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643.Nerve : Sommes nous accro aux réseaux sociaux et en quête de popularité ?

Sommes nous de véritables voyeurs lorsque l’on se connecte aux réseaux sociaux ? Certaines personnes ne vivent-elles que par l’image qu’elles donnent d’elles-même sur Internet ? Cette popularité que l’on acquiert est-elle réelle, où n’est-elle que le miroitement d’un buzz temporaire, qui nous précipitera vers une désillusion encore plus grande ? Tant de questions qu’aborde le film Nerve, sorti en 2016, et réalisé par Henry Joost et Ariel Schulman.

kinopoisk.ru

Voyeur ou joueur ?

Nerve est un jeu en ligne qui propose aux utilisateurs d’être soit des joueurs ou des voyeurs. Les joueurs doivent réaliser des défis en se filmant et en les postant sur la toile. Bien entendu, ces défis sont très dangereux et plus on progresse dans le jeu, plus leur difficulté croit, jusqu’à mettre la vie de ses participants en péril. Les voyeurs, quand a eu, paient pour suivre et regarder les joueurs dans le feu de l’action. Ils parient sur eux de l’argent et leur impose les défis.

C’est par l’intermédiaire d’une amie à elle que Venus, alias Vee (Emma Roberts), se retrouve à participer à Nerve. Elle souhaite effacer cette étiquette de jeune qui n’est pas dans le coup, qui ne tente rien et veut prouver qu’elle peut aussi prendre des risques. Son premier défi la pousse à embrasser Ian (Dave Franco), qui est en fait un autre joueur ! Le duo va tellement plaire aux voyeurs qu’ils vont tout faire pour leur faire faire des défis à deux, avançant ensemble vers des épreuves qui risqueraient bien de leur coûter la vie…d’autant qu’il leur est désormais impossible d’arrêter le jeu.

Chrysalide.

Vee est une jeune fille timide et plutôt sérieuse, qui ne fait pas de connerie. Pourtant, à cause de celle qui fut sa meilleure amie, et qui passe son temps à faire des défis sur Nerve, afin d’être connue sur le réseau, et « dans le coup », elle se retrouve à vouloir également essayer un défi, pour lui montrer de quoi elle est capable. Elle est loin de se douter qu’elle va plaire aux voyeurs de Nerve, qui vont miser beaucoup d’argent sur elle, afin de la voir dans d’autres défis, jusqu’à la pousser à avoir une romance avec Ian.

Et ce qui devait n’être qu’un jeu devient rattrape la réalité, poursuivant les héros dans la vraie vie. On les pousse au vol, aux sensations extrêmes (la scène où Ian conduit la moto dans Times Square, les yeux bandés avec Vee comme passagère pour le guider est à couper le souffle), à la violence, et même à dire des choses contre leur gré. Pourtant, Vee va beaucoup apprendre de ce jeu, à commencer par ne plus accorder d’importance à ce que pense les autres, et éviter de n’exister que par eux. Après tout, l’enfer, c’est les autres. La fin du film va d’ailleurs en ce sens, nous offrant une dernière scène assez inattendue.

Addiction.

Bien entendu, le film critique notre société et l’usage accru de ses réseaux sociaux : bien des personnes les utilise quotidiennement, publiant leurs états d’âmes, des photos d’eux, de ce qu’ils ont mangés, de où ils ont été, et avec qui. Ils se créent une « identité virtuelle », qui est plus avenante que l’identité réelle, en quête d’une gloire sur la toile, auprès de personnes qu’ils ne connaissent pas et qui ne prendront même pas la peine de se retourner si ils le croisent dans la rue. Pourtant, c’est très facile de se créer une « fausse image de soi », un reflet plus avantageux, que d’accepter ce que l’on est vraiment, tant physiquement que mentalement.

Inversement, il y a ceux qui vont participer à cet « éloge médiatique » : les voyeurs (sorte de followers). Ils sont nettement plus nombreux et passent leur temps en ligne à scruter les profils des autres (se projetant de manière artificielle en eux), à regarder leurs photos, à lire leurs statuts, tweets, états d’âmes,…et à les juger ! Certains vivent par procuration… Il y a beaucoup de jalousie, irrémédiablement…il faut dire que les gars s’affichent avec la jolie fille de l’école, et les filles avec les beaux garçons (pour prendre un exemple), ce qui ne manque pas de susciter la convoitise (la meilleure amie de Vee devient très jalouse de cette dernière, lorsque sa popularité sur le jeu dépasse la sienne, et se met à faire des défis encore plus dangereux pour la dépasser).

Nerve aborde surtout les dérives des réseaux sociaux et de la télé-réalité (et du culte de ses « stars ») : la vie privée est mise à mal, une réputation construite sur toute une vie peut être balayée en un instant, l’information circule très rapidement et tout le monde est au courant de tout…c’est un véritable fléau dans son utilisation…il peut même pousser des gens à faire des jeux idiots mettant leur vie en péril (comme ce fut le cas avec Blue Whale, proposant 50 défis à relever, et dont le dernier était de se donner la mort ou encore des jeux de non-oxygénation ou de strangulation). Rien de ce que l’on fait n’est jamais confidentiel…tout ce sait (même si l’Europe se révèle être plus protectrice en matière de protection des données à caractère personnel). Il n’y a plus vraiment de barrière. Et cela est inquiétant…

Le film va plus loin, pensant même que les utilisateurs sont prisonniers du jeu, car les créateurs de celui-ci pourraient voler notre identité et s’en prendre à notre famille. Un peu comme si ils étaient au-dessus des lois et que la justice n’avait aucun pouvoirs pour intervenir. C’est caricatural, mais cela fait réfléchir… nos lois sont parfois dépassées par rapport aux avancées technologiques, et le droit est confronté à des situations nouvelles ou à des comportements inédits (mais répréhensible). Avis au législateur…

(notre note pour le film : 8,5/10).

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Real Account, manga aborbant la même problématique.


642.SCRE4M : en 2011, soit 15 ans après le dernier opus, Wes Craven ressuscitait Ghostface, livrant son film-testament.

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Wes Craven (1939-2015) a été, tout au long de sa carrière, l’un des grand maître du film d’horreur, avec des longs-métrages comme Les griffes de la nuitLa colline a des yeux ou La dernière maison sur la gauche. Entre 1996 et 2001 il donnait un nouveau souffle à sa carrière avec la trilogie Scream dont le premier opus demeure incontestablement le meilleur et l’un de ses meilleurs films tout court. Le deuxième opus était une pale copie du premier, et le troisième s’engouffrait dans une intrigue sans queue ni tête, cousue de fil blanc. Il fallait donc laisser un peu de temps avant de remettre le couvert, le temps de trouver une bonne histoire.

C’est ce que fit Wes Craven, en réalisant d’autres films, avant de remettre le couvert en enrichissant la saga Scream d’un 4e épisode, en 2011, soit 10 ans après le dernier volet. Cette fois, le scénario tenait la route (surtout grâce au retour de Kevin Williamson, qui avait rédigé celui de Scream ). Retour du casting original, en ajoutant de nouveaux personnages, plus jeunes : Scream faisait son entrée dans le 21e siècle.

