A crazy world


921.Locke & Key : série fantastique sous tous rapport.

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Suite à la mort de leur père, assassiné sous leurs yeux, Tyler, Kinsey et Bode Locke partent vivre avec leur mère dans la demeure familiale, Keyhouse, afin de faire leur deuil et redémarrer une vie nouvelle. Cependant, le benjamin, Bode, découvre de mystérieuses clés magiques dotées de pouvoirs extraordinaires, comme celui de rentrer dans sa propre tête, de devenir un fantôme où celui de mettre le feu à tout ce qui est. Ces objets semblent intrinsèquement liés à leur défunt père et à une partie de sa vie dont il n’a jamais parlé à personne. Cependant, Bode fait également la connaissance de Dodge, une femme qui semble prisonnière de Keyhouse, et qui va se révéler être un être vil et cruel dont le seul et unique but sera de s’approprier les clés…

À l’origine une série de comics de Joe Hill (le fils de Stephen King) et Gabriel Rodriguez, Locke & Key a tenté de percer sur le petit écran depuis 2010. Un épisode pilote, avec Miranda Otto a même vu le jour en 2011, mais ne sera jamais diffusé à la télévision. Finalement, sous l’impulsion de Netflix, l’adaptation a vu le jour : sans être aussi féroce que la BD éponyme dont il est issu, Locke & Key parvient à trouver le ton juste, c’est-à-dire celui d’une série télévisée combinant éléments fantastiques et horrifiques et des thèmes comme la perte d’un proche et la reconstruction d’une personne. Laysla De Oliviera, dans le rôle de Dodge, entité maléfique mais sorcière à la beauté divine, campe un personnage délicieusement diabolique. Les 3 enfants Locke sont également tout trois très bon dans leur rôle, entre l’ado turbulent, la fille traumatisée et l’enfant curieux, ils donnent le ton juste à la série.

Les dix épisodes de cette première salve passent rapidement à la houlette du binge-watching, chacun dévoilant une clé et son pouvoir par chapitre environ, donnant une furieuse envie de découvrir la suite, d’autant plus que le twist final crée la surprise (notre note : 9/10).


920.Mars Attacks !

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Avec Mars Attacks !, sorti en 1996, Tim Burton concoctait à la fois un film de science-fiction style année 50-60 et une satire sociale grinçante sur l’Amérique. Avec un scénario tenant sur un mouchoir de poche, il réalisait là un film empli d’humour et avec des moyens ridicules, là où la mode était aux effets-spéciaux dantesques.

Les martiens débarquent sur la Terre : un message annonce leur arrivée imminente sur les ondes radios. Ils viennent en paix Tout le monde est surprit de cette venue et la prépare avec un comité d’accueil composé du gratin national, de membres de l’armée et de plusieurs politiciens. Cependant, il n’en sera rien : les Martiens viennent en réalité prendre possession de la Terre et tuer ses habitants. Ils vont nous imiter en se moquant de nous (la femme plantureuse sous les traits de  l’étrange Lisa Marie), nous utiliser dans d’effroyables expériences, nous arnaquer avec des protocoles de paix et nous observer avec délectation : en somme, Mars attaque.

Convoquant une pléiade de stars à cet odieux jeu de massacre, parmi lesquelles on peut citer Jack Nicholson (en président des États-Unis dépassé), Glenn Close, Annette BeningPierce BrosnanNathalie Portman, Danny de VitoMichael J.Fox ou encore Tom Jones, Tim Burton se prend pour Ed Wood, le pire réalisateur de tous les temps, avec ce film kitch à outrance, tant dans l’apparence de ces martiens puisée dans un jeu de cartes à collectionner Topps mimant une invasion extra-terrestres que dans son utilisation de tasses pour donner vie à ses soucoupes volantes.

