A crazy world


901.Le Star Wars abandonné de Colin Trevorrow.

Avant que J.J.Abrams ne réalise l’épisode IX de la saga Star Wars, un autre cinéaste était promu à cette tâche, pour être finalement évincé par LucasFilm suite à des divergences de point de vue  : il s’agissait de Colin Trevorrow (Jurassic WorldLe livre d’Henry). Ce dernier était d’ailleurs très loin dans le projet car il avait déjà écrit un scénario (avec Derek Conolly) et demandé la réalisation de nombreux concepts-arts. Si tout était sensé rester secret, il n’en est rien car ceux-ci ont fuités sur Internet. Trevorrow l’a d’ailleurs lui-même confirmé à l’occasion d’un tweet. 

Dès lors, même si cela ne verra jamais le jour et que seule la vision de J.J. Abrams compte, que racontait ce scénario d’origine, oublié suite au décès de Carrie Fisher ?

Le titre d’épisode aurait été « Duel of the Fates« , sorte d’hommage appuyé au titre phare de la bande-son de Star Wars : épisode I : la menace fantôme.

L’intrigue aurait du reprendre également peu de temps après la fin de l’épisode VIII. Désormais Suprême Leader, Ben tente de conquérir la galaxie.Le jeune homme est totalement sous l’emprise du côté obscur. La Résistance, de son côté, ne s’est pas remise de ses pertes et est sur le point de disparaître. Toute communication lui est impossible…

Rey, armée d’un sabre laser bleu à double lames  (réalisé à partir de son bâton) part avec Finn et Poe  pour une mission cruciale : elle va utiliser la Force pour s’emparer d’un vaisseau Destroyer de l’ancien Empire, et échapper de peu à leurs ennemis parmi lesquels se trouvent les Chevaliers de Ren et le Capitaine Phasma.

Ben serait ensuite parti sur Mustafar, dans le temple de Vador pour trouver une balise Sith. Hanté par le fantôme de Luke, le jeune homme est désemparé. Pire, en son absence, Hux, désormais Chancelier, dirige les troupes. Ben découvre alors un message holographique de feu l’Empereur Palpatine (qui aurait fait une petite apparition dans le film) invitant Vador, au cas où Luke le tuerait, à conduire son fils sur Remnicore, afin de rencontrer celui qui l’a formé : Tor Valum. Le message explose alors, blessant Ben au visage, ce qui choque Leia, car il n’était pas sensé l’entendre.

La Résistance, soucieuse d’appeler du renfort, découvre grâce à Rey l’existence d’une balise sur Coruscant permettant d’émettre un signal puissant et indétectable pour le Premier Ordre. Ben soigne ses blessures au visage en le réparant grâce à des morceaux d’armure fondus.Leia donne elle-même un message (dans une scène faisant écho à l’épisode IV, Leia fournissant le message à R2-D2, remplacé ici par BB-8), en demandant de l’aide dans toute la galaxie.

Soucieuse de terminer sa formation, Rey s’entraîne jour et nuit, avec le fantôme de Luke sur Koralev. La jeune femme n’est pas certaine d’être celle qui parviendra à ramener la paix et à besoin d’être encouragée. Ben, qui est parvenu à trouver Tor Valum, sorte d’alien gigantesque et très ancien (inspiré du bestiaire de H.P.Lovecraft), le convainc de devenir son maître après un combat. Au  cours de leurs séances d’exercices, Valum lui enseigne comment vaincre la mort en aspirant l’énergie des autres, ce que Ben essaie sur un arbre.  Il lui propose une épreuve importante : un duel contre Dark Vador lui-même. Mais Ben perd le duel.

La Résistance envoie deux équipes pour trouver la balise : Si l’équipe de Rey accomplit sa mission de chercher des troupes et que la jeune Jedi affronte -avec succès- les Chevaliers de Ren en duel, l’équipe de Finn, chargée d’activer la balise, est faite prisonnière du Premier Ordre qui coupe le signal émis. En effet, Coruscant est gardée d’une main de maître par les ennemis. Néanmoins, grâce à des anciens stormtroopers passés chez la Résistance, ils se libèrent.

