A crazy world


633.The Shape of Water.

Dernier film de Guillermo Del Toro (qui a notamment réalisé Le labyrinthe de Pan), The Shape of Water (la forme de l’eau) est une oeuvre pleine de poésie. Elle raconte l’histoire d’amour (presque impossible) entre une femme et un monstre marin…une sorte de La Belle et la belle, en plus moderne, et plus audacieux aussi.

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Un conte de fée.

Belle balade dans le fantastique, le film présente Elisa (Sally Hawkins), muette (suite à une effroyable tragédie), ne s’exprimant que par des signes, qui travaille comme femme de nettoyage, dans une structure gouvernementale, avec Zelda (Octavia Spencer), femme à la personnalité bien trempée. Un jour, une sorte d’aquarium est amené, dans le plus grand secret, et une équipe de scientifiques se met à effectuer des travaux sur son mystérieux occupant…il s’agit d’une créature, mi-homme, mi-amphibien, arraché de l’Amérique du Sud, sa terre natale, où il était vénéré comme un dieu par les indigènes locaux. Le colonel Richard Strickland (Michael Shannon) se charge de la sécurité des opérations, martyrisant la pauvre créature…Intriguée par ce qui se trame dans le laboratoire, Elsa, qui nettoie le sol, fini par voir l’étrange monstre marin, et est fasciné par lui…elle va l’amadouer, lui apprendre à s’exprimer dans la langue des signes,…prenant conscience qu’il est plus qu’un simple animal. Éprouvant peu-à-peu des sentiments pour lui, elle viendra lui rendre visite tout les jours.

En pleine guerre froide, les américains et les russes sont en conflits. Si ce sont les premiers qui détiennent la créature, les seconds voudraient la leur dérober…entre complots, mensonges et secrets, ils vont chacun en venir à la même conclusion : il faut tuer l’homme amphibien. Elisa, apprenant la nouvelle, décide de la délivrer, et de la cacher chez elle…à près tout, qui pourra la soupçonner ?

Parallèles.

Ce qui fascine, à priori, c’est la façon dont Elisa se retrouve attiré par l’homme amphibien (joué par Doug Jones, un habitué de ce genre de rôle). Elle n’a jamais rien vu de tel, et n’a pas peur de lui, ne le craint pas…en fait, la jeune femme se retrouve en lui, ne voyant pas ce qui les différencie : elle ne sait pas parler, et si elle essaye, c’est une sorte de cri d’animal venu du fond de sa gorge qui risque d’être entendu,…tout comme lui. Elisa voit les mauvais traitements que Strickland lui fait subir, et ressent la souffrance qu’il ressent…comprend qu’on ne peut pas infliger cela à un être vivant. Bien sur, elle sait aussi que les enjeux sont très grand : on pourrait la tuer si on la surprend en train de le libérer.

Mais malgré tout, l’amour germe…la musique aura une grande importance, Elisa réalisant dansant sur le son que passe le tourne-disque, devant l’homme amphibien, qui est un être intelligent, doté d’une conscience, et capable d’émotions. Lorsqu’elle l’amène dans sa maison, après l’avoir fait libérer, la jeune femme sait pertinemment très bien que cela n’est que temporaire…il ne peut pas rester très longtemps hors de l’eau, car son métabolisme n’est pas adapté pour cela…et elle ne peut pas respirer sous l’eau. Tout deux se laissent pourtant emporter par leurs sentiments respectifs, succombant même au plaisir de la chair, dans une scène très poétique, où Elisa empli la salle de bain d’eau, du sol au plafond, et où elle retient son souffle.

Le titre du film vient du fait que l’eau, en tant qu’élément, bien que prenant la forme de ce qui la contient, est très puissant, et capable de s’adapter. Ce qui est  également le cas de l’amour, s’adaptant, quelque soit la situation, pouvant avoir différentes formes, que l’on soit amoureux d’une femme, d’un homme, ou d’un…homme amphibien.

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Un monstre ?

Chez Del Toro, la fascination pour les créatures mythologiques, les monstres improbables, s’est faite ressentir dès son second film, Mimic, où des insectes géants génétiquement modifiés semaient la panique. Depuis, il n’a jamais cessé de faire des histoires avec un bestiaire foisonnant, tout droit sortie de son imagination sans limite (en témoigne les vampires de Blade 2).

Dans La forme de l’eau, il crée à nouveau un homme amphibien (comme dans Hellboy), assez proche du désign de celle de L’étrange créature du lac noir, un vieux film de 1954 dont le cinéaste semble être fan. Il y a d’ailleurs un hommage au cinéma des années 50 dans l’histoire, puisque l’on voit des extraits de vieilles comédies musicales, où de vieux péplums de l’époque. Guillermo Del Toro est un cinéaste ayant un grand amour pour le 7e art…la musique, pleine de jazz, offre de très jolis titres, comme une reprise de La Javanaise.

Sa créature est pourtant loin, malgré son aspect bestial, d’être un monstre : c’est au contraire un être plein d’humanité, capable d’attachement, et de sympathie. Il possède de multiples pouvoirs, ce pour quoi on comprend mieux que les aborigènes le vénérait comme un dieu…sauvage, l’homme amphibien est parfois brutal lorsqu’il se sent menacé (comme quand il mange le chat…). Capable de regret, il sait se rendre utile et aider ceux qui compte pour lui…

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Le mal

La figure du malin, de l’opposant vient de l’horrible Strickland, un individu guidé par le prestige et l’honneur de son grade. Il va, du début à la fin du film être un être sans scrupule, terrorisant le pauvre homme amphibien, le rabaissant, l’électrocutant, le passant à tabac. Plein d’idées préconçues, c’est un homme de la vieille école, qui est persuadé d’incarner la « virilité. Il a peu de considération pour les femmes qu’ils considèrent comme de simples objets (on peut le voir lorsqu’il fait des avances, tel une sorte de gros pervers, à Elisa).