Toujours délirant, Burton utilise ses Martiens comme un instrument de destruction massive des fleurons de la culture américaine : la chambre du congrès est incendiée, le président tué par une poignée de main mortelle en signant ce qui s’avérera être un accord de pacotille, le drapeau américain brûlé, le Mont Rushmore voit ses têtes refaites, la gestion du pays est confiée à des gens qui n’y connaissent rien, les scientifiques ne sont pas de grands génies … La société est pourrie jusqu’à l’os, ces citoyens ne faisant que consommer et n’étant pas plus étonné que cela en découvrant les visiteurs d’ailleurs pour la première fois. Les jeunes semblent blasés et ne parlent plus vraiment avec leurs parents. L’humour noir, cher à Burton, est omniprésent.

Du côté des Martiens, le bilan n’est guère plus brillants : ils sont complètement idiots. La Country music, style musical pas au goût de tous aura raison de ceux-ci. Et le véritable héros de l’histoire ne sera pas issu des forces de l’ordre -incapables d’assurer la protection de la population-, mais bien du petit-fils d’une vieille dame qui viendra secourir sa grand-mère oubliée de tous. Comme toujours, chez Burton, le véritable héros a le profil discret (notre note : 9/10).


919.Bad Romance-Hildegard von Blingin’ (Cover Lady Gaga).

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918.Stand By Me.

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En adaptant la nouvelle Le corps, tiré du recueil Différentes saisons de Stephen King, le cinéaste américain Rob Reiner a offert au monde l’un des plus beaux films sur l’enfance et sur l’amitié. Il suit les aventures de quatre jeunes qui vont entreprendre un long voyage, dans l’Amérique de 1959, afin de retrouver le corps de Ray Brower, un garçon de leur âge qui a disparu.

La bande des quatre

Pour incarner la petite bande, Reiner convoque tout d’abord Will Wheaton, future star de Star Trek et qui jouera son propre rôle dans The Big Bang Theory, à qui il donne le rôle principal, c’est-à-dire celui de Gordie La Chance, un garçon timide, vivant dans l’ombre de son frère disparu (John Cusack, dans l’un de ses premiers rôles), et rêvant de devenir écrivain. Ensuite, Corey Feldman, star des Goonies, dans la peau de Teddy Duchamp, le provocateur de service, toujours en colère à cause d’une vie familiale difficile, et Jerry O’Connel dans celle de Vern Tessio, gamin rondouillard geignard. Enfin, River Phoenix, acteur parti trop tôt, pour incarner le personnage de Chris Chambers, ami fidèle et protecteur.

Le voyage auquel se livre les 4 larrons va les conduire de Castle Rock à South Harlow. Dans ce road-movie, ils vont vivre des expériences inoubliables, un peu à la manière d’un rite de passage qui les verra entrer à l’âge adulte, celui où l’on devient l’homme que l’on doit être, abandonnant son passé sur le bas-côté de la route. L’on pense à cette scène où alors qu’ils marchent le long des rails de Mc Cloud en Californie, sur un pont, et qu’un train de marchandise arrive alors, les obligeant à courir très vite ou à celle où, traversant le cours d’eau, ils se retrouvent le corps couvert de sangsues.

Gordie La Chance, c’est le héros du film : un garçon timide et profondément gentil, crédule et invisible. Aux yeux de ses parents, il n’a pas vraiment d’importance ; il a toujours vécu dans l’ombre de son grand frère, star du Baseball, sport qu’il n’a jamais pratiqué. La seule personne qui l’aimait vraiment était précisément ce grand frère protecteur, qui lui manque désormais profondément. Son père et sa mère ne pourront jamais lui dire « je t’aime ». D’ailleurs, à Castle Rock, il n’est que « le frère de Denny ».