Rey gagne Mortis et affronte Ben en duel. Ce dernier lui révèle alors avoir tué ses parents sur ordre de Snoke. Lors du combat, il prend le dessus sur Rey et la rend aveugle. Les spectres de Luke, Yoda et Obi-Wan apparaissent pour faire recouvrer, mais en vain, la raison à Ben. Rey, se relevant, finit par emporter le duel mais le script ne détaille pas la manière.

La bataille de Coruscant bat son plein : le message de Leia est envoyé et les alliés arrivent et la bataille est gagnée par la Résistance. Au cours de celle-ci Rey affronte un Rancor, Chewbacca pilote un X-Wing et R2-D2 est blessé. Hux, chancelier, se suicide, tel un samourai.

Apaisée, Rey décide de former une nouvelle génération de Jedi. Elle se rapproche également de Poe Dameron, qui deviendra son époux. Quant à Poe, il se forme désormais un couple avec Rose.

On constate donc que l’épisode IX de Trevorrow aurait constitué un film plus sombre que l’Ascension de Skywalker et plus en lien avec l’épisode VIII, mais aurait-il été meilleur pour autant ? Reste le dommage de n’avoir pas tourné réellement une scène dans l’espace, comme Trevorrow en rêvait…


900. Petit Best of des articles 801 à 899.

Alors que cette saison 8, inaugurée le 18 septembre dernier  bat son plein, et qu’il s’agira vraisemblablement de la dernière du blog, nous en profitons pour vous proposer un petit florilèges des meilleurs articles publiés entre le numéro 801 (25 juin 2019) et le numéro 899 (26 avril 2020).

Courage durant cette période difficile du confinement,

Le créateur.

TOP 10 : 

  1. Homecoming, la série événement de Sam Esmail
  2. Analyse du film « Star Wars : épisode IX : l’ascension de Skywalker »
  3. Shining : 40 ans après, le film fascine encore
  4. Que deviennent nos données en ligne après notre décès ?
  5. Servant : série angoissante
  6. Les Banlieusards : Joe Dante et ses voisins
  7. Dead Zone : Stephen King vu par David Cronenberg
  8. Donnie Darko
  9. Retour vers le futur : saga intemporelle
  10. Il était une fois le logo de DreamWorks Studios

899. Breakfast Club.

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Ils sont 5 : l’un est catalogué surdoué, l’autre athlète, l’autre détraquée, l’un délinquant et la dernière fille à papa. Puisqu’ils ont fauté, ils vont devoir être en retenue le temps d’une journée. Le principal, monsieur Vernon, leur a donné un devoir : écrire une rédaction dont le sujet est de déterminer qui ils pensent être. De prime abord, aucun d’eux ne se connaît et personne n’a envie d’être là. Cependant, ils vont discuter longuement, dévoilant leurs secrets les plus intimes et vont nouer des liens très forts.

Le pape du teen movie

En 1985, lors Breakfast Club (le club du petit déjeuner) débarquait sur les écrans, le nom de John Hughes commençait à être connu. Ce modeste scénariste signa les histoires de films familiaux tels que Bonjour les vacances et Mister Mom et obtint le succès dès son premier film, un teen movie qui allait marquer les esprits : Seize bougies pour Sam. Il allait, à partir de ce dernier long-métrage, devenir un spécialiste de la comédie pour adolescents, en livrant ses plus grands classiques : Une créature de rêveBreakfast Club et La folle journée de Ferris Bueller.  Plus tard, il écrira les scénario de Maman, j’ai râté l’avion  et ses suites.

Le club des 5

Concentrant son action sur une seule journée, au sein d’une salle de retenue, Breakfast Club suit les péripéties d’une bande de jeunes pas si méchant que ça. En réalité, à la lumière des paroles de David Bowie qui ouvrent le film, chacun d’eux est déterminé par l’image que les autres lui ont donné. Ainsi, la pression sociale et le milieu duquel ils proviennent ont déterminés leur identité. Par exemple, John (Judd Nelson, très drôle dans le rôle), le «  »délinquant », passe son temps à ne pas respecter les règles et à provoquer les autres. Il est en réalité maltraité par son père, tant verbalement que physiquement et éprouve beaucoup de colère. Autre cas, Claire (Molly Ringwald), la « fille à papa » arrogante et gâtée à outrance, souffre de ses parents, dont la relation est catastrophique et qui se serve d’elle pour se faire souffrir l’un l’autre.