Lorsque la créature lui file entre les doigts, il va tout faire pour la retrouver…passant au crible tout le personnel, recourant à la menace, à la pression, allant même jusqu’à torturer des scientifiques…sa réputation et sa place sont en jeu…si on les lui retire, il n’est plus rien, à part un être sans sens.

Au début de l’histoire, lors d’une confrontation avec l’homme amphibien, Strickland a deux doigts arrachés…Elisa les retrouve, en nettoyant le labo avec Zelda, et les lui ramène, pour qu’on les lui recousent. Mais ils ne tiendront jamais vraiment…plus dans le film il deviendra méchant, plus ses 2 doigts rafistolés deviendront noirs, pourrissant, finissant par mourir, gorgés par le pu…

La différence

Presque tout les personnages du film ont un point commun : ils sont différent des individus coulés dans le moule de la société. Ils sont à la marge de celle-ci, traité différemment. Si cela ne fait aucun doute pour l’homme amphibien, ou Elisa, car cette dernière est muette,  considéré par la plupart comme une simple d’esprit et vit donc une vie solitaire et reclue, c’est également le cas de Zelda, qui fait l’objet de racismes, étant afro-américaine, à une époque où les gens de couleurs ne pouvaient pas aller dans les mêmes cafés que les « blancs ». Le voisin d’Elisa, Giles (Richard Genkins),  vieil artiste sur le déclin, vit mal son homosexualité, rejeté par presque tout le monde, vu comme un « monstre » par certains, qui croient que c’est un comportement anormal…le contexte de l’histoire (on est en pleine guerre froide) était propice à voir toutes ses différences exacerbées, afin de montrer que la condition humaine est fondamentalement bafouée, à partir du moment où l’on considère qu’il faut être dans le moule de l’américain moyen, bon père de famille, travaillant, marié à une femme et père de deux enfants…valeurs qu’incarne le méchant du film, le Colonel Strickland.

Del Toro pose la question de la différence, et de son acceptation : Elisa tombe amoureuse de la créature. Impossible à avaler pour les gens qui ne voient qu’avec leurs yeux, sans regarder la où le plus profond se trouve, c’est-à-dire le coeur…un film magnifique qui a déjà raflé de nombreuses récompenses (notre note : 9,4/10).


632.Charlie Puth- Attention.

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À seulement 26 ans, le chanteur Charlie Puth est un artiste incroyablement doué ! Ses titres, entre pop, rap et RNB sont des morceaux incroyables qui ne laissent personne indifférent. Avec Attention, il évoque l’histoire d’une rupture dont il est responsable, face à une fille qui lui en veut, et réclame de l’attention…faisant tout ce qu’il faut pour ne pas se faire oublier de lui.


631.The Big Lebowski.

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Un film atypique. 

Comédie des frères Coen, The Big Lebowski constitue un étonnant film noir ayant acquis, avec les années le statut de film culte. Il met en scène le personnage de Jeffrey Lebowski (Jeff Bridges), qui préfère se faire appeler « le Duc ». Faignant, poivrot et fumeur de joint, il passe ses journées  à ne rien faire, aimant aller jouer au bowling tout les soirs, où il retrouve ses amis Walter (John Goodman) et Donny (Steve Buscemi).  Suite à un quiproquo, du fait qu’il porte le même nom qu’un milliardaire dont la femme vient d’être enlevé, une rançon lui est demandée par de sinistres individus qui pénètrent chez lui, le tabassent et urinent sur son tapis ! Le Duc, qui est un pacifiste, ne comprend pas ce qui lui arrive, et part à la rencontre de l’autre Jeffrey Lebowski…ce dernier lui demande alors, moyennant compensation, de donner la valise comprenant l’argent pour les malfrats qu’il lui remet. Jeffrey servira ainsi d’intermédiaire, et pourra confirmer si les malfrats sont les même que ceux qui l’ont agresser chez lui. L’homme accepte, mais le jour venu, rien ne se passe comme prévu (notamment à cause de Walter, son ami, qui a la bonne idée de l’accompagner et de remettre une valise pleine de linges sales aux criminels)…et la valise contenant 1 millions de dollars est volée ! Ajouter à cela que la fille du milliardaire, Maude (Julianne Moore) croit que le kidnapping de Bunny, la jeune épouse de son père est une mise en scène, et demande au Duc de l’aider à récupérer les 1 million, qu’elle croit que son père à détourné, moyennant une belle compensation.

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Une galerie de personnages décapants

Le Duc est le héros du film : pacifiste convaincu, il a renoncé à la violence et prône avant tout la paix. Il a une philosophie de vie très zen, ne participant pas au système, ne soignant pas son allure (se baladant avec les même vêtements plusieurs jours de suite), ayant toujours l’air très décontracté. Ses intentions ne sont pas dictées par le profit. D’ailleurs, il vit d’une simple pension. Son appartement est miteux et sa voiture est cabossée. C’est un personnage gentil et simple. Il n’a rien demandé à ce qui va lui arriver…c’est un peu comme si les ennui tombait tout à coup sur lui…

Son meilleur ami s’appelle Walter. C’est un homme impulsif, vétéran de la guerre du Vietnam, qui a vu des horreurs, et qui est très à droite, adorant les armes à feu . Il a une « grande gueule », mais dans le fond, c’est quelqu’un de bon. Il apprécie beaucoup le Duc, et le bowling. Vis-à-vis de Donny, qui est un peu bête, son attitude est exécrable, même si c’est involontaire. Mais Walter se laisse vite envahir par ses émotions, et alors qu’il souhaite aider quelqu’un, partant d’une bonne intention, il provoque des catastrophes d’une grande ampleur (comme lorsqu’il détruit la voiture à coup de pied de biche, alors qu’elle n’appartient à la personne qu’il souhaite intimider). Mais il est très à cheval sur les principes, et sur le fait que l’on se doit de respecter les règles, sans tricher. On pourrait le prendre pour un fou, mais la réalité serait plutôt de dire, qu’il est le seul à vouloir faire les choses correctement, à avoir du respect pour les choses.

