A crazy world


669.Momo.

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Imaginez une seconde si un inconnu, prétendant être votre fils, débarquait dans votre vie ? C’est la situation à laquelle André (Christian Clavier) et Laurence (Catherine Frot) Prioux vont être confronté. En effet, alors qu’ils font tranquillement leurs courses, André, voit un jeune homme mettre une boîte de céréales « Chocapic » dans le caddie. Ne comprenant pas, il s’énerve et lui demande d’arrêter. Le garçon est choqué, lui répondant dans un langage incompréhensible, avant de partir avec la caddie, le laissant quelque peu sonné. Laurence, partie chercher un article, revient et est très surprise par l’histoire d’André. Ils le signalent à la sécurité du magasin, qui ne peuvent rien faire, l’homme en question s’étant volatilisé…Le couple est obligé de refaire ses courses, et en rentrant chez eux, trouvent des sacs de commissions dans la cuisine…le garçon s’est introduit chez eux, a payé les courses, et utilise maintenant leur douche ! Il prétend être leur fils, leur montrant une vieille photo de vacance au dos de laquelle il est indiqué « Papa et maman ». Il dit s’appeler Patrick, et est sourd et muet, lisant sur leurs lèvres. L’ennui, c’est que Laurence et André n’ont jamais eu d’enfants ! Du moins, ils ne s’en souviennent pas…le couple se méfie donc dans un premier temps de Patrick. Mais Laurence, qui n’a jamais pu avoir d’enfant, se laisse amadouer et prête la voiture d’André à Patrick, afin qu’il puisse aller chercher son épousé, qui attend près de la cathédrale. Apprenant cela, son mari est furieux, d’autant que les jours passent, et que sa voiture et son occupant se sont volatilisés. Laurence sombre peu-à-peu, espérant voir le retour de Patrick, dont elle est persuadée qu’il est son fils. La femme s’invente un enfant ! André, désemparé, ne sait pas trop quoi faire devant cela, le psychiatre lui conseillant d’aller dans son sens, afin de ne pas la contrarier. Mais voilà que Patrick fait son grand retour, avec sa compagne…Pour André, cette « nouvelle famille », vient bousculer toute son existence…

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Réalisé par Vincent Lobelle et Sébastien Thiéry (adaptant sa propre pièce de théâtre et qui joue également Patrick dans le film)  Momo est une comédie, avec un grand C, pleine d’humour et de scènes très drôles. Un film presque lorgnant du côté du surréalisme. Il faut dire que Christian Clavier, comme à son habitude, en fait des tonnes, vociférant à tout vent, jurant, s’énervant et devant faire bien des concessions pour l’amour de sa femme. Il rappelle un peu Louis de Funès, dans cette manière de jouer, ou lui-même dans les Visiteurs. Il y a notamment la scène où il rencontre la compagne de Patrick, Sarah, pour la première fois : celle-ci est aveugle, et ne supporte pas qu’on l’aide…néanmoins, il faut qu’elle puisse entrer chez lui. Donc, André lui fait des petits bruits, comme à ceux que l’on fait à un cheval, pour la faire entrer. Où encore la scène où André veut vérifier si Patrick est réellement sourd, et fait du bruit, jusqu’à faire exploser un pétard. On peut ajouter aussi le fait qu’il est le seul à ne pas comprendre ce que dit Patrick dans le film (avec le spectateur, bien entendu).

Mais Momo est plus que ça : il s’agit de la façon dont Patrick surnomme sa maman, Laurence. Le long-métrage se veut être un hommage à celle qui nous met au monde, s’occupe de nous, donnant tous d’elle-même afin de nous faire parvenir à l’âge adulte. Le film insiste bien sur le fait qu’une mère peut être une mère, si elle aime son enfant. Patrick est un enfant qui a été battu et abandonné par ses parents. Laurence ( Catherine Frot, toujours juste) voit l’occasion (même si elle sait pertinemment que c’est faux) de jouer un rôle de mère, qui lui était jusque là impossible à envisager. Elle cherche à voir où tout cela la mène, et cela la rend heureuse. Les liens affectifs sont plus forts que les liens du sang. En témoigne d’ailleurs les familles d’adoptions, donnant une famille à un enfant qui n’en a pas. Mais la rencontre entre les Prioux et Patrick va les changer du tout au tout : ils vont passer de bourgeois coincés regardant la télévision sur deux écrans séparés, à des parents qui se font du soucis pour leur enfant, et qui désireront faire partie de la vie de leur fils (bien que pour André, cette révélation n’arrivera qu’à la toute fin).

Tout le monde n’appréciera pas, trouvant toujours à redire, que la morale est simpliste, que les personnages sont trop caricatural et que leurs réactions sont exagérées (bien que si l’on y réfléchit, ça n’est pas tout à fait vrai) mais Momo est un film touchant : il rappelle les priorités et ce qu’est une véritable famille. Ce sont les gens qui vous aiment (notre note : 8/10).


668.Filmographie de Tim Burton.

Tim Burton a réalisé 19 longs-métrages, 7 courts-métrages et produit environ 7 films (en plus de ses propres réalisations).

