A crazy world


911.Avengers: Endgame.

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Après l’éblouissant succès de Avengers : Infinity War en 2018, les Studios Disney remettaient le couvert avec une suite qui allait provoquer un raz-de-marée au Box-Office, détrônant successivement Star Wars, Titanic et Avatar.

Sans trop dévoiler les tenants et aboutissants de l’intrigue, le film reprend là où le précédent s’était arrêté. Les héros survivants ( Iron Man, Thor, Captain America, La Veuve Noire, Hulk et Œil de faucon) partent sur la planète où Thanos a fui et trouvent le Titan apaisé, bien que brûlé après avoir claqué des doigts. Il leur annonce une nouvelle de taille : il a détruit les pierres, afin que jamais plus personne ne puisse changer le cours de l’histoire. Dépité, Thor le décapite.

Cinq ans plus tard, la Terre tente de se remettre de la disparition de la moitié de ses habitants : tandis que les Avengers se sont fait une raison et se sont reconvertis, Scott Lang réapparaît du Royaume Quantique et découvre ce qui s’est tramé durant son absence. Il va alors leur proposer un Deus Ex Machina d’envergure, qui pourrait bien être la solution que feu le Docteur Strange avait aperçu avant de donner sa pierre à Thanos…

Pour son 22e film, le MCU a frappé très fort : un film d’une durée de près de 3h00 sensé faire la synthèse de tous les épisodes de la saga, mélangeant des scènes d’humour (la transformation physique de Thor), de combat (la bataille finale) et d’autres plus dramatiques (c’est le chant du cygne pour plusieurs super-héros). Avengers : Endgame offrent des surprises de taille, et le retour d’ancien que l’on espérait plus. Robert Downey Jr, dans la peau d’un Iron Man décontenancé y est toujours excellent. L’union de Thor et des Gardiens de la Galaxie se révèle également être une belle trouvaille, bien que tirée des comics.

Quant à savoir si ce film méritait d’être le film ayant rapporté le plus d’argent de tous les temps, prêt à tout pour dépasser Avatar, à tel point que, en bout de course, le long-métrage a bénéficié d’une ressortie avec des scènes supplémentaires, lui permettant définitivement de dépasser l’indétrônable, la réponse pourrait se résumer à cette maxime de Napoléon : Si la perfection n’était pas chimérique, elle n’aurait pas autant de succès (notre note : 8/10).


910. Tales from the Loop : de la science-fiction moderne et intello.

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Avec Tales from the Loop, Amazon Prime Video frappe très fort : une série de science-fiction aux moyens importants, mais dont l’aspect d’anticipation est surtout un prétexte pour parler de problématiques humaines et émotionnelles (tel que le temps qui passe, le rôle des parents, …) à l’issue souvent empreinte de fatalité. Une destinée implacable.

En à peine 8 épisodes, la série, adaptée d’un livre d’art de Simon Stalenhag, est à la fois étrange et poétique, et donne matière à réfléchir sur notre humanité. Le Loop est un centre de recherche dirigé par un savant de renom, Russ (Jonathan Pryce), où l’impossible devient possible. À partir de ce postulat de départ gravite un certain nombre de personnages, que l’on retrouvera dans chaque épisode de la série, chacun voyant son histoire développée au fur-et-à-mesure.

Le rythme mis en place est lent, les histoires prenant leur temps d’être racontée. Assurant la production, Matt Reeves a su compter sur de bons cinéastes pour mettre en boîte les histoires de sa série.

Guide des épisodes (et clés pour comprendre la série)

Le premier épisode concerne une petite fille prénommée Loretta. Sa mère, Alma, travaille pour le Loop et est omnibulée par ses recherches, n’ayant aucun temps à lui concentrer. D’ailleurs, elle ne tient pas à ce que Loretta l’appelle maman. Un jour, à la suite d’une expérience qui tourne mal, Alma meurt, et Loretta se retrouve dans un monde parallèle, un univers futur où elle croisera la version adulte d’elle-même. La rencontre sera étonnante pour la grande Loretta (Rebecca Hall), mère de famille de deux enfants, travaillant au Loop. Elle comprendra que toute sa vie elle a eu tort de se consacrer à essayer en vain de retrouver sa mère disparue en négligeant sa famille. On reproduit souvent les erreurs de ses parents, mais l’on peut également choisir de ne pas le faire… à condition de s’en rendre compte.

