générique un peu particulier, puisqu’il s’agit d’une machine à écrire. L’instrument de prédilection d’un auteur digne de ce nom. On la voit ainsi, écrivant les premiers noms, avant de revenir à un générique normal. Symboliquement, son oeuvre prend ainsi vie, au cinéma.

Heroes

La musique a également une importance au récit : Charlie écoute des titres qui le font vibrer, et il a d’ailleurs d’assez bon goût musicaux. Le garçon peut parler de titres qu’il le touche et lui donne de la force dans la vie. On peut trouver beaucoup de réconfort dans la musique, et faire de jolies découvertes. Les titres choisis dans le livre et le film sont différents, mais cela n’enlève rien à la beauté de l’histoire.

L’expérience la plus forte que vivra Charlie est celle du tunnel : lorsque Sam et Patrick entendent une chanson qui leur plaît à la radio, ils prennent leur voiture, roulent à toute vitesse, passant le titre. L’un deux se tient debout, passant le corps hors du toit ouvrant, et tend les bras face au vent, tel un oiseau. Cela leur donne la sensation d’être invincible. D’être libre. La musique de référence sera le titre Heroes, de David Bowie (dans le livre, c’est Landslide de Fleedwood Mac) :  cette chanson, il ne la connaisse pas, et la cherche, pour la réécouter. Bien sur, certains spectateurs vont trouver étonnant qu’ils ne reconnaissent pas David Bowie, mais à ceux là, on ne pourra que leur rappeler que la culture musicale implique parfois d’aimer entendre des titres, sans pouvoir identifier de qui ils sont. L’expérience du tunnel, tenté par Charlie, dans la dernière scène, sera salvatrice : on sent enfin que le jeune homme est enfin heureux et attaché à la vie. Il a prit confiance en lui, et est devenu un adulte. Le jeune homme vit au présent.

Le monde de Charlie est loin d’être un teen movie. Bien sur, on rit par moment, mais c’est surtout un drame très fort sur le plan émotionnel.  Logan Lerman est incroyable dans le rôle de Charlie. Son interprétation sonne très juste, tout en sobriété, il transpire bien le malaise qui habite son être. L’acteur est touchant, il n’y a pas d’autres mots. Son personnage est intelligent, et un brin philosophe : ses répliques vont réellement réfléchir. Ezra Miller et Emma Watson sont également fantastiques, dans cet incroyable maelström de portrait de l’adolescence qu’est le film. L’amitié et l’amour, encore et toujours (notre note : 10/10). 

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(à lire aussi : citations du film, sur  https://www.kaakook.fr/film-1980)


705.Bande-annonce : Rémi sans famille.

Une nouvelle adaptation du roman Sans famille d’Hector Malot voit enfin le jour, se voulant plus proche de la série d’animation japonaise des années 1970 qui connu un succès assez important : Rémi sans famille. L’histoire est inchangée : on suit Rémi, petit garçon de 8 ans, abandonné par ses parents, élevé par d’autres qui le vendront, pour 40 francs, à une sorte de vieux musicien ambulant, un saltimbanque prénommé Vitalis (Daniel Auteuil). L’homme et sa joyeuse bande d’animaux Dolce, Joli-Coeur, Zerbino et Capi sillonneront la France, vivant des aventures assez éprouvantes. Au bout du voyage : retrouver la mère de Rémi. Récit iniatique, importance de la famille et des amis, le roman de Rémi est un chemin semé d’embûche, montrant la réalité de la vie dans ce qu’elle a de plus cruelle, et pourtant de plus beau. On à hâte ! Ci-dessous, la bande-annonce du long-métrage, et le générique du célèbre dessin-animé.

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704.Titanic.

En portant à l’écran la tragédie du Titanic, le cinéaste canadien James Cameron (TerminatorAbyssTrue Lies) ne s’imaginait pas réaliser une oeuvre majeure de l’histoire du cinéma (bien qu’il sentait que sa filmographie avait besoin de compter un film d’une telle envergure). Un film puissant et fort, récompensé largement par 11 oscars (dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur), égalant le score jusque là détenu par Ben-Hur. Il fut aussi le plus gros succès au box-office, jusque 2009, où Avatar (de James Cameron !) le dépassera…En ressortant, en 2012, pour fêter ses 15 ans, le long-métrage parvient à dépasser le cap des 2 milliards de recettes (2, 187 milliards) et devient le 2e film le plus vu de tout les temps.