Craven parodie Scream et ses suites.

Le film s’ouvre sur de fausses bandes annonces, de Stab VI et VII (des films inspirés de Scream), où, à chaque fois, 2 filles dans leur maison (incarnées au passages par quelques actrices connues, venues se faire « tuer » pour la bonne cause) sont victimes d’un tueur masqué qui les harcèlent par téléphone avant de les poignarder violemment à l’aide de son arme de prédilection : le couteau de boucher . Ce petit jeu provoque une certaine tension sur le spectateur qui croit, à chaque fois, qu’il s’agit du véritable meurtre qui commencera l’histoire de Scream 4.

Pourtant, ces fausses bandes annonces sont imaginatives, pleines de clichés et montrant la bêtise des « héros » de films d’horreur, qui sont souvent des personnages idiots, qui se précipite sur le danger, et se font tuer avant d’avoir eu le temps de réagir ou de comprendre que l’assassin est face à eux.

La troisième attaque de Ghostface n’est toutefois pas une bande-annonce, mais fait bien partie de l’histoire…

Nouveau massacre.

Le film finit par démarrer : on y retrouve Sidney Prescott (toujours incarnée par Neve Campbell), survivante à 3 reprises de Ghostface, de retour dans la ville de Woodsboro, près de 10 ans après son départ,  dans une librairie, pour la promotion de son livre « Loin des ténèbres ». Le Shérif Riley (David Arquette), enquêtant sur les meurtres de la veille est parvenu à localiser le téléphone qui a servi pour terroriser les jeunes filles…et celui-ci est dans le coffre de la voiture de Sidney, avec pleins de photos couvertes de sang ! Ce qui fait de celle-ci la suspecte des meurtres, avant d’être innocentée…

Gale Weathers (Courteney Cox), marié à Riley depuis 10 ans, à mis sa carière de journaliste entre parenthèse. Elle souhaite pourtant reprendre du service, et reformer le duo d’enquêteur formé avec son mari lors des précédentes vagues de meurtres à Woodsboro, mais ce dernier ne veut pas de son aide, préférant celle de la shérif-adjoint Hicks.

Jill (Emma Roberts), la cousine de Sidney est victime, avec Olivia, une amie à elle, d’un appel de Ghosface ! Elles filent illico témoigner au poste de police, au se trouve Sidney. Elles souhaitent quitter la ville, mais Riley leur demande de rester, car n’importe qui peut être suspect…

Les meutres vont alors s’enchaîner, et au gré de ce terrible massacre, Sidney va découvrir une vérité aussi terrible que déconcertante.

Le jeu du chat et de la souris.

Comme à son habitude, Scream joue avec nos nerfs, confrontant Sidney, à plusieurs reprises à Ghostface, mais lui échappant sans cesse, jusqu’à la scène final, où elle doit affronter définitivement son bourreau. Comme victime, elle ne se laisse pas faire, loin des personnages qui fuient leur meurtrier en courant dans tout les sens, sans réfléchir, jusqu’à être coincée…Sidney se bat, utilise des armes, tombe mais se relève toujours.

Et comme toujours, le mobile de l’assassin a de quoi surprendre. Ici, il ne sera pas question de vengeance, mais de bien autre chose…

On retrouve aussi les mêmes personnages « typés » du premier film (bien qu’étant joué par une génération d’acteurs plus jeunes) : l’ado fan de film d’horreur, la jeune fille simple et gentille, la bombe atomique, le beau gosse un peu bête, l’intellectuel, et le brave gars (qui fait penser à Billy Loomis, le petit ami de Sidney dans le premier film).

Twist final.

Le spectateur joue un peu au détective, dans la saga Scream, amené à chaque moment du film a envisagé que chaque personnage peut constituer un suspect potentiel. La recette marche toujours autant, et on se rend compte, ici, que cela n’est pas aussi prévisible qu’il n’y paraît. On assiste réellement à un twist final (renversement de situation inattendue, façon Sixième sens) où le mal se cache là où on aurait jamais pensé regardé, tant les pistes étaient brouillées.

Remake déguisé (les règles sont d’ailleurs établies dans l’histoire), Scream 4 est donc un bon film d’horreur, et le chapitre final d’une saga, entrée dans la modernité. Bourré de références cinématographique, il se moque des suites de films et des reboot. Il renouvelle et rafraîchi (bien qu’étant plus sanglant avec des effusions d’hémoglobine) les slashers movies, en délivrant, au passage, une mise en garde sur l’usage des réseaux sociaux et de l’Internet…et tout cela reste crédible ! (notre note : 8/10)


640.Annihilation : Nathalie Portman en mode « commando » dans une sci-fi intellectuelle.

Porté par Nathalie Portman, actrice de la prélogie Star Wars, V for Vendetta et ThorAnnihilation est un film de science-fiction dont les premières images nous avaient emballés, tant le projet semblait avoir du potentiel, la promesse d’une histoire plus originale, renvoyant à la couleur tombée du ciel de Lovecraft…en plus, le long-métrage était l’adaptation d’un roman de Jeff VanderMeer. Malheureusement, en raison de projection test n’ayant pas convaincu, il ne sortira pas en salle en Europe…mais sera disponible sur la plateforme Netflix.

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Mystère.

Lena (Nathalie Portman), biologiste, croit que son mari, Kane (Oscar Isaac), militaire, est mort à la guerre. Ce dernier avait pour habitude de ne jamais lui dire où il devait accomplir sa tâche. Le temps passant, tout espoir de le voir rentrer s’est estomper. Jusqu’au jour où ce dernier rentre, totalement déboussolé, sans lui raconter ce qui lui est arrivé ni où il est allé. Ce dernier est le même physiquement parlant, est loin de celui qu’il était autrefois. Il tombe subitement malade et est à l’article de la mort…appelant l’ambulance, Lena voit des agents fédéraux débarqué, lui administrant un puissant somnifère et s’emparant du brancard sur lequel repose Kane.

À son réveil, elle est dans une pièce où se trouve le docteur Ventress (Jennifer Jason Leigh), une psychiatre qui est chargée d’enquêter sur un étrange phénomène ayant frappé les côtes américaines, sur un territoire désormais baptisé « Zone X », suite au crash de quelque chose venu d’ailleurs (qui pourrait dès lors bien être extra-terrestre), qui semble croître à une vitesse impressionnante,  sans que l’on ne voit se qui se passe à l’intérieur, tant ce que l’on y voit est semblable à un voile, dont mille et une couleur se dégage. On appelle, ce phénomène, le miroitement. De plus, de tout les scientifiques et militaires rentré dans la zone, aucun n’est ressorti, excepté un seul : Kane. Mais ce dernier ne se rappelle pas se qui s’est passé, et son état s’est rapidement dégradé.

Afin de savoir ce qui se passe dans la mystérieuse « Zone X », Lena va accompagner le docteur Ventress, et un groupe de scientifiques.

Désolation : un champ de ruine sous une beauté colorée.