Le rêve absolu de Gordie réside dans le fait d’embrasser une carrière d’écrivain : en effet, le gamin a un don pour raconter les histoires, en témoigne, cette scène où il raconte une fiction autour d’un concours de mangeurs de tartes à ces amis. D’ailleurs, une fois adulte, Gordie deviendra un grand auteur : c’est même le point de départ du film. L’adulte, sous les traits de Richard Dreyfuss, qui se remémore cet été 1959. Gordie, c’est à la fois Stephen King, empreint à une nostalgie passée, face à cette amitié perdue, mais c’est aussi un prolongement de Rob Reiner, qui a toujours vécu caché par son père, Carl, grand cinéaste et acteur, et a dû se faire une place afin d’être à la hauteur de cet héritage. En somme, nous vivons tous dans l’ombre de quelqu’un. Le chemin de notre expansion dépend de la force à vouloir se défaire de ce poids. Deux êtres n’ont pas à devoir être identique, ni à suivre des trajectoires similaires. En partant avec ses 4 amis à l’aventure, Gordie dit non.

Gordie prendra conscience également du fait que les mythes et la réalité sont souvent bien différent : on ne peut pas prendre tout pour argent comptant. La scène où il est poursuivi par un chien, qui d’après la légende, a été entraîné par son maître pour arracher des testicules, est particulièrement parlante : il ne s’agit finalement que d’un très petit chien inoffensif.

Chris, c’est le garçon le plus courageux de la bande : il est toujours prêt à aider les autres et tient tête à ceux qui veulent du mal aux autres. Il incarnera une figure paternelle pour les 3 autres enfants. Pourtant, ce jeune homme encourageant Gordie à poursuivre ses rêves ne croit pas vraiment en lui. À tort, car il finira par devenir avocat, à force de persévérance. Ce personnage incarne probablement le mieux la philosophie générale de Stand by Me : on doit compter les uns sur les autres, quelles que soit les situations. Tour-à-tour, Chris console, donne du courage, joue les fortes têtes ou remet à sa place qui de droit. D’ailleurs, il épousera à ce point le titre du film qu’il finira par mourir, en tentant de séparer deux hommes qui se bagarrait, une fois devenu adulte.

La musique : Stand By Me

Mais Stand By Me, c’est aussi, et surtout, une chanson de Ben E. King, datant de 1961, que l’on entend en fond sonore dans le long-métrage. Rob Reiner a donné ce même titre à son film, car elle illustre le mieux son long-métrage : une amitié indéfectible entre des enfants qui forment une sorte de « fratrie », où chacun peut compter l’un sur l’autre. D’ailleurs, en français, Stand by Me signifie « compte sur moi ».

Dans le long-métrage, d’autres grands tubes des années 50 et 60 peuvent être entendu, à la gloire de cette époque de gospel et de rock’n'roll : le répertoire est large, allant de Come and go with me de The Del Vikings à Lollipop des Chordettes, en passant par Everyday de Buddy Holly. Tout au long du voyage, chaque chanson incarne cette époque d’insouciance et de liberté, après la guerre, troublée par ce corps d’enfant disparu.

En trouvant le corps de Ray Brower, la bande des quatre comprend qu’il n’y a pas de gloire dans le fait de ramener un cadavre : le succès n’est qu’une chimère, et on ne peut pas déshonorer une personne comme cela. Il décide de faire ce qui convient le mieux : passer un coup de fil anonyme à la police indiquant où trouver le travail.

Et lorsque le film se termine, face à un Richard Dreyfuss mélancolique et seul, l’on se met à penser à notre propre enfance, à ses hauts et bas, et aux amis ou personnes qui ont compté pour nous, parfois même le temps d’un été (notre note : 10/10).


917.Toss a Coin to your Witcher.

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Toss a Coin to your Witcher (en français « Jette un sou au Sorceleur ») est l’un des titres phares de la série télévisée The Witcher, disponible sur Netflix. Chantée par Joey Batey qui incarne le personnage de Jaskier, le morceau illustre le mieux les aventures de Geralt de Riv, devant braver milles et un dangers, pour le bien de l’Humanité. Évoquant à la fois le voyage, le souffle épique des batailles et le Moyen Âge fantasy, la chanson est à la grandeur de son personnage.

Pour information, Joey Batey, musicien, chante avec le groupe folk Amazing Devil dans la vraie vie.


916.The Witcher : il était une fois un sorceleur.

