A crazy world


687.The Descent.

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6 femmes, 6 amies de longues dates, décident de se retrouver dans un chalet dans les Appalaches, afin de faire de la spéléologie. Elle descendent alors, sur les conseils de l’une d’elles, Juno, dans des grottes considérées comme « facile ». Mais un éboulement dans un passage bloque la seule voie accessible pour remonter à la surface. Juno leur avoue alors qu’elles les a emmenées dans un tout nouveau réseau de grottes, encore jusque là inexplorées…aucun chemin n’est donc connu et n’a été recensé. Les femmes vont alors devoir avancer avec prudence, afin de se frayer un chemin dans un dédale de galerie, plongée dans le noir le plus complet. Mais elles ne sont cependant pas seules…en effet, des créatures vivent dans ses grottes depuis la nuit des temps. Complètement aveugles, ils se repèrent aux sons. Les jeunes femmes devront se montrer forte pour faire face à ces hideux anthropophages…

Signé Neil Marshall (dont le Hellboy est attendu pour l’an prochain), The Descent est un film d’horreur sorti en 2005. Il a très vite trouvé son public et est devenu l’un des préférés des années 2000. Il faut dire que le long-métrage est tourné dans un décors assez réalistes (les Appalaches, évoquant le film Shining, au début, puis les grottes), mettant ses personnages confrontés à un phénomène naturel (un éboulement accidentelle d’une galerie étroite), qui les emprisonnent dans un environnement qui leur est inconnu, même si elles ont l’habitude de pratiquer l’activité de spéléologue en herbe. Marshall prend le temps de raconter son histoire, se concentrant d’abord sur ses personnages, et plus particulièrement Sarah, qui traverse un deuil et voit en cette expédition le moyen de se remettre de cette tragédie…

La menace invisible qui les entoure ne se manifeste que tardivement. Au début, il y a d’abord l’angoisse permanente d’être enfermé dans ce labyrinthe géant (quoi de plus oppressant que des grottes qui n’ont jamais vue la lumière du jour), plongé dans les ténèbres (l’éclairage émane d’ailleurs des lampes torches, fusées et autres caméras infra-rouge, permettant de se sentir moins oppressé) de la nuit noire. Chaque chemin peut être synonyme de mort si l’on ne fait pas attention (la scène où l’une des filles se brise la jambe suite à une chute est particulièrement réaliste). Ensuite, quand elles retrouvent confiance en elles, s’enfonçant dans les profondeurs de la terre, la menace se précise…les créatures (au design particulièrement réaliste, sorte d’homme des cavernes de couleur blancs laiteux car non exposé au soleil), tapies dans l’ombre sortent et les attaquent à toutes vitesse, s’y mettant à plusieurs sur une même proie. Elles sont nombreuses et comportent plusieurs nids, avec des mâles et des femelles. Le réalisateur les a baptisé les crawlers. Il s’agit de véritables personnes qui ont été maquillés et grimés à l’aide de prothèses. Pour plus de réalisme, les actrices n’avaient pas vue les créatures avant de tourner les scènes…il fallait que leurs réactions, leurs cris, leur peur, soient authentique ! Dans l’histoire, les filles doivent faire preuve de courage, et certaines se révéleront être de redoutables guerrières. La peur les paralysant au début laissera place à une rage effroyable, certaines n’hésitant pas à se sacrifier pour sauver les autres. Et de tout ce maelström culmine la fin, hallucinante et saisissante. C’est un sommet d’effroi, avec beaucoup d’adrénaline. On reste scotché, de bout en bout, dans ce « Délivrance version féminine » (notre note : 9,4/10).


686.The Visit.

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Tyler et Rebecca n’ont jamais vu leurs grand-parents. Suite à une terrible dispute, Loretta, leur mère, ne leur a plus parlé depuis 15 ans. Mais ils se décident à franchir le pas et d’aller les rencontrer. Ceux-ci sont d’accords pour que les enfants passent une semaine chez eux. Ils se voient alors pour la première fois et tout semble bien aller. Car peu-à-peu, les deux enfants doivent se rendre à l’évidence…les grands-parents sont étranges, et font des choses difficiles à expliquer. Rapidement, les joyeuses retrouvailles s’obscurcissent…

Sans trop dévoiler le contenu de l’intrigue, The Visit est un habile petit film d’horreur indépendant, réalisé par M.Night Shyamalan (Sixième sensIncassable, Split), qui joue a brouiller les pistes, emmenant le spectateur dans des directions assez inattendues. Il y a de nombreux moments où l’on sursaute, mais aussi de nombreux où l’on rigole (le petit Tyler, incarné par Ed Oxenbould y étant pour beaucoup). Le twist final est logique, offrant une conclusion parfaite et crédible.

Le film est tourné en found footage, ce qui signifie que ce qu’on voit à l’écran est filmé par les personnages eux-mêmes, qui tiennent la caméra à l’épaule (on parle de caméra subjective comme dans des oeuvres telles que Rec ou Cloverfield). On ne voit donc que par l’entremise de ce que chacun des enfants retient avec son appareil. Cela offre plus de réalisme à l’histoire ( dans le film, Tyler et Rebecca veulent réaliser un petit film sur leur semaine chez leurs grands-parents). Il n’y a donc pas de musique ! (même si on ontend, à travers l’ordinateur, le glaçant Possession de Les Baxter).

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Mais Shyamalan, va un peu plus loin avec son long-métrage. Il rajoute à son intrigue un thème assez intéressant : le pardon. Loretta a quitté ses parents car elle a voulu se marier très jeune, et a eu des enfants. Son mari l’a ensuite abandonné et elle s’est retrouvé toute seule, à gérer sa famille. Mais Loretta éprouve toujours des remords à cause de ce qu’elle à fait et reste persuadé que ses parents lui tiennent encore rancune. Rebecca, en les rencontrant, espère en savoir plus sur leur état d’esprit et voir si une réconciliation est possible… Shyamalan confronte ses personnages à ce qui les a détruit, à ce qui les effraye, en vue de les réparer, de les rendre plus forts ( Tyler et sa peur des microbes par exemple, Rebecca qui est incapable de se regarder dans un miroir, persuadée qu’elle n’a pas de valeur).