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Réalisateur de :

  1. Pee-Wee Big Adventure (1985)
  2. Beetlejuice (1988)
  3. Batman (1989)
  4. Edward aux mains d’argent (1990)
  5. Batman : le défi (1991)
  6. Ed Wood (1994)
  7. Mars Attacks ! (1996)
  8. Sleepy Hollow : la légende du cavalier sans tête (1999)
  9. La planète des singes (2001)
  10. Big Fish (2003)
  11. Charlie et la chocolatrie (2005)
  12. Les noces funèbres (2005)
  13. Sweeney Todd : le diabolique barbier de Fleet Street (2007)
  14. Alice au pays des merveilles (2010)
  15. Dark Shadows (2012)
  16. Frankenweenie (2012)
  17. Big Eyes (2014)
  18. Miss Pérégrine et les enfants particuliers (2016)
  19. Dumbo (2019)

Producteur de :

  1. L’étrange Noël de Monsieur Jack (1993)
  2. Batman Forever (1995)
  3. James et la pêche géante (1996)
  4. Stainboy (2000)
  5. Numéro 9 (2009)
  6. Abraham Lincoln, chasseur de vampires (2012)
  7. Alice de l’autre côté du miroir (2016)

Cours-métrages réalisés :

  1. The Island of doctor Agor (1971)
  2. Doctor of Doom (1979)
  3. Stalk of a celery monster (1979)
  4. Vincent (1982)
  5. Hansel et Gretel (1982)
  6. Luau (1982)
  7. Frankenweenie (1984).

 


667.Johnny Cash-It’s all over.

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Chanteur de musique country rock’n'roll, Johnny Cash (1932-2003) a fait de sa voix profonde et basse son atout. Il a entonné des titres parlant de rédemption (lui-même a connu les déboires de la drogue avant de s’en sortir, remontant la pente), de douleur, de tristesse.  L’homme était un militant des droits des détenus, et a de ce fait beaucoup chanté dans les prisons. Leur sort lui importait énormément. Il composera de la musique pour eux (ce qui en fait un public fort éloigné de ses « habitués »).Sa muse fut la belle June Carter, qu’il aura aimé jusqu’au bout, séparé par la mort.

Datant de 1973, It’s all over est une chanson sur un amour perdu : l’histoire d’un homme dont le coeur a été brisé, car celle qu’il aime lui est parti. Et pour lui, tout est fini, rien n’a plus de sens. La douleur peut prendre d’innombrables visages, et notamment celui de la perte de X+Y, de l’amour. 


666.Sans un bruit : le film d’horreur a encore de belles années devant lui…

Imaginez un monde où vous devez vous taire en permanence, où vous ne pouvez plus faire le moindre bruit, devant faire attention à chacun de vos faits et gestes, de peur de mourir…C’est le pitch incroyable et original que propose Sans un bruit, un film de John Krasinski.

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Père de famille, Lee Abbott (John Krasinski) est l’un des rares survivants d’une catastrophe mondiale ayant frappée la terre : des créatures extra-terrestres sensibles aux sons, dotée d’une ouïe surdéveloppée mais totalement aveugles, ont décimés l’humanité. Terré avec sa femme, Evelyn (Emily Blunt, femme à la vie de Krasinski) et ses 2 enfants (depuis la mort tragique de leur jeune fils), Regan et Marcus, ils tentent de survivre. Mais la grossesse soudaine d’Evelyn n’augure rien de bon : comment accoucher sans un bruit ? Et comment un bébé peut-il ne faire aucun bruit ?

Film d’horreur, Sans un bruit est un film intelligent, plein d’ingéniosité. On y suit le quotidien de cette famille, atypique, car ils ne peuvent pas faire de bruits, ni émettre le moindre son. En effet, les monstrueux aliens peuvent entendre un verre qui se brise à des kilomètres à la ronde. Pour cette raison, aucune porte n’est jamais fermée, et ils marchent pieds nus, sans jamais courir.Leur chance est de pouvoir parler la langue des signes, étant donné que Regan, aînée des enfants, est sourde et muette (l’actrice Milicent Simmonds, vue dans Le musée des merveilles, est en effet réellement sourde). Les personnages parlent donc très peu dans le long-métrage, mais qu’importe, tout passe par leur regard, capable de refléter la plus petite émotion : c’est réellement le miroir de l’âme.

La tension monte crescendo, dans ce film, où tout apparaît d’abord étonnement tranquille, dans ce monde vide et où règne le silence. Les scènes où l’on sursaute sont légions, et la musique est stridente, faisant contraste avec le mutisme dans lequel se sont murés les personnages. On craint pour la vie des personnages, et on est ahuri du courage dont ils font preuve : le moment où l’un d’eux marche sur un clou, et doit se taire, alors que la douleur est intense, par exemple. Les héros ne sont pourtant sans peurs : ils sont terrorisés ! Mais ils doivent faire face, se cacher si ils se font repérer…en effet, rien ne peut tuer les aliens. Ils sont indestructibles…personne n’a jamais réussi à les tuer. L’armée elle-même, et ses nombreux soldats, a été décimée.

Il y a aussi une touche très dramatique à cette histoire : le couple a perdu un enfant, et a du faire son deuil sans un bruit, sans pouvoir hurler leur tristesse. La mère se sent responsable de sa mort, car c’était le seul jour où elle n’avait rien dans les mains, et que si elle l’avait portée sur elle, il ne serait sans doute jamais mort. Mais il était tellement lourd, devenant trop grand pour être porté…Avec le nouvel enfant en route, Evelyn et Lee ont du planifier tout dans le moindre détail, devant tout faire pour que le futur bébé ne se fasse pas remarquer et que l’accouchement (scène particulièrement forte en intensité) se passe le mieux possible.