Maude est une nymphomane excentrique, artiste délirante aux œuvres très suggestives. Elle ne s’entend pas avec son père, et encore moins avec la nouvelle femme de ce dernier…

Le milliardaire Jeffrey Lebowski est décrit comme un être altruiste, qui a toujours aidé son prochain. Un homme apprécié de tous, et qui a connu l’enfer suite à la perte de l’usage de ses jambes. Pourtant, en réalité, c’est une personne abominable et abjecte, capable de se servir des gens dans son intérêt personnel…

Les ravisseurs de Bunny sont un groupe de malfrats surnommé les « nihilistes » par Walter. Ils sont dans la négation de toute valeur, de tout courant de pensée ou de toutes croyances. Ce sont des chanteurs d’un groupe dont l’un des titres durent 22 minutes…beaucoup trop long, mais justifié par le fait qu’ils n’ont pas de valeurs 

Il convient aussi de mentionner le personnage de Jesus Quintana (incarné par John Turturro), ennemi au bowling de Walter. Provocateur, prétentieux, et ancien taulard (condamner pour exhibitionnisme devant un enfant de 8 ans) sadomasochiste, c’est un antagoniste apportant au récit une certaine dose d’humour (il exécute quelques pas de danse, inspiré de Mohammed Ali). Ce personnage aura droit à son propre film, en 2018, réalisé par John Turturro lui-même : Going Places

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Inspiration.

The Big Lebowski est un film caractérisé par un second degré très marqué dans bon nombre de situation. Les personnages ne se prennent vraiment pas très au sérieux, ni les réalisateurs, qui ont pris un malin plaisir à faire voir les choses déraper, jusqu’à arriver une situation tout bonnement catastrophique. On est pas loin de la caricature, tant les personnages sont stéréotypés : Le Duc est inspiré par le producteur de cinéma  Jeff Dowd (qui fait d’ailleurs un caméo dans le long-métrage). Avec ce personnage, c’est un style de vie qui a été inventé (le « dudéisme »)…il adore le bowling, un « sport » qui permet de rencontrer des gens et de discuter avec eux.

Le film est une sorte d’hommage aux romans noirs (notamment ceux de Raymond Chandler), c’est-à-dire des récits dans lesquels le personnage principal se retrouve accusé de quelque chose qu’il n’a pas commis, ne comprend pas et est empêtré dans des situations épouvantables (se retrouvant accusé parfois de meurtres). On est entre l’ironie et la critique de société. Le récit, rythmé par une voix off, contribue au style du film noir. Les seconds rôles sont aussi très importants, donnant une certaine ampleur au récit. De nombreux interludes sont également présents, correspondant à des rêves que fait le Duc (on y voit notamment apparaître le dictateur Sadam Hussein), totalement surréaliste.

La bande originale du film est très riche, comprenant de nombreux titres, tels que The man in me de Bob Dylan, ou encore une reprise intéressante  (mais ça n’est pas la seule) de Hotel California, par les Gypsy Kings. Elle permet de resituer le récit, approximativement entre les années 60-70, lui donnant même un petit côté rétro. Les personnages sont accompagnés par la musique, comme si on leur avait donné un thème défini (un peu comme dans Star Wars).

Sous influence, The Big Lebowski est un grand film, posant la question du fait que chaque personne cherche presque toujours à profiter de l’autre (qui sera sans doute le parfait pigeon). À chacun de se faire son opinion sur l’attitude à avoir : faut-il être comme le Duc, sujet passif qui tend l’autre joue (et reste tout de même actif en faisant cela), ou comme Walter, qui préfère se battre ?  À voir ou à revoir (notre note : 8,5/10).

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630.Le procès du siècle.

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La question a de quoi surprendre : Y a-t-il encore à l’heure actuelle, en 2018, des gens qui ne croient pas à l’Holocauste ? Que les allemands ne se sont pas livrés à un projet d’extermination des juifs durant la 2e Guerre mondiale ? Que les chambres à gaz n’ont jamais vu le jour ? La réponse est oui ! Il y a même des historiens qui affirment cela, s’appuyant même sur des « arguments historiques ». Et pourquoi ? Tout simplement parce qu’il n’y a aucune photo de ce qui est arrivé, que les allemands ont pris le soin d’effacer les preuves, de détruire les chambres à gaz…mais tout cela s’est déroulé.Il y a même de nombreux témoins pour le dire ! Mais les négationnistes nient tout en bloc…en 2000, a eu lieu un procès très médiatisé, opposant l’historienne Deborah Lipstadt au négationniste (et historien) David Irving. Ce dernier l’accusait de diffamation puisque dans le livre qu’elle avait écrit,  elle disait qu’il mentait et colportait des idéologies nazies, et manipulait la vérité en affirmant que la Shoah n’avait jamais eu lieue…Les enjeux de ce procès étaient énormes, puisque en Angleterre, c’est le défendeur qui doit prouver que ce qu’il dit est vrai. Or, assignée en justice par Irving, cela faisait de Lipstadt la défenderesse. Elle devra donc prouver l’existence de l’Holocauste, et si elle n’y arrive pas,  les conséquences seront catastrophiques : cela signifierait que le négationnisme serait un point de vue défendable…Il y avait donc beaucoup d’enjeux.