Le deuxième épisode se concentre sur Jacob, le fils de Loretta. Jeune homme discret amoureux de dessin, il n’aspire pas, comme le souhaiterai ses parents, à travailler au Loop, pour son grand-père. De plus, il est amoureux de la belle May, qu’il dessine secrètement sans jamais oser l’aborder. Son meilleur ami, Danny, est un jeune homme sûr de lui, sportif et qui a du succès avec les filles. Un jour, tous deux découvrent une machine étonnante : celle-ci permet de changer de corps. Ainsi, Danny devient Jacob et Jacob Danny. Il est possible de redevenir normal en rentrant à nouveau dans la machine. Durant une journée, chacun devient l’autre et découvre ses secrets les plus intimes. Danny parvient à conclure avec May. Le lendemain, Jacob souhaite reprendre son corps mais Danny n’y tient pas trop. En effet, il rêve de travailler au Loop mais ses résultats scolaires l’handicapent. Avec le corps de Jacob il a une chance. Désemparé, ce dernier remonte seul dans la machine…mais troque son corps avec un robot. Pire, la machine est détruite. S rendant compte de sa bêtise, Danny comprend qu’il a volé la vie de Jacob, mais trop tard.

Le troisième épisode est centré sur May, la petite amie de Jacob. Celle-ci va faire la connaissance de Ethan, un jeune homme dont elle va tomber amoureuse. Une idylle dont elle va profiter, durant toute la période où elle va arrêter le temps et toutes choses vivantes. Cette fille, dont la plus grande peur est de rester seule, va réaliser que parfois les choses ont de l’importance et comptent pour les personnes car elles ne durent pas. Le désir est souvent dû au fait qu’on est en manque de quelque chose.

Dans le quatrième épisode, Russ sait qu’il lui reste peu de temps à vivre : cependant, il va tenter de préparer son petit-fils, Cole, très attaché à lui, à ce départ imminent. L’enfant aura également un aperçu de son futur, et de ce qui lui reste à accomplir.

Abordant la thématique du pardon et de la perte d’un proche, le cinquième épisode suit le quotidien de la famille de Danny. Tristes, ceux-ci voient le fils dans un état végétatif dans le coma à l’hôpital. Persuadé également que leur fille est en danger, Ed, le père décide d’acheter un robot gigantesque qu’il pourra contrôler à distance. Mais cela se révèle dangereux et il comprendra rapidement qu’il ne peut pas tout gérer. Pour un homme à tout faire, charger de réparer toutes choses, il lui est impossible de raccommoder son fils : ce chemin de croix l’amènera à l’acceptation.

Dans le sixième épisode, le vigile du Loop, Gaddis, va se retrouver dans un monde parallèle où un double de lui-même est en couple avec l’homme de ses rêves. À tel point qu’il se met à l’envier et à tenter de séduire le mari de son ami. Cependant, l’image que l’on a de quelqu’un n’est pas forcément réelle : l’autre est à travers nous, mais pas forcément tel qu’on l’avait imaginé. Les fantasmes restent des fantasmes. Cela ne sert à rien de forcer le destin.

Avant dernier récit, le septième épisode raconte l’enfance de Georges, le père de Cole et Jacob, et également fils de Russ. Entraîné par des mauvaises fréquentations, il va se retrouver perdu sur une île déserte, et faire la connaissance de la première création de son père, un robot. Trop mécanique et pas assez humain, Russ l’a caché dans la forêt afin que personne ne lui fasse du mal. Tout ce qui est différent de nous est exclu et fait peur. Pourtant, il suffit de tendre la main à l’autre pour l’accepter.

Conclusion atypique, le dernier épisode (réalisé par Jodie Foster) questionne le temps qui passe, à la vitesse d’un battement d’aile d’un papillon : Cole part à la recherche de Jacob, après que Danny lui ait révélé ne pas être son véritable frère et ne pas vouloir jouer à faire semblant de faire comme ci. Il sera victime d’une boucle spatio-temporelle qui aura pour effet de le ramener à la fois à son point de départ, mais dans un futur plus lointain, où les choses ne seront plus jamais les mêmes. Seul restent les photos, sortent de clichés figés de souvenirs… (notre note : 10/10).


909.Il était une fois une chanson… Father and Son (Cat Stevens).

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Sortie en 1970, Father and Son (en français « Père et fils »),  est l’un des plus célèbres titres de Cat Stevens. Dans ce dialogue, il met en scène un père qui ne comprend pas pourquoi son fils veut prendre son envol et avoir une vie différente de celle qu’il lui avait imaginée. Au cours d’un jeu de répliques, à travers des couplet où les deux personnages se parlent, l’enfant explique à son paternel qu’il doit suivre sa propre voie et commettre ses propres erreurs par lui-même. Il n’y a pas de justification univoque, c’est un fait : on a le droit de tester les choses et de se planter et cela n’est pas une fatalité.