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Regan est l’aînée des enfants mais aussi celle que la famille tente de protéger le plus, à cause de son handicap. Elle n’entend pas, et n’a pas idée du volume sonore qu’elle peut produire, même si elle comprend les choses. Elle est très courageuse, et voudrait plus de considération de la part de son père. Mais celui-ci préfère partir à la chasse avec son petit frère, qui lui est terrorisé, et ne souhaiterait pas y aller. Le silence du film camoufle l’amour que les personnages éprouvent entre eux, et les liens qui les unissent, au sein du cercle familial. En même temps, il questionne :  quel est le rôle d’un parent ? Protéger ses enfants ! Mais cela est-t-il sans limite, acceptant de se sacrifier, si il le faut, pour eux ? Prêt à vivre, sans un bruit, pour eux ?

Les Aliens ne sont vu que très peu, jusqu’à la scène finale. Cette manière de procéder évoque Alien-le 8e passager, où Ridley Scott ne montrait que furtivement son xénomorphe, avant la dernière scène, où la bête se dévoilait dans toute sa splendeur. Leur allure évoque les monstres de Cloverfield (d’ailleurs le film a failli être un épisode de la franchise), et leur faciès celle du Demogorgon de Stranger Things. En réalité, elles détruisent tout ce qui fait du bruit, car le son leur fait très mal.

En 90 minutes, où l’on oscille entre angoisse, tristesse et horreur, Sans un bruit est un film captivant. On se croirait tout droit sorti d’une histoire fantastique de La Quatrième dimension tant l’intrigue est géniale. Ces dernières années, on assiste à un renouveau du cinéma d’horreur, qui cherche à faire des films crédibles et intelligent, et qui marquent les esprits : en témoigne les fantastiques Get OutIt followsThe Descent, ou encore le récent Hérédité. Glaçant, anti-oxygène, et terrible,  Sans un bruit a déjà tout d’un futur grand classique (notre note : 9/10).

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665.Halloween s’offre une bande-annonce effrayante…

Michael Myers encore et toujours ! Produit par John Carpenter, ce nouvel opus de la franchise Halloween, signe le grand retour de Jamie Lee Curtis, dans le rôle de Laurie Strode, près de 40 ans après le premier film. Le long-métrage fera table rase de tout les événéments qui ont suivi le premier opus, ignorant toutes les suites, les rendant inexistante…dans le but de réécrire l’histoire (comme le fera le futur Terminator 3.2). La bande-annonce dévoile largement l’intrigue, qui promet, visiblement, de belles surprises et des séquences gores à souhait ! Sortie en octobre 2018.

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664.Tim Burton : biographie expresse.

     C’est l’histoire d’un cinéphile, un solitaire amoureux des salles obscures, regardant des films d’horreurs de la Hammer, avec son acteur fétiche, Vincent Price (à qui il offrira d’ailleurs son dernier rôle, bien des années plus tard), adulant les monstres et autres créatures imaginaires. Amoureux des nouvelles d’Edgar Poe, capable de mettre en scène des histoires délirantes, aux personnages attachants et difformes, Tim Burton est décidément un être à part.

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     Né le 25 août 1958 aux États-Unis, Timothy Walter Burton se montre un enfant très créatif, effrayant son voisin à la façon Orson Welles (qui avait fait croire aux auditeurs radios qu’une invasion extra-terrestre était en cours). Il dessine énormément, avec un style qui lui est propre. Les Studios Disney s’ouvriront à lui, l’embauchant directement, cherchant du personnel pour redresser leur chiffre d’affaire, alors en déclin. Il travaillera ainsi sur Taram et le chaudron magique (même si ces dessins de monstres ne furent pas retenus) et Rox et Rouky, en 1979. Cette période ne se passera pas aussi bien que prévu, le cinéaste en devenir se devant de respecter le cahier des charges des studios, et leur vision du film…bien loin de ses aspirations.

     Cependant, il en profite pour concevoir ses premiers cours-métrages. Ainsi naîtra Vincent, en 1982 : d’une durée d’environ 5 minutes, cet animé filmé en stop-motion (images-par-images), raconte l’histoire d’un petit garçon qui rêve de devenir Vincent Price, son acteur fétiche. Suivra Frankenweenie, en 1984, qui est un court-métrage avec des acteurs en chair et en os : Victor parvient à ressusciter son chien Sparky, et tente de convaincre son entourage que le cabot est resté le même. Les 2 films ne furent jamais distribués, au grand dam de Burton.

     Mais les choses vont changer, en 1985, puisqu’il se voit confier la réalisation d’un film pour enfants, avec la star de l’époque, Paul Reubens : Pee-Wee Big Adventure.  Le tournage est rapidement bouclé, et il dispose d’une certaine liberté, car la Warner est braquée sur Les Goonies. C’est également sur ce film que débute sa collaboration avec le compositeur Danny Elfman, qui signera la musique de la majorité de ses films.

     Il change ensuite de registre, en 1988, avec le conte macabre Beetlejuice. Le film est un succès commercial et récolte même un oscar (des meilleurs maquillages). Il accepte, en 1989, de mettre en scène les aventures du super-héros Batman, faisant un film déjanté, où se déploiera tout le talent de Jack Nicholson, en Joker fou. Une suite verra le jour, en 1991, Batman-le défi, mais avec bien moins de succès, en dépit d’un récit teinté d’humour noir, avec le Pingouin et Catwoman.

     Mais c’est surtout en 1990, fatigué du tournage de Batman, qu’il fait la connaissance de l’acteur Johnny Deep, alors star en devenir. Il lui confiera immédiatement le rôle principal de son prochain long-métrage : Edward aux mains d’argent. Son chef-d’oeuvre, son film le plus personnel, quasi-biographique. Les 2 hommes tourneront ensuite 7 autres longs-métrages, jusqu’en 2012, avec Dark Shadows, un remake d’une série télévisée des années 60.