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Il était une fois un sorceleur baptisé Geralt De Riv, sorte de mutant chasseur de monstres parcourant les terres afin de préserver la paix dans les royaumes. Avec son physique d’armoire à glace et son manque d’empathie, on le croit dénué d’émotion. À tort. Accompagné d’un barde un peu gênant, mais prêt à tout pour chanter à tous sa gloire, le sorcelleur va croiser la route de Yennefer de Vengerberg, une sorcière aux pouvoirs incommensurables, et surtout celle de la princesse Ciri, dont son destin est inexorablement lié au sien.

Série Netflix, The Witcher se déroule dans un univers de fantasy mélangeant habilement l’aspect médiéval et fantastique. Il y a de nombreux personnages que l’on croise au cours des 8 épisodes de la (trop) courte première saison, tout au long du parcours des 3 personnages principaux. La temporalité est confuse au début de la série, volonté du créateur d’offrir une narration décousue au récit : un même épisode aligne ainsi plusieurs événements se déroulant à des moments différents. Il n’est donc pas étonnant que le passé côtoie le présent, sans précision aucune.  L’histoire entière de chaque personnage est ainsi couverte. Le dernier épisode permet toutefois un retour à la normale, les destinées des 3 personnages se croisant enfin. Pour ceux qui n’auraient rien compris, Netflix a publié une ligne du temps avec les événements racontés par ordre chronologique.

Henry Cavill, dans la peau de Geralt, livre une prestation remarquable de cet « Aragorn moderne » qui ne semble pas connaître la peur, et se révèle très habile l’épée à la main. Le bestiaire qu’il est amené à affronter est foisonnant, allant de goules à des spectaculaires dragons dorés. La jeune Anya Chalotra, dans le rôle de Yennefer, incarne une Circée de talent, et son parcours -semé d’embûche- fait froid dans le dos. On retiendra aussi le personnage de Joey Batey, prêtant ses traits à Jaskier, le barde de service, apportant une touche comique au tableau d’ensemble.

La série est une adaptation de la série de livres de l’auteur Andrzej Sapkowski, et semble suivre la trame des romans, en ayant toutefois vocation à raconter des événements non racontés dans la saga originale. Les effets visuels sont de qualité, et les batailles semblent digne de grands films hollywoodiens. À voir sans modération (notre note : 9/10).


915.La Plateforme : intense réflexion sur notre société et sur nous-même.

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Avec la Plateforme (El Hoyo), film espagnol de Galder Gaztelu-Urrutia, Netflix offre un film à la fois dérangeant, choquant et pourtant plein de réalisme. Il raconte l’histoire de Goreng, un homme qui va aller de son plein gré dans une sorte de tour-prison, afin de réfléchir et d’arrêter de fumer. Cependant, il ne sait pas que cet endroit a plusieurs caractéristiques :

Tout d’abord, on ne choisit pas l’étage dans lequel on va se retrouver. C’est aléatoire, et cela change tout les mois. On a également un compagnon de cellule, assigné à titre définitif. Ensuite, la nourriture est distribuée une fois par jour, livrée sur une plateforme flottante qui commence sa route à l’étage 0, pour ensuite descendre, niveau par niveau, jusqu’à terminer sa route au dernier niveau. On peut manger tout ce qu’il y a dessus, mais uniquement le temps où la plateforme reste à son étage : lorsqu’elle redescend, il faut arrêter de manger et ne surtout rien emporter. Enfin, en fonction de l’étage où l’on se situe dans le Trou, la quantité de nourriture qui arrive n’est pas la même. Ceux qui sont plus bas n’ont que peu, voire pas du tout de nourriture.

Dans ce film, ce que dépeint le réalisateur, c’est la logique d’un système vertical implacable auquel personne ne peut échapper. On ne choisit pas où l’on naît, d’ailleurs aucun prisonnier n’a décidé de l’étage où il se trouve. Goreng, se retrouve ainsi au 48e étage, au cours de son premier mois. Bien sûr, difficile là de ne pas voir le système capitaliste où les plus riches sont tout en haut et disposent de tout en abondance, là où les pauvres sont tout en bas et ne récoltent que les miettes (quand il y en a). Être dans le système semble malgré tout un luxe, en témoigne l’entretient que Goreng est obligé de passer au début du film.