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Un aller simple

La séquence d’ouverture démarre avec une équipe de plongeur, en 1996, menée par Brock Lovett (Bill Paxton), qui part à la recherche de l’épave du Titanic, afin de retrouver le légendaire diamant bleu, appelé le Coeur de l’océan. Au fond de l’eau, ils découvrent un coffre fort, où se trouve le dessin d’une femme nue, portant l’objet de leur désir autour du cou. Selon la légende,  découvert en Inde, cette pierre de 115 carats a appartenu à Louis XIV, qui le léguera à ses descendants. Mais en 1792, le diamant, taillé en forme de coeur est volé…il faudra attendre 1839, et une lettre de feu Henry Hope, un collectionneur, pour le retrouver.La légende veut que chacun de ses propriétaires connurent une successions de malheurs, les menant à la mort. En 2008, il fut établi que diamant Hope et le diamant bleu étaient en réalité une seule et même pierre, le deuxième étant en fait le premier retaillé. Toujours est-il, pour revenir au film, qu’apprenant la nouvelle, une dame âgée, Rose Calvert (Gloria Stuart), le contacte car elle a des informations sur ladite pierre, puisque c’était elle, la jeune fille sur le dessin.

Elle va alors leur raconter une histoire qu’elle n’avait jamais avoué à personne : ses souvenirs à bord du Titanic. Jeune (incarnée par Kate Winslet), elle était une fille sans un sous, avec uniquement un nom de famille prestigieux, son père ne lui ayant laissé que des dettes. Sa mère Ruth (Frances Fisher), vieille bourgeoise, souhaite conserver son rang et s’est arrangé pour que sa fille épouse Caledon Hockley (Billy Zane), un magnat de la finance, qui leur permettra de vivre une vie d’opulence. Non loin de là, à Southampton, en Angleterre, une partie de poker a lieu. L’enjeu est un ticket pour embarquer à bord du Titanic, paquebot de luxe dont ce sera le voyage inaugural. Le destin voudra que le jeune Jack Dawson (Leonardo DiCaprio), sans un sou en poche, remporte le jeu, et monte dans le navire, prêt à vivre son rêve américain, à New-York. Ce dernier, passager de troisième classe, n’était pas sensé croiser la route de Rose, passagère de la première classe. Mais les choses en décidèrent autrement, lorsque Jack croisa le regard de la jeune femme, qui admirait l’horizon, sur le pont.

Le poids des choses

Pour Rose, même si elle est pourrie gâtée, vivant dans le luxe le plus grand, entourée de ses domestiques personnels, respectant tout les codes de bienséances de la haute société, cette situation lui est pénible. C’est invivable de ne pouvoir choisir son destin, de ne pas pouvoir faire ce que l’on veut. La jeune femme n’éprouve rien pour son fiancé, homme impulsif et prétentieux, sinon de la colère et du mépris. N’en pouvant plus de sa vie, de cette passivité lancinante, des contraintes sociales, Rose tente de se suicider en se jetant du haut de la proue du bateau. Mais Jack, qui passait par là, parvient à l’en dissuader, et la sauve, in extremis, alors qu’elle avait failli tomber. D’abord pris pour un agresseur, car Rose est au sol, la robe déchirée, Jack est ensuite remercié par Hockley, qui l’invite au dîner, dans la première classe, le lendemain, afin de « raconter ses exploits ».

Rose revoit alors Jack dans le plus grand des secrets. Il se raconte à elle, lui dévoile tout de son être, plongeant ses yeux dans les siens. Sa vie  à lui est l’égal opposé de la sienne : il n’a aucun attachement, à soif d’aventure, vivant sa vie librement, comme il l’entend. Jack se laisse aller à ses émotions, et se fait plaisir. Il ne possède rien mais est heureux. Le jeune homme n’a pas peur de se pencher à la proue du navire, en criant face au vent qu’il est le roi du monde. Rose est cloué à sa vie, qu’elle traîne comme un poids. Elle doit être une « lady » parfaite, sans pouvoir faire ce qui lui chante. Tout est contrôlé. Mais ici, en parlant avec Jack, elle se rend compte que la vie peut être autre chose, et qu’elle serait prête à tout laisser pour aller avec lui. Avec ce dernier, elle se sent bien, et la vie vaut la peine d’être vécue : il lui apprend à cracher, à faire ce qui lui plaît, et à faire preuve de courage.