Malgré le fait que John Hughes ait écrit le scénario en deux jours, il ne s’agit pas d’un film d’adolescents qui ne pensent qu’à se tripoter et à devenir les rois et reine du lycée : il y a bien entendu un côté léger et propice à la déconnade (les scènes de danses ou les petites bêtises adolescentes) mais les personnages sont ici très élaborés et vont essentiellement avoir de longues discussions. Et les mots feront figures de thérapie, de catharsis. Alors qu’ils viennent de milieux différents et sont appréciés différemment au lycée, chacun d’entre eux à en commun le fait que la pression familiale leur pèse comme un héritage trop lourd à porter et qu’ils préféreraient oublier. Pour l’heure, ils reproduisent ce que leur parent accompli, ou correspondent au modèle qu’ils attendent d’eux : ainsi, Andrew (Emilio Estevez), l’ »athlète », champion de lutte et gamin adulée par ses pairs, tente d’assouvir les exigences de son père autoritaire et d’être le plus fort. Afin de l’impressionner, il s’en est pris à un garçon plus faible…mais il éprouve des remords. Brian (Anthony Michael Hall), le « surdoué », est catalogué comme ringard et brille par ses résultats scolaires : lorsqu’il échoue à une interrogation, la tristesse l’envahit et il tente de se suicider, mais échoue. 

À l’écoute des autres

Au fur-et-à-mesure du récit, les différents personnages vont évoluer, vers un mieux-être et s’émanciper de l’étiquette qu’on leur a collée. Brian, éclatant en sanglot, se demande s’ils se reparleront encore au terme de cette journée, où ils les considèrent tous comme ses amis. Il faut dire que Claire et Andrew sont très populaire et ne souhaiteraient pas avoir l’air ridicule devant leurs amis. Les lycées ne sont au fond qu’un microcosme illustrant parfaitement le fait que l’on a tendance à rejeter la moindre différence et à glorifier ceux qui sont les plus beaux et les plus forts.

Pourtant quelque chose va changer : Les problèmes et la société ne sont pas une fin en soi. On peut être à la fois, un athlète, un surdoué, une détraquée, une fille à papa et un délinquant. Les personnages, en avouant leur secrets, hontes et désillusion comprennent que rien n’est absolu. La morale est simple et universelle : la place que l’on a et que l’on occupe n’est pas figée.

Pour les anecdotes, le tournage du film avait comme caractéristiques que de nombreuses scènes ont été tournées sans la moindre coupure, Hughes préférant laisser parler ses acteurs dans un soucis de réalisme. Même si le succès du film fut modeste, il a aujourd’hui acquis les galons de « film culte ». Inoubliable (notre note : 9/10).


898.Everybody want some !!

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Cinéaste prolifique (plus de 20 films en 30 ans), Richard Linklater a aligné les comédies grands publics (Rock Academy) et les films plus intimistes (Before Sunrise) voir expérimental (Boyhood). Dans Everybody want some !!, il se rappelle l’époque où lui-même était étudiant et jouait au Baseball avec une grande nostalgie. Sans forcément avoir de direction précise, il filme une succession d’événements autour d’un groupe d’étudiants parfois trop grands pour être sur un campus.

Sa caméra suit ainsi le parcours de Jake (Blake Jenner), nouvelle recrue de l’équipe universitaire de Baseball au Texas dans les années 1980. Devant cohabiter avec les autres membres dans une grande maison, le jeune homme va se lier d’amitié avec ceux-ci et verra son quotidien ponctué d’entraînement, de fêtes et de joyeuses beuveries. Comme tous les jeunes, il est fougueux et veut obtenir tout rapidement. Jake connaîtra beaucoup de joie, de succès et d’amour (la belle Zoey Deutch) mais deviendra également plus responsable. On ne peut pas baiser à tout vent pour l’éternité et le véritable amour peut s’obtenir si l’on a le cran d’appeler l’élue de son cœur et de lui déclarer sa flamme.

L’action du film se déroule sur un seul week-end, juste avant la rentrée universitaire. Si Linklater a apporté un grand soin au détail pour nous replonger dans l’époque, c’est pour mieux dépeindre les relations entre ses personnages, cherchant simplement à profiter de leur temps libre un maximum. Ils forment avant tout une équipe, c’est-à-dire une collectivité d’individus soudés et s’entraidant mutuellement.  Jake, le petit nouveau, va tenter de s’intégrer à cette joyeuse bande, partageant ses aspirations les plus profondes avec chacun d’entre eux. Il en résulte une comédie potache et rafraîchissante, à la bande originale éclectique et aux allures de carte postale. (notre note : 7/10).