L’origine de la chanson se trouve autour d’un projet de spectacle musical dans lequel devait jouer Nigel Hawthorne, appelé Revolussia. Le titre « Father and Son » devait être utilisé pour illustrer le conflit entre un père et son fils, qui était contre que celui-ci s’engage pour la Révolution Russe. Cependant, en 1969, Cat Stevens contracta la tuberculose et faillit mourir : le projet fut abandonné. Remis sur pied, le chanteur décida néanmoins de sortir le titre, qui sera un grand succès. Et simplement avec sa guitare, la magie opéra…


908.Les quatre filles du Docteur March.

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Nouvelle adaptation de la série de romans de Louisa May Alscott, Les quatre filles du Docteur March sont remises au goût du jour par Greta Gerwig, qui délivre un film profondément féministe.

Rappelons tout d’abord brièvement l’intrigue : Nous sommes en 1868, en plein pendant la guerre de Sécession. Le docteur March a été réquisitionné afin de soigner les blessés, laissant sa femme (Laura Dern) seule, avec ses quatre jeunes filles. Chacune d’elles a des aspirations différentes, et leur relations sont parfois conflictuelles, même si elle s’aiment : Tout d’abord il y a Meg (Emma Watson), l’aînée, qui rêve avant tout d’être aimée par un homme ; Puis, il y a Jo (Saoirse Ronan), esprit rebelle et fougueux qui se verrait bien écrivain ; Suivi de Amy (Florence Pughs), rivale directe de Jo, qui rêve d’être peintre ; Enfin Beth, la douceur incarnée, pianiste de talent. L’apparente tranquillité de ces jeunes filles occupées à jouer avec Meg aux pirates va être perturbée par leur voisin, le jeune Laurie (Timothée Chalamet).

Dans cette chronique d’une famille devant se souder les coudes, Gerwig signe un film résolument moderne -bien que situé au XIXe siècle- de par le rôle et l’importance de la femme dans son histoire : le personnage de Jo illustre le mieux cette dimension, car elle ne veut être « la boniche » de personne. Elle souhaite avant tout décider pour elle-même, sans devoir se voir imposer un mari. Quitte à faire souffrir Laurie, qui n’a d’yeux que pour elle. Jo veut également devenir écrivain, un métier « masculin », et offrir un roman dont la fin ne sera pas de marier l’héroïne. Le personnage qu’incarne Meryl Streep, celui de la vieille Tante March, s’inscrit aussi dans cette ligne directe de la femme libre : seule et riche, elle vit dans un manoir, et tient avant tout à sa liberté. Pourtant, elle ne cautionne pas les choix des filles, car elle pense qu’une vie d’artiste n’est pas un bon choix de vie. Il faut vivre correctement et avec de grands moyens. Un mode de vie que n’embrassera pas Meg, en allant vivre avec un modeste enseignant : même si elle sera heureuse, il lui arrivera de faire de la peine à son mari, à cause du regard des autres, parfois insoutenable à cause de la réussite sociale.

L’innocence de l’enfance traverse également le long-métrage, car lors du début du récit, les personnages sont sur le point de devenir des adolescentes : Laurie est ainsi convié à de grands moments de jeux où Jo se montre la plus inspirée, embarquant tout le monde dans de folles aventures. La dure réalité de la vie, signe que l’on est entré dans l’âge adulte et que les choses changent sera difficile à accepter pour Jo, qui aurait aimé rester vivre avec sa famille pour toujours, sans réellement avancer. Ainsi, lorsque Meg lui annonce vouloir se marier, cela la chagrine, car c’est la fin d’une époque.

Pourtant, ce qui restera fondamentale pour chacune d’elles -la mère y comprise-, sera d’être fidèle à soi-même : malgré le temps qui passe, les amours perdus, les rêves inassouvis, il conviendra d’être celle que l’on doit être.  L’influence des autres est parfois forte, mais il faut tracer sa route, de la manière la plus personnelle qui soit. La chemin de Jo sera équivoque, car celle-ci mettra du temps à savoir ce qu’elle veut : car parfois, ce n’est pas forcément l’évidence ou la facilité.

Malgré un découpage étonnant, où le présent et le passé s’entremêlent pour mieux raconter l’histoire de Jo, le film de Gerwig est réussi : servi par un casting très imposant, le long-métrage est surtout porté par Saoirse Ronan et Timothée Chalamet, qui livrent chacun une prestation inoubliable (notre note : 9/10).