Deux mondes opposés

Le jour du dîner, Jack n’a pas de costume. Une femme, Molly Brown (Kathy Bates), qui fait partie des « nouveaux riches » et qui méprisée par les autres bourgeois (car elle était pauvre, à l’origine), décide de lui en prêter un. Jack a l’air d’un dandy, un gentleman, et les autres le prennent pour un des leurs…excepté la mère de Rose, et Hockley, qui n’ont pas une once de sympathie pour lui, le voyant comme une menace. Le dîner est opulent, les produits sont luxueux (il y a même du caviar…que Jack refuse de manger, prétextant ne pas aimer cela, comme un petit bourgeois fier et délicat, ce qui fait rire Rose), les couverts nombreux. On parle « politiquement correct », et la tenue et l’apparence sont essentielles. Ce choc des cultures, passagers premières classes et passagers de la troisième classe est saisissant. On a l’impression qu’il s’agit de deux mondes totalement différent. Cameron dresse une critique sociale cinglante de la haute société britannique conservatrice. Ces gens ne s’amusent pas réellement, crachent leur venin sur les autres, et se montre très malaisant envers ceux qui n’ont rien, les pauvres.  D’ailleurs le compartiment de la première classe est interdit aux autres passagers, qui ne peuvent en fouler le sol ! Les chambres de la troisième classe ressemblent à des auberges de jeunesse, avec leur lits superposés dans de toutes petites cabines, alors que dans la première classe, les passages ont des appartements qui comprennent parfois jusqu’à une dizaine de pièces, richement meublées ! Et cela pour un simple voyage !

Rose fait ensuite une incursion dans la troisième classe, pour une fête Irish, où Jack va lui montrer comment les « pauvres s’amusent ». Ils dansent simplement au son d’une musique endiablée, qui n’est pas jouée par un orchestre symphonique mais quelques musiciens. Ils boivent de la bière et rigolent beaucoup. Rose prend beaucoup de plaisir à participer à ces festivités, et tourne avec Jack sur l’air de la musique, sans se soucier de savoir ou non danser. L’important est de profiter du moment présent, et non de respecter des « soi-disant codes de bienséances ».

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Brasier

Le coeur de Rose va s’enflammer pour Jack, et réciproquement. On peut réellement qualifier leur relation de passion, et comparé leur amour naissant à un feu ardent. On pense à la réplique ou l’un dit à l’autre qu’il plonge si l’autre plonge. Leur histoire est belle et pourtant loin d’être compliquée, tant ils semblent appartenir à deux milieux tout à fait différent.

Ainsi, Rose est obligé de transgresser beaucoup de règles, afin de voir Jack. Au début, elle pense que cette relation est mauvaise, pensant à sa mère, et à sa situation. Mais ensuite, elle prend conscience du bonheur qui lui est offert et se décide de le saisir, quitte à blesser son effroyable fiancé. Elle lui fait ainsi face à plusieurs reprises, le défiant presque, avant de décider de rester avec Jack. Cameron, comme à son habitude, fait de la femme une girl power, un être qui s’émancipe et qui pense. Le réalisateur est très féministe, il l’a déjà prouvé par le passé dans Terminator 2, avec sa Sarah Connors sans peur et plus forte qu’un homme.

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Rose s’offre à Jack en lui demandant un portrait d’elle, toute nue, revêtue uniquement du Coeur de l’océan. Le garçon est mal à l’aise, de la voir dans son plus simple appareil, tant il est attiré par elle. Le dessin est réalisé au fusain (pour la petite histoire, c’est James Cameron qui dessine) par le jeune homme, qu’elle paie 10 centimes. Elle place le dessin dans le coffre-fort de son fiancé, lui adressant une « sorte de message d’adieux ».

Mais le couple naissant devra faire face à de nombreuses embûches, fuyant l’homme de main de Hockley qui les suit à la trace. Puis, caché dans une voiture dans la cale du navire, ils feront l’amour. La scène est torride et belle, l’amour, tel un volcan, s’éveille, et les plaisirs de la chairs se rencontrent enfin.

L’iceberg

Mais le bonheur est de courte durée : le Titanic heurte un iceberg qu’il n’a pas eu le temps de voir venir. Les dégâts sont importants : le navire est éventré sur toute sa longueur,  l’eau a déjà rempli cinq compartiments. le pronostic est sans appel : le bateau coulera dans une heure (dans les faits, il faudra environ 2h30). Le navire compte plus de 2000 passagers, et il n’y a pas assez de canots de sauvetage pour sauver tout le monde (on peut sauver maximum 1178 personnes). En fait, lors de la construction du vaisseau, pour une question d’esthétique, afin de ne pas encombrer les ponts, on a volontairement placé moins de chaloupes.

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L’évacuations des passagers commence, en même temps que la deuxième moitié du film : la catastrophe a lieu, et la tragédie n’est pas loin. On commence avec les passagers de la première classe, femmes et enfants d’abord. Puis les passagers des autres classes…le clivage est ainsi exacerbé par James Cameron, qui montre que la vie d’un pauvre avait, en ce temps là (bien qu’aujourd’hui, les choses n’ont pas tellement changée…), moins de valeur que celle d’un riche. Les chaloupes ne sont pas remplies au maximum, pour le confort des bourgeois. Dans certaines, il n’y a qu’une dizaine de passagers, alors qu’elles sont prévues pour 65-70 personnes (seul 722 personnes embarqueront) ! Les canots de sauvetages deviennent un dilemme, à mesure que le Titanic prend l’eau. Le commandant, Edward Smith (Bernard Hill), est dépassé par les événements, ne sachant que faire. Ce qui arrive lui semble inimaginable. Il demande  à ce qu’on joue de la musique -uniquement des airs entraînants-, afin de calmer les gens. Quelques musiciens joueront…jusqu’au bout, terminant avec « Plus près de toi mon dieu« . Le capitaine mourra, sur la passerelle…coulant avec son navire, ivre de mélancolie.