Chaque prisonnier est ainsi coincé dans sa cellule, et tout les jours, difficile pour lui d’ignorer sa position dans l’échelle de la société. Il rêve de gravir les échelons, mais ceux d’en haut n’ont pas du tout envie de l’aider, se méfiant de lui, tandis que lui-même méprise ceux d’en bas, voir pourrait leur faire du tort. Les comportements humains tendent à vouloir conserver ce qu’il leur revient, de part une sorte de « magie divine », lorsqu’il se retrouve menacé.

La place que l’on a, forcément aléatoire, car dépendant d’énormément de facteur (ici surtout le hasard), provoque des comportements divers chez les prisonniers : ainsi, le premier voisin de Goreng tente de le manger, morceaux par morceaux, afin de survivre. Et lorsqu’on a faim, on est prêt à tout pour survivre : Goreng devra également se livrer à des actes de cannibalismes.

Pourtant Goreng aspire à un partage équitable de la nourriture : le principe est que si tout le monde mange une portion normale de nourriture, il devrait y avoir assez de vivre pour tous. Cependant, cette quête est difficile à mettre en place. Fan de Don Quichotte, livre qu’il a emporté avec lui, l’homme épouse tant physiquement que moralement les traits du chevalier : il est idéaliste, et cette quête du bien absolu est vaine quand l’on sait à quel point le système ne peut pas être changer. Ces valeurs de socialisme ne pourrait pas prévaloir face à la diversité des modes de pensées existants.

Avec Imoughari, la deuxième voisine de cellule, il va entreprendre de partager les ressources en tentant de faire entendre aux voisins du-dessous qu’il faut manger uniquement la portion qu’ils lui ont préparés. Imoughari tente de faire preuve d’altruisme, mais se brûlera les ailes. Actrice du système, car c’est elle qui a envoyé tous les prisonniers dans le trou, la femme constate avec effroi que ces « valeurs » sont noyée dans un système qu’elle ne maîtrise pas alors qu’elle a contribué à sa création.

Avec Baharat, son troisième compagnon de cellule, Goreng va descendre sur la plateforme et tenter d’empêcher les niveaux supérieurs de s’approprier la nourriture, pour que les niveaux inférieurs puissent manger. Mais ce faisant, il fait pire que mieux, car il tue de nombreuses personnes et ne les aura pas aidés. Aucun système ne parvient ainsi à faire mieux que son prédécesseur. Finalement, ils décident d’empêcher que les prisonniers mangent une panna cotta afin de renvoyer au niveau 0 un plat qui n’aurait pas été touché : comme un message à ceux qui ignore l’horreur en-dessous d’eux.

Le Trou à travers lequel la plateforme défile est en réalité une gigantesque métaphore de la possibilité d’atteindre les objectifs de vie que l’on s’était fixé. Sauter dedans et mourir serait synonyme d’un échec : pourtant, parfois, c’est la seule option, tant tous nos repères sont ébranlés et où la souffrance nous consume.

Il y a également Miharu, une femme qui voyage sur la plateforme à la recherche de sa fille perdue. En vérité, elle la protège surtout, et lui apporte de la nourriture. Celle-ci est une immigrée, et subit bien des souffrances. Pas une seule fois elle ne prononcera un mot : les immigrés sont invisibles pour le commun des mortels, qui bien qu’au courant de leur présence, ne va pas voir le chemin qu’ils parcourent, d’une terre à l’autre. Cependant, sa fille sera le message que Goreng enverra à l’étage 0, comme pour montrer que l’être le plus pur est peut-être le seul capable de ne pas être corrompu, car il a été suffisamment protégé. Goreng lui-même ne montera pas, préférant mourir à cause des actes de cruautés auxquels il s’est livré tout au long de l’histoire, devant un produit du consumérisme. (notre note : 8/10).