907.Impitoyable : il y a 28 ans, Eastwood le cow-boy tirait sa révérence.

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Ancien hors-la-loi et chasseur de primes, William Munny (Clint Eastwood) est aujourd’hui un homme rangé, oeuvrant dans sa ferme et prenant soin de ses deux enfants. Depuis la mort de sa femme, à qui il a juré fidélité, l’homme peine à joindre les deux bouts. À des lieues de là, une prostituée, Alice, est battue et défigurée par un bandit notoire trop ivre : le shérif Little Bill Dagett (Gene Hackman) ne fait rien pour le lui faire payer. Les filles de joies décident d’engager un tueur pour lui faire la peau. Un jeune garçon, le Kid de Schofield, a entendu parler des exploits de Munny et part à sa rencontre pour lui proposer de descendre l’homme en question. Après de légères réticence, William accepte, mais demande à son vieil ami Ned Logan (Morgan Freeman) de les accompagner et de partager le butin ensemble. Un autre chasseur, English Bob (Richard Harris), débarque également pour toucher la récompense. Cependant Dagett veille et est prêt à tout pour empêcher que la vengeance des prostituées de la maison close ne soit rendue possible…

Western crépusculaire

Lauréat de 4 Oscars (dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur), Impitoyable, demeure l’un des jalons de la carrière de Clint Eastwood. Il incarne ici un cow-boy vieillissant près à remonter en selle une toute dernière fois pour une mission honorable : éliminer une crapule. Mais il fait avant tout par besoin d’argent, même s’il n’est pas insensible à la cause des prostituées (la scène d’ouverture est particulièrement marquante). Dans cette chevauchée en plein Ouest, Eastwood signe un western crépusculaire, c’est-à-dire un film de cow-boys où les méchants n’en sont pas vraiment et les gentils non plus. Tous se révèlent fortement nuancé. Ainsi, le shérif Dagett, incarnant l’ordre et la loi est un être hautain et méprisant, malgré le fait qu’il tente de protéger sa ville ; William, sous ses airs de vieux fermier aimant a été l’un des plus grands tueurs de son époque, éliminant également des gens innocents ; English Bob, tel un monseigneur, est un être lâche et fourbe .

Western naturaliste

Son western est aussi, à bien des égards, naturaliste : plutôt que de glorifier l’âge d’or du western, Eastwood en dépeint toutes les horreurs. On assiste à la corruption, à la barbarie, et à la loi du plus fort : les héros se révèlent être des lâches, tuant leur proie jusque sur le siège des toilettes, et seul ceux qui ne tremblent pas en dégainant leur pistolet ont une chance de s’en tirer.

La scène où Gene Hackman, face à un Richard Harris emprisonné dans une cellule, est à ce titre un bel exemple du fait que les héros ne sont pas toujours ceux que l’on croient être et celle de l’affrontement final, où sous l’effet de la peur, les sbires de Hackman loupent leur cible en constitue un autre.

Eastwood, même s’il n’a plus la stature imposante des jeunes premiers -il a volontairement attendu d’avoir l’âge approprié, à savoir 62 ans, avant de tourner le film-, conserve malgré tout son style : tout en retenue, son personnage ne s’en révèle pas moins menaçant, notamment lors de la scène de l’affrontement final. Il redevient le monstre qu’il était : Impitoyable. Alors qu’il a tenté toute sa vie de faire pardonner, il n’y arrive finalement plus : le titre original du film est à ce titre très révélateur : « Unforgiven » signifie non-pardonné. À la fin du récit, le héros s’en va, sous un soleil couchant et s’évapore au sens propre du terme. Même si l’on essaie de gommer le naturel, il revient toujours au galop.

Thématiques

Son film parle à tous : il est question tant de la dignité des personnes (à travers le personnage de la prostituée défigurée), de justice (qu’est-ce qui est juste finalement ?) que d’humanité (le personnage de Freeman refuse en fin de compte de tuer) ou du mal (présent en chacun de nous et pouvant nous submerger totalement).

La caméra de Clint n’a jamais filmé aussi bien les vastes étendues de plaines au crépuscule :  les longs moment où passent les silhouettes lointaines de ses pistolero à cheval sous un soleil aveuglant sont de toute beauté, tant les couleurs sont chaudes. La musique, présente surtout à ses moments, est douce et apaisante, malgré le fait que nos hidalgos courent vers la mort.