Le film, Le procès du siècle, réalisé par Mick Jackson (qui avait signé Volcano ou encore Bodyguard) relate cet épisode terrifiant qu’à vécu Deborah (Rachel Weiz), historienne et professeure à l’université d’Emory, aux USA. D’origine juive, elle a passé sa vie a parler de l’Holocauste et du devoir de mémoire que l’on a tous, de ne jamais oublier ce qui s’est produit…au départ, elle refusait de discuter avec un négationniste, car entendre leur point de vue l’irritait au plus haut point. Se confronter, même ne serait ce que le temps d’un débat avec Irving (Timothy Spall) était impensable.Pourtant, en 1994, celui-ci est victime de la mauvaise presse que Lipstadt lui fait dans son livre (elle l’accuse de faire de la propagande et d’être un antisémite)…il est « discrédité », et ses livres se vendent moins. L’historien décide alors d’agir en diffamation contre elle, sachant que l’enjeux est immense : la reconnaissance de l’holocauste ou sa non existence. La dame n’a pas le choix : elle va devoir l’affronter, et avec lui, tout ses démons et la douleur immense d’un peuple meurtri.

Deborah s’entoure d’une armée de juristes, avec comme plaideur Richard Rampton ( Tom Wilkinson). David se défendra tout seul. Ils passent chacun plusieurs années à préparer leur défense. Lipstadt est surprise des choix de ses avocats : ils ne feront pas intervenir de témoins à la barre, afin de ne pas laisser le plaisir à Irving de pouvoir les interroger et les dénigrer en les traitant de menteurs devant la Cour. Elle même ne parlera pas, pour la même raison. Ce sera extrêmement dur pour elle de se contenir, à chaque fois que Irving ouvrira sa bouche pour défendre son point de vue.

Juridiquement, il faut prouver les faits…cela n’est pas aussi facile qu’il n’y parait ! Il faut partir des études des historiens, de photos des camps de concentration, de détails, de textes écrits par des auteurs de l’époque…tout en se confrontant à quelqu’un qui dit que le mot même de Shoah était inconnu d’Adolf Hitler, puisque inventé des années plus tard ! Proprement édifiant ! Glaçant même ! La défense des avocats de Deborah sera de prouver qu’il a délibérément menti, maquillant les faits et les tournant comme cela l’arrangeait le mieux, afin de servir sa thèse nauséeuse. Fort théâtral, Irving se mettra en scène, ironisant, vociférant (Hitler, pour lui, n’a jamais ordonné la destruction des juifs…car aucun papier ne l’atteste), faisant la une des journaux,…signant même des autographes pour ses admirateurs. Mais ne vous y trompez pas, la plupart des gens le haïssait.

Le verdict sera toutefois logique : Irving sera condamné (il devra donc payer les frais de justice…soit près de 2 millions de livres, pour un procès d’une telle ampleur. Il devra donc vendre sa maison et tout ses biens), reconnu d’avoir falsifier la vérité, d’être un adorateur d’Hitler et du 3e Reich, de promouvoir le néo-nazisme et surtout d’être un horrible antisémite. Il n’y a pas de place pour le déni de la vérité. Cela n’est pas une atteinte à la liberté d’expression : on a le droit une opinion sur tout les sujets. Aimer ou ne pas aimer. On peut discuter, débattre, argumenter de choses et d’autres, mais on n’a en aucun cas le droit de dire qu’une chose aussi horrible n’a pas eu lieue (d’ailleurs, en Belgique, le déni de la Shoah constitue une infraction pénale, prévue par la loi du 23 mars 1995 !)…6 millions de juifs sont morts, durant la 2e Guerre mondiale, et ils ne se sont pas mis dans les chambres à gaz tout seul…

Le terme négationnisme vient de la négation de la Shoah elle-même. C’est la première fois que le mot a été employé (il a ensuite notamment été utilisé pour le génocide arménien). La preuve de la réalité matérielle des chambres à gaz était un des « arguments » de Irving : pour lui, ces pièces servaient à un tout autre usage (il parle de tuer les poux). Mais on peut aisément trouver une panoplie de contre-argument pour dire que ce qu’il dit est faux, et qu’il s’agit bel et bien de chambres à gaz.

Le procès du siècle est un film interpellant, sidérant, drôle et touchant à la fois : il vous fera réfléchir, et surtout garder en tête qu’il ne faut jamais oublié la Shoah, pour que jamais plus elle ne se reproduise…le combat contre le nazisme est toujours d’actualité (notre note : 9/10).


629.Seven Sisters : un film de science-fiction brillant !