Ancienne militaire, Lena est plus qu’une scientifique. Elle a suivi une formation et sait très bien manier une arme. Mais le groupe de femme qui l’accompagne vient dans un objectif scientifique, afin de comprendre ce qui se passe dans la « Zone X » et où sont passés tout les militaires qui en ont foulé le sol, lors des expéditions précédentes. Chacune est une écorchée vive par la vie (ancienne alcoolique, dépressive, mère ayant vu son enfant mourir,…) et n’a rien à perdre à entrer dans la zone.

À première vue, l’endroit est semblable à ce qu’il était avant, bien que l’écosystème ait subi un certains nombres de mutations. Même les animaux semblent être victime de cet étrange phénomène. Tout est étonnamment riche de couleurs.Mais sous le calme apparent des lieux se cache un danger encore plus grand, menaçant leur intégrité physique mais aussi mentale…tout semble les conduire vers le phare, où s’est écrasée l’entité extra-terrestre…

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Explication sur la fin (à ne lire qu’après avoir vu le film).

 

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Les jeunes femmes disparaissent toutes, les unes après les autres, laissant Lena seule. Le phare cache bien des secrets : Lena y découvre une caméra, dont l’objectif est disposé face à un squelette  assis en tailleur. En visionnant la vidéo, la jeune femme y voit son mari, Kane, qui s’est immolé par le feu, n’en pouvant plus, face à un être qui lui ressemble en tout point mais qui n’est pas lui. Ce qui signifie que l’homme qui est rentrée chez elle n’était pas son époux, mais un extra-terrestre ayant pris son apparence, un double.

Lena s’enfonce alors dans une sorte de puits dans le phare, creusé par la météore qui s’était abattu là, à l’origine. Elle y retrouve Ventress (ou un double de celle-ci ?) , complètement paranoïaque et délirante à propos d’une force qui les annihilera tous. La psychiatre fini d’ailleurs par changer de forme, devenant 1 forme sans structure, jusqu’à disparaître…comme détruite de l’intérieur (on la savait atteinte d’un cancer). Quand à Lena, elle voit un double d’elle-même se créer à partir d’une goutte de son propre sang. L’affrontant, elle parvient à s’enfuir et à sortir du miroitement qu’elle détruit…et part retrouver Kane, qui semble aller mieux…bien qu’il ne soit pas le vrai Kane.

Film post-apocalyptique, Annihilation est déconcertant et mystérieux. Réalisé par Alex Garland (qui reste dans la veine de la science-fiction intelligence, après le très réussi Ex machina), le film met en scène un groupe de femme qui se retrouve dans la zone x, un endroit à la végétation luxuriante, avec des arbres et des plantes ayant subi des transformations génétiques. Le miroitement réfracte la lumière et les ondes qui tente de le traverser (il est donc impossible de communiquer avec l’extérieur). Le temps semble ne pas avoir d’effet sur cet endroit, et les gens qui y passent ne se rappelle pas de tout ce qu’il leur est arrivé (au moment où elles entrent dans le miroitement, il s’écoule plusieurs jours, qu’elles ont l’impression de n’avoir pas vécu). En réalité cet endroit va les détruire toute, une à une, les poussant à la folie et à la mort. L’auto-destruction de soi, l’annihilation. Chacune des femmes sait qu’elles ont peu de chance d’en réchapper, mais toute y vont, comme si elles n’avaient rien à perdre, tant elles ont déjà subi : Lena, notamment, se sent coupable d’avoir tromper son mari et pense qu’elle est obligée d’aller dans la zone X afin de comprendre ce qui lui est arrivé, Josie qui a tenté de se suicider à plusieurs reprises, ou encore le docteur Ventress était chargé de choisir les personnes qui iraient dans le miroitement, et faire cela indéfiniment, envoyer des gens sans jamais les voir revenir, sans le moindre mot d’explication est un supplice sans fin.

Le miroitement accélère le processus d’auto-destruction de l’être humain pour en créer quelque chose de nouveau, quelque chose de différent (en témoigne les restes de cadavres que trouvent les jeunes femmes, complètement mutés). Si l’homme vieilli, c’est à cause d’une anomalie cellulaire, un dérèglement génétique. Comme si au fond de nous même, on s’auto-détruisait, lentement certes, mais volontairement. À la fin du film, quand Lena affronte son double, c’est un être qui lui demande de se tuer, de s’auto-détruire et de mettre fin à son humanité…pour être quelque chose guéri de ses douleurs intérieurs, de ses souvenirs qui ont fait d’elle la personne qu’elle a été. Cette entité extra-terrestre responsable du miroitement pose question : veut-elle prendre le contrôle de l’être humain en le remplaçant, où vise-t-elle la correction de cette anomalie, qui mène irrémédiablement à la mort ?

Par ailleurs, Lena est la seule membre de l’équipe à s’en sortir…aucune des femmes n’avaient de raison de vivre, à part elle. Voulant comprendre se qui est arrivé à son mari afin de le sauver et se faire pardonner ses infidélités, elle s’en tire, enterrant son passé fautif. Toutes les autres meurent, dans des circonstances reflétant leur « souffrance ». Radek, qui a essayé de se suicider, épouse une réplique du film qui explique qu’elle avait fait cela pour se sentir en vie, et devient une plante, un être vivant. Thorensen, ancienne droguée, devient folle et se met à délirer, ce qui la précipite dans sa chute. Thorensen disparaît sans crier gare, comme sa propre fille l’avait fait et Ventress est anéantie de l’intérieur, par son « cancer ».

Pourtant Lena tue son double, mais en réalité, c’est comme si elle se tuait elle-même ( une sorte de suicide). Cet être qu’elle détruit ne cherche pas à la tuer, il représente juste toute l’auto-destruction dont elle a fait preuve durant son existence. D’ailleurs, à la fin de l’histoire, face au double de Kane, elle ne sait quoi répondre lorsque celui-ci lui demande si elle est bien Lena. Leur yeux change tout deux de couleur dans la dernière séquence, illustrant l’impact que le miroitement à eu sur eux.

L’amour est également présent dans le film. Lena aime Kane, même si elle sait qu’elle ne pourra pas le sauver, car il est mort dans le phare. Pourtant, elle se rend compte qu’elle pourrait aimer son double, qui partage le même ADN que lui, semblable en bien des points mais lavés des impuretés qui étaient les sienne autrefois.

La raison pour laquelle le film n’est pas sorti en Europe tient à sa fin. Les producteurs ne voulaient pas de celle de Garland, pas assez vendeuse et proche de celle d’un film d’auteur…en offrant son film à Netflix, il a pu avoir son final cut. Un film ambitieux mais bien trop complexe au point d’en dérouter certains…

(notre note : 8/10).


639.Mathilda.

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Mathilda Verdebois a toujours été une petite fille extraordinaire : élevé au sein d’une famille qui ne s’est jamais occupé d’elle  et ne l’a jamais scolarisée dans la moindre école (entre un père arnaqueur concessionnaire de voiture -joué par Danny DeVito-, une mère passant son temps à soigner son allure -incarnée par Rhea Perlman- et un frère méchant avec sa soeur), l’enfant a appris à lire et à écrire toute seule, à l’âge de 4 ans ! Ses proches n’ont jamais pris conscience de sa valeur, et ne s’en sont jamais vraiment occupé…en fait, ils ne lui ont même jamais donné d’importance.