     En 1993, il confie à Henry Selick (qu’il encadre), le soin de réaliser un dessin-animé dont il est l’auteur : L’étrange Noël de monsieur Jack. Un conte macabre et musical, mais sous le joug de Disney…la liberté de Burton est à nouveau étroitement négociée. Le budget délivré est inférieur à ceux d’un Disney « habituel ». Burton se fâche avec son ami Danny Elfman, sur les chansons du film, nécessitant de réécrire son scénario…il ne se reparleront qu’en 1996. Le film récoltera de nombreuses récompenses et aura de nombreux fans.

     En 1994, Burton réalise Ed Wood, racontant la vie du pire réalisateur de tout les temps. Le film sera malheureusement un échec commercial. Désormais, il n’aura plus le droit au montage final de ses films (le final cut). Suivra la satire sociale Mars Attacks ! en 1996 -à l’origine, un simple jeu de cartes ! – , où il retrouvera Danny Elfman, et Sleepy Hollow, conte gothique basée sur une nouvelle de Washington Irving, en 1999. Le premier sera un échec commercial, et le second un joli succès (lui permettant de récupérer le final cut). Un film sur Superman sera un temps envisagé, en 1997, avec Nicolas Cage, mais ne verra finalement jamais le jour, le budget posant problème.

     Tim Burton démarre ensuite le nouveau millénaire avec La planète des singes, en 2001. Sa relecture de l’oeuvre de Pierre Boule reçoit des critiques mitigées, mais est un succès au box-office. Il se sépare de sa muse Lisa Marie cette année là, rencontrant Helena Boham Carter, qui lui donnera 2 enfants.

     En 2003, il met en scène Big Fish, un film merveilleux, ayant une symbolique particulière pour lui : il évoque l’importance du père, celui qu’il a perdu, deux ans plus tôt. Il signe une fable faisant le contraste entre le monde réel (fade et sans saveur) face à l’imaginaire (où tout est possible). Suivront, en 2005, le survolté Charlie et la chocolatrie, et le dessin-animé Les noces funèbres, tout deux avec Johnny Deep.

     En 2007, il réalise une comédie musical horrifique : Sweeney Todd. Succès critique, il est cependant boudé par le public. En 2010, Tim Burton se retrouve aux commandes d’une grosse machine : l’adaptation en live, par les studios Disney, de Alice au pays des merveilles. Le film sera un immense succès, faisant entrer Burton au panthéon du box-office. Il acceptera, par la suite, d’adapter un autre « classique Disney » : Dumbo (dont la sortie est attendue pour 2019).

     En 2012, Burton sort un nouveau film d’animation, basé sur son court-métrage éponyme : Frankenweenie. Il produit également Numéro 9 (2009). En 2014, il revient a une veine plus intimiste, avec le long-métrage Big Eyes, racontant l’histoire d’une peintre, dont l’identité sera usurpée, un autre s’attribuant la paternité de ses œuvres. Enfin, en 2016, l’adaptation de Miss Pérégrine et les enfants particuliers sort sur les écrans.

    En 2014, le cinéaste se sépare d’Helena Boham Carter, avec qui il n’était pas marié, et qui aura joué dans 7 de ses films. Néanmoins, le couple reste en bons termes.


663.Coco.

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L’animation, chez les Studios Pixar, est toujours synonyme de qualité, sur le plan visuel, mais aussi sur le fond. Les histoires qu’ils créent de toutes pièces ont souvent plusieurs niveaux de lectures, accessible à la fois aux plus petits et aux plus grands : en témoigne, Le monde de NemoRatatouille ou encore Là-Haut. Les héros sont différents, les thèmes aussi : on aborde la mort (à travers la perte d’un être cher, comme dans Là-Haut ou Le voyage d’Arlo), la famille (Le monde de Nemo, Rebelle), l’amour (Monstres & compagnies), le passage à l’adolescence (Vice-Versa), la nostalgie (Toys Story 3),…c’est universel, et par conséquent, cela parle à tout le monde. Généralement pleins d’humour, il émane pourtant de chacun de ces films une grande tendresse…on sent que c’est toujours fait avec beaucoup d’amour.

En imaginant l’histoire de Miguel, Pixar a de nouveau composé une oeuvre singulière et d’une incroyable beauté : Miguel est un petit mexicain de 12 ans, issu d’une famille pauvre, dont le destin semble tout tracé, puisque chez lui, on est cordonnier de père en fils. Mais le petit garçon ne veut pas de ça : il rêve de vivre en jouant de la musique, tout comme le faisait son idole, le plus grand guitariste de tout les temps : Ernesto de la Cruz. Il s’est d’ailleurs fabriqué une guitare, avec les moyens du bord. Mais l’ennui est que toute sa famille n’écoute pas de musique, car son arrière grand-mère, Coco, a vu son père, un musicien, l’abandonner elle et sa mère, pour ne jamais revenir. Cette dernière, prénommée Imelda, s’était jurée de bannir à tout jamais la musique de sa vie, et de sa famille. Elle a aussi dissimulé à tous l’existence de son mari, découpant les photos afin que plus personne ne puisse le voir. Chaque année, au Mexique, se déroule le traditionnel Jour des morts, où les vivants consacrent un autel pour chacun des morts de leur famille, avec une photo de ceux-ci, afin que leur âme puisse trouver le chemin de la paix. Ce faisant, on s’assure qu’on ne les oublie pas, faute de quoi ils disparaîtraient purement et simplement.