Tour-à-tour on rit, on pleure et on réfléchit : Impitoyable est un grand film et il se veut profondément féministe. William fera preuve de compassion envers Alice, la prostituée, là où la plupart des hommes la voient comme une marchandise. À noter que Eastwood dédie son long-métrage à deux de ses « mentors », pour qui il a tourné : Sergio Leone, dans la trilogie du dollar, et Don Siegel, pour son Inspecteur Harry (notre note : 10/10).


906.The Mist.

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Avec The Mist (la Brume), sorti en 2007, Frank Darabont adaptait à nouveau une histoire de Stephen King. Lui qui avait donné vie à La ligne verte et à Les Évadés choisissait de mettre en scène une nouvelle placée sous le signe de l’horreur. 

La Brume et son bestiaire

David Drayton et son fils sont au supermarché du coin lorsqu’une mystérieuse brume se met à recouvrir tout dehors, empêchant toute visibilité. Un homme, Dan, entre alors dans le magasin, horrifié, en clamant qu’un danger se cache dans le brouillard. Un hurlement se fait entendre à l’extérieur, et les gérants décident de fermer les portes du magasin.

Dans The Mist, les clients d’un grand magasin se retrouvent piégés à l’intérieur de celui-ci à cause d’un phénomène aussi soudain qu’inexplicable : l’apparition d’un brouillard. Et derrière ce voile mystérieux se cache un danger aux proportions dantesques. Même si de nombreux clients ont du mal à comprendre pourquoi ils ne peuvent pas sortir au début, ils comprennent rapidement qu’ils ont à faire à quelque chose d’effroyable : lorsque l’un des magasiniers se retrouve happé par une créature tentaculaire, la panique s’installe définitivement.

Ses monstres, tantôt d’inspiration lovecraftienne (l’un d’eux évoquant Cthulhu), tantôt plus naturelle (les guêpes et autres araignées géantes) semblent tout droit sortie d’une autre dimension, et n’ont pas d’autre vocation que de tuer tout ce qui vit. Ces bestioles ne sont pas uniquement les seuls dangers car la folie humaine peut parfois l’emporter. David ira même jusqu’à vouloir quitter le magasin, tant les autres peuvent se révéler imprévisible.

La Brume évoque l’inconnu et l’absence de repères tangible : s’y aventurer peut se révéler dangereux, voir mortel. Dans son coeur l’inimaginable rode. Son origine n’a pas réellement d’importance : tout au plus Darabont esquisse un début d’explication en optant pour le choix d’une expérience scientifique ratée qui a ouvert un portail vers une autre dimension. La Brume est oppressante : à un point tel qu’il n’est pas utile d’avoir une musique omniprésente. La bande-son est ainsi minimaliste et le film joue énormément avec les silences.

S’organiser

À la manière d’un survival movie, le film dépeint avant tout les rapports entre les individus qui vont devoir s’organiser ensemble alors qu’ils sont complètement désorientés. Il n’y a aucun repère possible si l’on s’aventure dehors et rester confiné n’est pas non plus la solution. 

Si David tente de s’imposer comme un leader, un héros positif, il doit faire face à plusieurs opposant qui ne partagent pas son avis : d’abord son voisin, qui ne le croit pas, puis le gérant du magasin, sceptique après la mort de Norm le magasinier, ensuite Jim, un client qui pense qu’il n’est qu’un froussard, et enfin Madame Carmody (Marcia Gay Harden), la plus grande menace. Ces personnes vont avoir pour effet d’effrayer les autres, et les pousser à adopter un comportement de plus en plus irrationnel.

Dans ce microcosme où chacun est forcé de cohabiter, les tensions raciales, religieuses ou politique seront mise à mal et voleront en éclat : toute crise peut faire voler le semblant d’équilibre qu’on appelle civilisation.

Chrétiens

Une sorte de petite secte verra même le jour : les adeptes de Madame Carmody. Des personnes esseulées et qui ont peur de mourir, voyant en elle une quasi-prophétesse à la suite de ces lectures de l’Apocalypse. En citant les phrases du livre après chaque attaque, elle va annoncer ce qui les attend. En réalité, la dame est une détraquée, et elle va se servir de la confiance aveugle que les gens auront en elle pour « livrer » des gens à la bête (en témoigne la scène glaçante où l’un des militaires est jeté dehors).

Ce fanatisme exacerbé va semer la discorde et créer un schisme dans le magasin, entre les partisans -bien plus nombreux- et les opposants de Carmody. Se nourrissant de la peur d’autrui, elle va donner corps à sa folie et pousser les gens à chercher un bouc émissaire. La paix à un prix : et c’est la vie !