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Dans un monde surpeuplé, et où il n’y a pas assez de ressources pour nourrir toute l’humanité, une solution a été trouvée : la politique de l’enfant unique. Si une personne ne s’y soumet pas, elle voit ses enfants surnuméraires confisqués, et cryogénisés, jusqu’au jour où la Terre sera apte à les accueillir. Les gens sont sans cesse contrôler, à l’aide de bracelets à puce, indiquant où ils sont. Pour sortir de chez eux, ils doivent le présenter, afin de voir si il s’agit de leur véritable identité. Parfois, on les questionne, afin de voir si il ne cache rien. Karen Settman, enceinte, meurt en mettant au monde 7 filles, d’un seul coup. Son père, Terrence Settman (Willem Dafoe), ne peut se résoudre à en donner 6 et à n’en garder qu’une. Il cache cette naissance multiple au monde, et élève, seul, ses 7 petites filles. Il lui faut seulement élaboré une stratégie pour que personne ne sache la vérité : elles n’auront qu’une seule et unique identité, celle de Karen Settman (Noomi Rapace), et elles ne pourront jamais toute sortir en même temps. En fait, chacun sortira un jour de la semaine, celui correspondant à leur véritable prénom : Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi et Dimanche. En rentrant chaque soir, chacune devra faire le compte rendu de la journée aux autres, afin de rester crédible. Elle exerceront toute le même métier, et si un accident survient à l’une, les autres devront s’infliger le même sort.

30 ans plus tard, personne n’est au courant du secret de Karen Settman, une femme bien sous tout rapport, dans cet société. Pourtant, lundi, Karen n’est pas rentrée chez elle…ses soeurs s’inquiètent…cela ne s’est jamais produit. Et si quelqu’un les avait dénoncées ? D’autant qu’elles ne parviennent plus à la localisé, son bracelet ayant été coupé. Les filles décident d’envoyer Mardi le lendemain, afin d’enquêter et de savoir la vérité…

Réalisé par Tommy Wirkola (à qui l’on devait déjà l’étonnant Hansel et Gretel : chasseurs de sorcières), Seven Sisters est une fable futuriste nous entraînant dans un univers dystopique faisant écho à la question qu’une part de scientifiques se pose : que feront nous quand nous auront épuisés toutes les ressources de la Terre et qu’il n’y aura plus assez de nourritures pour nous nourrir tous ? La réponse donnée est inquiétante : un système dictatoriale a été mis en place, mené par l’abominable Nicolette Cayman (Glenn Close, décidément toujours aussi flippante), qui est un peu comme un Dieu, décidant de qui doit vivre ou non. Le récit rappelle aussi le 1984 de George Orwell, où la population est surveillée sans arrêt, sans que rien n’échappe à l’œil incisif du pouvoir central totalitaire. Au fond, vers où nous dirigeons-nous ?  Vers une société où plus rien n’est « naturel’, où tout est contrôlé ? Les puces électroniques sont une réalité aujourd’hui, et leur usage se répand, pour différents usages (tel que des transactions commerciales…). La vie privée n’est plus qu’un voile, d’une transparence inouïe, balayé d’un simple coup de bras…Le film questionne là-dessus aussi, à travers le fait que la véritable identité de Karen Settman doit rester un secret, que au fond, les 7 soeurs jouent constamment en dehors de chez elle le même rôle (certaines étant meilleurs que les autres), simples actrices, obligés de mentir, sans pouvoir aspirer à la liberté de leur identité propre…

Le futur est montré également à travers les innovations qu’il procure : on peut ainsi voir des technologies médicales plus élaborées ; des pistolets utilisable seulement par leur propriétaire, avec reconnaissance d’empreintes digitales ; et un miroir informatisé, disant aux femmes voulant se maquiller les endroits où elles ont des imperfections, afin que le rendu soit optimal.

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Noomi Rapace fait ici très fort : elle joue 7 rôles en même temps ! En effet, l’actrice incarne Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi, et Dimanche. Changeant de look et de personnalité pour chacune, le spectateur assiste à un véritable kaléïdoscope, sorte de performance qui a du être un casse-tête à filmer, tant chacune apparaît à l’écran. Il y a la femme fatale, la Rambo, la professionnelle de l’informatique, l’intelligente, la manipulatrice, la sensible et la garçon manquée. Chacune a contribué de faire de Karen Settman la femme qu’elle est, aux multiples nuances, mais aussi aux nombreux secrets…On se surprend à voir le quotidien de cette famille un peu hors du commun, avec ses habitudes, ses querelles et ses joies. On voit l’envie de certaines de cesser de vivre ainsi, mais l’amour aussi qui les unit.Chacune, dans le film, vivront quelque chose qu’elles n’ont jamais eu l’occasion de vivre durant leur vie : l’une aura un rapport sexuel, l’autre sautera entre deux immeubles…

Au final, Seven Sisters vous tiendra en haleine jusqu’à son dénouement final, qui répondra à la question : Qu’est-t-il arrivé à Lundi ? Un film intelligent, mais dur, dans un univers dictatorial à la cruauté effroyable (notre note :8,3/10).


628.Lame de fond.

Ridley Scott, en tant que cinéaste, a démarré très tard, après une carrière remarquée dans la publicité, puisqu’il ne s’est tourné au cinéma qu’à l’âge de 39 ans, en 1977, avec Les duellistes. S’ensuivra une carrière de touche-à-tout éclectique, de Alien-le 8e passager à Gladiator, en passant par La chute du faucon noirLegend, ou le très récent Tout l’argent du monde. En 1996, il réalisait le film Lame de fond, film d’auteur racontant la tragédie du bateau l’Albatros, emporté en 1961 suite à un phénomène très étrange : un grain blanc, c’est-à-dire la survenance d’une tempête surgissant d’un coup, alors que la mer était calme.

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Mais Lame de fond est avant tout un film initiatique pour ses héros : 13 adolescents décident de s’embarquer comme matelots sur le navire l’Albatros, sous les ordres du capitaine Sheldon (Jeff Bridges, dans l’un de ses meilleurs rôles). Ils y apprendront la discipline, la culture (des cours de littératures leur seront enseignés ou ils feront connaissance avec les oeuvres de Kipling). Ses jeunes enfants connaîtront la joie, la peine, la dure réalité de la vie, et en seront transformé, avec comme point de rupture, mettant définitivement un terme à leur odyssée, l’épouvantable tragédie les attendant à la vie de leur voyage.