Quelle n’est pas la surprise de Miguel lorsque, après avoir accidentellement cassé le cadre de son arrière-arrière-grand-mère Imelda, il se rend compte que le bord gauche de la photo était caché, et qu’en dépliant celui-ci, il y avait un homme, vêtu de blanc, et tenant une guitare d’une beauté étincelante. Cette guitare, le petit garçon la connait : il s’agit de celle d’Ernesto de la Cruz ! Ce qui veut dire qu’il est un descendant de ce dernier ! Miguel en parle à sa famille qui nie le tout, et leur informe de son intention de participer à un concours de talents. Ils l’empêchent de faire en détruisant sa guitare. Mais le garçon se rend à l’autel d’Ernesto de la Cruz, l’homme qui a le plus d’offrande au Mexique, afin de s’emparer de sa guitare (il ne considère pas cela comme un vol, puisqu’ils sont de la même famille). Au moment de jouer un accord sur celle-ci, Miguel disparaît avec son chien Dante…en fait, il devient invisible, et voit les morts ! Ceux-ci le voient aussi et sont tout d’abord terrorisés. Croisant les membres de sa famille décédé, ils l’informent qu’il doit rentrer chez les vivants avant l’aube, ou il risque de devenir un squelette. Pour ce faire, il faut que la malédiction soit brisée par un membre de sa famille qui lui remettra un pétale de rose d’Inde (dite fleur des morts). Bien entendu, ce membre n’est autre qu’Imelda elle-même, et elle le libère à la seule condition de renoncer à tout jamais à son rêve de devenir musicien. Miguel ne peut s’y résoudre, et décide de retrouver la seule personne qui pourra lui donner ce qu’il veut : son arrière-arrière-grand-père et idole, Ernesto de la Cruz. Mais les membres de sa famille vont tout faire pour l’en empêcher, utilisant l’Alebrije d’Imelda (une sorte d’esprit). En chemin, il croisera la route d’Hector, mort oublié de tous, qui va l’aider à trouver Ernesto à condition qu’une fois rentré chez lui, Miguel dépose sa photo sur l’autel, afin qu’il puisse passer le pont pour rejoindre le pays des morts. Il va découvrir de nombreux secrets sur sa famille et sera surpris de la vérité…

Avec Coco, Lee Unkrich et Adrian Molina, le duo de réalisateurs au commande du film, nous parle de nos morts, et du devoir de mémoire que l’on a envers ceux-ci. Tout le monde n’a pas la chance d’être connu (comme de la Cruz) et célébré par tous. La plupart des gens n’ont de sens que par leur famille : eux seul se rappelleront de nous, des moments passés dans la joie ou la tristesse. Il convient de ne pas les oublier, sans quoi ils disparaîtront (en témoigne le merveilleux titre Ne m’oublie pas). Comme si ils étaient passés et que l’on avait cligné des yeux, les faisant disparaître en un clin d’oeil. On vit à travers nos vivants, ne les quittant que lorsque eux-même s’en vont  pour nous rejoindre.

Mais Coco c’est aussi un festival de musique à lui tout seul. Les sonorités latino, la guitare qui chantonne des airs chauds et pleins de passions. La musique est un mode de vie à elle-seule. Elle permet de s’exprimer, et de véhiculer beaucoup d’émotions. Il y a quelques chansons dans le film, toute intégrée au récit, et chantée lorsque les personnages se produisent sur scène (pas uniquement comme dans un dessin animé Disney, où les héros chantent souvent en dehors de tout contexte, à tout vent) : Un Poco Loco, La Llorona,…des airs traditionnels réinterprétés pour leurs donner un deuxième souffle. Pour ne pas les oublier non plus.

Les dessins sont somptueux, la technique de l’animation se surpassant à chaque scène : les couleurs sont brillantes, les morts ont d’ailleurs l’air presque vivants. L’humour est au rendez-vous, et on se laisse embarquer, avec un énorme plaisir. Une grande, très grande réussite (notre note : 10/10).

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662.Solo : A Star Wars Story.

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4e film Star Wars sous l’ère Disney, Solo : A Star Wars Story, est un film injustement décrié par la critique, et abandonné par les déçus de Star Wars : épisode VIII. Un film pourtant réussi, et avec de jolies surprises.

Si un personnage a incontestablement marqué Star Wars, c’est bien entendu Han Solo. Incarné à l’origine par Harrison Ford, ce gentil contrebandier n’est autre que l’amour de la Princesse Leia, et le père de Ben Solo. Charmeur, roi des combines foireuses et pilote hors pair, ce héros n’avait jamais vu son passé dévoilé…on savait juste qu’il venait de la planète Corellia, qu’il avait fait le Raid de Kessel en 12 parsecs (ce qui semblait être « son exploit ») et qu’il avait gagné le Faucon Millenium à Lando Calrissian, lors d’une partie de Sabacc. Jusqu’à ce spin-off, dont la réalisation a été compliquée : à l’origine, un duo de réalisateurs, Phil Lord et Chris Miller, avait été engagé, afin de donner un ton plus humoristique au film…mais après plus de 4 mois de tournages, ils ont étés licenciés par Kathleen Kennedy (la « papesse » de LucasFilms), officiellement pour « différents artistiques », et remplacés par Ron Howard (qui avait failli, en 1999, réaliser La menace fantôme). Des scènes complètes ont été retournées (selon certaines sources il s’agirait de 80 % du long-métrage), le film prenant un ton résolument différent de celui envisagé à l’origine.