Hommage et fin différente

Grand admirateur de King, Darabont accorde un soin très particulier à rendre hommage au maître de l’horreur : ainsi, au début du long-métrage, le héros peint un Pistolero sur une toile, clin d’oeil direct à La Tour Sombre.

Le cinéaste, tout en restant fidèle à l’oeuvre originale, se permet une énorme liberté en changeant la fin : la version qu’il livre ici est beaucoup plus sombre et dramatique. C’est une conclusion glaçante et brutale (notre note : 8/10).


905.Le cas Richard Jewell.

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Lors des jeux olympiques de 1996 à Atlanta, Richard Jewell, l’un des membres de l’équipe chargée de la sécurité, a remarqué la présence d’un sac à dos près d’un banc. Un coup de téléphone anonyme est reçu par les autorités fédérales, annonçant qu’une bombe explosera. Cependant aucune suite n’est donnée.  Richard, pensant que le sac est suspect, demande à ce qu’il soit ouvert. Et là, c’est l’effroi. Une bombe  est placée à l’intérieur, avec une triple charge. Richard mis tout en oeuvre pour protéger les civils présents à ce moment-là et évacuer au mieux le parc du Centenaire. Grâce à lui, des milliers de personnes ont pu être sauvées, même si d’autres sont malheureusement décédé. Alors qu’il devient un héros local, le FBI se met à chercher le coupable : et comble d’effroi, il devient le suspect numéro 1.

Dans Le cas Richard Jewell, le vétéran Clint Eastwood confirme cette vague de patriotisme américain entamée depuis American Sniper et poursuivie avec Sully et Le 15h17 pour Paris. Ici, il raconte l’histoire vraie d’un homme qui rêvait d’être policier, fier du système américain et qui fut lynché, tant par la presse, que par ceux qu’il admirait. Cet homme rondouillard et sympathique respectait la loi, et fut suspecté pour un motif très hasardeux par le FBI. Dans le film de Eastwood, on assiste à la chute de celui qui fut durant quelque jours un héros national, avant d’être traîné dans la boue suite à une fuite d’information par une journaliste véreuse (Olivia Wilde), qui s’était adonnée à quelques échanges avec l’agent du FBI responsable de l’enquête (John Hamm).

La presse, autrement dit le 4e Pouvoir aux USA, qui peut se targuer d’avoir fait tomber un Président (Nixon), est capable de faire une montagne avec un caillou. Harcelant Richard jour et nuit, campant devant sa maison, lui posant des questions effroyables à chacune de ses sorties, avant qu’il leur livre « la vérité ». Clint filme cela sans pudeur, montrant à quel point il est facile de détruire une personne. Kathy Bates, en mère courage de Richard, montre à quel point il est dur de voir son enfant être traité de la sorte.

Le FBI n’est pas sans reste dans le film : ses méthodes sont inqualifiables dans cette affaire et en violation de tous les droits fondamentaux : la scène où ils demande à Richard de signer un papier où il renonce à exercer ses droits ou celle où il lui demande de répéter la phrase que le tueur a prononcé lors de son appel anonyme et l’enregistre ensuite en sont de bons exemples.

Cependant, Richard, le bouc-émissaire idéal, celui à qui faire porter le chapeau lorsque l’on a pas la moindre piste, ne sera pas aussi stupide que les gens sembleront le penser : il comprendra vite que les forces fédérales ne sont pas de son côté, et fera appel à un avocat et ami, Watson Bryant (Sam Rockwell).

Il en résulte à nouveau, de la part de Clint Eastwood, un récit hautement humaniste sur un personnage méconnu. Il n’était ni riche ni célèbre, et s’est montré idéaliste en croyant à un système corrompu, avant de décider de se battre et de sauver son honneur (notre note : 9/10).


904. En attendant la suite : S.O.S. Fantômes (1984).

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Sorti en 1984, S.O.S. Fantômes est réalisé par Ivan Reitman : Énorme succès, le film a marqué des générations de spectateurs par son humour, par sa musique culte et par ses comédiens. Focus sur une madeleine de Proust :