Pourtant le grand jour arrive, où Harry Verdebois, son père, l’inscrit à l’école. Heureuse, la petite fille va vite déchanter…à la tête de l’établissement règne en maître la plus abominable directrice de tout les temps : Mademoiselle Agatha Legourdin (Pam Ferris), une ancienne championne olympique, qui terrorise les enfants, n’hésite pas à les envoyer valser par la fenêtre (comme on lance un javelot…) où à les enfermer dans une pièce où les murs sont pleins de clous et baptisée l »étouffoir ».La petite fille décide alors d’échafauder un plan pour se débarrasser de la directrice…

On le sait moins, mais l’acteur Danny DeVito est également réalisateur : il a signé des films comme Un duplex pour troisHoffa ou encore La guerre des Rose. En adaptant un livre de Roald Dahl, l’auteur de Charlie et la chocolaterieLe bon gros géant ou James et la grosse pêche, il signe une histoire très créative qui nous replonge en enfance, où on les adultes sont toujours les méchants de l’intrigue, frein à l’imagination et l’esprit que l’on a lorsque l’on est petit. S’entourant de sa propre épouse pour incarner sa femme, DeVito compose un couple bien assorti : pleins de préjugés, idiots et profiteurs.

La petite Mathilda est jouée par Mara Wilson, enfant star en 1996 (on l’avait vue dans Madame Doubtfire, et surtout Miracle sur la 34e rue). C’est une fillette intelligente, héroïne « roaldienne » par excellence : vivant dans une famille épouvantable (comme James, ou Georges de La potion magique de Georges Bouillon), la petite est naturellement gentille (comme Charlie, saint héros de Charlie et la chocolaterie), confrontée à des adultes qui ne savent pas ce qu’est l’enfance et qui sont méchants (comme les tantes de James dans James et la grosse pêche). Elle trouve le moyen de s’en sortir et ainsi de changer sa vie, grâce à quelque chose de fantaisiste, presque magique, en l’occurrence ses pouvoirs de télékinésie.

La grande antagoniste est l’odieuse madame Legourdin : épouvantable, elle est le pire cauchemar des enfants, rappelant à chacun les « méchants professeurs » que l’on peut avoir dans son cursus scolaire. Elle ne recule devant rien : châtiments corporels, insultes verbales, dénigrement et humiliation. Mais elle est aussi ce qui apporte une dose considérable d’humour au film et rend ainsi le ton plus facile (il faut la voir sauter du premier étage et retomber sur ses pieds, pister les enfants où encore hurler de terreur devant un petit chat). Son opposée est sa nièce, Mademoiselle Candy (Embeth Davidtz), institutrice de Mathilda, et probablement la femme la plus gentille du monde, ayant toujours vécu dans l’ombre de sa tante…

Tout ceci contribue à faire de Mathilda, un très beau film, à voir ou à revoir, en famille (notre note : 8,5/10).

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638.Les animaux fantastiques 2 : les Crimes de Grindelwald (bande-annonce).

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Chef Moldus, réjouissez-vous ! La bande annonce du 2e volet de la saga des Animaux fantastiques vient d’être mise en ligne ! Et celle-ci est extrêmement prometteuse : on y croise toujours autant de créatures magiques, de sorciers et on y retrouve tout les personnages du 1e opus, y compris le mage noir Grindelwald. Des nouveautés ? Oui, puisque Albus Dumbledore est intégré dans l’histoire (sous les traits de Jude Law). L’intrigue semble, quand à elle, se dérouler à Paris.

C’est J.K. Rowling elle-même, qui à nouveau, a signé le scénario. La sortie est fixée pour le 14 novembre prochain…


637.Three Billboards : les panneaux de la vengeance.

3 Billboards Outside Ebbing, Missouri est un film qui a fait beaucoup parler de lui : multi-récompensé (surtout par les oscars de la meilleure actrice pour Frances McDormand et du meilleur acteur dans un second rôle pour Sam Rockwell), il a le mérite de ne pas laisser indifférent et aborde le thème du deuil et de la vengeance.

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3 panneaux qui sèment la discorde..

7 mois auparavant , le corps de la fille de Mildred Hayes (Frances McDormand) a été retrouvé : celle-ci avait été violée et tuée. Le coupable de cet atrocité court toujours et la police ne se donne plus vraiment la peine de le rechercher. Pour Mildred, c’est intolérable, elle veut savoir qui a fait cela : afin de les faire réagir, elle entreprend de louer 3 panneaux publicitaires, sur une petite route, et d’y placer sur chacun d’eux un message : le premier dira « Pourquoi, chef Willoughby ? », le second  » Toujours aucune arrestation » et le dernier « Violée pendant son agonie ». Ces 3 panneaux vont faire le tour de toute les chaînes, ridiculisant la police et provoquant des conséquences terribles sur les uns et les autres…c’est l’effet papillon.

Souffrance.

Mildred Hayes est une femme de caractère : elle est dure (presque virile, ayant perdu toute la douceur féminine), car elle a connu les coups d’un mari violent, duquel elle s’est libérée. La mort de sa fille l’a rendue aigrie et pleine de haine envers les gens. Son deuil est loin d’être fait. Très cash, elle ne mâche pas ses mots, prête à affronter la pire des crapules, et à le provoquer (faisant monter son animosité). En mettant les panneaux, elle espérait un peu plus de réactivité de la police, qui, pour elle, n’a pas fait correctement son travail. Elle a perdu l’envie d’aimer, et se montre plutôt distante, même envers ceux qui souhaitent l’aider (notamment envers James -joué par Peter Dinklage, bien connu pour le rôle de Tyrion dans Games of Thrones-, qui est amoureux d’elle et lui sauvera la mise à plusieurs reprises, ne réclamant d’elle qu’un simple dîner dans un restaurant)

Bien entendu, elle  se rend compte que les gens de la ville ne sont pas de son côté, mais du côté des représentants des forces de l’ordre. Certes, chacun est d’accord pour dire que la femme a vécu une tragédie, mais cela n’est pas une raison pour en vouloir à la terre entière. Des gens vont essayer de lui faire du mal,  ainsi qu’à ses proches pour qu’elle retire ses panneaux. Le curé de la paroisse passera même dans sa maison, afin de lui faire la morale. Mais Mildred tient bon…évidemment, avec sa petite boutique de souvenirs, la femme est loin de trouver l’argent nécessaire chaque mois pour la location de ses panneaux. Elle est même obligée de vendre certains de ses biens. Qu’importe, Mildred doit manifester, à l’extérieur d’elle-même, la douleur enfouie au coeur de son être…

Pour son fils, Robbie, les panneaux seront un rappel continu que sa sœur est morte, mais qu’elle est morte tuée, et surtout violée pendant son agonie. Triste, il devra pourtant apporter du soutient à sa mère et essayer de la ramener à l’ordre, dans son deuil impossible. Car il sait que cette dernière s’en veut terriblement de ce qui s’est passé, et s’en tient pour partie responsable.