Pour conclure, The Visit est un thriller rondement mené, quelque peu dérangeant au début (le jeu de cache-cache, la scène du four, la grange,…), mais qui trouve dans sa conclusion une explication rationnelle, loin de film du même genre, dont la fin est généralement bâclée. Notre note : 7,8/10.


685.Big Fish.

Edward Bloom a toujours raconté les événements qui ont composé sa vie de manière fantaisiste : de son enfance où il vit dans l’oeil d’une sorcière comment il allait mourir à sa rencontre avec l’amour de sa vie, dans un cirque, en passant par son adolescence où son corps se mit à grandir d’un coup et l’immobilisa pendant 3 ans durant dans son lit. Croisant géant, loup-garou, et sirènes, ces aventures semblent être un enchantement. Il a toujours su plaire aux gens, qui le trouvait fort sociable. Mais son fils, Will (Billy Crudup), fasciné par ses merveilleuses histoires dans son enfance, a grandi en se rendant compte qu’il ne connait en fait rien de son père…qu’il lui impossible de séparer l’homme du mythe, qui ne font qu’un. Brouillé avec lui depuis 3 ans, sa mère, Sandra (Jessica Lange) lui demande de revenir, car Edward va bientôt mourir. Will va tenter de faire la paix avec son père, et partir en quête de la vérité…

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Il était une fois…

En 2003, pour son dixième film, Tim Burton se décidait d’adapter le roman Big Fish, de Daniel Wallace (Spielberg avait auparavant envisagé de le porter à l’écran), trouvant en l’histoire un écho avec la disparition de son propre père et de sa mère, en 2000 et en 2002, ainsi que la naissance de son premier fils. C’est donc une histoire à la fois personnelle et intimiste que le cinéaste décidait de mettre en scène. Pour le rôle principal, celui d’Edward Bloom, deux acteurs ont été choisi : Albert Finney, qui joue le personnage quand il est âgé, et Ewan McGregor, qui lui prête ses traits lorsqu’il est jeune.

Edward raconte des histoires extravagantes, hilarantes, qui sonnent comme des mythes, des légendes. Il exagère en fait la réalité, enjolive certains événements, en gommant d’autres. Elles captivent les gens, l’écoutant avec une envie très grande de connaître la suite. Will aussi aime ces contes, mais à l’impression de ne rien savoir sur son père, comme si un voile le séparait de la sacro-sainte vérité. Comme si ils étaient deux étrangers qui se connaissent très bien.

Burton aime mettre en scène le conflit des générations : dans Charlie et la chocolatrie, Willie Wonka est brouillé avec son père, dans Batman-le défi, le pingouin a été abandonné par ses parents en raison de sa laideur. Dans Big Fish, Will s’est disputé avec son père, le traitant de menteur et de ne lui avoir rien raconté de vrai. Il pense que son père menait une double vie, étant souvent absent dans son enfance, fuyant un quotidien insignifiant. En vérité, il se trompe, car rien n’a compté plus que sa femme et son fils pour lui. Mais l’homme a fait de nombreuses choses dans sa vie, aidant de nombreuses personnes qui avaient croisés son chemin.

Comme à son habitude, la figure parentale va être sacrifiée, chez Burton. Bruce Wayne voyait ses parents assassinés devant lui dans BatmanIchabod Crane perdait sa mère, hanté par son souvenir, dans Sleepy Hollow. Dans Big Fish, Will va devoir faire le deuil de son père, qu’il n’a jamais compris et dont il s’est toujours senti étranger. Un jour, l’enfant se réveille et devient un adulte…il perd son innocence, et la magie qui l’a accompagné jusque là s’en va avec lui. Il cesse de voir le monde de façon émerveillée, et vit sa vie comme chacun. Edward Bloom, a toujours été un éternel enfant, dévorant l’univers avec une fantaisie grandissante. Mais pour Will, c’est le désenchantement…il préfère d’ailleurs la véritable histoire de sa naissance, racontée par le médecin de famille, plutôt que la version abracadabrantesque de son père. Paradoxe suprême, Will est écrivain…et raconte des histoires ! Son père, lui, vit ses histoires.

Par ses histoires, Edward est appelé à durer. Certes, elles sont extravagantes et décalées, voire absurdes, mais qu’importe. Cela prolonge son existence, l’homme et le mythe ne formant qu’un, son fils, après sa mort, racontant ses histoires à son propre enfant. En cela, il devient immortel.

Monstres fantastiques

Sur sa route, Edward croise la route d’un géant prénommé Carl (Matthew McGrory, l’homme avec les pieds les plus grands du monde…chaussant du 62 !), et dont il dit qu’il mesure plus de 4 mètres ! En vérité, l’homme ne mesure que 2,30 mètres, mais il faut se dire qu’à l’époque, c’était rare de croiser un individu aussi grand. Le géant se sent en réalité très seul, les personnes « normales » ayant toutes peur de lui. Edward va donner un sens à son existence, lui permettant de travailler dans un cirque, où il amusera les spectateurs, éberlué par sa taille (il n’y a qu’à voir la tête d’Amos, directeur de cirque incarné par Danny DeVito, lorsqu’il l’aperçoit pour la première fois).

Les sœurs siamoises, qui aident Edward à se cacher, lorsqu’il est engagé de force dans l’armée et envoyé en mission appartiennent à cette catégorie. Décrite par Bloom comme partageant un double corps pour seulement deux jambes, il s’agit en réalité de jumelles siamoises, ayant leur propre enveloppe charnelle. Dans son histoire, elles font un show, de type cabaret, devant les militaires, amusés et fascinés par tant de sensualité.