Jack, de son côté, est avec Rose. Elle l’a sauvé de la noyade (la scène est assez réaliste, et est celle que Winslet a eu le plus de mal a tourné), alors qu’il était enchaîné dans une cale remplie d’eau et presque dans le noir, accusé d’avoir dérobé le diamant bleu à Hockley, et tout deux ne monteront pas dans les canots, car il n’y en a plus assez. Le navire coule par l’avant, avant de se briser, sur le milieu, le premier morceau entraînant le second au fond de l’océan Atlantique. Les gens tentent de nager, mais l’eau est glaciale, et les condamne à une mort certaine. Les chaloupes sont à plusieurs mètres de là, ses occupants voyant l’horreur devant leur yeux, et restant là, passif…ils seront hantés à tout jamais par les cris des 1500 personnes, noyés ou mort d’hypothermie.

La fin de toutes les controverse

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Jack et Rose parviennent à nager vers une pièce de boiserie, sur laquelle ils tentent de monter. Mais il n’y a de la place que pour un seul d’entre eux. Jack y fait monter Rose, et reste dans l’eau à côté d’elle, lui tenant la main, lui donnant la force de tenir, alors qu’elle est presque gelé. Un canot de sauvetage, mené par un des officiers du navire, décide de chercher des survivants…ce sera le seul. Rose essaye de prévenir Jack de l’arrivée de celui-ci, mais constate que le cœur du jeune homme a cessé de battre. Brisée, elle le laisse couler au fond de l’océan, et appelle à l’aide. Elle sera une des six survivantes que la chaloupe arrivera à sauver…

La scène a connu beaucoup de polémique : pour beaucoup de spectateurs, il y a avait assez de place pour deux personnes, et la mort de Jack aurait pu être évitée. Mais Cameron a coupé le court à toutes les polémiques en  disant que son décès était nécessaire à l’histoire. Elle était un ressort dramatique plus puissant pour le spectateur.

Donner vie au Titanic

James Cameron a vu les choses en grand en réalisant son long-métrage : il a fait construire une maquette, taille réelle, du Titanic, en ce basant sur les plans originaux de celui-ci ! Un seul côté de la coque a cependant été construit. Une plus petite maquette, à l’échelle 1/20 a également vue le jour, pour certains plans. Les décors intérieurs ont également été créés. Tout a été prévu pour pouvoir être immergé le moment venu, et incliné. Le plateau était d’ailleurs sur un bassin sur vérins hydroliques (dans lequel on pouvait mettre des millions de litres d’eau) Le cinéaste a également été voir l’épave réelle du Titanic, mais ne l’a pas filmée. Dans le film, ce qu’on voit est en réalité une maquette du paquebot qui a coulé.

Produit par les deux firmes ennemies, Fox et Paramount, le budget du film initial était d’environ 110 millions de dollars…mais cela était impossible à tenir ! Les dépenses se rajoutées, il y a eu de nombreuses prises à refaire. Et la facture finale s’éleva à plus de 200 millions de dollars ! Cameron a filmé certains plans avec une vieille caméra, d’autres sous l’eau équipé d’une tenue de plongée, et a eu recours à des techniques numériques révolutionnaires, lui permettant d’intégrer des cascadeurs virtuels dans les images, et à pouvoir retoucher le tout, pour plus de réalisme.

Une musique aérienne

James Horner, compositeur fétiche de Cameron (Alien-le retour et Titanic), a réalisé une partition aérienne, même si cela n’était pas gagné d’avance, leur première collaboration s’étant mal passée. La bande-originale du film est la plus vendue de tout les temps. Et même si James Cameron ne souhaitait pas de chanson, Horner a réalisé une maquette, avec la chanteuse Céline Dion, de ce qui serait My Heart will go on. Même elle n’était pas très motivée à l’idée de chanter ce titre. À tord, bien entendu. En entendant le single, le réalisateur a accepté, époustouflé par sa beauté. La chanson reçu d’ailleurs un oscar !