Le Shérif Bill Willoughby (Woody Arrelson) est tenu responsable de tout cela par Mildred. L’homme a pourtant de la sympathie pour la dame, tentant de tempérer ses ardeurs, comprenant son horrible souffrance. Mais il a fait ce qu’il a pu pour retrouver le meutrier d’Angela Hayes…sans y arriver, puisque aucun indice n’a été retrouvé sur les lieux du crime, qui auraient pu les mettre sur la piste. Lui faire porter le chapeau via des panneaux que chacun peut voir en empruntant la route en voiture est injuste à ses yeux…il décide tout de même de rouvrir le dossier et de chercher, à nouveau, bien que le temps lui soit compter, à cause d’un cancer dont on sait d’avance que le combat est déjà perdu…

L’officier Jason Dixon (Sam Rockwell), flic idiot,  a toujours eu beaucoup de respect pour Willoughby qu’il considère presque comme un frère et qui lui a offert une chance en l’engageant. L’homme accepte mal les panneaux et fait pression à plusieurs reprises sur Mildred pour qu’elle les retire. Buveur invétéré, vivant toujours chez sa vieille mère, l’homme tabasse les afro-américains du quartier et constitue un piètre policier…Il s’en prend même à la société installant les panneaux, envoyant son dirigeant, Red Welby, à l’hôpital,…

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THREE BILLBOARDS OUTSIDE OF EBBING, MISSOURI

 

 

Rédemption (à ne lire qu’après avoir vu le film).

Le film voit ses personnages évoluer et changer de tempéraments : Le Shérif laisse couler beaucoup des coups de folie de Mildred, ne l’arrêtant pas, supportant ses effroyables remarques (car la femme a un phrasé très cassant). Il tente de profiter au mieux de ces derniers instants, vivant sur Terre, avec sa femme et ses 2 filles. L’homme décide, à la fin de sa plus belle journée, de mettre fin à ses jours…afin de ne pas connaître la souffrances des derniers mois de sa maladie, et de voir les siens en proie à une grande souffrance. Il écrit peu avant 3 lettres : la première pour sa famille, la seconde pour Mildred, et la dernière pour Jason…

La mort de Willoughby plonge Jason dans une grande tristesse…l’homme qui l’avait inspiré, son mentor, n’est plus. Il ne comprend pas ce geste, bien que la maladie du Shérif était connue dans toute la ville. Énervé, il passe à tabac le directeur de la société des panneaux publicitaire, pour que soit retirés les affiches de Mildred. Un nouveau Shérif est nommé, Abercrombie, et arrive à cet instant : il est afro-américain, et a vu ce que Jason a fait, envoyé le jeune Red par la fenêtre, le battant à mort…sa première requête est de rouvrir le dossier Angela Hayes, mais Jason s’obstine…il sera renvoyé.

Complètement déboussolé, Jason brûle les panneaux de Mildred, qu’il juge responsable de la mort de Willoughby et de tout ses malheurs… Après cela, folle de rage, Mildred, sans savoir qui a commis cela, incendie le bureau de police, mais comprend -enfin- qu’elle est allée trop loin, lorsque Jason sort de l’établissement, complètement défiguré…sa soif de vengeance l’a fait devenir une mauvaise personne, détestable pour tous, refusant l’aide que ses proches et amis voulaient lui donner.

Chacun lis la lettre de Willoughby et comprend qu’ils n’étaient plus vraiment eux même. C’est comme si ces mots, couchés sur le papier, leur donnait un nouveau souffle d’espoir, et une envie de devenir meilleur : Jason, prenant conscience de cela, se reprend en main essayant de se racheter et de réintégrer la police, Mildred jette l’éponge,…la vie semble reprendre son cours. Le dossier Angela Hayes pourrait être résolu, car un soir, totalement par hasard, Jason entend un homme à moitié saoul discuté avec un ami à lui, lui avouant le meurtre d’une jeune fille qu’il a violé, plusieurs mois auparavant…il se confronte au potentiel meurtrier d’Angela, lui arrachant de la peau au visage, mais se laissant tabassé…se faisant, l’ADN de cet homme est comparé à celui qui retrouvé sur le corps de la victime…mais cela n’est pas concluant. Qu’importe, il s’agit d’un meurtrier, et Jason est bien décidé à le tuer…il demande à Mildred de l’accompagner jusque chez lui, avec une arme à feu…les 2 compères aviseront de ce qu’ils feront une fois sur place…l’envie de tuer se calmera sans doute, et le bien les envahira sans doute…

Réalisé par Martin McDonagh (7 psychopathesBons baisers de Bruges), Three Billboards, est un chef d’oeuvre et un grand long-métrage du cinéma d’auteur  : Remplis de dialogues (évitant ainsi les longs plans contemplatifs), pleins d’émotions, le film déborde à la fois de tristesse, de peur, d’humour, et de rage. Tout au long de celui-ci, Mildred et Jason vont apprendre à tempérer leurs ardeurs et leur impulsivité, afin d’atteindre la paix, comme le Shérif Willoughby…la vengeance et l’acceptation sont au cœur de son intrigue. Chacun est capable du meilleur, il faut juste le faire…

Le film délivre aussi une critique du Sud des États-Unis peu élogieuse et stéréotypée, où le racisme et la différence sont encore pointée du doigt. Le machisme masculin est toujours en place, tant dans le mari de Mildred que sous les trait de l’officier Jason. La noiceur de l’Amérique et ces petits travers, dans le combat d’une femme et des forces de l’ordre (notre note : 9,8/10).

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636.Comme Dab-Vitaa.

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634.Wonder.

Wonder est une merveille ! Un film incroyablement beau, touchant et drôle à la fois. Stephen Chbosky, le réalisateur (et auteur) de Le monde de Charlie, revient, avec une nouvelle pépite. Il part pourtant d’une situation très simple, mais entraînant une avalanche de complexité.

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Le soleil

Son film raconte l’histoire d’August Pullman (Jacob Tremblay), 10 ans, qui va, pour la première fois de sa vie aller à l’école…il n’y avait jamais mis les pieds avant car ses parents,  Nate (Owen Wilson) et Isabel (Julia Roberts) craignaient que les autres élèves ne se moquent de lui. Sa mère lui a jusqu’à présent fait la classe. En effet, le petit garçon est atteint du syndrome de Treacher Collins, une maladie qui provoque des malformations faciales…il a depuis sa naissance, du subir près de 27 opérations chirurgicales pour pouvoir respirer, entendre et avoir un visage à peu près normal, bien que ce dernier soit quelque peu déformé.