Amos, le directeur du cirque, est un loup-garou. Un animal qui en fait n’est que l’allégorie de l’homme sans scrupule, proposant des contrats déraisonnables à ses employés, et qui les traitent mal…avant de se faire amadouer par Will.

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Amour et poésie

Big Fish est un film difficile à classer : il s’apparenterait, de façon objective, au genre merveilleux. Le cadre est situé dans un univers surnaturel, tout droit sorti de l’imagination d’Edward. On est souvent dans le conte de fées, avec ses nombreuses péripéties, ses personnages fantasques coexistants avec les héros du monde. L’irréel prend vie et le reste durant tout le récit.

Il y a des moments qui ne semble appartenir qu’au rêve pur, tant ils semblent impossible : par exemple, lorsque le temps s’arrête quand Bloom pose les yeux sur Sandra pour la première fois, et qu’il fait tomber les pop-corn en lévitation. Edward est charmeur, et rend l’onirique plaisant. En vérité, le monde a toujours été trop petit pour lui. Il a toujours eu soif, étant sans arrêt déséché, voulant vivre milles aventures, faisant preuves de courages. Sa vie, il l’a vécue comme un conte de fée. La métaphore du gros poisson dans le lac à la toute fin boucle la boucle : il sort du bocal qu’est le monde, pour mener la vie qu’il entend. Les limites, nous les fixons nous même. À l’inverse de Ashton, le poète, Bloom sort du conformisme, de la tranquilité de la ville de Spectre. La mort, Edward l’accepte et fait avec. C’est la seule certitude en ce bas monde.

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Comme à son habitude, Burton déploie toute sa créativité pour mettre en scène un univers riche en couleurs, souvent de manière artisanale (les arbres qui bougent, le gros poisson,…) où interagissent les différents protagonistes de son histoire. Bloom est incapable de parler autrement à son fils que pas ses histoires…c’est comme si il croyait à ces fantaisies. Tout deux ne se comprennent pas, car il ne sont pas sur la même longueur d’onde, sur le même langage. Sa mère, à l’inverse, parvient à dialoguer avec son mari, trouvant la bonne distance par rapport aux récits.

Le cirque, dirigé par Amos Calloway (Danny DeVito) est un lieu incroyable où l’on ne s’ennuie jamais. La magie semble omniprésente, de part tout les numéros qu’il offre au public, par ses artistes, et l’adrénaline que les numéros dégage (quand Bloom met sa tête dans la gueule d’un lion, par exemple, rappelant Charlie Chaplin). Il y a des moments burlesques et un plaisir d’être sur le devant de la scène. Le cirque est un lieu commun, dans les contes de fées.

La conquête de Sandra par Edward a également un côté magique : amoureux d’elle au premier regard, l’apercevant au loin dans le cirque, il a l’impression que le temps s’arrête…avant de filer à grande vitesse, la fille disparaissant au passage. Homme sans scrupule, Amos s’engage à lui donner une information sur sa dulcinée, à la fin de chaque mois de travail, où il ne sera pas payé. Puis, Edward, en sachant assez sur elle, par la courtiser, alors qu’elle est fiancée, sur le point de se marier, et qu’elle ne le connaît pas…borné (il se qualifie d’idiot), Edward utilise tout les stratagèmes possibles, allant jusqu’à lui offrir un champ de jonquille, ses fleurs préférées, sur la cour de l’université. Il choisi, lors de sa confrontation avec le fiancé de Sandra, de ne rien faire, acceptant les coups devant les yeux de sa dulcinée, qui se prend d’affection pour lui. Ils s’aimeront toutes leurs vie, à la folie, traversant le meilleur (la naissance de Will), comme le pire (peu d’argent, l’entrée de Bloom à l’armée, les allers-et-venues de celui-ci à cause de son travail de représentant de commerce). La scène où ils prennent un bain à deux, une toute dernière fois, offre un moment d’intimité et d’affection, qui montre que la flamme est toujours ardente. Edward est le poisson, et l’alliance de Sandra est l’appât qui l’a pêché.

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Rarement Tim Burton n’a été aussi émouvant en racontant une histoire : il fait de son film une oeuvre permettant tant de lier deux mondes inconciliables, la rencontre tant attendue entre l’enfance et l’âge adulte. La réalité rencontre le mythe à la fin du film…le vrai et le faux se rencontrent, le en partie vrai et le en partie faux également. Bloom n’était pas aussi mythomane qu’il en avait l’air. Il a juste exagéré et transformé un peu certains événements… il sommeille un enfant en chacun de nous. Le vraiment n’est pas forcément le véritable. (notre note : 9/10).

À noter un petit caméo de l’acteur Billy Redden, qui reprend son rôle de Lonny, le joueur de banjo qu’il incarnait dans Délivrance (1972). Il rejoue quelques notes, sur son instrument du célèbre air qui l’a rendu célèbre, à Spectre.

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684.Il était une fois une chanson…Inch’allah, de Salvatore Adamo (1967).

Hymne de paix, la chanson Inch’allah (ce qui signifie « si Allah le veut », équivalent à « si Dieu le veut », pour évoquer l’idée qu’on ne sait jamais ce qui va arriver, que rien n’est prévu d’avance par nous et que si l’on sait ce qui est bien et qu’on ne le fait pas, alors c’est mal), écrite par Salvatore Adamo, a été écrite en 1967, avant que ne survienne la terrible Guerre des Six Jours entre Israël et les Etats Arabes (Égypte, Jordanie et Syrie) et qui fit plus de 21000 morts. Il y a toujours eu beaucoup de tension avec Israël, et l’arrivée des officiers du parti Baas en Syrie, fit monter la tension. L’Égypte interdit alors l’accès à Israël au golfe d’Akaba. La Guerre éclate alors…

Le titre fut censuré, dès sa sortie, en raison de son parti prit, pro-palestinien (à cause d’une strophe, où il dit qu’il voit qu’il a vu les enfants trembler en Israël). En réalité, l’artiste a été mal compris. En 1993, Adamo décide de refaire une version plus « politiquement correcte », où il gomme certains traits de la dure réalité qu’il a autrefois décrite (comme les 6 millions de juifs disparus). Il évoque pourtant une triste réalité, celle d’un pays divisé, où beaucoup de gens ont souffert, se souvenant de ce qu’ils ont traversés, encore marqué par l’Holocauste. Aujourd’hui, le titre semble plus actuel, devenu un credo de paix, symbolisé par la colombe et son rameau d’olivier.