L’Albatros porte bien son nom : long et effilé, tel un oiseau, il règne sur les océans,  volant sur les flots avec une incroyable légèreté. Le navire est dirigé d’une main de fer par le capitaine Sheldon, mais il ne fonctionne que par l’harmonie qu’il parvient à créer entre ses matelots. C’est un travail d’équipe avant tout que de faire marcher un navire. Et la vie en mer n’est pas de tout repos.

Le capitaine sera pour ses jeunes sans repères, sans but dans la vie, une sorte de mentor : tantôt tendre avec eux, il se montrera ferme, voulant les forces à se dépasser (comme avec le jeune Gil Martin, qui a le vertige et qui se voit contraint de gravir le mat, en compagnie de Sheldon, qui le pousse dans ses derniers retranchements, alors qu’il se pisse dessus). Le jeune Frank Beaumont sera la meilleure de ses recrues, celui qui aura le plus progressé, et qui en ressortira le plus transformé.

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Le jeune équipage apprendra à se connaître, entre tensions, jalousies, et affection. L’échelle humaine à taille réduite, dans un échantillon de la population, qui doit apprendre à vivre ensemble, en communauté, devant tenir compte de leurs différences, et les accepter. La rencontre avec l’autre est au cœur de Lames de fond. Elle est l’instrument de la guérison de chacun.

Le docteur Alice les accompagnera dans ce voyage. Muse de Sheldon, elle a toujours fait la route avec lui. Mais la vie d’un vieux loup de mer est difficilement conciliable avec l’amour, qui passe souvent au second plan, même si il peut faire preuve de tendresse.

Au terme du film, à l’image du poème de Rudyard Kipling, Tu seras un homme, mon fils, les jeunes recrues de Sheldon seront devenus adultes et matures, ayant dit adieu définitivement à leur enfance, et leur insouciance. Dans le dernier acte, lors du procès du capitaine, accusé de négligence pour le naufrage de l’Albatros, tous prendront sa défense, comme en remerciement à celui qui fut tantôt leur bourreau, tantôt leur rédempteur.

Avec Lame de fond, terme qui désigne la succession de vagues tellement puissantes qu’elle peuvent emporter un vaisseau, Ridley Scott signe un film intimiste et profond, ramenant la lame de fond à son sens plus implicite, c’est-à-dire de désigner quelque chose d’extrêmement fort qui vous transforme totalement. Formidable (9,6/10).


627.The Office (musique tirée du film Brazil).

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626.Alliés.

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Max Vatan ( Brad Pitt) et Marianne Beauséjour (Marion Cotillard) forme un couple à la vie bien tranquille, à Casablanca, en 1942. Sauf que tout cela n’est qu’apparence : ils sont des espions en mission (et de véritables experts, au professionnalisme hors pair), ne se connaissant pas, issu de 2 pays différents (il est canadien et elle française), uniquement là pour tuer l’ambassadeur allemand. Mais la mission accomplie, chacun d’eux tombe amoureux de l’autre, et ils finissent par se marier pour de vrai. Un enfant naît même de leur union. Si Marianne cesse d’être active, Max continue son travail. Mais l’un de ses supérieurs vient un jour lui annoncer qu’ils ont des soupçons concernant Marianne Beauséjour…celle-ci serait en fait une espionne allemande, œuvrant pour les nazis. Max se refuse de croire pareilles horreurs, et que toute leur relation ne reposerait que sur une illusion. Mais néanmoins, le doute subsiste dans sa tête ; et si c’était vrai ? Si c’est le cas, il devra la tuer.

Le cinéaste Robert Zemeckis, mondialement connu pour Forrest Gump et la trilogie des Retour vers le futur, en réalisant Alliés, offre un film captivant de bout en bout, posant la question de la vérité, qui piquera l’esprit du spectateur, jusqu’au dénouement final, où l’on saura si oui ou non, toute la vie de Max Vatan et Marianne Beauséjour n’est qu’un mirage fumant ou non.

Brad Pitt, vieillissant, campe un personnage attachant, avec un accent québécois qui fait quelque fausse note. Marion Cotillard, quand a elle, offre une héroïne tout en profondeur, et difficile à cerner. Lors de sa rencontre avec Max, elle le briffe sur leur mission, et sur ce qu’il faut faire pour avoir l’un d’un citadin, sans attirer l’attention. Mais elle tente aussi de le séduire…refusant d’abord ses avances (car c’est la pire chose qu’il peut se produire pour 2 agents en mission, étant donné que cela peut la compromettre), il succombe peu-à-peu à ses charmes et envisage de ne plus la quitter…

Le film sur la question de la confiance dans les relations : doit-on donner à l’autre « le bon dieu sans confession », se fier à celui dont on sait finalement peu, mais que l’on a l’impression de connaitre depuis toujours ? Zemeckis s’interroge sur le sujet, donnant quelque éléments de réponses, avec son Max, qui hésite longuement avant de « tester » sa femme, le faisant sous la contrainte de ses supérieurs…Il ne pense pas que sa vie repose sur une trahison, un mythe, et que sa femme discute de ses missions avec lui pour transmettre toutes les informations aux nazis. Et pourtant, il se met à douter, à passer de l’autre côté de la frontière de la sincérité, et à lui mentir, à elle, celle qu’il aime…pour le spectateur, il y a quelque chose de dérangeant à cette situation, un peu malsain…

Alliés raconte de manière chronologique l’histoire d’un homme et d’une femme qui n’aurait jamais du s’aimer. Max voit son regard sur sa femme évoluer peu-à-peu que le film se déroule : de l’indifférence, il passe à l’amour, puis au doute, et enfin, à la détermination…Marianne, sent que son mari prend ses distances avec elle, mais elle ne comprend pas pourquoi…et dans cette joyeuse paranoïa, la tragédie n’est pas loin (notre note : 8/10).