897.Alien-le 8e passager.

AI

Avec Alien-le 8e passager, sorti en 1979, le cinéaste américain Ridley Scott a définitivement permis à la science-fiction d’offrir un film d’invasion martienne crédible. Mélangeant habilement l’horreur et le thriller, le film marqua plusieurs générations de spectateurs, tant par son modernisme que par son ambiance oppressante. Les 7 traits, apparaissant l’un après l’autre, et formant les lettres de ALIEN sont encore dans les mémoires.  Après tout, comme l’annonçait le slogan du long-métrage : dans l’espace, personne ne vous entend crier…

Mais plantons tout d’abord le décor. Nous sommes en 2122. À bord du Nostromo, gigantesque vaisseau spatial entamant son voyage de retour sur Terre, l’équipage, placé en hypersommeil, est brusquement réveillé après avoir capté un signal sur une planète inconnue. Les membres se rendent sur place grâce à une navette et découvrent un vaisseau extra-terrestre. L’exploration de celui-ci révèle une découverte stupéfiante : des centaines d’œufs. Kane (John Hurt), scientifique, s’approche un peu trop près de l’un d’eux et une créature semblable à une araignée surgit, transperce son casque et s’accroche à son visage. Le ramenant d’urgence à bord de la navette, l’équipage tente de sauver leur collègue. La créature se détache d’elle-même et meurt brutalement. Cependant, ce qu’ils ne savent pas encore, c’est que celle-ci a pondu un embryon dans le corps de Kane, et que celui-ci va grandir très rapidement, avant d’être expulsé du corps de son hôte en lui explosant la cage thoracique. L’équipage va devoir faire face à une menace sans précédent : un Alien, redoutable machine à tuer, et qu’il ne faudra surtout pas ramener sur Terre…

Basé sur un scénario de Dan O’Bannon, qui rêvait de faire une sorte de version de Les Dents de la mer dans l’espace et cherchait à tout prix à vendre son histoire, Alien-le 8e passager a été la source de nombreuses tensions pour son créateur qui critiquera les nombreux ajouts de Walter Hill et David Giler. La Fox, peu enclin à sortir le film, acceptera après le succès de Star Wars en 1977. Le choix de Ridley Scott, alors débutant, pour réaliser le film a été dû au fait que Hill avait adoré Les Duellistes, son premier long-métrage. Détail anecdotique, Scott n’était pas, à l’origine, un fan de science-fiction, et avait d’ailleurs décliné l’offre de mettre en scène Alien, dont l’histoire lui apparaissait trop simpliste. Cependant, après avoir découvert Star Wars, qu’il adora, l’homme revint sur sa position.

La question essentielle fut de concevoir l’apparence de l’Alien. Il était primordial que le Xénomorphe soit crédible, afin que le rendu soit réaliste. L’artiste suisse H.R.Giger dessinera la bête, après que Scott soit fasciné par une créature mécanique et organique (forme d’art connue sous le nom de biomécanique) et  tiré de son recueil d’images Necronomicon. Au bout de 7 mois, l’Alien, en taille réelle émerge : grand mais élégant, une double mâchoire, une tête allongée semblable à un phallus. Composé de plasticine, de pièces mécaniques et de vrais ossements, le résultat est terrifiant. Un acteur incarnera également l’Alien : Bolaji Badejo, géant de 2, 18 mètres. Scott sait déjà qu’il montrera la créature au fur-et-à-mesure du film, afin de surprendre le spectateur. Le facehugger, créature arachnide qui se colle au visage d’humain hôte, et le chestburster, alien bébé, sont conçues par Roger Dickens.

Pour la conception des décors et des vaisseaux, de nombreuses maquettes sont réalisées, et Scott n’hésita pas à faire jouer ses enfants afin de donner l’impression que tout était beaucoup plus grand.

Le rôle principal du long-métrage fut donné à une femme, chose incroyable à l’époque pour une production de ce genre. La jeune Sigourney Weaver fut choisie (Meryl Streep fut un temps envisagé) en raison de sa silhouette imposante et presque androgyne. Elle contribuera en partie au succès du film : tour-à-tour impétueuse, forte et fragile, l’actrice livra une prestation remarquable.