Le chanteur a enregistré plusieurs versions du titres, notamment une avec Amália Rodrigues, une autre avec Calogero et encore une avec Maurane (notre préférée, que l’on vous propose de redécouvrir dans la vidéo ci-dessous).

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683.Venom : bande-annonce.

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Le super-vilain Venom, ennemi de Spider-man, et déjà apparu au cinéma dans Spider-man 3 en 2007, a enfin droit à son film live, avec Tom Hardy dans le rôle-titre. Attendu pour octobre prochain, la bande-annonce présente un Eddie Brock partagé entre le bien et le mal, plus complexe, possédé par le symbiote, extra-terrestre protéiforme qui ne cherche que la destruction…


682.À la recherche de la Panthère rose.

La panthère Rose, célèbre diamant, a été à nouveau dérobée. L’inspecteur Clouseau, qui l’a retrouvé deux fois par le passé, est à nouveau en train d’enquêter. Mais alors qu’il est sur une piste, l’homme disparaît, à bord d’un avion. S’est-il crashé ? Clauseau est-il toujours en vie ? La journaliste d’investigation Marie Jouvet décide de partir à sa recherche et de lever le voile sur cette mystérieuse affaire…

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Clap de fin

Sixième et dernier film mettant en scène Peter Sellers dans la peau de l’inspecteur Clauseau, À la recherche de la Panthère rose marque la fin de la saga épique de Blake Edwards. Sorti en 1982, soit deux ans après la mort de son interprète, le film est très différent de ses prédécesseurs, car constitué essentiellements de scènes des épisodes antérieurs (et de quelques moments inédits coupés au montage). C’est une sorte d’hommage à Peter Sellers, un « best-of » de la série. On suit l’enquête de Marie Jouvet (Joanna Lumley), interviewant tout ceux qui ont croisés la route de Clauseau, de l’inspecteur Dreyfus (Herbert Lom) devenu complètement fou et suivant des thérapies pour l’oublier, à son père (qui racontera l’enfance de son fils), ou encore Sir Charles Litton (David Niven), que Clauseau avait accusé d’être le Fantôme, premier voleur de la Panthère rose. On y retrouve aussi Cato Fong (Burt Kwout), qui était chargé d’entraîner Clauseau au combat, et qui devait l’attaquer tout les jours, en se cachant chez lui. Sans être le meilleur épisode de la franchise, À la recherche de la Panthère rose est un film souvent décrié, car inégal (le scénario est minimaliste), mais permet de redécouvrir tout le génie burlesque de Peter Sellers (notre note : 6,5/10).

En 1983, avec L’héritier de la Panthère Rose, Blake Edwards fêtait les 20 ans de la saga, avec tout le casting original (excepté Peter Sellers). On peut noter un caméo de Roger Moore, en Clauseau.

Clauseau, l’immortel

Créé par Blake Edwards, l’inspecteur Clouseau est tout d’abord un personnage secondaire, dans le film La Panthère rose (1963). Mais le personnage marque et plait au public : il sera la vedette des films suivant. Et pour cause : c’est un détective qui ne provoque que des catastrophes là où il va. Il est idiot, égocentrique, et parle énormément.

Chacun des films où il s’illustra furent marqué par un comique de situation très marqué, mélangeant le vaudeville, l’absurde, les gags à répétition et le dessin-animé (chacun d’entre eux s’ouvre d’ailleurs par une séquence animée mettant en scène une panthère rose). De façon générale, c’est tout le cinéma de Edwards (plus d’une trentaine de films) qui fut marqué par cette empreinte.

Peter Sellers

Comédien génial, Peter Sellers (1925-1980) a marqué son époque et le cinéma anglais. Personnage complexe, tourmenté, survolté et pleins de doute. Fils de comédiens, Richard (de son vrai nom) s’enrôle dans l’armée britannique pendant la seconde guerre mondiale. À la fin de celle-ci, il fait divers métiers (musicien de jazz, danseur,…) avant de rejoindre la radio, pour le Goon Show, où il fera rire les gens (particulièrement doué pour les accents, il pouvait créer des situations très drôles), pendant presque 10 ans. 

Élargissant ensuite ses horizons, Sellers se met à jouer dans des films (Ladykillers, en 1955).Il choisi le nom de scène Peter, en mémoire à son frère, décédé un an avant sa naissance. Au début des années 60, il tourne deux fois avec Stanley Kubrick, pour Lolita et Docteur Folamour. Sa carrière décolle alors. Suivra une longue collaboration avec Blake Edwards, dès 1963, avec La Panthère rose. Il jouera aussi dans La party et Bienvenue, Mister Chance

Malade, Peter Sellers a le coeur fragile. Il brûle la vie dans les excès, entre drogues et alcool. En 1980, il fera une crise cardiaque qui s’avérera fatale. Il fut marié 4 fois.


681.The Watchmen : les Gardiens.