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Lancelot.

Solo est un film de fan, pour les fans, les amoureux de Star Wars, les fins connaisseurs. Le nombre de clins d’œils et de références à la saga est légion. La scène d’ouverture du film ne s’ouvre pas par le traditionnel générique de John Williams, bien que ce dernier ait composé le thème principal de cet opus (The Adventures of Han). Il a laissé la baguette à John Powell (qui a surtout fait des musiques pour des longs métrages d’animation).

Le film débute avec Han Solo, déjà adulte, sous les traits de son nouvel interprète : Alden Ehrenreich. Certes, il ne ressemble pas comme deux gouttes d’eau à la version jeune de Harrison Ford, mais il ne choque pas dans le rôle : il a capté l’essence du personnage, ses mimiques et expressions (et notamment le fameux sourire en coin). Han est amoureux de la jeune Qi’Ra (jouée par la belle Emilia Clarke) et rêve de fuir Corellia, et d’échapper à l’organisation des Vers Blancs, dirigée par Lady Proxima, un mille-pattes géant. Il a énormément de dettes, et il pense que le vol du coaxium  (un carburant), pourrait lui permettre de redémarrer une nouvelle vie, ailleurs, avec elle. Mais rien ne se passe comme prévu, et le couple est séparé…Han parvient cependant à s’enfuir.

Afin de le retrouver, il s’engage dans l’armée de l’air de l’Empire intergalactique, avec l’ambition de devenir pilote. Un officier supérieur, lors de son recrutement, lui donnera le nom de Solo. Mais 3 ans après, il a été éjecté et est désormais un simple soldat de l’Empire, obligé de se battre dans des guerres dont il ne comprend pas le motif. Han se rend alors compte que son supérieur, Tobias Beckett (Woody Harrelson), est en réalité un contrebandier travaillant pour une mystérieuse organisation baptisée l’Aube écarlate. Il souhaite le rejoindre, lui et ses hommes afin de pouvoir cesser de servir l’Empire et rechercher Qi’Ra, mais celui-ci refuse. Menaçant de le dénoncer, Beckett le fait passer pour déserteur et Han est jeté dans une fosse où est prisonnière une créature, affamée par les stormtroopers. Il s’agit d’un Wookiee prénommé Chewbacca. La bête, dotée d’une force exceptionnelle, cherche d’abord à tuer Solo, mais se ravise lorsqu’elle se rend compte qu’il parle son langage ! Elle l’aide à se sortir de là et à retrouver Beckett. Ils finissent par le convaincre de les emmener à bord de son vaisseau et de rejoindre son équipe, formée par Val (Thandie Newton) et Rio Durant,  un Ardennien.

Mais Beckett est pleins de dettes et doit rendre des comptes à Dryden Vos, son supérieur à l’Aube écarlate . Il doit donc réaliser une opération périlleuse : voler un lot important de coaxium. Han et Chewie seront bien entendu de la partie…bien entendu, rien ne se passera comme prévu.

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Amourette.

Han Solo n’a pas connu que Leia ! Le film lève le voile sur son amour de jeunesse : Qi’Ra. La jolie brune et lui était inséparable, prêt à vivre d’incroyables aventures, aux confins de la galaxie. Quelle n’est d’ailleurs pas la surprise de Han de la retrouver, des années après l’avoir perdue, chez Dryden Vos, travaillant malheureusement pour l’Aube écarlate. Celle-ci est heureuse de le revoir, mais prisonnière de sa condition.

Toutefois, Dryden Vos, déçu de revoir Beckett revenir sans le coaxium, décide de leur donner une nouvelle chance, grâce à Qi’Ra…mais celle-ci devra partir avec eux, dans une expédition qui s’annonce être quasi-impossible : voler du coaxium brut sur Kessel, puis aller  rapidement sur Savareen, afin de le faire stabiliser, sans quoi il risque fort d’être inutilisable.

Mais pour aller jusque là, ils auront besoin d’un vaisseau…et Qi’Ra connait justement un homme qui en a un. Il s’agit de Lando Calrissian (Donald Glover), un riche trafiquant.  Han souhaite gagner son vaisseau et le défie au Sabacc, un jeu de carte, en le pariant en échange de son propre bâtiment (qu’il n’a pas, mais qu’importe puisque c’est du bluff). La partie démarre et tout les aliens concurrents se font battre l’un après l’autre (leur apparence est inspirée d’un tableau du Caravage). Alors qu’il était sensé gagné, Lando triche et remporte le duel…toutefois, les choses s’arrangent lorsque le petit groupe promet à Lando un généreux pourcentages sur le coaxium qu’ils déroberont. Ils partent donc tous à bord du Faucon Millenium…mais Calrissian en sera le pilote. Le vaisseau est dans une version antérieure à Un nouvel espoir, avec de nombreux changements dans son équipements (il comprend notamment une capsule de sauvetage, la coque est lisse,…).

Qi’Ra et Han vont se retrouver l’un et l’autre, bien que celle-ci se montrera parfois distante et hésitante, ne sachant pas trop que faire : se laisser dicter par son coeur et ses émotions, ou devoir écouter la raison et ses supérieurs hiérarchique ?

Droïdes.