Huis clos impressionnant, Alien-le 8e passager semble traverser les âges tant il est toujours aussi moderne. Le suspense est omniprésent et la tension monte crescendo, jusqu’à un final grandiose où Ripley affronte seule la créature. Le film joue énormément avec les lumières, offrant des moments où l’obscurité se retrouve éclairée une fraction de seconde, dévoilant une vision d’horreur, pour faire sursauter les spectateurs. La claustrophobie et l’impression d’étouffer est renforcée par les longs couloirs du vaisseau.

Mais Alien n’est pas uniquement violent et sanglant : il aborde des thèmes très fort, mais de manière détournée. Ainsi, il traite du viol et de ses horreurs : l’Alien a une connotation sexuelle, qu’il s’agisse du facehugger introduisant son appendice dans la bouche de ses victimes, ou de la version adulte qui pose sa patte griffue sur l’entrejambe de l’un des membres de l’équipage.

Le film aborde également le thème de la mère, ou plus simplement de la maternité, à travers l’ordinateur de bord, prénommé « Maman », entité rassurante qui s’occupe de l’équipage, le « réveillant » dès la toute première scène. La manière dont l’Alien vient à la vie, à travers une sorte « d’accouchement » contre-nature car provoqué par un homme, rentre dans cet ordre d’idée. Certains ont vu là une critique contre la condition féminine, face à un machisme incapable de faire face au quart de ce que son homologue féminin doit affronter.

Enfin, l’on peut pointer aussi un pamphlet très appuyé contre le système et les institutions en général : dans le film, l’Alien fascine, et sa survie est primordiale, quitte à faire tuer tout l’équipage. On peut y voir l’allégorie de l’économie et des multinationales, qui l’emporte sur l’humain et les aspects sociaux. Ripley, désillusionnée, est semblable à un soldat revenu du Viet Nam…aspect qui sera renforcé dans la suite du film, Aliens, 7 ans plus tard…(notre note : 10/10).


896.À couteaux tirés.

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Avec À couteaux tirés, le cinéaste américain Rian Johnson concocte une enquête policière complexe autour d’une mort mystérieuse. Réunissant un casting de luxe comprenant notamment Christopher Plummer, Daniel Craig, Jamie Lee Curtis, Tony Colette, Chris Evans, Joseph Gordon-Levitt (acteur fétiche du cinéaste obligé, dans un petit caméo vocal) et Michael Shannon, il rend hommage aux adaptations de romans d’Agatha Christie réalisées notamment par Guy Hamilton Meurtre au SoleilLe Miroir se brisa) ou de de John Guillermin (Mort sur le Nil).

L’ensemble du récit se déroule au sein du Manoir de Harlan Thrombey (Christopher Plummer). Celui-ci, pour fêter ses 85 ans, avait convié toute sa famille pour une grande réception dans la joie et la bonne humeur. Sauf que le lendemain matin, le vieil homme est retrouvé mort, la gorge tranchée. Alors que les circonstances de fait à croire à un suicide, le détective Benoît Blanc ne l’entend pas de cette oreille et est bien décidé à élucider ce mystère.

Présentant une galerie de personnages haut en couleurs et des dialogues savoureux, Rian Johnson sème des indices tout au long de son récit, résolvant (partiellement) l’intrigue très rapidement, pour mieux offrir un Deus Ex Machina à la toute fin de son histoire. La mise en scène est soignée dans ce huis-clos situé dans une grande maison de famille. Les détails très importants. Les relations familiales sont complexes et les disputes tournent continuellement autour de l’héritage du patriarche. Daniel Craig, dans le personnage de Benoît Blanc, campe un enquêteur que personne ne prend réellement au sérieux mais qui se révèle très fin… (notre note : 8,5/10).


895.Brandi Carlile-Carried me with you (bande-originale du film « En avant »)

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Interprétée par la chanteuse Brandi Carlile, le titre Carried me with you (porte moi avec toi) illustre parfaitement la relation entre Barley et son frère Ian : toujours ensemble, ils ont toujours été tout l’un pour l’autre. Barley n’a jamais cessé de protéger son petit frère, de le consoler, de jouer avec lui et de lui donner tout l’amour possible.


894.En avant : un Pixar rythmé par l’univers coloré de la fantasy.