625.Bigfoot Junior.

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Adam est un jeune garçon qui vit seul avec sa mère, depuis que son père a disparu, lorsqu’il était encore petit. À l’école, il est un élève agité (souvent en retenue) que personne ne remarque…un jour, alors qu’il est victime des frasques de ses voisins de classes qui lui collent des chewing-gums dans les cheveux, sa mère est obligée de lui couper sa chevelure foisonnante, et de ne lui laisser qu’une tête presque vide. Mais le lendemain, qu’elle n’est pas sa surprise de voir que ceux-ci ont repoussé ! Il s’interroge sur les raisons de cet étrange phénomène, d’autant que d’autres se produisent : ses pieds se mettent à grandir lorsqu’il est en colère, se sens sont en alertes, et ses forces en sont décuplées. Adam découvre alors accidentellement que sa mère entretient une correspondance avec son père depuis sa disparition, lui envoyant des photos de leur fils et de ses nouvelles…le jeune garçon est choqué par ces révélations et décide de partir à la recherche de son père dont il a l’adresse…ce dernier vit dans la forêt caché depuis de nombreuses années, car il est un Bigfoot, une sorte d’être mi-homme mi-singe…et il se pourrait bien que son fils ait hérité de ses gènes…

Le duo belge Ben Stassen et Jérémie Degruson concoctent, avec ce Bigfoot Junior, une excellent long-métrage d’animation 3D, où l’action est omniprésente, sans aucun temps-morts. Les dessins sont vraiment très réussis, l’animation belge prouvant qu’elle a peu de chose à envier aux dessins-animés des studios Disney ou DreamWorks.

Le jeune Adam, héros du film se découvre des dons vraiment particulier du fait qu’il est un Bigfoot (il peut notamment parler aux animaux) ! Mais à la différence de son père, il n’a pas l’allure d’un singe (les gènes faisant parfois bien les choses). Les retrouvailles avec ce dernier seront enfin l’occasion pour les deux de se rencontrer et de se découvrir l’un et l’autre. Le jeune garçon a toujours eu un manque dans sa vie, et il se trouve que son paternel est exactement la pièce du puzzle qui lui manquait. D’autant que ce dernier est vraiment très chouette (il faut les voir faire la course, dans une scène rappelant le super-héros Flash).

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Mais le danger n’est pas très loin, en la personne d’une organisation qui rêve de mettre au point un produit pour la repousse des cheveux (recette qui fera de son inventeur l’homme le plus riche de tout les temps, si cela se concrétisait), et qui pourrait voir en Bigfoot et ses poils repoussant instantanément qu’ils sont coupés, le moyen d’y arriver…

Rythmée par la musique pop du groupe (belge) Puggy, cette comédie d’aventure se laisse regarder avec plaisir, quelque soit notre âge, revisitant le mythe du Bigfoot (que les réalisateurs démystifie au passage), le « chaînant manquant » que bon nombres de cryptozoologistes tentent de découvrir (encore aujourd’hui !). Un beau moment en bonne compagnie (notre note : 8/10).


624. Incassable.

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À l’heure d’écrire ces lignes, le tournage de Incassable 2 (intitulé Glass ) est terminé. Sa sortie est fixée au 23 janvier 2019, près de 19 ans après le premier volet, et 3 ans après le film Split, qui était un lien caché faisant la connexion dans la saga (à travers un caméo inattendu de Bruce Willis à la toute fin du long-métrage).

Pour l’heure, retour au film original : En 2000, M. Night Shyamalan, suite au succès monstre de Sixième Sens, se voyait l’opportunité de mettre en scène un film de super-héros déguisé doublé d’un habile hommage à la culture des comics, bande-dessinées les plus lues aux USA. Incassable voyait ainsi le jour. Un film hélas passé inaperçu à sa sortie, mais ayant peu-à-peu acquis le statut de film culte avec les années…

On y suivait un agent de sécurité, du nom de David Dunn (Bruce Willis), qui devenait le seul survivant d’un terrible accident de train. Sans la moindre égratignure. Il suscitait alors l’intérêt du mystérieux Elijah Price (Samuel L.Jackson), un vendeur de planches de comics, qui essayait de comprendre comment une telle chose avait pu se produire…ce dernier, surnommé Glass, en raison d’une maladie génétique rendant ses os fragile comme du verre (une sorte d’ostéogenèse), avait eu une vie où il avait eu énormément de fractures et de graves blessures, fut persuadé que  Dunn était un être incassable, et que quelque chose devait les relier, d’une manière ou d’une autre…D’abord effrayé par ses dire, David fut obligé de considérer le fait qu’il n’était jamais tombé malade, et que même dans les plus graves accidents qui avaient jalonnés sa vie, il s’en était toujours tiré sans la plus petite écorchure…sur les conseils de Glass, il comprit alors qu’il devait faire quelque chose pour le bien commun : avoir un tel don doit être mis à contribution de l’humanité, afin d’éradiquer les maux de celui-ci. Ainsi, David devenait une sorte de super-héros, un être qui libérait les femmes violées et séquestrées, et faisait la peau des tueurs en série…