914.Tenet, bande-annonce du prochain film de Christopher Nolan.

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Deux ans après Dunkerque, Christopher Nolan revient pour la troisième fois de sa carrière avec un film de science-fiction : dans Tenet, sous ses allures de futur blockbuster, il est question d’empêcher une troisième guerre mondiale, en changeant l’histoire. Et cela grâce à un mécanisme d’inversion du cours du temps.

Sans en dévoiler davantage, la bande-annonce présente les héros de ce nouveau long-métrage, campé par John David Washington et Robert Pattinson. Ils seront épaulés par le vétéran Michael Caine (qui signe ici sa 8e collaboration avec le cinéaste), et devront vraisemblablement affronter un vilain auquel Kenneth Branagh viendra prêter ses traits.


913. Bienvenue à Zombieland en 244 mots.

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Avec Bienvenue à Zombieland, sorti en 2009, Rubein Fleischer réalisait un film de zombies drôle et décalé. Succès surprise, le long-métrage devint rapidement culte, à tel point que le cinéaste remettra le couvert pour une suite, 10 ans plus tard, en 2019.

Dans un mode post-apocalyptique, les êtres humains ont été décimé par une épidémie causée par une mutation du virus de la vache folle. Si le jeune Columbus (Jesse Eisenberg) a survécu, c’est uniquement parce qu’il a respecté des règles strictes qu’il a lui-même rédigé, sans jamais les enfreindre. Alors qu’il erre depuis longtemps, il croise la route d’un baroudeur de l’extrême : le déjanté Tallahassee (Woody Harrelson) ,  machine à tuer dont le but ultime est de trouver des twinkies, une sucrerie dont il raffole. Décidant de faire équipe, ils vont tomber nez-à-nez sur deux filles aussi ingénieuses que manipulatrices : Wichita (Emma Stone) et sa petite sœur Little Rock (Abigail Breslin).

Bienvenue à Zombieland, c’est avant tout un road-trip ingénieux et bourré d’humour : on passe un moment finalement très rapide avec cette bande de joyeux dégénérés (Harrelson et Eisenberg en prime) qui vont voler, voyager et tuer des zombies.Sous ces faux airs de films d’horreur se cache une comédie écervelée avec des situations parfois très cocasses (le caméo jouissif de Bill Murray). Bien sur c’est caricatural, exagéré, parfois irrévérencieux, mais c’est tout de même très réussi. C’est également une jolie réflexion sur la famille, avec les sacrifices que l’on fait parfois pour les siens (notre note : 9/10).


912.La Momie, version Stephen Sommers.

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En offrant un remake à un classique des années 1930 avec Boris Karloff dans le rôle-titre, Stephen Sommers allait connaître le plus grand succès de sa carrière de cinéaste : sorti en 1999, La Momie demeure, à bien des égards, une réussite du cinéma d’aventure.

Dans l’ombre des Universal Monsters

Bien décidé à relancer le Universal Monsters, vaste franchise mettant en scène des monstres dans des long-métrages d’épouvantes (Dracula, Frankenstein, …), le producteur James Jack planche sur un reboot de la Momie dès 1992. Alors que le scénario est confié à Clives Barker, celui-ci écarté est car son histoire est vue comme trop sombre pour être mise en scène. Ce n’est qu’en 1997, alors que le projet est toujours au point mort, que Stephen Sommers contacte Jack et lui propose sa vision du film : un récit d’aventure à la Indiana Jones, avec des effets spéciaux d’envergure, revisitant de façon honorable le film de 1932. La relation entre Imhotep (Arnold Vosloo), prêtre déchu devenu momie, cherchant à tout prix à retrouver son Ankh-Soun-Amoun perdue, est ainsi conservée.