Le copilote de Lando se nomme L3-37  (Phoebe Waller-Bridge, vraiment très drôle) et n’est autre qu’une droïde. Cette femme-robot est très intelligente et est surtout dotée d’un tempérament très fort. Elle dit tout ce qu’elle pense et milite pour la cause des robots : elle est persuadée que ceux-ci ont des droits et qu’il convient de les respecter ! Elle prône une égalité machine-être vivants, et se montre farouchement opposée aux combats de robot, pratique pourtant courante dans la galaxie. L3-37 a aussi dans sa mémoire une cartographie détaillée, permettant n’importe où et de prendre des chemins moins connus de l’Empire.

Solo : A Star Wars Story n’offre pas le traditionnel caméo R2D2 et C-3PO. Toutefois, Anthony Daniels, interprète de ce dernier, fait un petit caméo, dans le rôle de Tak, un marchand d’esclave.

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Aube écarlate.

L’Aube écarlate est une organisation criminelle dirigée par Dryden Vos (Paul Bettany), le méchant du film. Celui-ci est un homme vivant dans le luxe et habitué à organiser de splendides réceptions, où il y a du beau monde. Il n’a pas l’habitude de se salir les mains, mais sait se battre : il tue tout ceux qui reviennent chez lui les mains vides…Mais Dryden n’est qu’un pion…car il obéit aux ordres de quelqu’un de bien plus puissant..

Enfys Nest, pirate, et sa bande combattent l’Aube écarlate. On croit d’abord qu’ils sont les véritables méchants du film, avant de se rendre compte que l’on a fait fausse route…Enfys est d’ailleurs une jeune adolescente, survitaminée, et n’ayant pas peur de mourir pour une cause qui la dépasse (ce qui n’est pas sans rappeller une certaines Alliance rebelle).

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Caméo surprise.

Le véritable cerveau de l’Aube écarlate n’est autre qu’un personnage emblématique de la saga (qui n’a pourtant eu que quelques scènes seulement) : il s’agit du seigneur sith Dark Maul. Aussi surprenant cela soit-il, celui-ci a survécu aux événements de La Menace Fantôme et est donc toujours actif. Les possibilités d’histoires futures sont donc ouvertes ! 

Vous l’aurez compris : Solo est un film de fans, pour les fans.  Quel plaisir de revoir Han et son pote Chewie ! Lando Calrissian a droit a quelques moments mémorables également : on découvre que c’est un personnage avant tout motivé par l’appât du gain, prêt à accepter n’importe quel marché si cela s’avère financièrement intéressant ! Il est également pansexuel (il peut donc être attiré par des individus de n’importe quel genre ou sexe).

Il y a de nombreux clins d’oeil, allusions, ou easter eggs : ainsi, on peut voir l’armure de Boba Fett, chez Dryden Vos ;  L3 est l’origine de la base de donnée du Faucon Millenium ; Jabba le Hutt est mentionné dans le film ; Chewbacca révèle son âge ; les dés de Han Solo trouve enfin leur signification (l’attachement qu’il avait envers Qi’Ra et la chance qu’ils semblent symboliser) ; les armes de Dryden Vos ont 2 leurs deux extrémités rouges et rappellent le sabre de Dark Maul.

Le long-métrage est drôle, dynamique et bien ficelé. Les spin-offs de Star Wars offrent beaucoup plus de place pour la créativité et l’originalité (défaut souvent reprochés au Réveil de la Force). À cause de l’épisode VIII de la saga (Les derniers Jedis), il y a eu beaucoup de déçu (jamais un Star Wars n’a autant déplu…), et nombre d’entre eux ont tout simplement boycotté Solo…pourtant, ce film est une belle réussite. Le Festival de Cannes n’est décidément pas encore prêt pour Star Wars (notre note : 8,3/10).

cz


661.La Thune-Angèle.

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660.Hook ou la revanche du capitaine Crochet.

Il y a longtemps que Peter Pan a quitté le Pays Imaginaire. Les années ont passées, et il a tout oublié de celui-ci, s’oubliant lui-même. Devenu avocat, il a fondé une famille, avec la petite-fille de Wendy, mais ne lui accorde que peu d’importance, omnibulé par son travail. Mais tout cela va changer : le Capitaine Crochet, a juré de se venger…et quoi de mieux que de kidnapper les enfants de son pire ennemi, à Londres, pour forcer Peter a aller les chercher, et à affronter une ultime fois le terrible pirate.

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À la recherche de soi

C’est Steven Spielberg, qui en 1991, eu la bonne idée de mettre en scène une relecture du conte de Peter Pan. Robin Williams prête ses traits au héros éponyme (alors qu’initialement le rôle devait revenir à…Michael Jackson ! ), qui a tout oublié de qui il était (ce qui va à contre-courant de ce qu’était l’acteur, plutôt habitué à jouer les éternels enfants et à faire le clown). Pan devenu adulte, ne croyant plus aux fées, à la magie et qui n’a plus une seule pensée heureuse en lui. Aussi lorsque la pétillante Clochette (jouée par Julia Roberts) vient le chercher pour le ramener au Pays Imaginaire, il se montre hostile, croyant d’abord qu’elle n’est qu’une hallucination.

Son premier face-à-face avec le Capitaine Crochet (Dustin Hoffman, formidable) est catastrophique : le pirate, qui avait depuis toujours rêvé de sa vengeance, ne reconnait pas son ennemi de toujours : Peter a le vertige, essaye de le payer pour qu’il relâche ses enfants et n’a plus trop l’air en forme ! Il envisage même de mettre un terme à sa vengeance, lorsque Clochette lui propose un marché : laisser la vie sauve à ses enfants et lui donner 3 jours, le temps qu’elle le « fasse redevenir Peter Pan ». Mais la tâche est difficile ! Car Peter ne croit même pas qu’il est Peter !