Surnommé Auggie, le petit garçon ne sort jamais sans son casque d’astronaute, qui lui masque la face, évitant ainsi que les gens ne le dévisage. Il va devoir, ici, pour la première fois de son existence, sortir de sa zone de confort et affronter le regard des autres. Dévisagé, faisant l’objet de multiples moqueries, et seul, le petit garçon sera rejeté. Le temps d’adaptation sera long et éprouvant…pourtant, peu-à-peu, il trouve ses marques : il ne passe pas pour l’intello de service en restant discret, sauf au cours de sciences, où il laisse éclater tout son savoir. Il finit même par se faire un ami : un garçon de sa classe, surnommé Jack Will. Mais les choses ne sont pas aussi simple qu’il n’y parait…

Même si August se sent seul, ses parents veillent sur lui : ils se tracassent lorsqu’il ne se sent pas bien, ressentent sa souffrance, ses difficultés, jouent avec lui, le bordent, et le consolent. Son père passe beaucoup de temps avec son fils, lui transmettant sa passion pour Star Wars. Le petit garçon est un soleil, une boule d’énergie, autour de laquelle gravitent d’autres astres…il est au centre de l’attention des siens.

Les astres gravitant autour de lui

L’entourage d’August veille sur lui : sa mère a mis de côté sa carrière et n’a jamais pu terminer son mémoire, dernière étape pour avoir son diplôme. Elle n’a fait que s’occuper de son petit garçon, lui donnant un million de plus d’attention que sa fille ainée, Olivia. Son père, est un homme plus pragmatique, qui rassure son fils, lui donnant une certaine force de caractère pour faire face « aux autres », lui conseillant de recourir à la violence et se défendre, plutôt que de laisser dire sans réagir.

Sa soeur, Olivia -surnommée Via- adore August. C’est elle, qui à l’âge de 4 ans, à demandé à avoir un petit frère. La jeune fille lui consacre énormément d’attention, le console et l’aide également quand cela ne va pas. Mais elle regrette ce trop plein d’attention, car personne ne se soucie vraiment de son existence…passant toujours au second plan, de façon involontaire et inconsciente de la part de ses parents, un peu comme la lune, astre qu’on ne voit pas aussi bien que le soleil. Sa grand-mère était la seule personne qui s’intéressait à elle, lui offrant la place qu’elle méritait vraiment. Depuis sa mort, un vide s’est installée dans sa vie…Ajouter à cela que sa meilleure amie depuis l’enfance, Miranda (qui a offert le casque d’astronaute à Auggie !), semble prendre ses distances, ne lui adressant plus la parole, depuis son retour d’un camp de vacance. Délaissée, elle fait la rencontre de Justin, un garçon qui la pousse à faire du théâtre…sa motivation principale étant due au fait que Via tombe amoureuse de lui.

Jack Will va devenir ami avec Auggie un peu par hasard : il va bénéficier de l’aide de ce dernier, durant une interro de science, durant laquelle il est incapable de répondre. Les 2 garçons vont ensuite sympathisé, et deviendront les meilleurs amis possibles. Jack Will veillera aussi sur August, même si il le blessera,…sans le savoir…

Le principal de l’école se montrera compatissant à l’égard d’August. Lui aussi à fait l’objet de moqueries dans sa jeunesse, du à son nom de famille, et il est bien placé pour comprendre ce qu’il ressent. Ses professeurs seront aussi bienveillant à son égard, lui donnant plus de considérations qu’aux autres. August ne sera jamais comme tout le monde…

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Mécanismes de défense

Que faire lorsque les gens vous regarde avec deux grands yeux écarquillés, vous dévisageant et éprouvant à la fois de la pitié et une envie de moquerie à votre encontre ? Il faut être fort pour affronter cela…au début, Auggie n’y est absolument pas préparé, et cette fois-ci, son casque ne l’empêchera pas de disparaître. Il va lui falloir avoir de la répartie, et éviter de leur accorder de l’importance. Le garçon sait que les gens finiront par s’habituer à son visage….du moins il l’espère.

Si les cours en classe  lui paraîtront vite agréables, la cour de récréation ou la cantine seront plus difficile à faire passer…toute l’école rassemblée, jouant entre eux et le laissant bien seul, à l’écart, comme le vilain petit canard…Auggie s’imaginera de petits films dans sa tête pour faire passer le temps, où il sera accueilli, tel l’élève le plus populaire,  mais fera preuve de compréhension, s’imaginant la réaction des gens si Chewbacca, le wookie de Star Wars, débarquait dans son école…En réalité, en fan de la saga Star Wars, cela lui permettra de s’évader, de vivre les choses différemment, de façon plus détournées, comme une sorte de déni.

Lorsqu’il est effacé de la photo de classe, humilié par les messages stigmatisant du méchant Julian, August réagit en le dénonçant, lui faisant ainsi payé tout ce qu’il a subi sans broncher.

Amitié

Même si il est différent, August est un petit garçon, comme toute personne, méritant d’avoir des amis. Il ne sera donc pas longtemps seul…Jack Will viendra vers lui, et ils deviendront inséparables. Malheureusement, la bande de Julian, le plus grand hypocrite de l’école, ne digère pas cette trahison de celui qui restait autrefois avec eux. Le jour d’Halloween, fête préférée de August, car tout le monde est déguisé, et donc personne ne se juge car on ne se reconnait pas, il surprend Jack Will parlant de lui à Julian, et où il tient des propos vraiment très méchant à son encontre, reconnaissant qu’il traine avec lui juste parce que le principal le lui a demandé…dévasté, il rentre chez lui, et se jure de ne plus jamais lui adresser la parole. Le lendemain, à l’école, Jack Will ne comprend pas pourquoi Auggie refuse de lui parler et l’évite. Il ne sait pas qu’il l’a surpris en train de dire du mal à son sujet…en vérité, Jack a été « influencé » par les autres, mais dans le fond il adore August et souhaite réellement être son ami. Entre temps, ce dernier s’est fait une nouvelle copine : Summer, une fille qui souhaite être amie avec une bonne personne qui sera sincère…

Happy end

Avec un titre comme le sien, le film Wonder (qui signifie Merveille et qui est l’adaptation du roman éponyme) ne pouvait que bien se terminer. Offrant une vision un poil idéaliste peut être, mais néanmoins souhaité par chacun. Le long-métrage est touchant de bout-en-bout…jusqu’à la scène finale, où chacun reconnait Auggie et l’accepte enfin pleinement, sans le juger à cause de son visage. Un film qui rappelle le bien connu Mask, et que la moquerie peut être facile à faire subir lorsqu’une personne est différente. Les jugements ne sont que des à priori desquels il faut se défaire et donner à chacun une place, égale à celle des autres (notre note : 10/10).

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633.The Shape of Water.

Dernier film de Guillermo Del Toro (qui a notamment réalisé Le labyrinthe de Pan), The Shape of Water (la forme de l’eau) est une oeuvre pleine de poésie. Elle raconte l’histoire d’amour (presque impossible) entre une femme et un monstre marin…une sorte de La Belle et la belle, en plus moderne, et plus audacieux aussi.

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Un conte de fée.