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Barley et son petit frère Ian, deux elfes, ont été frappé par un grand malheur, et ce très vite dans leur existence : la mort de leur père. Si Barley a quelques souvenirs de son père, Ian est né peu de temps après le décès de ce dernier. Les deux enfants ont grandi, leur mère s’étant remarié avec un centaure, et Ian a toujours été en manque de cette figure paternelle qu’il n’a jamais connu. Cependant, le jour de son 16e anniversaire, sa mère lui remet un cadeau à lui et à son frère, de leur défunt père : il s’agit d’un bâton de sorcier et d’un cristal magique, qui va leur permettre de faire revenir leur père le temps d’une journée. Cependant, les choses se passent mal et seulement les jambes de ce dernier apparaissent. Décidé à le revoir, les deux frères partent en quête d’un autre cristal magique -la gemme du phénix- afin de le faire apparaître totalement…

Mis en scène par Dan Scanlon, à qui l’on devait déjà Monstres AcademyEn avant est le premier des deux films de l’année 2020 pour les Studios Pixar (le second étant Soul). Lui-même n’ayant jamais connu son père, il a tenté de répondre à la question de savoir qui il était. Il situe son récit dans une histoire de fantasy, où l’on croise tant des Dragons, des fées, ou des Manticores. Cependant, la magie a disparue, remplacée par la banlieue et l’apparition de la technologie. Totalement envolée ? Non, assurément. Le père de Ian et Barley était magicien, et leu a légué une sorte de baguette magique. Si Barley a toujours cru en la magie et est devenu un grand spécialiste théoricien, marginal sans emploi roulant à bord d’une camionnette baptisée Guinevere pour des quêtes chevaleresques, au grand dam de son frère qui l’a toujours perçu comme un looser, il n’a pas le moindre don pour la magie. Ian, au contraire, qui n’a jamais cru en la magie, se révèle avoir hérité des facultés de son père. Ce duo détonant va tout tenter afin de ramener leur père disparu. Le film joue sur les contrastes de ce duo fraternel : si Barley n’a peur de rien et est costaud, Ian est froussard et malingre. L’aîné enseigne la vie à son cadet, mais en réalité ce dernier en connait plus que lui sur le sujet.

Comme toujours, la magie opère chez Pixar : dans ce long-métrage, la quête est le maître mot. Trouver le cristal ne sera pas de tout repos pour les deux frères qui vont devoir affronter de nombreux ennemis sur leur route et devoir faire face à une terrible malédiction.  Le bestiaire est foisonnant, tout droit sorti de Tolkien et de la mythologie : on pense à la Manticore devenue femme d’affaire et qui se redécouvre une passion pour l’aventure, la policière cyclope homosexuelle, les petites fées motardes, … Et malgré tous ces éléments fantastiques, le spectateur a l’impression d’être à notre époque, dans un monde qui nous est familier, dans la vie des petites banlieues avec des tracas tels que la réussite scolaire, l’adolescence et les difficultés de s’intégrer ou encore le travail.

Mais comme à son habitude chez Pixar, c’est aussi une quête initiatique  : celle de rencontrer un père que l’on a jamais connu. Pour Ian, c’est l’occasion de rattraper le temps perdu. Aussi, il fait une liste avec toutes les choses qu’il rêve de faire avec son papa. Lorsqu’il ne parvient qu’à avoir la moitié du corps de son père, Ian est certes déçu mais pas anéanti : l’horloge tourne et certaines activités ne pourront pas être réalisées. Son père, à sa façon, en touchant leurs pieds, fait preuve de tendresse. Cependant, même si rien ne se passe comme il l’avait imaginé, Ian va réussir à accomplir tous les objectifs qu’il s’était fixé sur sa liste : en effet, à défaut d’avoir un père, il a toujours pu compter sur son frère et ce dernier veillera toujours sur lui. Beau et touchant (notre note : 9,5/10).

mp


893.Homecoming : l’Amérique édentée de l’Oncle Sam (Esmail).