En 1985, le Comédien, super-héros est assassiné, jeté violemment par la fenêtre, après un combat dans son appartement. Rorschach (Jackie Earle Haley), un ancien ami et collègue, décide de mener l’enquête afin de savoir ce qui lui est arrivé et si les autres super-héros ne courent pas un terrible danger. Il part prévenir les autres Watchmen, tous retraités, et leur demande de l’aider à retrouver le coupable…

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Il était une fois…Les Watchmen

Adapté du roman-graphique d’Alan Moore (V for Vendetta, From Hell, Constantine) et Dave GibbonsThe Watchmen raconte l’histoire d’une troupe de super-héros, qui ont voulu maintenir la paix dans le monde. Les premiers furent l’équipe des Minutemen, à la fin des années 30, qui partirent à la retraite, à l’exception de trois d’entre eux, le docteur Manhattan, le Comédien et Rorschach, qui intégrèrent l’équipe suivante : les Watchmen (les gardiens). Le docteur Manhattan (Billy Crudup) fut leur guide, permettant aux USA de gagner la guerre du Vietnam, et de calmer la Russie et sa menace nucléaire.

Héros d’une bande dessinée plus ambitieuse, les Watchmen se distingue par des personnages dont la psychologie est très élaborée (ils n’ont pas de vrais pouvoirs, si ce n’est le docteur Manhattan) : on est dans leur tête, il y a une réelle mise en abyme. Les super-héros sont le centre de l’intrigue. Ils doutent, ont des regrets sur ce qu’ils font ou ont fait (on pense au Comédien), savent qu’ils ne font que porter qu’un déguisement, avec un masque. On a beau être un super-héros, on en demeure pas moins un être « humain ». C’est ambigu, la moralité est à rude épreuve à de nombreux moments charnières de l’histoire. Le monde est noir et le mal est omniprésent.

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L’Amérique de Nixon

L’histoire de Wachtmen se situe en 1985, dans une Amérique modifiée, par l’arrivée du docteur Manhattan, en 1959 : Nixon en est à son 5e mandat présidentiel  ! Les super-héros semblent être retourné à la vie normale, laissant la corruption s’installer, et les atrocités se multipliant (bien que Rorschach tente d’intervenir afin de les limiter). Un conflit nucléaire est sur le point d’éclater entre les USA et l’URSS, risquant de provoquer la fin du monde ! Alan Moore a toujours eu une sainte horreur des bureaucraties et des dirigeants…il scande la liberté dans V for Vendetta, et le fait à nouveau ici, tant qu’à provoquer le désordre. Le monde est forcément différent, la technologie ayant permit d’accomplir des prouesses remarquables.

C’est une uchronie, une réécriture de l’histoire, avec des faits différents (que se serait-il passé si…?). Ici, ce qui a changé l’histoire, c’est l’arrivée des Gardiens. Le temps semble avoir une importance primordiale dans le récit, qui débute d’ailleurs sur une horloge de l’Apocalypse, qui n’est qu’à 5 minutes de son crépuscule. Watchmen signifie gardien, mais si on isole watch, on à la fois un verbe (surveiller) et un mot (une montre), qui évoque le temps. Un événement particulier peut changer tout le cours du récit, et provoquer un basculement…le docteur Manhattan se voyait horloger, et le voici en une sorte de « grand architecte de l’univers », le premier Spectre Soyeux a vu toute sa vie gâchée par un terrible secret,…

Le temps semble aussi être une négation : on se refuse à disparaître. On est là pour durer. Si le docteur Manhattan en est l’exemple le plus frappant, c’est aussi le cas du Président Nixon, qui en est à son 5e mandat (presque 20 ans de présidence), ou des Watchmen incapable de s’arrêter, comme le Comédien, ou Rorschach. Les personnages ont difficiles d’accepter qu’ils disparaissent peu-à-peu, comme le chante Bob Dylan, en début du film. Les masques de chacun renforce cette idée selon laquelle le temps n’a pas d’emprise sur eux (Rorschach semble être d’âge indéterminé avec son masque, tandis que lorsqu’il le retire, c’est un vieil homme).

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Le docteur Manhattan, Ozymandias, Rorcschach et les autres…

La galerie de super-héros développé dans le film de Zack Snyder est assez éclectique : Il y a tout d’abord le docteur Manhattan (Billy Crudup), ancien scientifique devenu immortel suite à une accident, pouvant tout construire et déconstruire à l’infini. Il est une sorte de dieu volant, capable d’insuffler et de reprendre la vie. Tantôt géant, tantôt de taille normale, il est une arme redoutable, la seule raison pour laquelle la Russie n’a pas encore déclarée la guerre aux U.S.A. Amoureux de Laurie Jupiter, alias le Spectre Soyeux II (Malin Akerman), il a décidé de la quitter et de se retirer, sur Mars, afin de ne plus avoir aucune influence sur le monde des hommes, dont il se sent étranger. Le surhomme pense être également une menace, ayant provoqué des cancers accidentellement chez tout ceux qui avaient travaillés avec lui lorsqu’il était encore un être humain.

Le Hibou II (Patrick Wilson) a des allures de Batman dans son costume, et utilise la technologie comme armes de pointe. À bord de l’Archie, il sillonait le ciel, au cas où une menace survenait. Il prit sa retraite lorsque les super-héros furent déclarés illégaux par le Congrès. Mais lorsque le Comédien meurt, l’homme redécouvre ce que cela fait d’être un super-héros, et à quel point il adore cela.

Ozymandias (Matthew Goode), alias Veidt, est le seul des Watchmen à avoir révélé sa véritable identité au monde entier. Profitant de sa notoriété, il est devenu très riche et vit dans le luxe. Il est probablement le plus fort d’entre tous (il a atteint le summum des capacités humaines) et le plus intelligent, capable d’arrêter une balle que l’on vient de tirer. C’est un homme fier et se prenant pour un roi.