La musique orchestrale exprime bien les émotions des personnages du récit, leur joie, leur peur, mais aussi leur tristesse. On retient souvent le titre Never an absolution. Cameron voulait que beaucoup de choses passent par la musique. Horner l’a fait. Pour la petite histoire, Cameron aurait été ému aux larmes en entendant le tout la première fois. Pour la partie vocale des titres, la chanteuse norvégienne Sissel Kyrkjebo a prêté sa voix. Lorsque l’on écoute les mélodies, on est surprit de se dire à quel point le tout évoque l’océan, avec les vagues qui oscillent, crescendo et decrescendo. Il y a des sonorités celtiques voire irlandaises, les instruments chantent leur spleen, et à certains moments, des passages évoquent l’album Adiemus, du musicien Karl Jenkins.

L’histoire au service du récit

Même si l’histoire de Rose et Jack est une fiction, il n’en demeure pas moins que Titanic repose sur des aspects historiques, et que de nombreux personnages apparaissant dans le film ont réellement existés, et se sont retrouvé à bord du paquebot lors de son naufrage. Le commandant Smith était réellement au commande du navire, et ce fut son dernier voyage. Thomas Andrew (Victor Garber), l’architecte du Titanic, malgré sa prétention de croire que son bateau était insubmersible, eut un comportement exemplaire avec les passagers, s’assurant que chacun avait un gilet de sauvetage (même si il n’y en avait pas non plus assez pour tout le monde), aidant certaines personnes à embarquer. Il périt aussi lors du naufrage, préférant rester et ne pas tenter sa chance. Joseph Bruce Ismay (Jonathan Hyde), homme d’affaire responsable de la construction du Titanic, parvient à s’enfuir et à survivre…mais on le tiendra pour responsable de ce qui est arrivé. La délirante Molly Brown (Kathy Bates) a également vraiment existé : elle essaya de convaincre les autres occupant d’un canot de sauvetage de ramer avec elle pour sauver des passagers restés sur le bateau, mais en vain, personne ne souhaitant l’aider. Elle tenta ensuite, de collecter des fonds pour les rescapés qui avaient tout perdu. L’écrivain Archibald Gracie (Bernard Fox)  écrivit un livre sur la catastrophe, mais ne se remit jamais de ce qu’il avait vécu, et s’éteignit en décembre 1912.

Titanic est le chef-d’oeuvre de James Cameron. C’est un film beau et triste, de bout en bout. La romance entre Jack et Rose nous fait chavirer à chaque vision, de même que la tristesse avec laquelle ils sont séparés, par le destin. Un des plus grands films de tous les temps (notre note : 10/10).

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702.Big Eyes.

Margareth Ulbrich (Amy Adams) est une artiste. Elle peint se qu’elle voit. Et dans son univers, les gens sont dessinés avec de gros yeux, exprimant pleins de sentiments. Mère d’une petite Jane, elle décide de quitter son mari, et de partir à San Francisco. Là-bas, elle trouve un travail dans une entreprise de meubles, et tente, sur le côté, de vendre ses toiles sur un petit marché. C’est là que sa route croise celle de Walter Keane (Christoph Waltz), un autre artiste. Beau parleur, celui-ci va s’intéresser à Margareth, sortir avec elle et devenir son époux. Il va tout faire pour gagner de l’argent, afin qu’ils deviennent riches et connu. Mais il va le faire en s’attribuant la paternité des œuvres de sa femme. Celle-ci sera dans son atelier à peindre les toiles, pendant que lui ira les vendre. Peu-à-peu, les tableaux attirent les regards, et se vendent comme des petits pains. Walter est invité à la radio, à la télévision, donne des interviews auprès de grands journalistes. Il est acclamé et adulé. Margareth, quand à elle, se tait, et le laisse récolter les lauriers. Mais le poid du mensonge commence à lui peser. Elle trouve la situation injuste, même si ils sont désormais riches…

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A Star is born

Tim Burton, en 2014, décidait de mettre en scène un nouveau film biographique (il l’avait fait précédemment avec Ed Wood), s’intéressant à la vie de Margaret Keane (qui fait un petit caméo dans le long-métrage), artiste incroyable, mais qui à failli se retrouver oubliée de tous, vivant dans l’ombre d’une personne qui la dominait. Il a d’ailleurs plusieurs de ses tableaux chez lui. Elle est une virtuose du pinceau, réalisant exclusivement des portraits d’enfants, avec des gros yeux ronds, exprimant pleins de tristesse. Adepte de la numérologie, elle pense que le chiffre 7 lui portera chance, puisque ses initiales sont M.D.H., lettres situées respectivement à la 13e position, 4e position et 8e position de l’alphabet, et qui additionnés donnent le nombre 25, composé lui même de 2 et de 5. La somme de ces deux chiffres est 7 !

Elle aime Walter, et pense qu’il est bon avec elle et voit en lui un père pour sa fille. Elle sait qu’il est plaisant avec les gens, et peut les convaincre de presque n’importe quoi, grâce à sa force de persuasion. Margareth sait aussi que c’est grâce à lui qu’ils deviennent riches…mais en même temps, c’est aussi à cause de lui qu’elle se retrouve isolée, sans amie, sans personne à qui confier son lourd secret (si ce n’est son chien). Il est à la fois -et c’est assez paradoxal-, la cause de son bonheur, mais également de son malheur.