Belle balade dans le fantastique, le film présente Elisa (Sally Hawkins), muette (suite à une effroyable tragédie), ne s’exprimant que par des signes, qui travaille comme femme de nettoyage, dans une structure gouvernementale, avec Zelda (Octavia Spencer), femme à la personnalité bien trempée. Un jour, une sorte d’aquarium est amené, dans le plus grand secret, et une équipe de scientifiques se met à effectuer des travaux sur son mystérieux occupant…il s’agit d’une créature, mi-homme, mi-amphibien, arraché de l’Amérique du Sud, sa terre natale, où il était vénéré comme un dieu par les indigènes locaux. Le colonel Richard Strickland (Michael Shannon) se charge de la sécurité des opérations, martyrisant la pauvre créature…Intriguée par ce qui se trame dans le laboratoire, Elsa, qui nettoie le sol, fini par voir l’étrange monstre marin, et est fasciné par lui…elle va l’amadouer, lui apprendre à s’exprimer dans la langue des signes,…prenant conscience qu’il est plus qu’un simple animal. Éprouvant peu-à-peu des sentiments pour lui, elle viendra lui rendre visite tout les jours.

En pleine guerre froide, les américains et les russes sont en conflits. Si ce sont les premiers qui détiennent la créature, les seconds voudraient la leur dérober…entre complots, mensonges et secrets, ils vont chacun en venir à la même conclusion : il faut tuer l’homme amphibien. Elisa, apprenant la nouvelle, décide de la délivrer, et de la cacher chez elle…à près tout, qui pourra la soupçonner ?

Parallèles.

Ce qui fascine, à priori, c’est la façon dont Elisa se retrouve attiré par l’homme amphibien (joué par Doug Jones, un habitué de ce genre de rôle). Elle n’a jamais rien vu de tel, et n’a pas peur de lui, ne le craint pas…en fait, la jeune femme se retrouve en lui, ne voyant pas ce qui les différencie : elle ne sait pas parler, et si elle essaye, c’est une sorte de cri d’animal venu du fond de sa gorge qui risque d’être entendu,…tout comme lui. Elisa voit les mauvais traitements que Strickland lui fait subir, et ressent la souffrance qu’il ressent…comprend qu’on ne peut pas infliger cela à un être vivant. Bien sur, elle sait aussi que les enjeux sont très grand : on pourrait la tuer si on la surprend en train de le libérer.

Mais malgré tout, l’amour germe…la musique aura une grande importance, Elisa réalisant dansant sur le son que passe le tourne-disque, devant l’homme amphibien, qui est un être intelligent, doté d’une conscience, et capable d’émotions. Lorsqu’elle l’amène dans sa maison, après l’avoir fait libérer, la jeune femme sait pertinemment très bien que cela n’est que temporaire…il ne peut pas rester très longtemps hors de l’eau, car son métabolisme n’est pas adapté pour cela…et elle ne peut pas respirer sous l’eau. Tout deux se laissent pourtant emporter par leurs sentiments respectifs, succombant même au plaisir de la chair, dans une scène très poétique, où Elisa empli la salle de bain d’eau, du sol au plafond, et où elle retient son souffle.

Le titre du film vient du fait que l’eau, en tant qu’élément, bien que prenant la forme de ce qui la contient, est très puissant, et capable de s’adapter. Ce qui est  également le cas de l’amour, s’adaptant, quelque soit la situation, pouvant avoir différentes formes, que l’on soit amoureux d’une femme, d’un homme, ou d’un…homme amphibien.

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Un monstre ?

Chez Del Toro, la fascination pour les créatures mythologiques, les monstres improbables, s’est faite ressentir dès son second film, Mimic, où des insectes géants génétiquement modifiés semaient la panique. Depuis, il n’a jamais cessé de faire des histoires avec un bestiaire foisonnant, tout droit sortie de son imagination sans limite (en témoigne les vampires de Blade 2).

Dans La forme de l’eau, il crée à nouveau un homme amphibien (comme dans Hellboy), assez proche du désign de celle de L’étrange créature du lac noir, un vieux film de 1954 dont le cinéaste semble être fan. Il y a d’ailleurs un hommage au cinéma des années 50 dans l’histoire, puisque l’on voit des extraits de vieilles comédies musicales, où de vieux péplums de l’époque. Guillermo Del Toro est un cinéaste ayant un grand amour pour le 7e art…la musique, pleine de jazz, offre de très jolis titres, comme une reprise de La Javanaise.

Sa créature est pourtant loin, malgré son aspect bestial, d’être un monstre : c’est au contraire un être plein d’humanité, capable d’attachement, et de sympathie. Il possède de multiples pouvoirs, ce pour quoi on comprend mieux que les aborigènes le vénérait comme un dieu…sauvage, l’homme amphibien est parfois brutal lorsqu’il se sent menacé (comme quand il mange le chat…). Capable de regret, il sait se rendre utile et aider ceux qui compte pour lui…

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Le mal

La figure du malin, de l’opposant vient de l’horrible Strickland, un individu guidé par le prestige et l’honneur de son grade. Il va, du début à la fin du film être un être sans scrupule, terrorisant le pauvre homme amphibien, le rabaissant, l’électrocutant, le passant à tabac. Plein d’idées préconçues, c’est un homme de la vieille école, qui est persuadé d’incarner la « virilité. Il a peu de considération pour les femmes qu’ils considèrent comme de simples objets (on peut le voir lorsqu’il fait des avances, tel une sorte de gros pervers, à Elisa).

Lorsque la créature lui file entre les doigts, il va tout faire pour la retrouver…passant au crible tout le personnel, recourant à la menace, à la pression, allant même jusqu’à torturer des scientifiques…sa réputation et sa place sont en jeu…si on les lui retire, il n’est plus rien, à part un être sans sens.

Au début de l’histoire, lors d’une confrontation avec l’homme amphibien, Strickland a deux doigts arrachés…Elisa les retrouve, en nettoyant le labo avec Zelda, et les lui ramène, pour qu’on les lui recousent. Mais ils ne tiendront jamais vraiment…plus dans le film il deviendra méchant, plus ses 2 doigts rafistolés deviendront noirs, pourrissant, finissant par mourir, gorgés par le pu…

La différence

Presque tout les personnages du film ont un point commun : ils sont différent des individus coulés dans le moule de la société. Ils sont à la marge de celle-ci, traité différemment. Si cela ne fait aucun doute pour l’homme amphibien, ou Elisa, car cette dernière est muette,  considéré par la plupart comme une simple d’esprit et vit donc une vie solitaire et reclue, c’est également le cas de Zelda, qui fait l’objet de racismes, étant afro-américaine, à une époque où les gens de couleurs ne pouvaient pas aller dans les mêmes cafés que les « blancs ». Le voisin d’Elisa, Giles (Richard Genkins),  vieil artiste sur le déclin, vit mal son homosexualité, rejeté par presque tout le monde, vu comme un « monstre » par certains, qui croient que c’est un comportement anormal…le contexte de l’histoire (on est en pleine guerre froide) était propice à voir toutes ses différences exacerbées, afin de montrer que la condition humaine est fondamentalement bafouée, à partir du moment où l’on considère qu’il faut être dans le moule de l’américain moyen, bon père de famille, travaillant, marié à une femme et père de deux enfants…valeurs qu’incarne le méchant du film, le Colonel Strickland.

Del Toro pose la question de la différence, et de son acceptation : Elisa tombe amoureuse de la créature. Impossible à avaler pour les gens qui ne voient qu’avec leurs yeux, sans regarder la où le plus profond se trouve, c’est-à-dire le coeur…un film magnifique qui a déjà raflé de nombreuses récompenses (notre note : 9,4/10).