Le Comédien (Jeffrey Dean Morgan), alias Edward Blake, était un être cruel et violent (du moins c’était l’apparence qu’il voulait donner aux yeux de tous), capable du pire. Spécialiste du combat commando, il ne prenait pas les Watchmen au sérieux. Le monde est pour lui une sorte de plaisanterie (son emblème est d’ailleurs un smiley jaune). Il a tué le président Kennedy. Après la dissolution des Watchmen, l’homme continua de travailler pour le gouvernement, après la fin du groupe.

Laurie, le Spectre Soyeux II est la muse du docteur Manhattan. Elle le voit cependant se détourner d’elle, et trouve réconfort chez le Hibou, qui deviendra son amant. Sa mère n’est autre que Sally Jupiter, qui fut la première Spectre Soyeux.

Rorschach est le seul Watchmen encore en activité : portant un masque faites de tâches noires (afin de rester dans l’anonymat), tâches de Rorschach utilisée pour l’évaluation psychologique de patients atteints de troubles mentaux, il est constamment poursuivi par la police. Déséquilibré et pessimiste, il voit le monde comme une horreur, portant un fardeau sur ses épaules. Violent, il est sans pitié envers les bandits. En vérité, une vieille affaire l’a marqué : la mort d’une petite fille, assassinée et donnée à manger aux chiens de son bourreau. Depuis lors, il fait sa propre justice : expéditive. L’homme a beau être vieux, il est encore très fort. N’ayant foi qu’en la justice, il cherche à rétablir l’égalité et la paix. Les prisons sont d’ailleurs pleines grâce à lui…être un justicier est une seconde nature, c’est sa destinée (sans son masque, il n’est d’ailleurs personne).

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Menace invisible…

Les Watchmen sont victime d’un ennemi terriblement dangereux et doté d’un grande intelligence. Ses desseins sont étranges mais visent, dans le fond, à instaurer une utopie, sur base d’un mensonge savamment orchestré. La fin justifie-t-elle pourtant les moyens ? 

Zack Snyder fait entrer, avec Watchmen, les super-héros dans l’âge adulte : son film n’est pas drôle et ne brille pas par son action. Il transcende grâce à ses dialogues et ses personnages. Les ralentis sont sublimes, offrant de très belles scènes (notamment quand le Comédien traverse la fenêtre). Si Alan Moore déteste les adaptations de ses œuvres au cinéma, ce n’est pas le cas de Gibbons. Et pour cause : le long-métrage est très fidèle à la trame originale du comics, si ce n’est la fin du récit (le motif du méchant, afin d’être plus en phase avec notre époque), changée par Snyder. Mais le tout forme une oeuvre singulière (de 2h40), pleine de violence et de poésie. La musique est très riche et pleines de titres célèbres (comme Me & Bobby McGee de Janis Joplin, The Times they are a-changin’ de Bob Dylan ou encore Unforgettable de Nat’King’Cole. Et c’est très beau (notre note : 9/10).

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680.L’Homme qui tua Don Quichotte.

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Le cinéaste Terry Gilliam réalise enfin son rêve en sortant, après 6 tentatives et 25 ans après le projet initial, son Don Quichotte. Film longtemps réputé « maudit », il a bien failli ne jamais voir le jour. À l’origine, Gilliam a toujours été tenté de mettre en scène les aventures de Don Quichotte, d’après le roman de Cervantès. Mais le réalisateur s’est vite rendu compte que c’était trop compliqué, et a donc décidé d’en faire une relecture proche de son univers. Ainsi naquit « L’Homme qui tua Don Quichotte« . L’intrigue se déroule à notre époque, avec un producteur qui souhaite faire un film sur Don Quichotte, trouvant l’interprète idéal en la personne du vrai homme de la Mancha, voyageant dans le temps, et voit en lui son acolyte, Sancho Panza.

La première tentative pour filmer l’histoire à lieu en 2000, avec Jean Rochefort et Johnny Deep dans les rôles principaux. Le tournage sera abominable, enchaînant les catastrophes : infection de la prostate et double hernie discale de Rochefort , pluie torrentielle détruisant une partie du matériel du tournage, mort du cheval que le réalisateur est accusé de ne pas avoir nourri suffisamment,… .De ce capharnaüm, Gilliam tirera un documentaire : Lost in la Mancha. Mais qu’importe, Gilliam réitère en 2008, avec Robert Duvall et Ewan McGregor en remplacement, mais sans succès, se retrouvant sans argent pour faire le film. En 2011, le 3e essai, avec Robert Duvall et Owen Wilson, échoue à nouveau pour des raisons budgétaires. Puis, la 4e tentative,  en 2014, avec John Hurt et Jack O’Connell, ne marche pas, pour des motifs économiques, et à cause du cancer du pancréas de Hurt. Gilliam est alors désespéré, se rendant compte, en retournant sur les lieux du tournage de la première tentative, que son « essai » a détruit la vie de nombreuses personnes, qui pensaient devenir célèbres. Il tente tout de même une 5e expérience, avec Michael Palin (son ami des Monty Python) et Adam Driver, annulée car n’ayant pas assez de budget. L’ultime essai, en 2018, sera le bon, avec Jonathan Pryce (habitué de Gilliam, puisqu’ils ont travaillés ensemble sur BrazilLes frères Grimms et Les aventures du baron de Münchhausen) et Adam Driver, malgré le fait que Gilliam fait une attaque cérébrale et qu’il y ait de nombreux conflit juridique avec le producteur, Paulo Branco, bien décidé à boycotter la sortie du film..Toutefois, L’homme qui tua Don Quichotte sort, dans une version de l’histoire quelque peu modifiée, comme marquée par les événements qui ont jalonné l’histoire de ce film. Le long-métrage est d’ailleurs dédié à la mémoire de Jean Rochefort et John Hurt.