Walter est un baratineur, un charmeur : il ne sait pas pas peindre et ne le saura jamais. Mais de loin, quand les gens parlent avec lui, il a l’air d’un peintre. De près, il n’est pas grand chose. Il rêvait seulement de devenir célèbre et reconnu, et s’est mis à s’attribuer les œuvres d’autres artistes (Cénic et ses scènes de rues par exemple)…sans grand succès jusqu’à tomber sur Margareth, qui propose résolument quelque chose de nouveau et d’original.  Devenant le peintre Keane, il s’invente une histoire, questionne sa femme sur les sources de son inspiration, sur ses techniques pour dessiner. Puis il va plus loin, en lui demandant ses premiers croquis, afin de « retracer son évolution » pour devenir l’artiste d’aujourd’hui. Ce faisant, il efface une vie, et réécrit par dessus. On a affaire à un acteur vedette, une star qui sait faire sa diva, et se réapproprier l’histoire. Un homme aux deux personnes, tantôt visage sympathique, tantôt être cruel qui n’hésite pas à tenter de tuer Margareth (on cite en exemple la scène où il tente de l’immoler). D’ailleurs, celle-ci le compare -à juste titre- au Docteur Jekyll et son alter ego, Mister Hyde. 

Mensonge et poids

Margareth accepte le jeu malsain de Walter, car elle se dit qu’elle n’a aucune chance de devenir célèbre, puisque c’est une femme. Lorsqu’il lui ramène des liasses de billets de banques, résultat de sa première vente, elle est folle de joie. Quand elle se rend compte qu’il utilise son nom à lui (en fait, il l’a fait signer ses toiles avec le nom Keane !) et explique aux gens d’où lui vient toutes ses idées, elle se sent mal. Margareth a l’impression de lui céder son enfant. C’est une expérience qu’elle vit comme un deuil, mais à l’intérieur d’elle-même, car le pot-au-rose ne peut être dit à personne puisque cela risquerait de faire tout s’écrouler. La femme est piégée, dans un mensonge qu’elle a contribué à créer.

Le plus dur pour elle c’est de mentir à sa fille. Elles se partageaient tout, la prenait pour modèle dans chacune de ses premières œuvres, et là, elles sont comme deux étrangères. Margareth lui interdit de rentrer dans son atelier, lui ment quand la fillette pense reconnaître un des tableaux de sa mère en lui disant qu’il s’agit d’une oeuvre de Walter, et passe peu de temps avec elle, toujours occupée à peindre. Sa copine Dee-Ann (dont l’actrice à des airs à Eva Green) essaye de la sortir de cet enfer, mais en vain…

Puis, en apprenant qu’elle n’est pas la première que Walter a piégée, Margareth demande le divorce. Elle fuit à Honolulu, à Hawaï avec sa fille, et décide d’intenter un procès contre son ex-mari. Elle raconte la vérité à la radio, se soulageant d’un poids et se réconciliant avec Jane. Les dix ans passées dans le mutisme à faire de Walter l’artiste le plus vendu au monde sont révolus. Le procès pour diffamation tourne au désavantage de celui-ci, lâché par ses avocats quand il se transforme en procès pour calomnie. Et là, Walter décide de se défendre seul (sans rien connaître au droit), se donnant en spectacle en transformant la salle d’audience en vaudeville. Ses chorégraphies frisent la singerie, et la cour fait face à une dispute de couple. La parole de Margareth contre celle de Walter. Le juge décide de les départager en leur demandant de dessiner un portrait avec des gros yeux en une heure. La vérité finira par éclater et le mensonge à voler en éclat. Mais Walter ne reconnaîtra jamais.

Les yeux sont les miroirs de l’âme

Les portraits de Margareth ont de gros yeux, car c’est sa façon à elle de voir le monde. Elle pense que les yeux sont des fenêtres, qui permettent de voir l’âme des gens, leur essence profonde. C’est très métaphysique, mais ce n’est pas tout à fait faux. Les yeux expriment beaucoup de choses, sous entendent beaucoup de choses. Ils sont l’instrument de notre réalité.

Burton questionne aussi sur ce que c’est que l’art. Terence Stamp joue un critique nommé John Canaday, et qui semble dicté à tous ce qui est beau et ce qui ne l’est pas. Il le fait selon ses propres critères, avec une subjectivité maximale, sans jamais se remettre en cause. Les propriétaires de galeries d’art le suivent, comme une sorte de gourou…l’art devient alors un phénomène de mode, et ce qui est out n’a pas sa place. Le travail de Margareth est ainsi jugé avec beaucoup de mépris, alors que la plupart des personnes l’apprécient, et tombent fascinés par les portraits.