Cela commence dans la bibliothèque d’une université. Une employée remarque des choses étranges : des bruits bizarres, des livres qui tombent… lorsque soudainement, elle tombe nez-à-nez avec un spectre ! Effrayée, elle s’enfuit en courant. Pendant ce temps, les docteurs Peter Venkman (Bill Murray), Raymond Stantz (Dan Aykroyd) et Egon Spengler (Harold Ramis) sont licenciés car le doyen n’approuve pas leurs recherches en parapsychologie, qu’il trouve absurde. Cependant, le trio décide de monter leur propre patrouille de chasseurs de fantômes : dans une vieille caserne de pompier abandonnées, ils s’installent, recourant au service d’une réceptionniste de caractère (Annie Potts), et embarque à bord d’une Cadillac blanche estampillée « S.O.S. Fantômes ». Rapidement, le groupe se fait un nom et les demandes affluent au point qu’il doivent engager un quatrième laron : Winston (Ernie Hudson). Un jour, une jeune femme, Dana (Sigourney Weaver), débarque dans leur bureau. Celle-ci se dit victime d’un revenant et à besoin de l’aide de la brigade : Cependant, ils sont loin de se douter de ce qui les attend…

Comédie culte des années 1980, S.O.S. Fantômes est surtout connue par son titre phare « Ghostbusters » interprété par Ray Parker Jr. Le single, dont le clip fut réalisé par Ivan Reitman lui-même, sera durant plusieurs semaines en tête du hit-parade au U.S.A., s’écoulant à plus de 1 million d’exemplaires vendus. On le sait moins mais une affaire de plagiat a éclaté autour de la chanson, car celle-ci ressemblait à I want a New Drug du groupe Huey Lewis and the News : même si celle-ci s’est arrangée à l’amiable, il semble que Ivan Reitman avait d’abord utilisé I want a New Drug avant de recourir aux services de Rey Parker Jr.

L’origine du film est à chercher chez Dan Aykroyd, qui rêvait de mettre en scène une histoire de chasseurs de fantômes, œuvrant à la commission, et voyageant dans le temps et l’espace. Pour ce faire, il comptait faire appel à son ami John Belushi, qui avait joué avec lui dans Les Blue Brothers. Cependant, la mort de ce dernier en 1982 l’obligea à revoir ses plans et Bill Murray le remplaça à la seule condition que les studios acceptent de lui financer Le fil du rasoir, ce qui fut accepté. Le tournage fut difficile à gérer, la production bloquant les rues de New York sans autorisation, se servant de la popularité de ses acteurs pour imposer ses exigences.

S.O.S. fantômes est avant tout un moment de franche rigolade entre des comédiens qui visiblement ce sont amusés. Alignant les répliques cultes (tel que on est v’nu, on l’a vu, il l’a eu dans l’cul), le film offre un contraste saisissant entre ses professeurs, censés être des érudits, et leur comportement tout à fait enfantin. Leur jargon est complexe et scientifique, mais leur esprit est toqué. Ils se serrent les coudes autant qu’ils se critiquent. La présence de Rick Moranis, dans le rôle du voisin de palier cabotin de la belle Sigourney Weaver, qu’il tente (sans succès) de séduire, complète le tout.

Les effets visuels, combinant à la fois animations et créatures plus artisanales (en stop-motion) ont bien vieillis : tout le monde se rappelle la scène où le Bibendum Shamallow géant sème la zizanie dans les rues de New-York, des chiens maléfiques poursuivant Moranis près d’un parc, ou de Sigourney Weaver, complètement possédée, lévite au-dessus de son lit. Le film est à proprement parler délirant, et visuellement créatif.

S.O.S. Fantômes connaîtra une suite en 1989, baptisée S.O.S. Fantômes 2 réunissant le casting original. En 2016, un reboot féminin vit le jour, où la plupart des membres des acteurs du premier film firent une apparition. Après des années de pourparlers, un troisième volet a finalement été tourné : baptisé S.O.S. Fantômes : l’héritage, il sortira en 2021 et réunira les stars de la première heure. En attendant la suite, pourquoi ne pas revoir le film original ? (notre note : 8/10).


903. Terry Jones et Kirk Douglas tirent leur révérence.

L’un était un ancien Monty Python, l’autre était la star d’un vieil Hollywood : décédé tous deux en 2020, Terry Jones et Kirk Douglas ont marqués le cinéma et leur époque. Petit hommage.

Né en 1942, Terry Jones était diplôme d’Oxford, où il rencontra son ami Michael Palin. Acteur dès les années 1960, il sera le maillon fort de la troupe « les Monty Python » puisqu’en plus de jouer, il réalisera la plupart des films de la troupe ( Sacré GraalLa vie de Brian, Le sens de la vie, ou le récent Absolutely Anything).  Cependant, on ne lui a pas reconnu d’emblée la reconnaissance qui aurait dû lui revenir. Ses méthodes consistaient à sortir du carcan de gags conventionnels diffusé à la télé (séquences accélérées, …) pour accorder un soin plus important au visuel et aux décors.  Féru d’histoire, et plus particulièrement du Moyen Âge, Terry écrira plusieurs ouvrages. Il adorait apprendre des choses nouvelles et les partager avec ses amis. Atteint d’une aphasie (un trouble du langage), il s’est éteint le 20 janvier dernier à l’âge de 77 ans.