L’intrigue comme donc avec Toby (Adam Driver), en train de réaliser un film sur Don Quichotte. Mais le projet ne l’emballe guère, se sentant étranger à l’oeuvre. Le 7e art n’offre plus de place à la culture…Il décide donc de retourner sur les lieux où jadis, il avait fait un film de fin d’étude sur l’homme de la Mancha, dans le village de Los Suenõs, qui avait lancé sa carrière et fait obtenir de nombreuses récompenses. Mais les choses ont changées : les gens ont été marqué par cette expérience. Certains sont morts, d’autres se sont brûlés les ailes, des rêves pleins la tête d’une carrière à Hollywood qu’ils n’atteindraient jamais, où d’autres sont pleins de tristesse. Mais le cas de l’interprète de Don Quichotte est plus surprenant : après le tournage du court-métrage, le vieux a perdu la raison, délaissant son travail de cordonnier, jusqu’à se prendre pour le vrai homme de la Mancha, arborant fièrement son armure. Lorsqu’il revoit Toby, il est persuadé qu’il est Sancho Panza, son écuyer, prêt à le suivre dans toutes ses aventures…Le chevalier va l’entraîner dans un déluge de catastrophe, l’amenant à être poursuivi par la police, les producteurs et les villageois.

Nostalgie

L’Homme qui tua Don Quichotte propose une galerie de personnage fort en couleurs : Tout d’abord, Toby, producteur/ réalisateur, devenu un dandy, élégant et chic. Il regrette pourtant le début de sa carrière, où il faisait son travail avec passion, disposant de peu de moyens, mais s’amusant. Il repense à la belle Angelica, serveuse locale qui lui avait taper dans l’oeil. L’homme n’a plus aucun plaisir à batailler avec les producteurs, et laisse souvent les choses se faire sans lui, comme si son avis n’importait plus. Ensuite, Angelica elle-même, qui se rêvait actrice, épousant Toby, mais qui fut prise par le tourment des désillusions, déçue des événements et obligée de se prostituer pour survivre. Enfin, Don Quichotte lui-même, qui était autrefois cordonnier, petit paysan que personne ne connaissait, et qui devint du jour au lendemain un « illustre inconnu ». Il se mit à penser qu’il était peut-être le vrai Don Quichotte, et devint une menace pour la population, voyant les enchanteurs et les géants (des moulins à vents) partout, prêt à charger sur eux, chaussé de son armure et armé d’une lance, assis sur sa monture.

Mais de façon plus général, c’est tout le village qui a été marqué par la venue de Toby : il a fait germer des rêves dans leur tête, mais qui n’ont jamais poussés L’idéalisme conduit à la tristesse ou à la folie.

Laideur et décadence

C’est une constance chez Gilliam : il ne retient que les choses les plus sombres de notre société. Il exacerbe les travers de chacun et les grands problèmes jalonnant l’histoire, réalisant une critique très noire du sujet. Ici, il s’en prend au producteurs, qui cherchent à avoir le contrôle sur tout, uniquement motivé par l’appât du gain, prêt à tout pour obtenir ce qu’ils veulent (ici, Stellan Skarsgard, qui abandonne Toby à la merci de la police, où qui accepte tout les caprices d’un riche Russe, pour qu’il signe un contrat).

Mais il montre aussi ce que sont que les désillusions : on est constamment déçu. On tente de jouer à celui qui est au-dessus de la réalité, s’inventant une sorte « d’idéal », mais la réalité nous rattrape toujours. Dans le film, Don Quichotte se sent exister en jouant son rôle…mais à plusieurs moments, même si il est très loin dans son délire, on sent que la moquerie des gens l’affecte (par exemple, la scène où il chevauche un cheval en bois, les yeux bandés, pour sauver des femmes envoûtées, qui ont une (fausse) barbe, et tombe, provoquant l’hilarité générale). Le rêve ne plaît pas…on le fait passer pour un comique, un clown, de qui on peut se moquer, sans limite. Toby, prend pitié du vieil homme, tentant de lui venir en aide, et comprenant qu’il a fait fausse route…mais l’humanité n’a pas sa place ici. On est écrasé par le géant que l’on tentait de combattre.

L’amour est également difficile à atteindre : l’émotion est bien là, la nostalgie l’accompagnant également, mais il n’est pas partagé. On change de partenaire comme on change de chemises, et la femme est vue comme un objet. Gilliam s’insurge contre cela, tentant de changer les choses, mais se retrouve dépourvu de moyens. En somme, la passion ne permet pas d’atteindre le bonheur, tant les obstacles sont légions : le mari cocufié, la femme inaccessible à atteindre, l’usure du temps sur la personne,…

Pourtant, la patte de Gilliam est bien là : son esthétique, style visuel alternant trips hallucinatoires et fantaisies à gogo, est reconnaissable entre mille. Il y a de la poésie, entre la musique espagnole (avec les guitares qui chantent) et le phrasé de Don Quichotte, qui pense que les femmes sont toutes amoureuses de lui (alors que ce n’est pas le cas). 

Décalage

Le film joue beaucoup dans le contraste entre Don Quichotte et Toby. L’homme de la Mancha est vieux, mais fait preuve d’une énergie incroyable, comme si il était dopé. Il devient fou à la seule présence d’un moulin, et est prêt à charger dessus avec sa lance. La technologie lui est totalement inconnue (Gilliam la critique beaucoup après tout), et son allure l’indiffère. Il est authentique. Toby incarne la luxure, l’oppulence et le paraître. Il est intelligent et attire les femmes…Pourtant, Quichotte le voit comme son larbin, n’hésitant pas à la frapper, à le réprimander (lui rappelant son rang, de paysan), lui rappelant qu’il est toutefois libre. L’homme de la Mancha le prend pour un idiot, pensant qu’il ne sait pas lire, et lui montrant les images du roman de ses aventures, avec beaucoup de vanité. Don Quichotte est prétentieux, mais il le peut, de par ses nombreux exploits, et sa grande notoriété.  Il a une imagination débordante, lui faisant voir géants, sorcières, enchanteurs et croire à l’impossible (quant il va sur la Lune, par exemple). 