C’est intéressant de voir que Walter demande à Margareth de réaliser une oeuvre pour l’exposition universelle de New-York, dans l’espoir que ce soit la création de sa vie, au rang du plafond de la Chapelle Sixtine, de Michel-Ange, leur vision de l’art s’affronte. Lui est persuadé qu’un artiste sait qu’il fait l’oeuvre de sa vie au moment où il l’a fait, et qu’il serait dès lors comme dicté par une sorte de « génie », tandis qu’elle pense que cela ne se commande pas, que les créations deviennent célèbres parce que les gens le veulent et ressentent ce que l’artiste a voulu transmettre. D’autant plus intéressant est le fait que sa peinture pour l’exposition est mal accueillie, Canaday trouvant cette chaîne d’enfant de toutes culture trop artificielle, lorgnant dans le sentimentalisme et le kitsch, comme si on avait fait un best-of de tous les portraits…Walter devient fou, se met à injurier le critique, et manque de lui crever l’oeil, instrument par lequel il contemple le monde ! Burton multiplie les plans sur les yeux, les rendant tantôt tristes, tantôt angoissants (Walter lorgnant le trou de la serrure)…permettant de nous faire un jugement. Nous même, face à cette histoire, nos yeux sortent écarquillés, et fascinés ! (notre note : 8,5/10).


701.La planète des singes par Tim Burton.

En 2001, Tim Burton, tout juste auréolé du succès de Sleepy Hollow entreprenait de mettre en scène un remake du film La planète des singes (1968), avec Charlton Heston dans le rôle-titre. Il s’agissait d’une adaptation du roman éponyme de Pierre Boule. Une sorte d’hommage également aux 5 films (1968-1973) réalisés auparavant et qui avaient eu du succès….sauf que Burton voyait les choses un peu autrement, trop heureux de pouvoir mettre en scène un univers qui l’avait touché à sa manière. Mais la Fox ne lui laissera pas tout à fait les mains libres, exigeant un rendement assez éreintant, voulant entrer dans les délais prévu.

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Voyage temporel

En 2029, Leo Davidson (Mark Walhberg, pas très bon dans le rôle), capitaine de la station spatiale Obéron, part à la recherche de Périclès,  un chimpanzé qui a effectué une mission et qui n’est pas revenu. Car les singes doivent remplacer l’homme quand le risque est trop élevé pour sa vie. Mais pris dans une tempête électro-magnétique, il se retrouve propulsé en 5021 sur la planète Ashlar. Dans ce monde-là, une race de singe supérieur à prit le contrôle sur l’homme et l’a asservi en esclavage. Leur évolution est spectaculaire…

Leo est rapidement capturé et fait prisonnier, d’un marchand d’esclave, Limbo (Paul Giamatti), un orang-outan attiré par l’argent. Mais une singe prénommée Ari (Helena Boham Carter), fille d’un sénateur, et prétendant à une égalité des droits entre les hommes et les humains, va l’émanciper, et tenter de l’aider à retrouver son vaisseau, car l’Obéron s’est écrasé sur Ashlar, mais est situé dans la zone interdite. Mais c’est sans compter sur le général Thade (Tim Roth), qui déteste les êtres humains et espère obtenir les pleins pouvoirs sur l’armée afin de pouvoir tous les exterminer…

Le monde à l’envers

Dans cet univers là, les choses sont inversées : le rapport de force homme dominant/ animal dominé n’est plus. Le singe s’est mis debout, a la faculté de parole et un esprit qui lui a permis de prendre le dessus sur ses maîtres. Tout singe croit en Semos, le dieu suprême (en fait il s’agit de l’anagramme de Moses, alias Moïse !), premier des singes à avoir pris le dessus sur les humains…sauf qu’aucun d’entre eux ne sait la vérité. Qu’ils étaient autrefois des asservis, des animaux auxquels on se permettait de n’avoir que peu de respect. La chute des humains est à leur propres tords, puisque après le crash de l’Obéron, c’est Jonathan, fils de Périclès, dont l’intelligence a été augmentée, mena la révolte contre eux…

Toutefois, leur société est organisée : il y a différentes classes (plus que trois), des singes étant mieux lotis que d’autres. C’est une démocratie, dotée d’un sénat. Il y a des décisions qui sont prises, avec l’appui des sénateurs. Les êtres humains ne sont en principe pas tué, mais asservi en esclavage. C’est dans ce climat, qu’oscillent les positions extrêmes d’Ari, qui souhaitent traiter les humains comme ses semblables, et donc faire preuve de plus d’humanité que l’homme n’en avait à l’égard des animaux, et celle de Thade, qui veut les tuer un par un, les voyant comme une race inférieure, une abomination de la nature. Tim Burton, en fin stratège, remet en question toute notre humanité, nourrissant son propos par une métaphore inversant le rapport de force. On se demande sur base de quelle légitimité l’homme s’est déclaré comme être supérieur, et à fait vivre l’enfer aux autres êtres vivants…