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Créateur de Mr Robot, le génial Sam Esmail décidait, en 2018, de proposer une autre série télévisée : Homecoming. Dans un format plus court (26 minutes par épisode), et le temps d’une salve (il y en aura finalement une seconde), il concevait là une série à la narration décousue et comprenant de nombreux mystères…

En effet, la trame du récit suivait, Heidi Bergman (Julia Roberts, toujours intense), assistante sociale reconvertie psychologue, chargée de suivre d’ancien soldats de la guerre en Irak, dans le cadre d’une thérapie au centre de revalidation Homecoming. Le but était de soigner les séquelles psychologiques de ces vétérans en vue de leur permettre de réintégrer la vie civile de manière harmonieuse. Au cours de ses séances, Heidi va se lier d’amitié avec l’un de ces soldats, le jeune Walter. En 2018, soit quatre ans plus tard, Thomas Carrasco, enquêteur au Ministère de la Défense découvre qu’une plainte a été déposée par Walter : Il se décide à y donner suite. L’agent découvre qu’il n’y a pas la moindre trace du centre Homecoming. Intrigué, il va à la rencontre de Heidi : celle-ci est désormais serveuse, et comble de surprise, n’a pas le moindre souvenir de son travail à cette époque de sa vie.  A-t-elle tout oublié ou ment-t-elle ? Est-ce que quelque chose s’est mal passée ? Tout porte à croire que oui…

Derrière Homecoming, centre d’apaisement censé faire la jonction entre la guerre et le retour à la vie normale, il y a une vérité cachée. Le lieu n’est pas exactement ce qu’il semble être et l’Amérique pas aussi clean qu’elle souhaiterait le montrer. Heidi a oublié ce qu’elle a vécu, de ses conversations avec Walter au harcèlement quotidien qu’elle subissait de son ancien employeur, Colin Belfast (Bobby Cannavale). Il en résulte que la série est un gigantesque puzzle dont les pièces ne sont livrées qu’au compte-goutte avant de livrer un secret aux sombres desseins. Théorie du complot, secrets bien gardés, souvenirs confus, paranoïa,… la série puisse ses inspirations tant chez David Lynch que Alfred Hitchcock , même si elle évoque également l’autre bébé d’Esmail : Mr Robot. Tout au long des dix épisodes de la série, le spectateur va découvrir les souvenirs de Heidi, et comprendre la vérité. Les actions des uns ont des conséquences sur les autres, et chacun agit sur la vie d’autrui. On peut à la fois reconstruire une personne, voir la détruire totalement.

Astucieux, Esmail filme son récit avec des va-et-vient incessant entre le passé et le présent, permettant de voir la différence entre les deux époques par le fait que pour le présent, la taille de l’écran est diminuée de moitié. Comme pour illustrer le fait que l’héroïne n’est plus vraiment elle-même, car une partie de son identité s’est envolée…Comme à son habitude, chez Esmail rien n’est laissé au hasard, et chaque élément est exploité, même si ce n’est pas immédiatement. On reste donc pantois face à une série aussi captivante (notre note : 9/10).


892.Invisible man.

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Cecilia Kass (Elisabeth Moss) n’en peut plus de son mari, dominateur, violent et tyrannique, Adrian Griffin, scientifique spécialiste de l’optique. Aussi, un soir, elle décide de le quitter en s’enfuyant de la maison avec l’aide de sa sœur Emily. Quelques semaines plus tard, la jeune femme vit désormais cloîtrée et craintive chez James, un ami d’Emily. Elle apprend une nouvelle inattendue : Adrian s’est suicidé. Cependant, des signes étranges de sa présence se font ressentir autour d’elle au point que Cecilia en vient à douter de la mort de son défunt mari…

Dans Invisible ManLeigh Whannell livre un thriller horrifique plutôt original. Dans une mise en scène impeccable, le cinéaste joue avec les détails, installant un climat de doutes et de tensions permanents. Le stress est omniprésent, et les trompe-l’oeil également (un portemanteau est pris pour une personne, par exemple) Dans la première moitié du film, le spectateur est emmené sur de nombreuses pistes, voyant l’héroïne se débattre face à une menace intangible, avant d’avoir droit à un Deus Ex Machina d’envergure, tout droit sorti d’un roman de H.G. Wells.

Une fois le pot aux roses révélé, la suite de l’histoire laisse place à un jeu du chat et de la souris haletant, avec des scènes dignes de grands standards de la science-fiction, avant un twist final attendu, mais convenu. En somme, un film réussi, qui en deuxième niveau de lecture, tente d’être un pamphlet contre les violences conjugales dont les femmes sont victimes et des difficultés qu’elles éprouvent à se faire entendre (notre note : 8/10).


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