Ainsi, l’histoire suit les péripéties de Rick O’Connel (Brendan Fraser), un aventurier, qui sait précisément où se trouvent les ruines de la cité égyptienne d’Amunaptra, appelée la « Cité des morts ». Condamné à être pendu, il est sauvé in extremis par Evelyn (Rachel Weiz), une bibliothécaire, qui est en possession d’une clé et d’une carte que son frère Jonathan (John Hannah) a dérobée. Une expédition a alors lieu pour trouver la cité perdue et le trésor des pharaons. Cependant, ils ne sont pas seul dans la course, car d’autres chercheurs d’or sont en quête de la cité. Et ils sont loin de se douter que dans les profondeurs d’Amunaptra sommeille la momie d’un prêtre qui a été enterré vivant pour avoir eu une liaison avec une des filles de la cour du Pharaon, et que celui-ci va bientôt se réveiller …

Eldorado

La Momie, c’est avant tout un film d’aventure : tous les ingrédients sont en tout cas réunis. Il y a une quête (trouver une légendaire cité) menée par une équipe de personnages tous différent les uns des autres parmi lesquels figurent un héros courageux et sans peur et une jeune femme intelligente, une dimension propice au voyage (le récit se déroule au Caire, alternant entre la ville et le désert) et un méchant d’envergure qui n’aura de cesse que de vouloir pourchasser ceux qui lui ont dérobé ce qui lui appartient (ici une Momie plus vraie que nature). En témoigne, cette scène dantesque où le visage géant d’Imothep poursuit O’Connel et ses amis qui sont à bord d’un avion dans le désert.

L’intrigue se déroule dans les années 1920, et un soin important à été apportés aux détails pour recréer ses époques : ainsi des voitures aux costumes, le film joue avec cela, et offre un cadre opportun pour la romance entre Evelyn et Rick.  Mais le film comporte plusieurs scènes de flashbacks, racontant le passé d’Imothep.

C’est aussi un savoureux mélange entre comédie et scènes plus gores, que ce soit à travers la première apparition d’Evelyn, qui dès le début renverse toutes les étagères du musée dans lequel elle officie, tel des dominos, en déversant les livres sur le sol ; ou encore à travers la traque que livre Imhotep pour retrouver ceux qui lui ont volés les vases canopes, en leur aspirer leur organes, afin de se régénérer. Certaines scènes sont particulièrement efficaces, tant elles sont effroyables : on pense à celle où les scarabées tueurs avalent tout crus plusieurs personnages, où celle où Imhotep dépouille l’un des explorateurs de ses yeux. Le fait qu’Imhotep ait peur des chats offre également quelques moments assez drôles.

Dans les coulisses

Pour donner vie à la momie, Sommers a recouru à la technique de la capture de mouvement, en faisant appels aux studios ILM, connu pour leurs travail sur Star Wars et Jurassic Park. Ainsi, l’acteur Arnold Vosloo, pour avoir l’apparence d’Imhotep en tant que cadavre décomposé, du porter une combinaison avec des capteurs, pour que les animateurs puissent ensuite retravailler la structure de son corps et modeler totalement son apparence. Les autres acteurs ne savaient donc pas réellement quel serait l’allure de Imhotep… n’ayant pour repère qu’une photo où la créature figurait. Ils durent donc faire preuve de beaucoup d’imagination pour mimer l’horreur sur leur visage lorsqu’il lui faisait face. De même, Fraser, en combattant les momies sbires d’Imhotep, du faire une chorégraphie « dans le vide ».

Brendan Fraser, dans la peau de l’aventurier sérieux et brave, offre une prestation convaincante, lui permettant de sortir des comédies lourdaudes auxquelles il était agglutiné (George de la jungle en tête). La scène où son personnage est pendu durant plusieurs secondes, avant d’être sauvé in extremis, a failli mal tourner, car Fraser a manqué d’oxygène durant plusieurs secondes. Il reprendra par la suite son rôle dans les deux suites de la saga, en 2001 et 2008. Si un quatrième volet avait été un temps évoqué, celui-ci a été définitivement enterré. Et la momie sommeille depuis (notre note : 8/10).


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