Incassable est avant tout un thriller, un film à suspens (évoquant lors de certaines scènes, les longs-métrages d’Alfred Hitchcock), mettant en scène l’histoire d’un homme qui, au fond, ne sait pas qui il est. David Dunn (dont les initiales sont les même, traits caractéristiques des comics de super-héros, en témoigne Peter Parker, Bruce Banner, ou encore Red Richards) se réveille chaque matin, en proie à une sorte de souffrance dont il ne comprend même pas l’origine…il n’a pas encore trouvé sa place dans cette histoire, et malgré sa vie bien rangée – marié avec la belle Audrey (Robin Wright) et père de Joseph (Spencer Treat Clark)- se trouvait de l’autre côté d’une rive de plus-en-plus large des siens chaque jour…ne dormant plus dans le lit conjugal, et ne rendant pas à son fils l’amour que ce dernier lui donne, au centuple. Il faut voir le jeune garçon, préférant son paternel, s’inquiéter pour lui lorsqu’il apprend la nouvelle de l’accident, et puis la joie sur son visage lorsqu’ils partent le rechercher à l’hôpital.

Le film se déroule à un rythme assez lent, David ne prend conscience de ses pouvoirs qu’à mesure où il sort du déni qui est le sien suite à sa rencontre à Glass, et à sa théorie qu’il serait « incassable » : Tout d’abord, Dunn décide de demander à son supérieur combien de jour de maladie il a eu sur les 5 dernières années. À sa surprise, le chiffre est de zéro…pas une seule fois donc ! Ensuite, décidant de mesurer sa force, il se rend compte que soulever 160 kg ne représente aucune difficulté pour lui (devant son fils ouvrant de grands yeux ébahi).  Puis, en se remémorant l’accident de voiture dont il avait été victime dans sa jeunesse, David prend conscience qu’il n’a jamais été blessé, que c’est lui qui a sauvé Audrey de la voiture en feu, et qu’il a inventé, par amour pour elle, le fait d’avoir été blessé à la jambe, l’empêchant à tout jamais de pouvoir jouer au football. Enfin, Joseph, persuadé des théories de Glass dont il veut vérifier l’exactitude, décide de braquer un revolver sur son père, avant d’y renoncer, devant ce dernier, qui doute toujours qu’il est « indestructible » et que la balle devrait ricocher…

Pourtant, David va se décider à mettre en pratique ce que Glass lui a dit. À partir du moment où il se découvre un don de clairvoyance, lui permettant de voir ce que l’on ne peut pas voir à l’oeil nu (c’est-à-dire le passé et le futur), sa destinée de super-héros s’offre à lui. Cependant, il ne sera pas un  homme fort en collant vêtu d’un costume ridicule et de collant, mais se montrera son son vrai jour, en œuvrant toutefois dans l’ombre, sans que personne ne puisse jamais l’identifier…

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Les codes de la plupart des films de super-héros sont respectés, même si Dunn en partage beaucoup avec Superman : son anonymat dans la vie de tout les jours, les difficultés relationnelles avec sa belle, un passé oublié, et même un seul point faible (la kryptonite de David n’est autre que l’eau). Dans ce type de film, la structure habituelle de l’histoire est : découverte des pouvoirs-lutte contre l’ennemi-bataille finale contre le génie du mal. Ici, Shyamalan se concentre davantage sur la première de ces parties, les 2 dernières ne venant qu’à la toute fin de son long-métrage….

Elijah Price, dont l’histoire est racontée de sa naissance jusqu’à sa rencontre avec Dunn est un personnage fascinant : il a ramé pour arriver là où il en est, devant faire face aux moqueries de ses camarades (qui l’on surnommés Glass, en raison de sa maladie), aidé par sa mère qui l’a toujours soutenu, et surtout les comics, qu’il a  toujours adulé et dont il a fait sa profession, en vendant des planches originales dans sa boutique spécialisée de bande-dessinée. Les multiples références que Price fait au cours du film, sur les comics et de cette culture, offre avec nostalgie un regard sur un phénomène qui a toujours là cote outre Atlantique, et contribue de faire d’Incassable un bel ovni…qui aurait du s’intituler Inclassable, tant les genres s’y croise…Elijah a de multiples conversations avec David dans le film- les 2 hommes devant amis-, sur la place et le rôle que Dunn doit avoir dans l’histoire, devant accomplir son destin, ce qu’il est appelé à devenir. Elijah est un peu à l’origine de l’éveil des pouvoirs de David.

La scène finale du film, où David prend conscience que la place de Glass, dans son histoire, c’est d’être le méchant, le génie du mal absolu est probablement la plus marquante. Un twist final, dont Shyamalan raffole comme à son habitude, qui a lieu où Price sert volontairement la main de Dunn, venu le saluer, afin qu’il se rende compte qu’il ne sont pas ami. David se rend compte que Glass a provoqué énormément d’accident, afin de trouver celui qui serait son exact opposé sur l’échelle humaine, à lui, l’homme fragile qui casse, c’est-à-dire un homme aussi dur que du roc, incassable. Avec en tête la même idée fixe : celui qui survivrait à l’une d’entre elle serait la personne qu’il recherchait. Horrifié, David le dénonce, mais ne le tue pas (Batman ne tue pas son Joker après tout), ouvrant ainsi la porte à une suite éventuelle…qui n’arrivera que en 2019 ! Un film incroyable et pourtant fait avec peu de moyens, sur la puissance intérieure qui nous habite et la lutte entre le bien et le mal (notre note : 9,5/10).

pjh


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