Tim et la science-fiction

Avec La Planète des singes, Tim Burton renouait avec la science-fiction, genre auquel il avait goûté avec Mars Attacks ! Mais si le succès fut au rendez-vous au box-office, les critiques ne furent pas tendre avec lui. Il faut dire que, sans être mauvais, c’est probablement son film le moins réussi. On est à des années lumières de son style habituel, son univers sombre et décalé est aux abonnées absents. Pour le coup, on sort des sentiers battus. On lui a reproché la violence dont faisaient preuve les singes (donc de privilégier l’action au fond de son récit), leur maquillage (pourtant très réaliste ! Les acteurs passaient entre 3 et 5 heures pour avoir leur visage simiesque chaque jour…), que Leo semble non concerné par ce qui lui arrive (trouvant ça presque normal), la fin avec son coup de théâtre, l’alchimie inopérante entre Ari et Leo, des incohérences scénaristiques (mais bon tout ne peut pas être hyper réaliste non plus). Mais surtout de ne pas égaler le film original, qui avait tant marqué les esprits…

Pourtant, à tout ses détraqueurs, il faut toutefois corriger leur erreur. D’une part, les décors sont assez burtonien, avec leurs formes bizarres et étranges. D’autre part, Léo n’est finalement pas le personnage burtonien du film. C’est Ari, la femme singe qui l’est. Considérée par ses pairs comme étrange par ses idées de paix et de droit de l’homme, elle est comme une étrangère à leur yeux. Une personne qui n’hésite pas à trahir les siens pour se considérer comme une humaine (elle sera d’ailleurs marquée). Elle est fascinée par leur culture et leurs objet, ainsi que par leur réactions. Sa société est similaire à celle que nous, spectateur connaissons…les singes ne sont pas meilleurs que les êtres humains. Ils copient ce qu’ils leur ont fait autrefois. Leur société repose sur des croyances, des mythes, comme celle des êtres humains, attendant l’arrivée future d’une sorte de messie…

Pour Léo, c’est plus compliqué. Il devrait être le héros du film, et bien qu’il passe le plus de temps à l’écran, on n’éprouve aucune sympathie pour lui. Il semble égoïste, ne se souciant que de lui, rappelant que chez lui les singes sont en cage. Il ne cherche pas à accepter ce rôle de sauveur que les autres humains attentent de lui, ni à ce mouler dans celui d’homme dangereux et différents que les singes lui casent. Pourtant, il étonne à plus d’une reprise : il se lance à la recherche de Périclès, son chimpanzé préféré, il sauve Ari, et finit même par vouloir…l’embrasser ! Avec Ari, ils ont tout deux cet esprit rebelle, mais pour des raisons antagoniste : elle veut le bien de tous, lui veut sauver sa peau.

Lorsque Léo prend conscience que tout ce qui est arrivé est de sa faute, il se met à douter, à éprouver des regrets, et à comprendre sa place dans cette histoire. Il accepte peu-à-peu son rôle de sauveur, de rédempteur, entreprenant de mettre fin à la tyrannie simiesque et aux agissements de Thade (qui est complètement fou et fait preuve d’une agressivité inouïe). À montrer le chemin, face à la bestialité dont chacun est capable. Du moins c’est ce qu’il croira…mais cela est une autre histoire.

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À noter que Charlton Heston, qui jouait le rôle principal, l’humain Taylor, dans la version de 1968, campe ici celui du père du général Thade, Zaïus (autre clin d’œil au film original). Un personnage qui a caché aux singes leur origines, et qui déteste les hommes autant que son fils. Il cite d’ailleurs la même phrase qu’il prononçait pour conclure le premier film, à savoir qu’il maudit les hommes. Linda Harrison, qui incarnait Nova, une esclave éprise de Taylor, revient dans le rôle d’une esclave. Lisa Marie, compagne de Burton à l’époque, campe une femme singe d’un sénateur…baptisée Nova ! Il y a différentes espèces de singes : gorille, orang-outan, babouin, mandrill et même chimpanzé.  La Planète des singes est un film inégal, mais intéressant . Malgré un twist final, assez improbable, qui aurait pu donné à une suite intéressante (faisant écho avec la fin du roman, imaginée par Pierre Boule), le projet ne vit jamais le jour… (notre note : 7/10).

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(Linda Harris et Charlton Heston, dans La Planète des singes, en 1968)

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(Linda Harris dans le film de Burton)

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(Charlton Heston dans le film de Burton)

 


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