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Avec ce récit initiatique, Spielberg nous ramène à l’enfance et à cette envie que l’on a de ne jamais vouloir devenir un adulte. Ceux-ci sont méchants et embarqués dans les aléas de la vie, sans plus aucune innocence…Les enfants sont curieux, joyeux et découvrent le monde pour la première fois. Le cinéma de Spielberg est bercé par cette période de notre vie : quand on pense à E.T.Le Bon gros géant ou encore Empire du soleil, les enfants sont au centre du récit. À chaque fois confronté au monde des adultes et devant briser leurs doux rêves. Ici, c’est l’inverse : il s’agit d’un adulte qui va devoir redevenir un enfant, « réapprendre à apprendre », ce laisser surprendre à s’émerveiller et comprendre ce qui est réellement important.

Tic Tac mortel

Le Capitaine Crochet, principal méchant du film, est un être effroyable, un forban sans foi ni loi. Faisant extrêmement attention à son allure, il arbore toujours des tenues très chics, et porte une perruque. Très fier, il descend les escaliers de son navire en foulant un tapis rouge qu’on lui déroule. Il est le « méchant » pirate avant les antagonistes (monstrueux) des Pirates des Caraïbes. L’homme qui a fait empailler le crocodile qui lui a mangé la main.

Son serviteur est Monsieur Mouche (Bob Hoskins, très drôle), qui doit exécuter le moindre de ses caprices, la moindre de ses lubies (comme casser toutes les horloges et montres du Pays Imaginaire). Celui-ci doit l’habiller, lui cirer ses chaussures, lui préparer à manger et surtout l’empêcher de se tuer ! Car Crochet est dépressif !!! Sa souffrance est intérieure et se traduit par des tentatives ridicules, toutes avortées.

Mais au fond, qui est le Capitaine Crochet ? L’archétype de l’adulte ? L’allégorie de la fin de l’enfance ? Il déteste les enfants, et pas un seul enfant ne l’aime, pas même lorsqu’il tente de les approcher et d’être gentil avec eux. Un personnage haut en couleur, qui souffre de ne plus être un enfant. Un être qui tue le temps, ne supportant pas ni son tic, ni son tac, prêt à tout pour que l’on reste au Pays Imaginaire, à éloigner les enfants de leur parents.

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Le Pays Imaginaire

Lorsque Pan est de retour au Pays Imaginaire, il retrouve cet endroit magique, peuplé de sirènes, de pirates et d’Indiens (qu’on ne verra cependant pas). Les Enfants perdus sont toujours là et sont dirigés, depuis son départ, par Rufio. Ceux-ci sont d’abord heureux de revoir Peter, avant de déchanter quelque peu…ils ne le reconnaissent plus. Rufio ne lui fait d’ailleurs pas confiance et n’est pas prêt à troquer sa place de chef.

Peter va peu-à-peu réapprendre qui il est, devant imaginer la nourriture pour la manger, redevenir heureux et léger comme un enfant, qui vole, tel l’oiseau qui domine le monde. Pan, poussant son cri, le sabre à la main, dans les yeux.

Le seul bémol est l’allure de ce Pays Imaginaire : il n’est pas d’une grande beauté, et est loin de faire rêver. Mais qu’importe, la musique de John Williams est là, et apporte un souffle épique, nostalgique et magique à l’histoire. Les personnages ont d’ailleurs droit à un thème chacun. Le spectacle est donc totalement au rendez-vous.

Famille et amour

Le film questionne sur les liens qui unissent ceux qui appartiennent à une même fratrie : les Enfants Perdus sont peut-être tous orphelins, il n’en demeure pas moins qu’il y a de l’amour entre eux, et que chacun serait prêt à donner sa vie pour les autres. Ils se racontent tout, jouent ensemble, vivent ensemble et se battent ensemble.

Pan s’est aussi détourné de sa femme, Moïra, qui lui demande sans cesse de lui prêter plus d’attention, à elle et à leur deux enfants. Elle lui rappelle que les priorités ne sont pas les exigences professionnelles, mais bien leur communauté de vie. Moïra l’aime toujours, d’autant plus qu’elle est LA raison qui l’a fait quitté du jour au lendemain le Pays Imaginaire, tombé sous le joug d’un irrésistible coup de foudre. Quand à Wendy (Maggie Smith), sa grand-mère, désormais âgée, elle a du se faire une raison, et renoncer à celui qui fut « l’amour de sa vie ».

Les enfants de Peter aiment leur père, mais sont tristes de voir que celui-ci est en train de rater toute leur enfance, trop accaparé par son travail (qu’il ramène jusque chez lui, le téléphone n’arrêtant pas de sonner). Son fils, Jack, est un enfant aimant jouer, alors que son père lui crie dessus, le poussant déjà à devenir « un adulte », sautant les étapes, de façon prématurée. Il est déçu de Peter, qui ne fait rien la première fois qu’il s’oppose à Crochet, n’arrivant pas à toucher le filet l’emprisonnant… Jack se détourne alors un peu de lui, éprouvant beaucoup de colère, trouvant en Crochet un « père de substitution », qui risque pourtant de le mener sur la mauvaise pente. Le combat final, entre son père, redevenu Pan et l’effroyable pirate le fera changer d’avis.

Difficile de faire mieux que Hook en terme d’adaptation de Peter Pan, tant l’histoire est originale, le film est drôle, nostalgique et plein d’action. Un chef d’oeuvre. Sa morale correspond à l’une des dernières phrases du film : « vivre est notre aventure » : ) (notre note : 10/10)

 

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