Dernière légende d’Hollywood, Kirk Douglas a eu une ville longue et exceptionnelle : Né en 1916, Issur Danielovitch d’une famille d’émigrants juifs ayant fui la Russie, grandi en devant se battre et victime d’antisémitisme. Dès son enfance, celui qui fut rebaptisé « Izzy Demsky » a très tôt envie de devenir acteur, puisqu’après avoir déclamé avec succès un poème à l’école, il se plait à vouloir jouer la comédie. Prenant des cours, il change de nom et devient Kirk Douglas. Engagé dans la marine, il combattra durant la seconde guerre mondiale avant d’être réformé à cause d’une dysentrie. En 1949, il tourne dans Le Champion, qui sera son premier succès. Dans les années 50 et 60, il devient la star de l’époque : on peut ainsi le voir dans UlysseVingt mille lieues sous les mers, La vie passionnée de Vincent Van Gogh ou encore Les Vikings.  Pour Stanley Kubrick, il jouera dans Les sentiers de la Gloire, film de guerre interdit dans plusieurs pays, et surtout le péplum Spartacus, projet souhaité par lui-même et qui lui permettra d’oublier le fait qu’il n’avait pas obtenu le rôle principal de Ben Hur. Décidant, au fil de sa carrière, d’être plus sélectif et de ne jouer que dans les films qui l’intéresse, ses apparitions se font plus rares : Brian de Palma fait appel à lui dans Furie en 1976, et Don Taylor dans Nimitz, retour vers l’enfer en 1980. En 1996, l’acteur est frappé par un AVC qui le diminue et l’empêche de parler : la rééducation sera longue et une partie sera toujours paralysée .En 2001, Kirk est victime d’une crise cardiaque qui le contraint à devoir mettre un terme à sa carrière : cependant, en 2003, il jouera une toute dernière fois dans le film Une si belle famille, où il donne la réplique à son fils Michael et son petit-fils Cameron. Il s’était marié en 1923 avec Diana Hill, qui lui donnera 2 fils (parmi lesquels l’acteur Michael Douglas), pour divorcer en 1951 et se remarier Anne Buydens en 1954. Il nous a quitté le 5 février dernier à l’âge de 103 ans. Même si il n’a jamais gagné d’Oscar, Kirk restera à jamais une légende.


902. Faucon au beurre d’arachide.

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Zak, trisomique, a un rêve absolu : devenir un champion de catch. Il a la ferme intention d’intégrer l’école de catch de Salwater Redneck (Thomas Hayden Church), son idole absolue, légende oubliée qu’il regarde sur cassettes vidéo. Pour ce faire, le jeune homme va s’évader du foyer dans lequel il vit. Sa route croisera celle de Tyler (Shia LaBeouf, loin de Transformers), un autre homme en fuite. Ce dernier l’accompagnera afin de réaliser son rêve : ainsi il deviendra Faucon au beurre d’arachide.

Avec Peanut Butter Falcon, le duo de réalisateur Tyler Nilson et Mike Schwartz offre un film touchant autour d’un duo attachant : Zak est atteint syndrome de  Down et souhaite réaliser un rêve plutôt atypique, puisqu’il souhaite devenir un catcheur professionnel. Mais comment atteindre cette inaccessible étoile lorsque l’on est placé dans un hospice où il est impossible de faire ce que l’on veut ? Aidé par son voisin, un filou (la star Bruce Dern), le jeune homme part en courant et tout nu vers l’aventure, sans se retourner. Le hasard voudra qu’il embarque sur une barque où s’enfuit un autre homme, poursuivi car il n’a pas réglé ses dettes : ainsi, Zak va former une sorte de « famille » avec Tyler, qui va voir en lui un deuxième frère. En effet, Tyler a perdu son aîné, et se sent responsable de sa mort. Il va pousser Zak à croire en ses rêves et va l’aider à devenir celui qu’il veut être.  Il va se racheter et oublier les actes passés. Rien n’est impossible, si l’on s’en donne les moyens.

Adoptant la forme d’un road-movie, Peanut Butter Falcon fait voyager ses spectateurs en Caroline du Nord, pour mieux leur offrir la splendeur de ses paysages verdoyants et caniculaires. Un récit authentique et sincère, combattant à la fois les injustices et la fatalité (notre note : 8/10).


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