L’époque semble difficile à vivre pour le chevalier errant, qui est au fond, une sorte « d’étranger » au monde. Enfermé dans une chariote, et montré comme un spectacle de foire, il est libéré par Toby, qui se rend compte du décalage entre lui et son ami. Gilliam est à la fois le réalisateur désabusé par un cinéma qu’il ne reconnaît plus, et à la fois ce rêveur, à la folie monumentale, souvent décrié et qualifié de « cinéaste maudit ». Don Quichotte est comme le héros de Brazil, tentant d’échapper au réel en s’évadant dans un monde onirique, mais tellement plus plaisant. On se laisse prendre au jeu, comme Toby, qui joue les faire-valoir. Du grand art (notre note : 8,3/10).

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679.La Ch’tite famille.

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     Dans sa nouvelle comédie, Danny Boon campe le rôle de Valentin, désigner très connu. Avec sa femme Constance (Laurence Arné), ils ont leur propre affaire, collaborant avec Alexander, le père de celle-ci (François Berléand). Valentin n’a plus de contact avec sa famille, ayant volontairement coupé les ponts avec celle-ci, vingt-cinq ans auparavant. Pour la presse et la haute société qu’il fréquente, l’homme s’est inventé une vie d’orphelin, abandonné par sa propre mère à la naissance. Mais non loin de là, au Nord de la France, sa véritable famille, Ch’ti, va venir à son vernissage pour la rétrospective de sa carrière. Son frère et sa femme veulent lui réclamer de l’argent, et font croire à sa mère, Suzanne (Line Renaud), que Valentin lui a organisé une fête d’anniversaire, car elle veut absolument les accompagner. Lorsqu’il les voit arriver, son cœur fait trois tours : sa carrière risque de voler en éclat, et sa réputation est en jeu. Rien ne se passe comme prévu, et sa mère est déçue. Mais peu de temps après, Valentin est renversé par son beau-père, et se réveille, amnésique : Ses souvenirs ne vont pas plus loin que ses 17 ans…il n’a aucun souvenir de sa vie actuelle, et souhaite rentrer chez sa famille. Mais pour Constance, c’est une catastrophe. Aussi, elle demande à sa famille de revenir  pour l’aider à retrouver la mémoire…

 

     Après avoir réalisé Raid Dingue, Danny Boon repasse derrière la caméra pour La Ch’tite famille. Il écrit une histoire très drôle, avec beaucoup d’émotion. Le thème de la famille est très présent : qui sommes-nous si nous n’avons plus de famille ? Être riche et pleins de tunes permet-il de se sentir vraiment « riche » ? La réponse est négative ! Valentin, s’est oublié lui-même, reniant ses origines, sa modeste famille et la personne qu’il était, pour devenir un bobo snob qui n’a aucune considération pour personne, si ce n’est lui-même. Il a épousé un monde fait de luxe, où il défini ce qui est « in » et ce qui est « out ». Le designer fait des créations froides et inconfortables (la chaise à trois pieds par exemple, que l’humoriste Antonia essaye, offre une scène à mourir de rire, ou encore la table monolithe, où on s’assoit de travers). Personne ne l’aime vraiment dans ce milieu, tout n’est qu’apparence…sauf Constance. Sa femme brûle d’un véritable amour pour lui, et va faire des efforts immenses lorsqu’il perd la mémoire, allant jusqu’à apprendre le ch’ti et à le défendre face aux critiques de la bourgeoisie de Paris. Elle devra faire face au fait qu’il ne ressent rien pour elle, mais est fou de la femme de son frère, Louloute (Valérie Bonneton), fiancée avec lui, à l’époque. Peut-on retomber amoureux quand on est plus la même personne ? L’amour défie-t-il les apparences, est-il une essence immuable, une émotion qui transcende les différences ? Il permet en tout cas de construire quelque chose, d’aller de l’avant, et de faire table rase de qui nous avions été.

     Les parents de Valentin, séparés depuis son départ, lui en veulent, chacun à sa manière : sa mère, Suzanne est triste, mais prête à faire la paix avec lui à la moindre occasion qui se présentera. Lorsqu’elle pense qu’ils vont fêter son anniversaire, et que c’est Valentin qui organise la fête, elle bondit de joie, et va jusqu’à Paris, l’embrassant avec plein de nostalgie, prête à rattraper le temps perdu. Son père, Joseph, incarné par Pierre Richard (qui offre quelques scènes de comique burlesque incroyable), est en colère, prêt à lui tirer dessus si il rentre chez eux. Il faut dire qu’ils aimaient leur fils plus que tout, lui payant son école d’art, avant que celui-ci coupe les ponts avec eux, ne les considérant plus assez bien pour lui, omnibulé par la réussite, et désireux de couper définitivement les ponts avec ses origine Ch’ti, poids difficile à assumer dans le milieu qui sera désormais le sien. Parfois, il faut un coup du destin pour comprendre qu’on fait fausse route…Beaucoup de familles sont séparées, pour des motifs qui ne sont pas vraiment grave. Il faut rester soi et proche des siens, semble nous dire Dany Boon, dans ce qui est, jusqu’à aujourd’hui, son meilleur film, parlant aussi de la différence des classes sociales. La famille de Valentin, pauvre, retrouve son fils et sa compagne, riches qui deviennent riches de cœur, ouvrant le dialogue et l’échange, à ce qui semblait autrefois être une rencontre impossible.  Line Renaud est incroyable, percutante dans ses propos, toujours juste, offrant une grande sensibilité à l’histoire, ainsi qu’une bonne dose d’énergie, à 90 ans bien sonné. En prime, Danny Boon offre un petit hommage à Johnny Halliday, son ami disparu, grâce à Pierre Richard qui reprend « Que je t’aime », en cht’ti (Que j’te ker) (notre note : 9/10).


678.Bande-annonce de Glass, la suite d’Incassable et de Split.

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