631.The Big Lebowski.

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Un film atypique. 

Comédie des frères Coen, The Big Lebowski constitue un étonnant film noir ayant acquis, avec les années le statut de film culte. Il met en scène le personnage de Jeffrey Lebowski (Jeff Bridges), qui préfère se faire appeler « le Duc ». Faignant, poivrot et fumeur de joint, il passe ses journées  à ne rien faire, aimant aller jouer au bowling tout les soirs, où il retrouve ses amis Walter (John Goodman) et Donny (Steve Buscemi).  Suite à un quiproquo, du fait qu’il porte le même nom qu’un milliardaire dont la femme vient d’être enlevé, une rançon lui est demandée par de sinistres individus qui pénètrent chez lui, le tabassent et urinent sur son tapis ! Le Duc, qui est un pacifiste, ne comprend pas ce qui lui arrive, et part à la rencontre de l’autre Jeffrey Lebowski…ce dernier lui demande alors, moyennant compensation, de donner la valise comprenant l’argent pour les malfrats qu’il lui remet. Jeffrey servira ainsi d’intermédiaire, et pourra confirmer si les malfrats sont les même que ceux qui l’ont agresser chez lui. L’homme accepte, mais le jour venu, rien ne se passe comme prévu (notamment à cause de Walter, son ami, qui a la bonne idée de l’accompagner et de remettre une valise pleine de linges sales aux criminels)…et la valise contenant 1 millions de dollars est volée ! Ajouter à cela que la fille du milliardaire, Maude (Julianne Moore) croit que le kidnapping de Bunny, la jeune épouse de son père est une mise en scène, et demande au Duc de l’aider à récupérer les 1 million, qu’elle croit que son père à détourné, moyennant une belle compensation.

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Une galerie de personnages décapants

Le Duc est le héros du film : pacifiste convaincu, il a renoncé à la violence et prône avant tout la paix. Il a une philosophie de vie très zen, ne participant pas au système, ne soignant pas son allure (se baladant avec les même vêtements plusieurs jours de suite), ayant toujours l’air très décontracté. Ses intentions ne sont pas dictées par le profit. D’ailleurs, il vit d’une simple pension. Son appartement est miteux et sa voiture est cabossée. C’est un personnage gentil et simple. Il n’a rien demandé à ce qui va lui arriver…c’est un peu comme si les ennui tombait tout à coup sur lui…

Son meilleur ami s’appelle Walter. C’est un homme impulsif, vétéran de la guerre du Vietnam, qui a vu des horreurs, et qui est très à droite, adorant les armes à feu . Il a une « grande gueule », mais dans le fond, c’est quelqu’un de bon. Il apprécie beaucoup le Duc, et le bowling. Vis-à-vis de Donny, qui est un peu bête, son attitude est exécrable, même si c’est involontaire. Mais Walter se laisse vite envahir par ses émotions, et alors qu’il souhaite aider quelqu’un, partant d’une bonne intention, il provoque des catastrophes d’une grande ampleur (comme lorsqu’il détruit la voiture à coup de pied de biche, alors qu’elle n’appartient à la personne qu’il souhaite intimider). Mais il est très à cheval sur les principes, et sur le fait que l’on se doit de respecter les règles, sans tricher. On pourrait le prendre pour un fou, mais la réalité serait plutôt de dire, qu’il est le seul à vouloir faire les choses correctement, à avoir du respect pour les choses.

Maude est une nymphomane excentrique, artiste délirante aux œuvres très suggestives. Elle ne s’entend pas avec son père, et encore moins avec la nouvelle femme de ce dernier…

Le milliardaire Jeffrey Lebowski est décrit comme un être altruiste, qui a toujours aidé son prochain. Un homme apprécié de tous, et qui a connu l’enfer suite à la perte de l’usage de ses jambes. Pourtant, en réalité, c’est une personne abominable et abjecte, capable de se servir des gens dans son intérêt personnel…

Les ravisseurs de Bunny sont un groupe de malfrats surnommé les « nihilistes » par Walter. Ils sont dans la négation de toute valeur, de tout courant de pensée ou de toutes croyances. Ce sont des chanteurs d’un groupe dont l’un des titres durent 22 minutes…beaucoup trop long, mais justifié par le fait qu’ils n’ont pas de valeurs 

Il convient aussi de mentionner le personnage de Jesus Quintana (incarné par John Turturro), ennemi au bowling de Walter. Provocateur, prétentieux, et ancien taulard (condamner pour exhibitionnisme devant un enfant de 8 ans) sadomasochiste, c’est un antagoniste apportant au récit une certaine dose d’humour (il exécute quelques pas de danse, inspiré de Mohammed Ali). Ce personnage aura droit à son propre film, en 2018, réalisé par John Turturro lui-même : Going Places

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Inspiration.

The Big Lebowski est un film caractérisé par un second degré très marqué dans bon nombre de situation. Les personnages ne se prennent vraiment pas très au sérieux, ni les réalisateurs, qui ont pris un malin plaisir à faire voir les choses déraper, jusqu’à arriver une situation tout bonnement catastrophique. On est pas loin de la caricature, tant les personnages sont stéréotypés : Le Duc est inspiré par le producteur de cinéma  Jeff Dowd (qui fait d’ailleurs un caméo dans le long-métrage). Avec ce personnage, c’est un style de vie qui a été inventé (le « dudéisme »)…il adore le bowling, un « sport » qui permet de rencontrer des gens et de discuter avec eux.

Le film est une sorte d’hommage aux romans noirs (notamment ceux de Raymond Chandler), c’est-à-dire des récits dans lesquels le personnage principal se retrouve accusé de quelque chose qu’il n’a pas commis, ne comprend pas et est empêtré dans des situations épouvantables (se retrouvant accusé parfois de meurtres). On est entre l’ironie et la critique de société. Le récit, rythmé par une voix off, contribue au style du film noir. Les seconds rôles sont aussi très importants, donnant une certaine ampleur au récit. De nombreux interludes sont également présents, correspondant à des rêves que fait le Duc (on y voit notamment apparaître le dictateur Sadam Hussein), totalement surréaliste.

La bande originale du film est très riche, comprenant de nombreux titres, tels que The man in me de Bob Dylan, ou encore une reprise intéressante  (mais ça n’est pas la seule) de Hotel California, par les Gypsy Kings. Elle permet de resituer le récit, approximativement entre les années 60-70, lui donnant même un petit côté rétro. Les personnages sont accompagnés par la musique, comme si on leur avait donné un thème défini (un peu comme dans Star Wars).

Sous influence, The Big Lebowski est un grand film, posant la question du fait que chaque personne cherche presque toujours à profiter de l’autre (qui sera sans doute le parfait pigeon). À chacun de se faire son opinion sur l’attitude à avoir : faut-il être comme le Duc, sujet passif qui tend l’autre joue (et reste tout de même actif en faisant cela), ou comme Walter, qui préfère se battre ?  À voir ou à revoir (notre note : 8,5/10).

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